Le rêve de Barzani s’est brisé : il n’y aura pas de division de l’Irak.

Abadi s’en prend à Soleimani et veut faire de l’Irak un pays indépendant et fort.

Par Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

Le Kurdistan irakien a annoncé qu’il avait « gelé les résultats du référendum sur l’indépendance » et qu’il est prêt à négocier avec le gouvernement central à Bagdad. Le dirigeant kurde Massoud Barzani a ainsi mis fin à son intention de diviser l’Irak indéfiniment et a succombé à la détermination de Bagdad à reprendre les rênes du pays.

Le premier ministre irakien Haider Abadi a non seulement reconquis tout le territoire saisi par les forces kurdes, qui avaient tiré profit de l’occupation de régions irakiennes par le groupe armé « État islamique » (Daech) en 2014, mais il a aussi déployé les forces irakiennes le long des limites et des territoires établis en mars 2003 comme les frontières de la région autonome du Kurdistan irakien.

Massoud Barzani a perdu tous les privilèges et les gains qu’il a accumulés au cours des dix dernières années, qui avaient donné au Kurdistan une prospérité inégalée. La réputation et la popularité du dirigeant kurde sont à leur plus bas parmi les Irakiens, y compris les Kurdes.

Barzani, qui avait déclaré la constitution irakienne nulle, notamment l’article 140 qui prévoit des négociations à propos des zones contestées entre Bagdad et Erbil, appelle aujourd’hui à un cessez-le-feu et à un retour à la constitution. Mais Bagdad, qui veut faire appliquer la constitution, veut aussi que Barzani rende des comptes à propos des revenus pétroliers de plus de 51 milliards de dollars tirés de la vente de pétrole irakien à des sociétés pétrolières multinationales (sans envoyer à Bagdad la part qui lui revenait comme le prévoit la constitution), des revenus tirés des télécommunications et des salaires et avantages sociaux de la province.

Par ailleurs, l’Iran a rouvert le poste frontalier de Souleimaniye, qu’il avait fermé devant l’insistance de Massoud Barzani à vouloir faire sécession de l’Irak. Il faut dire que les dirigeants kurdes à Souleimaniye ont adopté une position différente à l’égard de Bagdad de celle de Barzani et des dirigeants kurdes à Erbil.

La Turquie avait retardé la fermeture de ses passages terrestres avec le Kurdistan, car elle attendait de voir si Barzani allait réussir à garder Kirkouk sans que Bagdad ne réagisse. Mais dès que le gouvernement irakien a pris le contrôle de Kirkouk et de ses gisements de pétrole, la Turquie a fermé tous ses postes frontaliers avec le Kurdistan. C’est ce jour-là que les habitants du Kurdistan ont senti le danger et leur isolement et qu’ils ont pleinement réalisé que les dirigeants régionaux et internationaux ne soutenaient plus la division de l’Irak ou la naissance d’un « État kurde », qui aurait pu donner lieu à un bain de sang dans différentes parties du Moyen-Orient.

La première étape de la partition du Moyen-Orient a donc été annulée. Le risque de partition de la Syrie demeure toutefois encore présent, bien que faible, jusqu’à la fin de la guerre contre Daech et la reprise du territoire encore sous sa coupe en Syrie et en Irak.

Bagdad a engagé la bataille à Rawa et al-Qaim et les forces irakiennes et syriennes devraient faire leur jonction des deux côtés de la frontière pour mettre fin à l’existence du groupe armé dans cette partie de la Mésopotamie et du Bilad al-Cham. Il reste encore des poches de résistance de Daech à l’intérieur de la Syrie, qui devraient être éliminées en temps et lieu (Daech est encore présent dans la région rurale de Deir Ezzor, à al Hajar al-Aswad, au sud de Damas, et à la frontière entre la Syrie et Israël).

La décision du Kurdistan de geler les résultats du référendum n’a pas été facile, car elle affaiblit Barzani et son parti, notamment à la suite d’incidents séparés entre des forces rebelles des Peshmergas kurdes et les forces irakiennes. Ces affrontements ont fait des morts et des blessés parmi les belligérants.

Bagdad s’attendait à ce genre de réaction et a déployé ses forces en grand nombre, notamment dans la région de Makhmour, au poste frontalier de Feshkhabur avec la Turquie et dans le secteur de Rabia, d’où le pétrole irakien est exporté au pays voisin, la Turquie.

Le premier ministre irakien a montré ses dents non seulement aux Kurdes, mais aussi à l’Iran. Dans une critique ouverte sans précédent à l’endroit du général Qassem Soleimani du Corps des Gardiens de la révolution islamique, Haidar Abadi a déclaré : « Certains disent que quelqu’un est venu (…) d’on ne sait où (…) de Mars peut-être, pour régler la crise à Kirkouk. Une seule personne, dit-on, a réglé toute la crise. Pourquoi n’a-t-il pas réglé la crise provoquée par Daech à lui seul? Si c’est une question de chance ou que l’homme en question est Superman, pourquoi n’a-t-il pas réglé la guerre en Irak à lui seul? »

Le premier ministre irakien veut montrer au monde, aux Irakiens et surtout aux pays de la région qu’il est capable de répondre à une situation de crise, qu’il est un homme politique fort et résolu quand il le faut, qu’il n’est pas le fantoche de l’Iran ou de tout autre pays, et qu’il veut bâtir un État indépendant fort ayant de bonnes relations avec tous les pays. Abadi a démontré qu’il est capable d’utiliser la puissance douce au besoin comme il l’a fait avec le Kurdistan et Massoud Barzani, et qu’il n’hésitera pas à frapper les Irakiens qui garderont leurs armes (les mandataires de l’Iran en Irak) après la défaite de Daech.

Il est clair qu’Abadi ne cherche pas à se venger contre le dirigeant kurde. Loin de s’arrêter à la mise au rencart du référendum, il demandera aussi des comptes à tous ceux qui sont accusés de corruption et de gaspillage des fonds publics. Cela présage que l’indépendance et la renaissance de l’Irak coïncideront avec le début de 2018. L’Irak devrait alors s’être débarrassé de Daech, sans plus subir d’attaques suicides et terroristes qui frappent maintenant le monde entier. Un nouvel avenir attend donc l’Irak en tant qu’État indépendant disposant de ressources financières importantes (malgré les dettes accumulées en raison de la guerre contre Daech) appelé à jouer un rôle significatif au Moyen-Orient.

