L’ Iran réussi a convaincre ses alliés de ne pas avancer vers al-Bab , mais pourquoi avoir permis à la Turquie d’y entrer ?

 

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Damas de Elijah J. Magnier – @EjmAlrai

Les forces spéciales turques avec des tanks et des forces syriennes alliées (sous le nom de “bouclier de l’Euphrate”) ont mis sur pied une opération de grande envergure contre le groupe “Etat islamique” (ISIS) dans la ville septentrionale d’al-Bab. Cette avance significative a été rendue possible après un long débat entre Damas et ses alliés (la Russie et l’Iran) avant le développement de ce qu’ils considèrent le plan le plus stratégique et le plus adéquate pour aller de l’avant après la chute d’Alep. Il ne reste plus que 5% du territoire entre les mains des djihadistes et leurs alliés syriens rebelles, et leur présence est concentrée dans une très petite partie de la ville qui est soumise à un intense bombardement. La chute d’Alep et son retour sous le contrôle du gouvernement syrien est seulement une question de temps.

Mais pourquoi a-t-il été permis à la Turquie d’arriver jusqu’à al-Bab alors qu’elle a été arrêtée à sa porte pendant des semaines ?

D’après une source bien informée de Damas, la Russie a soutenu le Président syrien Bashar al-Assad qui voulait à tout prix empêcher son ennemi le plus haï, le Président turc Recep Tayyib Erdogan d’atteindre la ville d’al-Bab et, en poussant vers Deyr Hafer, le lac Assad et al-Tabqah pour atteindre les forces US et leurs alliés aux portes de Raqqah, le cœur d’ISIS. Assad était content de bloquer la route au plan d’Erdogan en vue d’annexer al-Bab, surtout après avoir bombardé les forces turques en novembre dernier, tuant quatre soldats turcs– malgré le démenti de Damas concernant son implication dans cette attaque. Le message russo-syrien à Erdogan était clair : tu n’as pas le droit de pénétrer dans al-Bab.

Mais qu’est-ce qui a changé depuis ?

Selon nos source, l’Iran a contesté le plan russo-syrien en offrant une approche différente. Il n’y a aucun intérêt à envoyer des forces vers le nord-est où les EU sont bien implantés avec des forces spéciales et des bases militaires dans la zone contrôlée par les Kurdes. En outre, il n’y a aucun intérêt stratégique à combattre ISIS pour le moment parce que Raqqah ne reçoit aucun renfort de l’extérieur. Ce n’est donc pas une priorité « stratégique ».

L’Iran a proposé d’envoyer d’autres troupes en Syrie si besoin pour le bataille de Tel El-Eis, afin de libérer les villes encerclées de Fua, Kfariya et Jisr el-Shughur et atteindre ainsi la cible la plus importante : la ville d’Idlib.

Une discussion constructive a donc eu lieu entre alliés aboutissant à la conclusion que la “Syrie utile” était constituée des principales villes où la plupart des civils peuvent vivre, même si les zones rurales ne sont pas sous le contrôle du gouvernement. ISIS, une organisation rejetée et dénigrée par la communauté internationale occupe Raqqah. Il n’y a donc aucun intérêt à investir des moyens militaires et des hommes pour combattre ISIS maintenant quand al-Qaeda et les autres rebelles reçoivent support international et attention. ISIS est condamné : il sera défait dès que la carte montrant le contrôle de la Syrie sera devenue plus claire et plus complète. La carte de la Syrie commence à se révéler : est de l’Euphrate devient le terrain de jeu des Américains tandis que l’ouest est dominé par la Russie et la Syrie.

Des sources à Damas pensent que l’accord américain pour fournir aux rebelles syriens travaillant avec al-Qaeda des armes létales et des missiles anti-aériens est clairement lié à l’intention des Russes de pousser des forces vers Idlib. Il est probable que le Président Obama a approuvé cette décision un mois avant la fin de son mandat afin d’embarrasser le Président élu Trump et lui forcer la main en Syrie. Si Trump intervient pour arrêter le flux des armes, il sera furieusement attaqué par le principal courant des médias qui est totalement conditionné, et il lui sera reproché d’avoir accepté la domination de la Russie à Bilad al-Sham.

« L’accord d’Assad pour éviter Raqqah et préférer diriger ses forces vers Idlib – même si publiquement il nie attaquer la Turquie – est due à sa connaissance de la dynamique syrienne et le principe sur lequel est basé l’état : les Allaouites contrôlent l’appareil de sécurité et les Sunnites contrôlent l’économie syrienne. » C’est la raison qui a fait refuser en 2011 la montée des Sunnites à Damas et à Alep, le centre de l’économie syrienne. En fait, cette montée ne concernait que des habitants des zones rurales du nord, la source même qui a poussé Alep à la confrontation avec le gouvernement syrien un an après le début de la soi-disante “révolution”.

Alep n’est pas tombé sous l’accord russo-turque. La Turquie a obtenu plus de 2500 militants d’Alep quelques mois avant la bataille pour conquérir la ville. Al-Bab, d’un autre côté, n’a fait partie d’aucun deal jusqu’à tout récemment. Une discussion sérieuse a commencé en novembre dernier lors de la visite à Téhéran du ministre des affaires étrangères Cavusoglu et de Hakan Fidan, chef des services secrets turques. Le principal sujet a été al-Bab, après le bombardement de troupes turques à quelques kilomètres de la ville.

Après la réunion – et plusieurs autres par la suite, le Russie a joué le rôle d’intermédiaire avec la Turquie pour éviter d’autres clashes entre l’armée syrienne et les forces rebelles sous le contrôle de la Turquie. La ligne officielle de Damas est clairement contre la présence de toute force Turque sur le sol syrien. Bashar n’oubliera pas facilement que la Turquie a été et demeure le principal soutien de tous les djihadistes, y compris ISIS et, bien entendu des rebelles syriens eux-mêmes depuis le début de la guerre.

Mais ce que la Russie, la Turquie et les EU ont installé ne veut pas dire des progrès dénués d’obstacles. L’intervention d’Israël dans le sud avec ses alliés peut être un obstacle parce qu’une victoire d’Assad signifie aussi une victoire de l’Iran et du Hezbollah. En outre, le soutien direct et indirect US à l’opposition armée et aux djihadistes peut retarder ou faire obstacle aux plans de la Russie.