 

Syrian “Awakening” towards Albu Kamal

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By Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Following the failure of the Iraqi Kurdish referendum and of the project to divide Iraq, the role Syria is playing comes up next for examination, even as the “Islamic State” group (ISIS) is slowly disintegrating, cornered in the border area between Deir Al-Zour and Al-bu Kamal. However, the United States seems determined to hold on to part of the Syrian territory, allowing the Syrian Kurds to control northeast Syria, especially those areas rich in oil and gas. Will this enable the US to impose a political agenda on Damascus at the end of the war?

US-backed forces advanced in north-eastern areas under ISIS control, with little or no military engagement: ISIS pulled out from more than 28 villages and oil and gas fields east of the Euphrates River, surrendering these to the Kurdish-US forces following an understanding these reached with the terrorist group. This deal was an effective way to prevent the control by the Syrian army and the resulting situation could then be later used to blackmail Damascus.

It is noteworthy that an agreement, on one hand, between the US and their Kurdish subordinated forces operating under its command, and ISIS on the other was reached with the support of local Arab tribes, the Syrian Sahawa (or awakening), similar to the Iraqi Sahwa. The US forces, with good experience in dealing with local Arab tribes, are negotiating to convince these to communicate with ISIS to handover to them the area of al-bu Kamal before it is reached by the Syrian Army or its associated forces.

The US is trying to close the border corridor between Syria and Iraq and to control a second crossing (Tanaf is the first) to cut the road on the Iranian-Hezbollah forces coming from the T2, and precede them to the last ISIS stronghold.

In fact, Iran’s plan was to rush towards Al-bu Kamal first rather than being busy with the area around Deir al-Zour, and they asked for Russian air support in the semi-desert and along the borders with Iraq. But Russia has seen the rush from Deir al-Zour to the oil and gas wells as an absolute priority and an effective plan to control energy sources first and then proceed towards Al-bu Kamal/Al-Qaim.

But the United States preceded Russia to the oil and gas Omar oilfield (9000 barrels per day) and to Coniko gas (150 million cubic feet), which ISIS then delivered to the Kurds without any resistance. The US military have great experience in negotiating with the Arab tribes in Iraq. The same tribes are also expanding in north of Syria adjoining the Iraqi Anbar, and with jihadists with whom the US have already concluded previous deals in Iraq and Syria.

The US aims from these audacious steps to impose its agenda on the Syrian President Bashar al-Assad through negotiations that are expected to become more aggressive by the beginning of the next year when the “war on terror” ends. With the loss of ISIS’s last stronghold in Al-Bu Kamal, Al-Qaim and Deir-e-Zour, only the embers of al-Qaeda (under Hay’atTahrir al- Sham) glow under the Turkish ashes. Ankara’s troops entered the northern Syrian city of Idlib – following an understanding with al-Qaeda – without any clash. This indicates that Turkey has not ended its role within Syria or the role of al-Qaeda: Ankara is expecting to play the al-Qaeda card when its forces will be asked to withdraw from Syria.

As for ISIS, the “state” project has fizzled out, so the organisation does not mind striking deals with the US (under the cover of Sunni Arab tribes in the Syrian region) as long as it can maintain what remains of its forces and move elsewhere, mainly to where the Syrian army and its allies operate. But will Damascus give in to this blackmail?

Of course the answer is: no! Damascus won’t accept the blackmail. For more than six years, Assad has been able to fight the international community and regional countries that have spent billions of dollars hoping to oust him, change the regime- and hand over power to extremists!

Today, Damascus controls the bulk of Syrian gas and oil in the Badiya (Syrian steppes) and from Tadmur to Deir Al-Zour, which gives the country enough production to satisfy the local market, but of course, without being able to export oil as was the case before the war. Thus, the Syrian army controls today a production equivalent to 3 billion dollars a year, which allows it not to import as it did in the past years of the war. Moreover, Syria is preparing to increase its oil production through contracts signed with Russia, and ready to explore oil fields off the Syrian coast, in the Mediterranean. That is supposed to allow Damascus to compensate for the current loss and negotiate with the Syrian Kurds in a “relaxed” manner without having to offer any territory.

The issue of the American presence remains unsolved, since, once the war on ISIS ended,, the US became an occupying force. Damascus’s position has therefore become stronger, especially as it did not mind reconsidering local administration of the Kurds within the control of the Syrian central government, as long as the danger of separation – as happened in Iraqi Kurdistan – is not on the table.

There is another danger that forces the Kurds to come closer to Damascus than Turkey, who’s President is determined to annex Syrian territories along its borders, especially those controlled by the Kurds. Turkish President Recep Tayyip Erdogan announced his intentions to move towards Kurdish Afrin, prompting the Kurds to take refuge in Russia and Damascus- and not in the arms of the US.

This and more is expected to emerge in the coming months when the most difficult phase for Damascus begins: political negotiations and the reconstruction of a country in need of over $500bn.

 

Sahwa « Réveil » syriens négocient avec Daech à propos d’Abou Kamal

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Par Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

À la suite de l’échec du référendum des Kurdes irakiens et du projet de diviser l’Irak, il convient de s’attarder au rôle joué par la Syrie, maintenant que le groupe armé « État islamique » (Daech) se désintègre lentement, acculé dans la zone frontalière entre Deir Ezzor et Abou Kamal. Cependant, les États-Unis semblent déterminés à conserver une partie du territoire syrien, en laissant les Kurdes syriens exercer leur mainmise au nord-est de la Syrie, notamment sur les régions riches en pétrole et en gaz. Cela permettra-t-il aux USA d’imposer leurs visées politiques à Damas à la fin de la guerre?

Les forces soutenues par les USA ont progressé dans des secteurs au nord-est qui étaient sous la coupe de Daech, avec peu ou pas d’engagement militaire. Daech s’est retiré de plus de 28 villages et gisements pétroliers et gaziers à l’est de l’Euphrate, les abandonnant aux forces kurdes et américaines, aux termes d’un accord conclu avec le groupe terroriste. C’était un moyen efficace d’empêcher l’armée syrienne d’en prendre le contrôle et de créer une situation qui pourra éventuellement servir pour exercer un chantage sur Damas.

Il convient de noter que l’accord entre les USA et les forces kurdes sous leur commandement d’une part, et Daech d’autre part, a été rendu possible grâce à l’appui des tribus arabes locales, les sahwa syriens (« réveil » en arabe), qu’on pourrait comparer aux milices sahwa irakiennes. Les forces armées des USA, qui ont acquis une bonne expérience dans les tractations avec les tribus arabes locales, négocient en vue de les convaincre à communiquer avec Daech pour qu’il leur concède la région d’Abou Kamal avant que l’armée syrienne ou les forces qui y sont associées n’y parviennent.

Les USA tentent de fermer le corridor frontalier entre la Syrie et l’Irak et de prendre le contrôle d’un second point de passage (al-Tanaf est le premier), afin de couper l’herbe sous le pied des forces iraniennes et du Hezbollah, qui arrivent de la station de pompage T2, et de parvenir avant eux à ce dernier bastion de Daech.

En fait, le plan de l’Iran consistait à se ruer vers Abou Kamal d’abord au lieu de s’attarder dans la zone autour de Deir Ezzor. Pour ce faire, il fallait un soutien aérien des Russes dans la zone semi-désertique et le long de la frontière avec l’Irak. Sauf que la Russie considérait la course de Deir Ezzor jusqu’aux puits de pétrole et de gaz comme une priorité absolue et qu’il valait mieux pour elle de prendre le contrôle des sources énergétiques d’abord, puis de progresser vers Abou Kamal/al-Qaim ensuite.

Les États-Unis sont toutefois arrivés avant la Russie au gisement pétrolier et gazier d’Omar (9 000 barils par jour) et à l’usine de gaz de Conoco (150 millions de pieds cubes), que Daech a livré aux Kurdes sans la moindre résistance. Les militaires américains ont acquis beaucoup d’expérience de négociation avec les tribus arabes en Irak, qui sont en train de se déployer dans la région du nord syrien jouxtant l’Anbar irakien, tout comme avec les djihadistes, en ayant déjà conclu avec eux divers accords en Syrie et en Irak.

Les USA prennent ces mesures audacieuses dans le but d’imposer leurs vues au président syrien Bachar al-Assad, dans le cadre de négociations qui promettent d’être plus dures au début de l’année qui vient, quand la « guerre contre la terreur » prendra fin. Avec la perte des derniers bastions de Daech à Abou Kamal, Al-Qaim et Deir Ezzor, seules les braises d’al-Qaeda (alias Hay’atTahrir al- Cham) rougeoient encore sous les cendres turques. Les troupes d’Ankara sont entrées dans la ville d’Idlib, au nord de la Syrie, en vertu d’un protocole d’entente avec al-Qaeda, sans le moindre heurt. Cela indique que la Turquie n’a pas mis fin à son rôle en Syrie et qu’Ankara va jouer la carte d’al-Qaeda lorsque ses forces armées seront invitées à se retirer de la Syrie.

Quant à Daech, dont « l’État » s’est étiolé, il ne voit pas d’inconvénient à conclure des accords avec les USA (sous le couvert des tribus arabes sunnites dans la région syrienne), tant qu’il peut maintenir ce qui lui reste de forces et se déplacer ailleurs, principalement là où l’armée syrienne et ses alliés s’activent. Mais Damas va-t-il céder à ce chantage?

Bien sûr que non! Damas ne cédera pas au chantage. Pendant plus de six ans, Assad a su lutter contre la communauté internationale et les pays régionaux, qui ont dépensé des milliards de dollars pour le renverser, changer de régime et donner le pouvoir aux extrémistes!

Aujourd’hui, Damas contrôle la majeure partie de la production gazière et pétrolière de la Badia syrienne (steppes) et de Tadmor à Deir Ezzor, ce qui lui permet de répondre aux besoins du marché local, sans toutefois pouvoir exporter du pétrole comme c’était le cas avant la guerre. L’armée syrienne contrôle aujourd’hui une production de pétrole équivalant à 3 milliards de dollars par an, qui lui permet de ne plus en importer comme il le faisait pendant les dernières années de guerre. La Syrie s’apprête aussi à augmenter sa production de pétrole, en vertu de contrats signés avec la Russie, et à explorer des gisements pétrolifères dans la Méditerranée, au large de la côte syrienne. Cela devrait amener Damas à combler le manque à gagner actuel et à négocier avec les Kurdes syriens de façon « décontractée », sans avoir à concéder le moindre territoire.

La question de la présence américaine demeure entière, car une fois la guerre contre Daech terminée, les USA deviendront une force d’occupation. La position de Damas s’est ainsi renforcée, d’autant plus qu’il est disposé à reconsidérer l’administration locale des Kurdes sous le contrôle du gouvernement central syrien, tant que la menace de la séparation – comme ce fut le cas en Irak – est écartée.

Il y a aussi un autre danger qui pousse les Kurdes à se rapprocher de Damas et c’est la Turquie, qui est déterminée à annexer les territoires syriens le long de sa frontière, en particulier ceux contrôlés par les Kurdes. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé son intention d’intervenir dans la ville kurde d’Afrin, ce qui amène les Kurdes à chercher refuge auprès de la Russie et de Damas, plutôt que sous le jupon des USA.

Ce qui précède et plus encore devrait surgir au cours des prochains mois, quand Damas sera confronté à l’étape la plus difficile pour la Syrie : les négociations politiques et la reconstruction d’un pays qui coûtera plus de 500 milliards de dollars.

 

Barzani’s dream and the division of Iraq are over and Abadi criticises Soleimani

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By Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Kurdistan Iraq has announced that it had “frozen the results of the referendum for independence” and that it is ready to negotiate with the central government of Baghdad. Kurdish leader Massoud Barzani has ended the idea of dividing Iraq indefinitely and has succumbed to Baghdad’s determination to regain control of the country.

Not only did Iraqi Prime Minister Haider Abadi recover all the land seized by the Kurdish forces who exploited the occupation of the “Islamic State” group (ISIS) to Iraqi areas in 2014, he is deploying the Iraqi forces along the lines and territories adopted in March 2003 as the borders of Iraqi Kurdistan autonomous area.

Masoud Barzani has lost all the privileges and gains he has made in the last 10 years that have given Kurdistan unparalleled prosperity. The Kurdish leader is at a low point in his reputation and popularity among Iraqis, including Kurds.

But Barzani – who declared the Iraqi constitution void and in particular the Article 140 which stipulates negotiations over the disputed areas between Baghdad and Erbil – demands today a ceasefire and a return to the Iraqi constitution. But Baghdad, which wants to implement the constitution, also wants Barzani to respond to the more than $ 51 billion income in oil paid by the world’s oil companies through the sale of Iraqi oil (without being returned to Baghdad as stipulated by the constitution), and the income from telecommunications and province benefits and salaries.

On the other hand, Iran reopened the border crossing with Sulaymaniyah, which was closed after Massoud Barzani’s insistence on secession from Iraq. Kurdish leaders in Sulaymaniyah have taken a different stance than Barzani from Erbil’s position and its leaders’ stance with Baghdad.

Turkey had delayed closing its ground crossings with Kurdistan and was waiting to see if Barzani will manage to hold on to Kirkuk without any reaction form Baghdad. But the day the Iraqi government got hold of Kirkuk and its oil fields, all Turkish crossings with Kurdistan were closed. That was the day when the residents of Kurdistan felt the danger and isolation and seriously realised that regional and international leaders no longer supported the division of Iraq or the beginning of a “Kurdish state” which could well have been the start of a bloodbath in different parts of the Middle East.