La bataille ouverte entre la Russie et les Etats Unis au Levant reste pleine de surprises et présage beaucoup de sang versé. Aucune des parties impliquées dans la guerre de Syrie n’a dit son dernier mot. La chute d’Alep est un pas important dans l’histoire de la Syrie. Mais l’avancée vers Idlib sera tout sauf une promenade pour la Russie et ses alliés. A la fin du jour, la Syrie est devenue une zone sous influence russe et américaine.

 

Traduit par le prof. Olivier dulac.

Iran decision to move away from al-Bab prevailed over its allies: but why was Turkey allowed in?

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Damascus from Elijah J. Magnier – @EjmAlrai

Turkish Special Forces and tanks along with proxies of the Syrian forces (under the name of “the Euphrates shield”) mounted a large-scale military operation against the “Islamic State” group (ISIS) in the northern city of al-Bab. This significant advance was possible following a long debate between Damascus and its allies (Russia and Iran) prior to developing what they considered the most strategic and adequate plan for moving the main ground forces forward after the fall of Aleppo. Only less than 5 percent of land remains under the control of jihadists and their Syrian rebel allies, and their presence concentrated in a very small part of the city that being subjected to continuous heavy bombing. The fall of Aleppo and its return to Syrian government control is only a question of time.

 

But why was Turkey allowed access to al-Bab after being stopped at its gates for weeks?

 

From a well informed source in Damascus, Russia supported the Syrian President Bashar al-Assad who wanted at all costs to stop his most hated opponent, the Turkish President Recep Tayyib Erdogan from accessing al-Bab city and continuing towards Deyr Hafer, Assad lake and al-Tabqah to meet the US forces and their allies at the gates of Raqqah, the heart of ISIS. Assad was happy to close the road to Erdogan’s plan to annex al-Bab, especially after his bombing of Turkish forces last November which killed four Turkish men – despite Damascus’s denial of its involvement in the attack. The Russian-Syrian message to Erdogan was clear: you are not allowed into al-Bab.

But what has changed since?

Iran – according to the source – contested the Russian-Syrian plans by offering an approach different from the Russian-Syrian proposal. There is no interest in sending forces towards the northeast where the US is well established with Special Forces and military bases in the Kurdish controlled area. Moreover, there is no strategic interest in fighting ISIS at the moment because Raqqah is not supplied by outside support. It doesn’t represent a strategic priority”.

Iran expressed its willingness to despatch more new troops to Syria if necessary for the battle of Tel El-Eis, to free the encircled cities of Fua and Kfariya, and Jisr el-Shughur and reach the most important target: the city of Idlib.

A constructive discussion took place between the allies leading to the conclusion that “useful Syria” is formed of the main cities where the majority of civilians can live, even if the rural areas are not under government ‘control. ISIS, an organisation rejected and denigrated by the international community is occupying Raqqah. There is therefore no benefit in investing military means and men in fighting ISIS now when al-Qaeda and other rebels are receiving international support and attention. ISIS is doomed: it will be defeated once the map of control over Syria is clearer and complete. The Syrian map has begun to reveal itself: east of the Euphrates becomes the so-called American stadium while west of the Euphrates is the Russian – Syrian dominated area.

Sources in Damascus believe the US agreement to provide Syrian rebels’ working along with al-Qaeda with lethal weapons and anti-air missiles is clearly related to the Russian intention to push forces toward Idlib. It seems likely that President Obama approved this decision one month before the end of his mandate to embarrass the newly elected President Trump and force his hand on Syria. If Trump intervenes to stop the flow of weapons he will be harshly attacked by the conditioned mainstream media and will be accused of accepting the dominance of Russia over the United States of America in Bilad al-Sham.

“The approval of Assad to accept the state of Raqqah as it is, for now, and preferentially direct forces toward Idlib – even if he will publicly deny any deal and attack Turkey – is due to his knowledge of the Syrian dynamic and the principle the state is based upon: the Allawites control the security apparatus and the Sunni control the Syrian economy. This is the reason behind the rejection of the uprising in 2011 by the Sunni in Damascus and Aleppo, the centre of the Syrian economy. In fact, this upraising only involved rural inhabitants from the north, the same source that pushed Aleppo into confronting the Syrian government one year after the beginning of the so-called “revolution”.

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Aleppo didn’t fall without a Turkish-Russian understanding. Turkey pulled out over 2500 militants from Aleppo few months before the battle to conquer the city. Al-Bab, on the other hand, has never been part of any deal until very recently. Serious discussions began last November with the visit of Turkey’s Foreign Minister Mevlut Cavusoglu and of Hakan Fidan Head of Turkey’s National Intelligence Organisation to Tehran. The main topic was al-Bab, following the bombing of Turkish troops few kilometers from the city.

Following that meeting – and many others later – Russia agreed with Turkey to act as guarantor to avoid any future clashes between the Syrian Army and the rebel forces under Turkey’s control. Damascus’s official line will obviously be against any presence of Turkish forces on the Syrian soil. Bashar won’t easily forget that Turkey was and still is the main supplier of all Jihadists, including ISIS, and indeed of the Syrian rebels themselves since the beginning of the war.

But what Russia, Turkey and the US lay down does not mean unimpeded progress. Israel’s intervention in the south with its allies may constitute a potential hindrance because any victory by Assad means also a victory by Iran and the Hezbollah. Moreover, direct and indirect US support to the armed opposition and to the jihadists can potentially delay or obstruct the Russian plan.

The open battle between Russia and the United States in the Levant remains full of surprises and bodes much bloodshed. Not one of all the parties involved in the Syrian war has said the last word. The fall of Aleppo is an important step in the history of Syria. But the course towards Idlib will be anything but plain sailing even for Russia and its allies. At the end of the day, Syria has become a territory divided between Russian and American influence.

 

Israel hits Hezbollah warehouses in Syria: why there isn’t a Russian reaction?

 

Hezbollah established a full institutional apparatus also in Syria

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Key words: Israel, Hezbollah, Syria, Russia, Moscow.

Damascus by Elijah J. Magnier – unknown

Since the beginning of the war in Syria in 2011, Israeli jets have bombed a dozen Hezbollah weapons warehouses in Syria behind with only the destruction of weapons and zero human casualties.

According to well-informed sources in Syria, Russia has made it clear to Hezbollah that it has its own objectives, which are unrelated to the Israeli-Hezbollah struggle. Israeli jets coordinate with Russia any air presence over the Syrian territory and it is the right of the F-16s to hit any Hezbollah target related to this struggle, when dealing with weapon transfer or warehouses related to supporting Hezbollah in Lebanon and not related to Hezbollah supplies in Syria.

Israel also agreed with Russia that Moscow would not tolerate any attack against Hezbollah forces fighting terrorists, Jihadists and their allies in Syria. No fighting forces working along with Russia will be targeted by Israel under any circumstances.

Asked if information is leaked to Israel, the source believes it is not impossible to “air monitor” the arrival of a plane or a ship with weapons, the off-loading process and the storage. Israel hit a target following a long process of verification and monitoring. What is worth noting is the fact that Israel hits these targets when there are no personnel in these warehouses, seemingly willing to avoid human losses and retaliation.

According to sources, Israel is not limiting overall Hezbollah military capabilities but hitting at the specific part of its strategic weapon storage aimed at acquiring long-term military capability. Every six months or every year, there are new weapon technologies available. For example: a missile with limited precision delivered years ago is available today with 1-3 metres accuracy. Or perhaps a missile trajectory is altered to modify its travelling inconsistently to avoid interception. All these and more are provided on a regular basis as part of Hezbollah’s capability updates.

These are part of a long preparation of war between Hezbollah and Israel and not part of the next war. Hezbollah leader Sayed Hasan Nasrallah, according to sources, already gave the answer: we have all that we need for the next war, expected to last between 3 to 12 months. However, Hezbollah didn’t reach its self-sufficiency with fabrication of all the missiles it needs. Local production is limited to few inaccurate missile calibres but does not include long-range strategic missiles.

In relation to the possible forthcoming war with Israel, Hezbollah is prepared for the next war, only if imposed by Israel, and has taken all necessary measures to move missile launches away from inhabited civilian locations so as to avoid unnecessary destruction.

The Syrian war allowed the presence of Hezbollah units along the eastern mountains, on the Lebanese-Syrian borders. These offer a natural shelter for hiding and launching missiles. Moreover, the city of Qusseyr and the areas of Zabadani and Qalamoun are part of Hezbollah’s operational stage for any possible war with Israel. Hezbollah has created a new branch in Syria, moving all departments to that country where tens of thousand militants are operating on a daily basis on multiple fronts.

 

Le même jour, à un an d’écart, la Russie obtient sa revanche et arrête la Turquie aux portes d’al-Bab.

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La partition de la Syrie n’est désormais plus possible sans une confrontation avec la Russie

Publié ici : ‪alrai.li/dxlrnhd @AlraiMediaGroup

Par Elijah J. Magnier: @EjmAlrai

Le 24 novembre 2015, la Turquie a abattu un Sokhoi Su-24 russe au-dessus de la frontière turco-syrienne causant la mort de l’un des deux pilotes qui avaient sauté en parachute, au moment où il atteignait le sol. Le même jour, un an plus tard, un chasseur de l’armée de l’air syrienne frappe un convoi militaire turc à deux kilomètres de la ville septentrionale syrienne d’al-Bab, tuant trois soldats turcs. Cette action turque agressive envers la Russie s’est produite après la destruction de centaines de camions citernes utilisés par l’ “Etat islamique” (ISIS) pour transporter le pétrole depuis la Syrie vers l’Irak et la Turquie.

L’action de l’armée de l’air syrienne (SyAF) est directement liée, coordonnée et décidée par une structure militaire commune, présidée par un général russe, afin d’éviter des tirs ou des incidents entre alliés. Pour les mêmes raisons, la Russie coordonne avec la coalition dirigée par les EU la plus grande partie du trafic aérien au-dessus de la Syrie. Le commandement russe doit assurer la sécurité de ses forces navales et au sol avec une protection d’artillerie et aérienne puisqu’elle agit dans divers endroits et sur différentes villes réparties dans toute la Syrie. Par conséquent, toutes les frappes aériennes et les actions de reconnaissance ou sorties de drones doit faire l’objet d’un accord avant tout décollage. Faisal al-Miqdad, le ministre des affaires étrangères a annoncé clairement : “Ceci s’est produit en Syrie. La Turquie n’a qu’à s’en prendre à elle-même”.

Mais pourquoi la ville syrienne d’al-Bab?

Quand la Turquie a abattu l’avion russe, le but était d’humilier la Russie et de la pousser hors de sa zone de sécurité, sachant que Moscou réfléchirait à deux fois avant d’entreprendre une escalade militaire complète contre Ankara. Le jour même, le Président turc Recep Tayyib Erdogan courut réclamer protection et refuge auprès de l’OTAN. Le Président russe Vladimir Poutine se contenta de frapper fort les substituts turcs en Syrie, puis d’établir des sanctions économiques, tout en soutenant le Président syrien Bachar al-Assad de façon beaucoup plus agressive. Il a donné son accord pour aider l’armée syrienne à reprendre Alep et a décidé de faire face aux Etats-Unis d’Amérique quel qu’en soit le prix à Bilad al-Sham. Poutine considérait l’action turque non pas comme un mauvais calcul d’Erdogan mais plutôt comme un acte de guerre coordonné par les EU. Cette perception résultait de deux éléments majeurs:

  1. La Russie coordonne le trafic aérien avec les EU, informant le commandement militaire de son programme et de sa présence dans les différentes zones.
  2. Il a fallu 17 secondes à l’aviation turque pour voir le Su-24 russe à sa frontière, demander des ordres à la chaine de décision militaire et, en passant par les plus hautes instances politiques, recevoir l’ordre de faire feu. Ceci n’est pas un record militaire, mais une mission impossible sans que des ordres aient été donnés bien en amont.

Néanmoins, la nuit du coup d’état contre Erdogan a permis à la Russie de rendre son coup aux EU en informant Erdogan – par l’intermédiaire de l’Iran – du plan destiné à le tuer. Il était prévu de frapper l’endroit où il prenait des vacances. Mais il a suffi de le prévenir une demi-heure avant pour qu’Erdogan ait la vie sauve, et qu’en conséquences, échoue le coup d’état qui devait débuter à la base aérienne d’Incirlic, où sont situés les officiers américains. Le Président turc a accusé indirectement l’administration américaine, qui en échange a fortement contesté l’emprisonnement de la plupart des officiers turcs « amis de l’Amérique ».

Cet épisode a réchauffé les relations turco-russes qui s’étaient dramatiquement refroidies. Aux yeux de Poutine, c’est l’Amérique, qui a payé le prix (même si ce n’est pas totalement) de son implication dans l’incident du Su-24.

La Turquie a répondu à la faveur russe en rappelant à la frontière des milliers de combattants impliqués dans la bataille d’Alep, début du démantèlement du plan militaire américain visant à partager la Syrie pour créer un Kurdistan allant d’Al-Hasaka au nord-est de la Syrie, à Afrin au nord-ouest.