Thus, the first part stage of the partition of the Middle East was cancelled, but that of Syria remains open – even shyly – until the end of the war on ISIS and the restoration of the Iraqi-Syrian territory it still controls.

Baghdad began the battle of Rawa and al-Qaim and the Iraqi and Syrian forces are expected to meet on both sides of the border to end the existence of the group in that part of Mesopotamia and Bilad al-Sham. ISIS remains in pockets inside Syria, and is expected to be eliminated in various stages (ISIS still exists in rural Deir Al-Zour, al Hajar al-Aswad Damascus, and on the Syrian-Israeli borders).

The decision of Kurdistan to withdraw from the referendum was not easy because it would weaken Barzani and his party, especially after separate incidents that had occurred between the Peshmerga Kurdish rebel forces and the Iraqi forces. These clashes led to death and injury among the belligerents.

Baghdad was prepared for such reactions and injected large forces, especially to the Makhmour area, and particularly to the border crossing of Feshkhabur with Turkey and in the Rabia area, where Iraqi oil is exported also to the neighbouring country, Turkey.

The Iraqi Prime Minister is flexing his muscles, not only with the Kurds but also with Iran. Abadi, In an unprecedented overt criticism of the Iranian Revolutionary Guard Corps General Qassem Soleimani, Haidar Abadi said :”Some people say that someone came … I do not know from where … from Mars maybe, to solve the Kirkuk crisis. One single person- people say – solved the whole crisis. Why he didn’t solve ISIS crisis single-handedly? If it’s a matter of luck or this man in question is Superman, why did not he stop the war in Iraq, him alone?”

The Iraqi prime minister wanted to show the world, the Iraqis, and especially the countries of the region, that he is a man capable of dealing with crisis, a strong non-hesitant politician when needed, and he is not Iran’s or any other country’s surrogate but wants to build a strong independent state with good relations with all countries. Abadi showed he is capable of using soft power when necessary as he did with Kurdistan and Massoud Barzani, and will not hesitate to hit Iraqis who keep their weapons (Iranian proxies in Iraq) after the defeat of ISIS.

It is clear that Abadi does not seek revenge against the Kurdish leader. He will not stop at ending the referendum, but will go to the actual accountability of all those accused of corruption and waste of public funds. This indicates that the independence and renaissance of Iraq will begin with the start of 2018. This is when Iraq is expected to be ISIS-free, and without the suicide and terrorism attacks that the whole world suffers from without exception. A new future is expected to start with Iraq as an independent state with significant financial resources (despite debts accumulated due to war on ISIS) and playing a significant role in the Middle East.

La politique étrangère des USA au Moyen-Orient a donné un nouvel élan à l’Iran en Irak et en Syrie : l’heure est venue pour les USA de plier bagages

 

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Elijah J. Magnier – @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

Tout a commencé par la chute de Mossoul, la capitale irakienne non déclarée du groupe armé « État islamique » (Daech). Voici maintenant venue l’heure de la libération de Raqqa, la capitale syrienne du Califat, qui a été presque totalement détruite. Les avions à réaction des USA ont effectué plus de 4 000 raids qui ont tué 1 920 civils et 232 combattants de Daech. Plus de 400 combattants de Daech se sont rendus et 462 autres ont été escortés en compagnie de civils dans des autobus en direction de la zone agricole autour de Deir-Ezzor sous le contrôle de Daech. Les forces américaines ne montrent toutefois aucune intention de se retirer de la Syrie, au moment même où les forces régulières sous le commandement de Damas progressent vers le dernier bastion de Daech à Abou Kamal – al Qaem, à la suite de la libération de la ville d’al-Mayadeen. La question demeure donc entière : Quel est l’intérêt de Washington à occuper quelque partie du territoire syrien que ce soit à la suite de l’échec du référendum des Kurdes irakiens? Le rêve de créer un « État kurde irakien » s’est effondré, à la suite de la détermination du gouvernement central à Bagdad de le contrecarrer. C’est que le premier ministre Haidar Abadi a envoyé ses forces de sécurité reprendre le plein contrôle de toutes les zones frontalières et les villes que les Kurdes ont occupées lorsque Daech a pris le contrôle de la majeure partie du nord de l’Irak en 2014 et demande aux forces iraqiennes to se deployer à la limite de la ligne blue établit en 2003.

La décision d’Abadi d’envoyer l’armée à Kirkouk a non seulement pris par surprise la communauté internationale, mais aussi la Marjaiya à Nadjaf. La Marjaiya avait été mise au courant qu’Abadi comptait mettre fin à la désintégration de l’Irak, mais elle ne s’imaginait pas, selon des sources privées, qu’Abadi était un dirigeant politique capable de demander aux forces gouvernementales de prendre le contrôle de la ville de Kirkouk, riche en pétrole. Les Forces de Mobilisation Populaire (FMP) appartenant à la Marjaiya ont été mis en dehors des derniers évènements. Le premier ministre, qui a été hésitant pendant des années, qui était réticent à lutter contre la corruption et peu enclin à s’en prendre aux politiciens locaux, s’est transformé du jour au lendemain en un leader déterminé qui a même surpris les dirigeants kurdes à Erbil.

Abadi a mis fin non seulement à la partition de l’Irak, mais aussi de la Syrie, en mettant les dirigeants des USA au pied du mur. Dans les faits, les USA ne veulent pas perdre leur relation avec le gouvernement central à Bagdad, car l’Iran et la Russie n’attendent qu’à tirer avantage du moindre éloignement des USA et de toute hésitation qui vient avec. De plus, les USA sont peu disposés à perdre le Kurdistan, une région autonome de l’Irak que Washington considère depuis 1991 comme son « enfant gâté ». Il n’en demeure pas moins que c’est le principe qui prévaut aux USA qui a triomphé (« nous n’avons pas d’amis, seulement des intérêts communs »), en forçant les Américains à abandonner leur allié, le dirigeant kurde Massoud Barzani, qui avait rejeté leur conseil de reporter le référendum de 16 mois.

L’écho du coup d’éclat d’Abadi s’est fait entendre jusqu’en Syrie. Damas a aussitôt mis en garde les Kurdes syriens de ne pas s’approcher des gisements riches en pétrole de Deir Ezzor et d’al-Mayadeen, où les Kurdes et l’armée syrienne luttent contre Daech sur les deux rives de l’Euphrate. La patience de Damas envers les Kurdes va s’épuiser s’ils se cachent sous les jupons des USA et qu’ils comptent sur eux pour assurer leur protection une fois la « guerre contre la terreur » terminée.

En insistant pour faire leur référendum et déclarer leur indépendance, les Kurdes irakiens ont brûlé leur autel et réduit en fumée les privilèges qu’ils avaient accumulés au fil des ans en Irak, tout cela en vain. Ils ont aussi consumé le rêve des mandataires des USA que sont les Kurdes syriens, qui n’ont plus la possibilité de déclarer l’existence de leur « État » (ou fédération) dans ce qu’ils appellent le « Rojava ». Aucun pays voisin des Kurdes syriens (Irak, Syrie, Turquie et Iran) n’acceptera l’expression de toute intention d’indépendance, d’autant plus qu’il y a plus de 25 millions de Kurdes au Moyen-Orient.

La Syrie, l’Irak, l’Iran et le Hezbollah sont les premiers à être directement concernés par l’élimination des terroristes extrémistes en Syrie et en Irak, car ce sont eux qui en ont souffert le plus. Les USA n’ont plus aucun intérêt à se cacher derrière la « guerre contre la terreur », car depuis que Daech a perdu la majeure partie de ses territoires, ces pays sont aujourd’hui capables de régler son compte. L’expansion de Daech au Levant et en Mésopotamie en 2014 a donné une bonne leçon à ces pays, qui les amènera à mieux prévoir les choses et à s’attaquer aux causes qui ont permis à Daech de prendre tant de vigueur.

N’empêche que la présence continuelle de ces éléments takfiris représente un danger existentiel et idéologique pour la Syrie et l’Irak. Un vaste désert relie la longue zone frontalière entre les deux pays, qui pourrait servir de refuge aux militants d’Al-Qaeda et de Daech, où ils reprendraient leur souffle après leur défaite en Syrie et en Irak pour ensuite reprendre la lutte, forts de leur nouvelle expérience tirée de leurs erreurs précédentes.

La Russie aussi est directement concernée par la présence de russophones parmi les groupes djihadistes, qui représentent un danger potentiel à la sécurité nationale de la Russie s’ils retournent chez eux.

Ainsi, les intérêts communs entre l’Irak, la Syrie, l’Iran, le Liban et la Russie les motivent et les forcent à une mobilisation continuelle à poursuivre la guerre contre les djihadistes takfiris et à éliminer les terroristes. Ces pays vont poursuivre leur lutte contre Daech et Al-Qaeda afin d’empêcher les djihadistes takfiris d’occuper plus de territoire et de tarir leurs sources de financement.

L’Europe, qui n’est pas loin du Moyen-Orient et des djihadistes, est beaucoup plus résolue que les USA à éliminer les djihadistes takfiris. Puisque les analystes américains se sont exprimés clairement en faveur de Daech, le groupe terroriste n’est apparemment pas un ennemi des USA et son élimination n’est par conséquent pas une priorité. Il a certes son utilité pour tenir l’Iran, le Hezbollah (et la Russie) occupés à le combattre. Les USA placent leurs propres intérêts au-dessus de tous les autres, y compris ceux de leurs partenaires en Europe et au Moyen-Orient.

Quand l’administration Obama était au pouvoir, Washington a envoyé des forces en Syrie pour lutter contre Daech. Mais un an et demi plus tard, les finances de Daech n’avaient pas été touchées parce que sa principale source de revenu (non exclusive), tirée de la production pétrolière, demeurait pratiquement intacte. Ce n’est qu’avec l’entrée en scène de la Russie en septembre 2015, lorsqu’elle a bombardé des camions citernes de Daech, que les USA ont graduellement commencé à devenir plus agressifs à l’endroit de Daech. Les forces américaines se sont alors lancées dans une course contre la Russie et l’armée syrienne pour atteindre Raqqa et les sources d’énergie au nord-est et au sud-est de la Syrie avant les forces syriennes. Sauf que la Russie, Damas, l’Iran et leurs alliés ont réussi à isoler la base militaire américaine d’al-Tanaf et la rendre inutilisables : il en reste une dizaine d’autres bases et deux aéroports américains complètement au nord-est.

Maintenant que Daech détient moins de 10 % du territoire syrien et que l’armée syrienne se dirige vers Abou Kamal – al-Qaem, le dernier bastion de Daech au pays, les USA sont placés dans une situation qui exige une décision claire : quitter les lieux ou se déclarer une force d’occupation du nord-est de la Syrie. Le mandat de l’ONU concernant la « guerre contre la terreur » ne justifie pas juridiquement le maintien de leur présence en Syrie. Même si le terrorisme va probablement toujours frapper au Moyen-Orient, en Europe et sur d’autres continents (avec une intensité variable), la lutte contre le terrorisme ne donne pas à chaque pays le droit d’envoyer des troupes, d’établir des bases et d’occuper des parties d’un autre pays souverain.

Les forces américaines se placeront donc dans une position illégale, qui permettra à la résistance locale syrienne de les combattre. Les USA et leurs mandataires se retrouveront complètement encerclés :

-La Turquie ne permettra pas aux Kurdes syriens des YPG (la version syrienne du PKK) d’exister comme fédération et a déjà divisé le Rojava en deux, en coupant Hassaké d’Efrin (complètement au nord-ouest).

-La Syrie et l’Irak n’accepteront pas un État kurde et ont déjà encerclé Hassaké (et les forces USA qui s’y trouvent) par voie terrestre, formant ainsi une sorte d’enclave.

-Les forces américaines peuvent facilement devenir la cible d’amis de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah, tous actifs dans la province d’Hassaké.

Contrairement à ce que croient les USA, leurs forces ne resteront pas en Syrie pendant des décennies, ni même pendant quelques années. Les USA sont placés dans une position où leurs services ne sont plus requis en Irak parce que l’armée irakienne s’est révélée la meilleure pour combattre Daech, empêcher la partition et même accepter de nombreuses pertes humaines pendant sa guerre contre Daech. De plus, le premier ministre Abadi a montré sa capacité d’empêcher un bain de sang entre Irakiens en réglant la question des séparatistes kurdes. En Syrie, les services des USA ne sont plus requis pour lutter contre Daech, parce que l’armée syrienne, avec l’appui de ses alliés et de la Russie, suffit amplement pour s’occuper de ce qui reste de Daech. Tout séjour prolongé des USA les exposera à un scénario similaire à l’attaque meurtrière de 1983.

L’Iran a gagné en Irak parce que la partition du pays a échoué et que les services de sécurité irakiens, déterminés par une idéologie forte et possédant un équipement militaire adéquat, sont considérés comme des amis, tout comme les dirigeants politiques. L’Iran a tiré profit de la tentative du Kurdistan de diviser le pays en se rangeant derrière Bagdad, en fermant sa frontière avec le Kurdistan et en reconquérant la confiance d’Abadi.