Démanteler le plan américain convenait à :

  1. La Turquie en évitant la création d’un Kurdistan le long de sa frontière. Cet état, outre le combat continu avec les Kurdes, aurait enterré le rêve turc d’annexer une partie de la Syrie ou d’imposer à Damas son agenda à la fin de la guerre.
  2. La Russie voulait frapper en retour l’Amérique pour le Su-24. Le plan russe est de s’installer durablement en Syrie sans avoir à partager le territoire avec son vieil ennemi, les EU. L’unité de la Syrie est donc devenue importante pour Poutine.
  3. Damas était contente de donner une leçon aux Kurdes à la suite des événements d’al-Hasaka. Le gouvernement de Syrie a toujours été en bons termes avec les Kurdes, aidant les villes syriennes assiégées, à Alep, Fua et Kefraya. Néanmoins, la pression américaine sur les Kurdes a eu raison de l’ancienne relation qu’ils avaient avec Damas. D’autant plus que les Kurdes en tant que minorité rêvent « depuis toujours », d’avoir une fédération pour eux-mêmes.

Tous ces éléments ont créé un environnement bienvenu pour beaucoup de joueurs en faveur d’une avancée turque vers Jarablus, ce qui perturbait le plan américain dans le nord de la Syrie. Mais le Président turc ne se satisfaisait pas de contrer le plan kurde, mais il voulait aussi s’étendre plus loin, même si la Russie ne fermait pas les yeux devant ce qu’il était en train de faire.

La Turquie a permis aux puissances régionales de financer et d’alimenter en armes généreusement Qaidat al-Jihad et les rebelles syriens pour initier des attaques majeures contre l’armée syrienne et la maintenir occupée dans un secteur géographique réduit, surtout autour d’Alep. Dès que la Russie et ses alliés ont poussé leurs forces vers les territoires occupés par ISIS à al-Tabqa, les djihadistes et les rebelles ont attaqué la ville rurale de Homs et le sud d’Alep, forçant Damas à rappeler toutes les forces engagées sur ce front pour défendre les positions attaquées.

Récemment, les djihadistes et les rebelles ont fait deux attaques majeures à Alep dans le but de “briser le siège” de la partie est encerclée de la ville. La “bataille épique d’Alep” et la seconde bataille d’“Abu Omar Saraqeb” ont demandé des mois d’engagement total de plus de 25.000 membres de l’armée syrienne, de la Russie et près de 8.500 de leurs alliés au sol (milice irakienne, conseillers iraniens et milices afghane et pakistanaise). En outre, le Hezbollah libanais a décidé d’impliquer dans la bataille d’Alep 2.500 soldats de sa force d’élite Ridwan et de les maintenir dans la ville. Les deux attaques ont échoué dans cette partie de la Syrie mais ont permis de donner assez de temps à la Turquie pour qu’elle avance jusqu’à la ville d’al-Bab, de sorte que l’armée syrienne ne pouvait pas prétende disperser ses forces sur plusieurs fronts.

Damas a refusé son accord officiel à l’entente russo-turque concernant Jarablus parce que la Syrie n’avait pas confiance en le leader turc et voulait garder de bonnes relations avec les Kurdes. Moscou n’a jamais donné son accord pour qu’Ankara étende sa présence militaire et contrôle le triangle Jarablus-Manbij-al-Bab ou même aille jusqu’à Raqqah.

La présence de forces turques à la porte d’al-Bab représentait pour l’armée syrienne basée à Alep une menace stratégique venant de la porte est. La présence de forces turques et de leurs substituts à 2 km d’al-Bab fit comprendre qu’ISIS pourrait retirer des forces de la ville sans le moindre combat, comme cela a été le cas à Jarablus. Ankara prétend que l’objectif de ses forces en entrant à al-Bab est d’empêcher les Kurdes de former une fédération.

Mais ni Damas ni la Russie ne toléreront que la Turquie prenne le contrôle d’al-Bab. Les Russes ont livré une escadrille de Su-24M2, déployé des missiles sol-air S-300 et S-400 et encouragé le Président syrien à imposer à la Turquie, pour la première fois depuis la création des deux états, de nouvelles règles d’engagement (ROE) et des lignes rouges.

Une escadrille de l’aviation syrienne, suivie d’une escorte de protection, a ciblé un convoi militaire turc à la porte d’al-Bab le matin du 24 novembre, tuant trois soldats turques. La Russie était en alerte, prête à lancer ses missiles en cas de réaction turque. C’était la seconde confrontation turco-syrienne depuis le mois dernier. La première a eu lieu au-dessus de la frontière turco-syrienne quand deux F-16 ont violé l’espace aérien syrien. Ils se sont trouvés face à quatre MIG qui ont pointé leurs missiles sur les avions turques. Les radars des F-16 ont informé les pilotes des F-16 qui ont reçu l’ordre de rentrer à leur base. C’était la première fois que la Syrie imposait sa souveraineté dans son espace aérien. La Russie ne tolérera plus aucune violation et les F-16 d’Ankara n’ont plus le droit de survoler la Syrie.

C’est exactement ce que voulait dire le Président américain nouvellement élu Donald Trump quand il a déclaré qu’il n’avait aucune intention de combattre Assad, parce que cela voudrait dire se confronter à Poutine qui est décidé à garder la Syrie unie et à défendre le régime syrien.

En frappant des soldats turques sur le territoire syrien, Damas n’est pas en train de provoquer Ankara parce qu’il ne lui a jamais donné la permission d’envoyer son armée en territoire syrien. Par conséquent, l’idée que la Turquie pourrait envoyer des forces même vers Raqqah n’est plus de mise, car Damas et Moscou n’ont pas dit leur dernier mot à la Turquie et aux EU.

Comme Trump a dit n’avoir aucune intention de déclencher une guerre nucléaire ou une troisième guerre mondiale, la partition du nord de la Syrie ne sera plus aussi facile à imposer qu’à l’ère de l’administration Obama. Par conséquent, l’avenir de la Syrie dépend de la façon dont l’entente Trump-Poutine s’imposera à toutes les parties. Soit on en restera là, soit la guerre se poursuivra avec encore plus de violence.