L’Iran a gagné en Syrie et dévoile ouvertement sa présence et son activité militaires. Une nouvelle force locale a été créée, qui possède la même idéologie que le Corps des Gardiens de la révolution islamique et qui est prête à réclamer la récupération des hauteurs du Golan occupé. La Syrie est plus que jamais proche de « l’axe de la résistance », d’autant plus que ce même axe a réussi à défaire l’autre camp, qui a investi pendant les six années de guerre des sommes colossales pour diviser la Syrie. Aujourd’hui, la capacité militaire de la Syrie est plus forte que jamais.

Principal allié de l’Iran, le Hezbollah a accédé à ce qui est devenu une immense base militaire remplie d’armes, qui s’étend du Liban à l’Irak (et même jusqu’à l’Iran). Le Hezbollah a été poussé à l’extérieur de ses limites originales au Liban et a mené des attaques militaires sur un théâtre de guerre cinq fois plus grand que l’ensemble du territoire libanais. En conséquence, aucun des ennemis politiques du Hezbollah au Liban n’osera l’affronter pendant de nombreuses années à venir.

La Russie a également obtenu une base permanente en Syrie. Elle est maintenant perçue comme une véritable superpuissance qui joue un rôle politique efficace au Moyen-Orient, en plus d’avoir créé un marché solide pour ses armes utilisées et mises à l’essai en Syrie. Le Kremlin est aujourd’hui au même niveau que Washington et est devenu la Mecque des dirigeants de ce monde, une position que les USA ont occupée seuls pendant des décennies.

Toute cette manne que les USA ont fait tomber sur l’Iran est due à leur politique de changement de régime : le renversement de Saddam Hussein et la tentative de renversement de Bachar al-Assad. Téhéran devrait remercier Washington pour tout ce qui précède, qui a effectivement contribué à augmenter et à renforcer l’influence de l’Iran au Moyen-Orient. En fait, tout ce que l’Iran doit faire, c’est de suivre l’ombre des USA, à la politique étrangère malhabile, et en récolter les fruits, dont il profite constamment. C’est d’ailleurs ce que dit l’Iran aux USA : merci pour vos cadeaux, mais il est maintenant temps de partir! Vous pouvez nous laisser le Levant et la Mésopotamie!

The US’s Middle East foreign policy has boosted Iran in Iraq and Syria: time for the US to leave

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By Elijah J. Magnier – @ejmalrai

First Mosul, the undeclared Iraqi capital of the “Islamic State” (ISIS) fell. And now Raqqah, the Syrian Capital of the Caliphate has been liberated- but almost totally destroyed.US jets executed over 4,000 attacks killing 1920 civilians and 232 ISIS. More than 400 ISIS surrendered and around 462 were escorted with other civilians in buses towards the nearby Deir-Ezzour rural area under ISIS control. Nevertheless, the US forces show no intention of pulling out of Syria, even as the regular forces under Damascus’s command are advancing towards the last ISIS stronghold in albu Kamal–al Qaem following the liberation of al-Mayadeen city. The question remains: has Washington any interest in occupying any part of Syrian territory following the failure of the Iraqi Kurds referendum? The dream of creating a “Kurdish Iraqi state” has crashed, following the determination of the central government in Baghdad to disrupt it. The Prime Minister Haidar Abadi sent the security forces to take full control of all borders and cities that the Kurds occupied following ISIS’s control of most parts of northern Iraq in 2014 and is pushing the Kurds to the 2003 blu line limit.

Abadi’s move to send the Army to Kirkuk city did not surprise only the international community, but also the Marjaiya in Najaf. The Marjaiya learned about Abadi’s intention to stop the disintegration of Iraq but didn’t imagine – according to private sources – that Abadi was a political leader capable of asking government forces to take control of the oil-rich city of Kirkuk. The Popular Mobilisation Forces (PMU-Hashd) formed by the Marjaiya were kept outside the struggle. The Prime Minister – who spent years hesitating, unwilling to fight corruption, and reluctant to attack local politicians – turned from one day to the next into a determined leader who surprised even the Kurdish leadership in Erbil.

Abadi interrupted the partition not only of Iraq but also of Syria, pushing the US leadership into a corner. In fact, the US doesn’t want to lose its relationship with the central government of Baghdad because Iran and Russia are waiting to take advantage of the minimum American pull out and any accompanying hesitation. In addition, the US is reluctant to lose Kurdistan, an autonomous Iraqi area Washington has considered since 1991 as its “spoiled child”. Nevertheless, America’s principle (“we don’t have friends, only common interests”) has prevailed, forcing it to give up its ally, the Kurdish leader Masoud Barzani who rejected the US advice to postpone the referendum for 16 months.

The echo of the Abadi coup reached Syria: Damascus immediately warned the Syrian Kurds against approaching the rich oilfields of Deir-Ezzour and al-Mayadeen, where both the Kurds and the Syrian Army are operating against ISIS, on both sides of the Euphrates. Damascus’s patience with the Kurds will be exhausted if they go on hiding behind the US’s skirts, and if they rely on the US to protect them once the “war on terror” is over.

By insisting on the referendum and their independence, the Iraqi Kurds have offered themselves as wood and burned the privileges accumulated throughout the years in Iraq- all to no avail. They have also vaporised one of the US proxies – the Syrian Kurds – who no longer have the possibility of declaring the existence of their “state” (or federation) in what they call “Rojava”. No country bordering the Syrian Kurds (Iraq, Syria, Turkey and Iran) will accept the expression of any independence intentions, notwithstanding the presence of over 25 million Kurds in the Middle East.

Syria, Iraq, Iran, and Hezbollah are the first to be directly concerned to eradicate the extremist terrorists in Syria and in Iraq because they are the ones who suffered the most from it. There is no point for the US to hide behind the “war on terror” because these countries, since ISIS lost most of its territories, are today capable of dealing with it. The 2014 ISIS expansion in the Levant and Mesopotamia taught these countries a good lesson- to anticipate and deal with the causes that helped ISIS to grow so vigorously.

Nevertheless the continuing presence of these Takfiri elements represents an existential and ideological danger for them. A huge desert links the long borders between Syria and Iraq, and both countries can potentially become a refuge for Al-Qaeda and ISIS where they could regain their breath after the defeat in Syria and Iraq, and start all over again with new experience based on learning from previous mistakes.

Russia is also directly concerned for the presence of thousands of Russian speakers among jihadist groups who potentially represent a serious danger to Russia’s national security if these jihadists return home.