Erdogan est plus faible que jamais dans sa relation avec l’Irak et la Syrie : il n’a pas pu imposer sa volonté en ce qui concerne une participation à l’attaque contre la capitale du califat, Mossoul, ou même d’une plus petite ville, Talafar. Et aujourd’hui il ne peut pas matérialiser son rêve d’annexer Alep, et ses forces sont arrêtées aux portes d’al-Bab. S’il continue vers Raqqah il y a un risque considérable : il se trouvera face à une superpuissance, la Russie.

Traduit par professeur Olivier duLac.

On the same day, one year apart, Russia gets its revenge and stops Turkey at the gates of al-Bab.

 

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The partition of Syria is no longer possible without confronting Russia

Published here: ‪alrai.li/dxlrnhd @AlraiMediaGroup

Key words: Syria, Turkey, Russia, USA, U.S., Kurds, al-Bab.

By Elijah J. Magnier: @EjmAlrai

On the 24th of November 2015, Turkey shot down a Russian Sokhoi Su-24 over the Turkish-Syrian border causing the death of one of the two parachuted pilots while trying to hit the ground. On the same day, a year later, a Syrian Air Force jet hits a Turkish military convoy two kilometres from the northern Syrian city of al-Bab, killing three Turkish soldiers. The Turkish aggressive move toward Russia had come after the destruction of hundreds of oil tankers used by the “Islamic State” (ISIS) to transport oil from Syria and Iraq to Turkey.

The Syrian Air Force (SyAF) activity is directly linked, coordinated and ordered by a common military operations room, headed by a Russian General, so as to avoid friendly fire or incidents. Russia coordinates most of the air traffic with the US-led coalition activities over Syria for the same purposes. The Russian command needs to assure the safeguard of its military naval and ground force with artillery and air protection since it is operating in various locations and cities over the Syrian geography. Therefore, every air strike, reconnaissance or drone sorties must be agreed and approved before anything takes off. Faisal al-Miqdad, the Syrian deputy Foreign Minister clearly said: “This event took place on Syrian land. Turkey should only blame itself”.

But why the Syrian city of al-Bab?

When Turkey shot down the Russian jet, the aim was to humiliate Russia and push it out of its comfort zone, knowing that Moscow would think carefully before stepping up a full military escalation against Ankara. On the same day, Turkish President Recep Tayyib Erdogan ran to NATO for protection and refuge. The Russian President Vladimir Putin limited his reaction to hitting Turkey proxies in Syria hard, followed by economic sanctions and much more aggressive support to the Syrian President Bashar al-Assad. He agreed to help the Syrian Army retake Aleppo and decided to stand and face the United States of America at all costs in Bilad al-Sham. Putin considered the Turkish action not an Erdogan miscalculated adventure but rather a coordinated act of war with the US. Two main strong elements stand out:

  1. Russia coordinates air traffic control with the US, informing the military command of its schedule and presence over specific areas.
  2. It took 17 seconds for the Turkish Air Force to see the Russian Su-24 on its border, ask for orders from the military chain of command and from then via the highest political leadership for the anti-air missile to be launched. This is not a record by military means but impossible to achieve unless previous orders were in place given way ahead.

Nevertheless, the night of the coup-d’Etat against Erdogan allowed Russia to return the hit to the US by informing Erdogan – via Iran – of the plan to kill him. The premises he was spending some holidays in were supposed to be bombed. But the thirty minutes warning were enough to save Erdogan’s life, and, in consequences, caused the failure of the coup that should have been ignited from the Incirlic military Air base, where US officers are established. The Turkish President accused the US administration indirectly, who in turn strongly contested the Turkish reaction in jailing most officers “friendly of the US”.

This event warmed up the Turkish-Russian relationship which had dramatically cooled. In Putin’s eyes, the US, not Erdogan, paid the price (even if not fully) of its involvement in the Su-24 incident.

Turkey responded to the Russian favour by recalling thousands of fighters from Aleppo to the borders to start a military campaign aiming to dismantle the US plan to divide Syria and create a Kurdish state from the Syrian north east, Al-Hasaka, to the Syrian north west, Afrin.

Dismantling the US plan was convenient for:

  1. Turkey by preventing a Kurdish state along its borders. This state, apart form the long-lasting Turkish struggle with the Kurds, would also foil the Turkish dream to annexe part of Syria or impose its agenda on Damascus at the end of the war.
  2. Russia wanted to hit back at the US for the Su-24. The Russian plan is to establish a long-lasting presence in Syria without having to share the territory with its old US enemy. Therefore, the unity of Syria has become valuable for Putin.
  3. Damascus was happy to teach the Kurds a lesson following al-Hasaka events. The government of Syria and the Kurds were always on good terms, supporting Syrian cities under siege, i.e. Aleppo, Nubl and Zahra’. Nevertheless, the US pressure on the Kurds was greater than the long-standing relationship with Damascus. Nevertheless, the Kurds, as a minority, have dream “since forever” about having a Federation for themselves.

All of the above created a convenient environment for many players in favour of the Turkish advance toward Jarablus and disturbing the US plans in the north of Syria. Nevertheless, the Turkish President was not content with contering the Kurdish plan but wanted to expand further, even without Russia closing its eyes to what he was doing.

Turkey allowed regional countries to generously finance and supply Qaidat al-Jihad and Syrian rebels with weapons to initiate major attacks against the Syrian Army and keep it busy within a limited geographical sector, mainly around Aleppo. As soon as Russia and its allies pushed forces toward ISIS occupied territories at al-Tabqa, the jihadists and rebels attacked rural Homs and south Aleppo, forcing Damascus to recall all forces engaged on that front to defend positions under attack.

Recently, jihadists and rebels carried out two major attacks on Aleppo under the banner of “breaking the siege” of the eastern surrounded part of the city. The “Aleppo Epic Battle” and the “Abu Omar Saraqeb” second battle caused months of full engagement for over 25.000 members of the Syrian Army, and around 8500 of all of their allies ground forces (Iraqi militia, Iranian advisors and their Afghan and Pakistani militia). Additionally, the Lebanese Hezbollah decided to inject 2500 of its elite Ridwan force in Aleppo and leave these in the city. The two attacks failed to achieve their objective in that part of Syria but succeeded in giving enough time for Turkey to advance toward al-Bab city and make the Syrian Army less keen to distribute forces around multiple fronts.

Damascus didn’t officially agree with the Russian-Turkish understanding over Jarablus because Syria mistrusted the Turkish leader and wanted to maintain a good relationship with the Kurds. Moscow never agreed with Ankara to expand its military presence for controlling the triangle Jarablus-Manbij-al-Bab or even to go to Raqqah.

The presence of Turkish forces at the door of al-Bab represented a strategic menace to the Syrian Army based in Aleppo from its eastern gate. The presence of Turkish forces and their proxies at 2 km from al-Bab triggered an understanding where ISIS would pull forces from the city without a fight, as was the case in Jarablus. Ankara is trying to insinuate that the intention of its forces to enter al-Bab aim is to stop the Kurdish federation.

But neither Damascus not Russia will tolerate the Turkish control of al-Bab. The Russians delivered a squad of Su-24M2, deployed the anti-air missiles S-300 and S-400 and encouraged the Syrian President to impose new rules of engagement (ROE) and red lines on Turkey for the first time since the creation of the two states.

A squadron of the Syrian Air Force, followed by a protection escort, raided a Turkish military convoy at the door of al-Bab on the morning of the 24th of November, killing 3 Turkish soldiers. Russia was on alert, ready to launch its missiles in case of any Turkish reaction. That was the second Syrian-Turkish confrontation since the last month. The first took place over the Syrian-Turkish borders when two F-16s violated Syrian air space. These were confronted by four MIGs who locked their missiles on the Turkish jets. The F-16 scan radar informed the F-16 pilots who received instructions to return to base. Syria imposed it sovereignty over its air space for the first time. Russia won’t tolerate any further violation and Ankara’s F-16 are no longer permitted in the sky over Syria.

This is exactly what the newly elected US President Donald Trump meant when he declared he has no intention to fight Assad, because this means confronting Putin who is determine to keep Syria united and defend the Syrian regime.

When hitting Turkish soldiers on Syrian territory, Damascus is not provoking Ankara because it had never given the permission to send that army onto Syrian soil. In consequences, the idea of Turkey pushing forces even toward Raqqah is no longer a pushover, because Damascus and Moscow have not said their last word to Turkey and the US.

Since Trump said he has no intention of triggering a nuclear war or a third World War, the partition of the north of Syria is no longer as easily imposed compared with during Obama administration. Therefore, the future of Syria depends on how Trump-Putin understanding is imposed on all parties. Either that, or the war will proceed even more violently.

Erdogan is weaker than ever in relation to Iraq and Syria: he failed to impose his will regarding participation in the attack against the capital of the caliphate, Mosul, or even the smaller city of Talafar. And today he can’t materialise his dream to annex Aleppo, and his forces are stopped at the gates of al-Bab. If he continues toward Raqqah there is a huge risk: he will have to face a superpower: Russia.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Syrie et l’Irak pris entre “néo-analystes” et médias politisés

Si vous n’avez aucune honte, écrivez ce que vous voulez : La Syrie et l’Irak pris entre “néo-analystes” et médias politisés

 

Par Elijah J. Magnier:

Traduction offerte par Prof. Olivier dulac

 

Les guerres en Syrie et en Irak ont célébré la triste fin de la “presse libre et indépendante” et de la montée des “néo-analystes”. Ils sont dans des contrées lointaines, sans aucune connaissance du terrain en guerre, réunissant l’information et analysant les poubelles colorées des sites des réseaux sociaux.

 

Ils ont même la témérité de croire qu’ils peuvent dicter à l’administration américaine quelles mesures devraient être prises, qui doit être soutenu et, comme s‘ils maitrisaient l’“art de la guerre”, ils poussent même vers une guerre nucléaire avec la Russie.

Il est particulièrement surprenant de voir des média respectables se précipiter pour embrasser l’opinion de ces “néo-analystes”, tout simplement parce que ce que ces amateurs disent correspond à ce que le courant principal a envie d’entendre. Alors, on entend parler par exemple d’un “expert du Hezbollah libanais” ou d’un “groupe d’experts chiites” en Irak tout simplement parce qu’il peut compter (il comptabilise et analyse les drapeaux et groupes chiites qu’il voit sur Facebook et Twitter) mais n’a jamais rencontré les chefs ou leaders des groupes qui font partie de sa soi-disant expertise dans les deux pays. En outre, beaucoup des soi-disant “experts sur la Syrie” n’ont pas même vu les rues de Damas, Homs, Hama, Alep ou toute autre ville syrienne en paix avant 2011. Bien sûr, Twitter et Facebook sont leurs uniques et suffisantes sources d’information parce qu’ils n’en ont pas d’autres. Il est très intéressant, effarent en réalité, de voir ces gens écrire des articles et avoir un accès facile à des journaux réputés.

 

Pourtant, les vues de l’administration américaine et celle des “néo-analystes” – sont opposées en termes d’éthique professionnelle, de valeurs et de principes, bien que basées toutes deux sur la lutte contre le terrorisme. Journalistes et analystes soutiennent étonnamment “Qaidat al-Jihad” en Syrie, trouvant assez de place pour décrire le matériel de l’“Etat islamique” (ISIS/ISIL) qui combat d’armée irakienne et les soi-disant sectaires ” Unités de mobilisation populaire ” (al-hashd al-Sha’bi – PMU) en Irak.

 

Syrie :

Les Syriens, Tchétchènes, Marocains, Tunisiens, Chinois, Turques, Saoudiens, Qatari, Egyptiens, Libanais et Palestiniens (pour ne nommer qu’un petit nombre) sont appelés “ opposition armée syrienne modérée”. Mais ceci n’est pas propre aux seuls média : on voit des diplomates américains, anglais et français prenant part à cette mauvaise comédie, appelant tout combattant étranger “ opposant syrien ”, du moment qu’ils combattent la Russie. L’occident promeut de bonnes valeurs mais il ne les promeut pas dans cette sale guerre, où tout est permis.

 

Une autre bizarrerie est Alep-est et ses hôpitaux: le nombre d’hôpitaux qui y ont été détruits dépasse tous les records. A en croire le ministère des affaires étrangères américain et la presse occidentale, plus de 90 hôpitaux ont été totalement détruits à Alep ces derniers mois, au rythme de près d’un par jour. Et tous les jours nous entendons “le dernier hôpital a été totalement détruit ”. Le seul problème avec ces chiffres est la statistique du ministère de la santé syrien qui précise que “sur l’ensemble du territoire syrien, il n’y a que 88 hôpitaux”.