Therefore, the common interests between Iraq, Syria, Iran, Lebanon and Russia force a sensibly motivated and continuous mobilisation to carry on the war against the jihadist Takfiri and eliminate terrorists. These countries will continue fighting ISIS and al-Qaeda to prevent jihadists’ Takfiri from occupying further territory, and also to dry up their source of finance.

Europe is in the close vicinity of the Middle East and the Jihadists, and is much more concerned than the US to eliminate the Takfiri jihadists. Since US analysts expressed their clear opinion in favour of ISIS, the terrorist group is apparently not an enemy of the US and therefore will not, as a priority, be eliminated: it is certainly helping to keep Iran, Hezbollah (and Russia) busy, fighting. The US puts its own interests above any other interests, including those of its European and Middle Eastern partners.

During the Barak Obama administration, Washington sent its forces to Syria to fight ISIS: after one and a half years, ISIS finances were not affected because its main (but not exclusive) revenue from oil production remained almost intact. It was only when Russia moved in in September 2015 and bombed ISIS oil tankers that the US became gradually more aggressive towards ISIS. US forces started a race with Russia and the Syrian Army to reach Raqqah and the energy sources in the north east and the south east of Syria before Damascus’s troops. But Russia, Damascus, Iran and its allies isolated the US military base in Tanaf, but kept another dozen US bases and airports in the far north-east out of action.

Now that ISIS holds less than 10% of the Syrian territory and that the Syrian Army is heading towards albu Kamal-alQaem, the last ISIS bastion in the country, the US is facing a situation which demands a clear decision: leave, or declare itself as an occupation force in the north-east of Syria. The UN mandate on the “war on terror” doesn’t give it legal cover to stay in Syria. Even though terrorism will probably always hit the Middle East, Europe and other continents (with varying intensity), fighting terrorism doesn’t give every country the right to send troops, establish bases, and occupy parts of another sovereign state.

Thus, the US forces will put themselves in an illegal position, allowing Syrian local resistance to fight them. The US and their proxies will find themselves totally surrounded:

-Turkey won’t allow the Kurdish Syrian YPG (a Syrian version of the PKK) to exist as a federation and has already divided Rojava in two, splitting al-Hasaka from Efrin (far north-west).

-Syria and Iraq won’t accept a Kurdish state and are already surrounding al-Hasaka by land, and with it the US forces, inside a kind of enclave.

-The US forces can be easily targeted by any friends of Syria, Iran and Hezbollah, all operating inside al-Hasaka province.

Contrary to what the US believes, its forces won’t stay in Syria for decades, nor even for a few years. The US is in a position where its services are no longer needed in Iraq because the Iraqi Army has proved to be the best at fighting ISIS, fighting partition and even at accepting large human losses during its war against ISIS. Moreover, Prime Minister Abadi has shown his capability in preventing bloodshed among Iraqis when dealing with the separatist Kurds in Kirkuk (unlike Altun Kubri south of Erbil). In Syria, US services in fighting ISIS are no longer needed, because the Syrian army, supported by its allies and by Russia is more than enough to deal with what remains of ISIS. Any lingering stay by the US will expose it to a scenario similar to the deadly 1983 attack.

Iran won in Iraq because the partition of the country failed and the Iraqi security services, armed with strong ideology and adequate military equipment, are considered friendly, along with the political leadership. Iran benefitted from Kurdistan’s move to divide the country by standing with Baghdad, closing all borders with Kurdistan, and regaining Abadi’s confidence.

Iran won in Syria, and is exposing overtly its military presence and activity. A new local force has been created carrying the same ideology as the Iranian Revolutionary Guard Corps (IRGC), ready to claim back the occupied Golan Heights. Syria is holding onto the “axis of the resistance” more than ever, particularly now that this same axis managed to defeat the other camp who had invested 6 years of war, pouring huge finance to divide Syria. Today Syria enjoys a stronger military capability than ever.

Iran’s main ally, Hezbollah, gained access to what is an enormous military base full of weapons extending from Lebanon to Iraq. Hezbollah was pushed outside its original boundary in Lebanon, and it has conducted military attacks over a military theatre five times larger than the entire surface of Lebanon. In consequence not one among Hezbollah’s political enemies in Lebanon will dare to confront it for many years to come.

Russia also won a permanent base in Syria, and is now looked at as a real superpower with an effective political role in the Middle East, which is creating a strong market for its weapons, used and tested in Syria. The Kremlin is today at the same level of rank as Washington, becoming the Mecca for world leaders, a position only the US benefitted from for decades.

All this US manna for Iran comes from the US’s regime change policy: the removal of Saddam Hussein and the attempt to remove Bashar al-Assad. Tehran should thank Washington for all the above, which is effectively contributing to the increase and improvement of Iran’s influence in the Middle East. In fact, all Iran needs to do is to shadow the US, with its clumsy foreign policy, and collect the results-which are all benefits. Iran is effectively saying to the US: thank you for your free gifts, but now go! You can leave the Levant and Mesopotamia to me!

Tel-Aviv visait une cible mouvante du Hezbollah, mais s’est buté aux nouvelles « règles d’engagement » : préparez-vous à la guerre

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Par Elijah J. Magnier – @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

Il y a quelques jours, des avions à réaction israéliens ont violé l’espace aérien libanais (ce n’était pas les « vols de reconnaissance habituels », comme l’a prétendu le porte-parole officiel d’Israël) pour aller bombarder un convoi du Hezbollah (les camions chargés d’armes habituels) se dirigeant de la Syrie au Liban, selon une source bien informée. L’armée syrienne a alors utilisé un vieux système de missiles sol-air SA-5 (S-200) pour lancer un missile contre les avions israéliens dans le ciel libanais, afin de détourner leur attention de la cible mouvante. Cette réaction syrienne constituait une menace directe, ressentie comme telle par le commandement israélien, contre les avions israéliens qui ont réussi à éliminer le missile. L’armée de l’air israélienne a ensuite ordonné aux avions de retourner à leur base aux fins d’évaluation. Une heure plus tard, Tel-Aviv a ordonné que des avions survolent les hauteurs du Golan occupé et visent un poste militaire syrien fixe en guise de représailles, en ne prêtant plus attention au convoi du Hezbollah.

Le commandement syrien n’a pas décidé sur-le-champ de prendre pour cible des avions israéliens au-dessus du Liban ce jour-là. Cette décision a été prise lors d’une réunion des dirigeants de la Syrie, du Hezbollah et de l’Iran, qui ont convenu d’adopter des mesures graduelles contre Israël pour qu’il comprenne le message.