 

Quiconque oserait contredire cette théorie et propagande du “dernier-hôpital-détruit”, se verrait aussitôt opposer une accusation personnelle : tu dois être “assadiste” (en référence au Président Bashar al-Assad). “Néo-analystes” et parfois journalistes, partagent une absence d’arguments. Nous avons vu le professeur Joshua Landis (qui a passé plus de 12 ans au Moyen Orient) et le professeur Max Abrahms (pour n’en nommer que quelques-uns) accusés d’être “Assadistes” parce qu’ils sont en désaccord avec ceux qui font partie d’un think tank et qui prétendent représenter le Syrie ou des journalistes cherchant à attirer l’attention. En réalité cette accusation est devenue un moyen facile d’arrêter la conversation : quand ces personnages superficiels sont à court d’arguments, ils vous accusent d’encourager les terroristes à gouverner la Syrie.

 

Qui plus est, Assad n’est plus l’ennemi mais il est remplacé par la Russie aux yeux des média américains. La raison n’en est pas difficile à imaginer: la Russie prétend partager le Moyen Orient et qu’elle ne soit plus une chasse gardée des Américains. Selon les media américains, tous les obus russes détruisent des hôpitaux et tuent des civils, alors que les obus américains ne tuent que “Al-Qaeda” et ISIS. Bien entendu, la Russie n’a pas les bombes sophistiquées américaines qui sont équipées de détecteurs intelligents capables de distinguer les civiles et de ne cibler que les militants.

 

Et quand les djihadistes et rebelles commencent une attaque à grande échelle contre les forces armées syriennes et leurs alliés, les média attendent les résultats. Si le régime entreprend une opération militaire, des hôpitaux sont détruits et des civils tués dès les premières heures de la bataille. Il est rare que des militants soient tués aux yeux des principaux média.

Pour connaitre l’issue d’une bataille en Syrie, il suffit de regarder les appels du ministère américain des affaires étrangères ou de la sécurité nationale réclamant un arrêt immédiat de la violence, un cessez-le-feu et une réunion à Genève. Si la situation est grave pour les djihadistes et les rebelles, il faut s’attendre à la visite de Staffan de Mistura, envoyé de l’ONU, parlant de tragédie de guerre et de la nécessité de créer un état dans l’état ou du droit à se gouverner des djihadistes et des militants dans une région précise. Ceci permettrait aux djihadistes et aux rebelles de reprendre leur souffle, de se réorganiser et d’être prêts à remonter au front. Il est clair que la diplomatie ne sert pas à arrêter la guerre mais à la prolonger autant que possible.

Il n’y a pas de doutes que l’administration du Président Barack Obama considère “Al Qaeda” en Syrie comme un prolongement d’Al-Qaeda en Khorasan, responsable de la destruction des tours jumelles connue sous le nom d’évènements du 9 septembre et de toutes les autres attaques contre des civils. Mais Obama ne veut pas qu’un parti triomphe sur un autre en Syrie. Si un groupe est faible, même si c’est al-Qaeda, il est soutenu aux Nations Unies, à travers les média, soutenu au plan militaire, équipé, financé et informé par les pays de la région dans la perspective d’une nouvelle attaque, tant que la Russie, l’Iran et leurs alliés resteront engagés au sol.

 

C’est précisément la raison pour laquelle la Russie et ses alliés ne ciblent pas ISIS en premier mais seulement en cas de stricte nécessité. ISIS, au contraire des djihadistes, n’a aucun soutien public sur les forums internationaux ni armement militaire ou entrainement par la CIA en Jordanie. Jack Murphy, un Ranger et jadis dans les forces armées aériennes américaines, a expliqué comment ses collègues entrainent les terroristes à la demande de la CIA.

 

La règle est simple : les principaux média ne veulent pas mettre en lumière le financement du terrorisme, la provenance des armes qui lui arrivent, ni l’entrainement par la CIA. Il est triste de voir comment des média apparemment respectables ont perdu leur crédibilité et leur observation impartiale en passant par la porte de Bilad al-Sham.

 

Irak:

En Irak, il est difficile de comprendre ce que veulent les principaux média. Les média et les “néo-analystes” publient des articles sans fin au sujet de l’impossibilité d’éviter la partition de l’Irak et que les Kurdes sont la seule force capable de combattre ISIS. Ils font le jeu de la propagande d’ISIS pour prouver à quel point l’armée irakienne est incapable, et passent délibérément sous silence l’avancée héroïque des forces de sécurité irakiennes au sol.

 

Ces “néo-analystes” écrivent comme s’ils étaient des vétérans de la guerre au sol en Irak. Pourquoi les irakiens ont-ils retardé la libération de telle ou telle ville ? Il est rarement question des batailles héroïques et des sacrifices des forces de sécurité irakiennes combattant ISIS au nom du monde entier. Combattre ISIS dans les grandes villes, comme Mossoul, n’est pas facile avec plus d’un million et demi de civils restés chez eux plutôt que de partir dans des lieux protégés. Le premier ministre Haidar al-Abadi a donné des ordres précis pour protéger d’abord les civils avant les forces de sécurité qui viennent ensuite dans l’ordre des priorités.

 

Les “néo-analystes” et les journalistes mettent l’accent sur le rôle des “Unités de mobilisation populaire” (PMU) en leur donnant différents titres, comme la “foule chiite”, “foule sectaire” et “foule milice” comme si ses membres venaient d’un autre monde. Il y a plus de 60% de Chiites en Irak et les autres sont Sunnites, Kurdes séculaires, Assyriens, Shabak, Sabéa et autres minorités. C’est parmi ces mêmes Irakiens que sont formées les unités de l’armée irakienne, du contre-terrorisme, du renseignement, les forces spéciales, les forces de la police fédérale, les tribus et les Peshmergas comme les PMU, qui sont devenus partie intégrale de l’appareil de sécurité sous le commandement en chef du chef des forces armées irakiennes, le premier ministre.

 

Ceux qui écrivent sur l’Irak passent sous silence le fait que l’armée américaine, avant et pendant l’invasion de l’Irak, a commis les pires atrocités dans ce pays, en commençant par l’embargo et en continuant avec les massacres, la torture, sans compter tous les autres manquements aux droits de l’homme pendant l’occupation du pays.

 

Mais l’atteinte à la réputation des PMU a une autre dimension. Les PMU prennent part à l’opération sur Mossoul en attaquant la banlieue Talafar et en coupant la route de la Syrie. Ces PMU autour de Talafar ont été soigneusement choisis : 3000 d’entre eux viennent de Talafar même, et il y a d’autres Chrétiens des plaines de Ninive venus reconquérir leurs terres. Il n’y a pas que des Chiites et des Sunnites en Irak.

 

Les PMU ont perturbé le plan du Vice-Président américain Joe Biden pour partager l’Irak : en août 2014 ils ont empêché la ville septentrionale d’Amerli (Tuzkhormato) de tomber entre les mains d’ISIS quand le groupe terroriste a occupé la quasi-totalité de la province de Salahoddine ; ils ont empêché Samarra de tomber entre les mains d’ISIS quand le groupe terroriste tenait plus de la moitié de la ville ; ils ont évité une nouvelle guerre civile semblable à celle de 2006 quand Abu Musab al-Zarqawi a détruit le temple sacré chiite d’Askariyeyn ; ils ont empêché ISIS d’entrer dans Bagdad quand ses soldats sont arrivés aux portes de la capitale ; ils ont joué un rôle particulièrement difficile en libérant la partie sud du pays, Jurf al-sakher, le cœur d’ISIS à Tikrit et Fallujah et ont contribué à la libération de Ramadi.

 

Les chefs PMU ont également convaincu les chefs irakiens de rejeter le plan militaire américain qui visait à attaquer la ville septentrionale de Mossoul il y a un an, avant la province d’Anbar. Si le plan militaire américain avait vu le jour, la capitale aurait été laissée sans défense, avec ISIS plus fort à Fallujah. Bagdad aurait été en grand danger en cas d’attaque par ISIS et la partition de l’Irak aurait été inévitable.

 

Enfin, l’Irak ne pourra pas battre ISIS en Irak sans qu’il soit battu en Syrie. Par conséquent, après Mossoul, la bataille devra se diriger vers ‘Ana, Rawa and al-Qaem à la frontière Syrie-Irak. Il n’y a guère de doutes que les PMU partiront à l’assaut des bastions d’ISIS afin de s’assurer qu’ils ne reviennent pas en Irak. Discréditer les PMU en Irak veut dire les accuser de sectarisme et faire en sorte que cette accusation leur colle à la peau avant qu’ils pénètrent une région à majorité sunnite en Syrie.

 

La notion de “presse libre et non biaisée” est finie et a été remplacée par la volonté des politiciens : le journalisme d’investigation a été remplacé par l’information ou la désinformation des média sociaux.

 

Il a été clair pendant la campagne présidentielle américaine que la “presse libre” se partageait des “statistiques” confirmant que Donald Trump n’avait aucune chance et que Hillary Clinton avait 98 à 99% de chances de gagner. Ceci indique que la presse prononçait des vœux pieux plutôt que de valider des données et confirmer des faits, précisément comme ils ont fait la plupart du temps en ce qui concerne la guerre en Syrie et en Irak.

 

 

Syria and Iraq caught between the “new analysts’ and the politicised media

 

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By Elijah J. Magnier: 

 

The wars in Syria and Iraq celebrated the unfortunate end of the “free and independent press” and the rise of the “neo-analysts”. They sit in far-off lands, with no ground knowledge of the war, collecting information and analysing the colourful bin of social networking sites.

They have even the temerity to believe they can dictate to the US administration what measures should be taken, who to support and, as if they had mastered the “art of war”, they even push for a nuclear war with Russia.

It is most surprising to see respectful media rushing to embrace the opinion of these “neo-Analysts”, in fact only because what these amateurs say happens to match what mainstream media desire to hear. So we see for example a “Hezbollah Lebanon expert” or “Shia group expert” in Iraq only because he can count (he collects and analyses the Shia flags and groups he sees on Facebook and Twitter) but has never met commanders or leaders of the groups that should fall within his field of expertise in both countries. Also, many so-called “Syria experts” have never even seen the streets of Damascus, Homs, Hama, Aleppo or any other Syrian city even in peace time before 2011. Of course, Twitter and Facebook are the sufficient and unique sources of information because they have no other alternative sources. It is quite interesting, amazing in fact, to see these people producing articles and having easy access to reputable publications.

However, the views of the US administration and the one of the “neo-analysts” – are in conflict in terms of professional ethics, values and principles, even though they are both based on fighting terrorism. Journalists, and analysts, are astonishingly supporting “Qaidat al-Jihad” in Syria, fiding enough space even to report the “Islamic State” (ISIS/ISIL) material when fighting against the Iraqi Army and the so-called (sectarian) “Popular Mobilisation Units ” (al-hashd al-Sha’bi – PMU) in Iraq.

 

Syria:

In Syria, Chechens, Moroccans, Tunisians, Chinese, Turkish, Saudi, Qatari, Egyptians, Lebanese and Palestinians (to name but a few) are called “Syrian moderate armed opposition”. But that is not limited to media only: we see US, UK, and French diplomats taking part in this bad taste comedy, calling every foreign fighter “Syrian opposition”, as long as these are fighting against Russia. The west promotes right values but doesn’t implement these values in this dirty war, where everything is permitted.

Another puzzle is eastern Aleppo and its hospitals: the number of destroyed hospitals in eastern Aleppo is about to set a Guinness record. According to the US State Department and to the western press, over 90 hospitals were totally destroyed in eastern Aleppo in the last months at the rate of almost one destroyed hospital per day. And every day we hear “the last hospital has been totally destroyed”. The only problem with this figure is the statistic released by the Syrian Ministry of Health stating that “on the entire Syrian territory, there are only 88 hospitals”.

If anyone dares to contradict this “last-hospital-destroyed” theory and propaganda, a personal accusation is ready: you must be an “Assadists” (referring to President Bashar al-Assad). “Neo-analysts” and on some occasions journalists, join in for lack of argument. We have seen professor Joshua Landis (who spent over 12 years in the Middle East and is one the most knowledgeable Syrian analyst) and Terrorism theorist professor Max Abrahms (to name a few), are accused of being “Assadists” as soon as they disagree with those sitting in a think tank and pretending to reflect on Syria or journalists looking to attract some attention to themselves. Actually this accusation becomes an easy way to break the conversation: when no argument is available from these shallow low-minded thinkers who have no hesitation promoting terrorists to rule Syria.

Moreover, Assad is no longer THE enemy but is replaced by Russia in the eyes of the US media. The reason is not difficult to imagine: Russia wants its share of a Middle East that is no longer exclusive to the Americans. According to U.S. media, all Russian shells and bombing destroy hospitals and kill civilians, while American shells kill only “Al-Qaeda” and ISIS. Of course, Russia doesn’t have the sophisticated US bombs equipped with smell-detection and able to recognise civilians and target only militants.

And when jihadists and rebels start a large scale attack against Syrian Army forces and their allies, the media stand by, waiting for results. If the regime begins a military operation hospitals are destroyed and civilians are killed in the first hour of