Il y a une dizaine de jours, les batteries antiaériennes syriennes ont tiré sur des avions israéliens qui violaient l’espace aérien syrien. Quelques jours plus tard, la Syrie a abattu un drone israélien. Dernier élément, mais pas le moindre, la Syrie a lancé un missile SA-5 (retiré du service par la Russie depuis des décennies) contre des avions israéliens.

C’est ainsi que le Hezbollah procède (qu’on pourrait qualifier « d’effet boule de neige ») à chaque bataille ou guerre contre Israël, afin d’éviter de brûler des ponts et d’évaluer la réaction de l’ennemi. Aujourd’hui, la même tactique est employée en Syrie, où l’expérience acquise par le Hezbollah, qui ne cesse d’augmenter, est mise aussi à profit par le haut commandement syrien qu’il a intégré. Pour combattre Israël, les obstacles frontaliers entre le Liban et la Syrie ont été levés, probablement pour de bon.

Le premier message est on ne peut plus clair : selon la source, s’il y a une nouvelle confrontation ou guerre entre le Hezbollah et Israël, le ciel au-dessus du Liban et ses frontières avec Israël et la Syrie formeront un même front. Le second message, qui est le plus important, c’est que l’armée syrienne est plus sûre que jamais de sa victoire : la Russie a établi des zones de désescalade, Al-Qaeda est contenu pour le moment et Daech (le groupe armé « État islamique) ne détient plus qu’un parcelle du territoire qu’il occupait, en étant confiné au nord-est le long de la frontière entre la Syrie et l’Irak.

Pour le moment, la puissance de l’armée syrienne semble pratiquement illimitée. Elle compte plus de 200 000 hommes (armée, forces nationales et alliés y compris), pour la plupart des combattants d’expérience bien entraînés. Après six ans de guerre dévastatrice, ils donneront sûrement leur assentiment à Damas s’il s’engage contre Israël au moment jugé propice à toute bataille à venir, peu importe les conséquences. La Syrie est déterminée à libérer les hauteurs du Golan et se tiendra aux côtés du Hezbollah (et vice versa) dans toute guerre future.

La Russie a annoncé la mise à jour du système de défense antiaérienne de la Syrie. Israël a entendu le message que ce système pourrait être utilisé à tout moment, à la discrétion des Syriens. La Russie a également fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention d’intervenir dans toute guerre entre la Syrie et Israël et que, par conséquent (notez le message subtilement confus qui suit!), elle ne voit rien de mal à ce que Damas utilise des missiles russes pour se défendre, de la même façon qu’Israël frappe la Syrie et le Hezbollah en invoquant « sa légitime défense et sa sécurité nationale ».

Quant au président syrien Bachar al-Assad, il est convaincu que la présence russe contribue à maintenir l’unité de la Syrie et il compte sur le Hezbollah et le Corps des Gardiens de la révolution islamique, qui l’ont appuyé durant la guerre, pour qu’ils l’aident à reprendre l’ensemble du territoire syrien. Assad attend avec impatience le moment où il se retrouvera aux côtés de « l’axe de la résistance » (dont il fait partie), en cas de menace. Ce qu’a fait Assad en ouvrant ses magasins d’armes au Hezbollah en 2006 peut maintenant être perçu comme un petit geste appartenant au passé. Dans la prochaine lutte contre Israël, Assad va engager toute l’armée syrienne dans la bataille, pour faire la guerre côte à côte avec le Hezbollah (secrétaire général Sayyed Hassan Nasrallah).

De son côté, Israël tentera de maintenir le « ciel ouvert » et d’empêcher l’existence même d’un espace libanais distinct. La Syrie va persévérer dans sa volonté de tirer sur des avions israéliens (quand il seront à portée du système de défense antiaérienne syrien) et les prendra pour cibles même si elle a peu de chance de les abattre.

La décision est prise : si on en vient à la guerre, la Syrie et le Liban vont s’engager dans une guerre à grande échelle et sans merci contre Israël. C’est une décision politique et militaire qui émane des dirigeants syriens et de leurs alliés. Cette décision traduit le refus de Damas de tendre la joue gauche vers Israël (comme par le passé), même si cela porte atteinte à la sécurité de la Syrie et rend son territoire et son espace aérien vulnérables, y compris l’espace aérien libanais, qui entre maintenant dans la balance. Pour sa part, Israël estime que toute guerre future contre le Hezbollah embrasera tout le Liban et la Syrie et engagera toutes les forces de ses alliés actives au Levant. La Syrie, qui est en meilleure posture que jamais depuis les six dernières années, peut aujourd’hui de façon réaliste et explicite considérer toute menace contre le Liban comme une menace contre Damas.

Israël a compris les nouvelles règles d’engagement et a lancé ses roquettes à partir des territoires qu’il occupe sur les hauteurs du Golan, plutôt qu’au-dessus du ciel syrien ou libanais. Ce qui ne veut pas dire qu’Israël n’essayera pas de nouveau. Sauf que ses dirigeants savent que dorénavant, la « promenade » est terminée. D’ailleurs, à la suite du lancement du missile syrien, Israël a aussitôt déclaré qu’il n’avait « aucun intérêt à pousser à une escalade ».

C’est aussi une indication qu’Israël n’est pas prêt. Israël n’est pas préparé sur le front interne. Le Hezbollah a pris énormément d’expérience de guerre en Syrie et le Corps des Gardiens de la révolution islamique maintient ouvertement une présence en Syrie (une présence opérationnelle, avec ses drones armés modernes et ses forces terrestres). Mais il y a plus encore. Donald Trump n’a pas l’intention de s’engager dans une guerre au Moyen-Orient, ni pour les Kurdes (qui veulent leur indépendance), ni pour les Arabes, ni pour Israël (qui veulent désespérément une défaite de l’Iran et du Hezbollah).

La guerre en Syrie est sur le point de se terminer après six longues années. La nouvelle équation qui en découle ne favorise pas Israël. Tel-Aviv va continuer de vociférer contre l’Iran et le Hezbollah. Mais ses actions se limiteront à des opérations de sécurité et à des frappes sporadiques, car il y en a qui ont le doigt sur la gâchette et qui sont prêts à user de représailles, tout en prenant de la force. Lorsque Nasrallah a dit « il y a des centaines de milliers d’hommes prêts à combattre Israël si une guerre est engagée », il savait qu’il est parvenu à établir un front uni avec la Syrie et tous ses alliés, prêt à combattre comme un seul corps. Il est certain qu’Assad et Nasrallah voudront reprendre les territoires syriens et libanais sous occupation israélienne. Sauf qu’ils ont dorénavant de plus en plus les moyens d’y parvenir.

Version Anglaise: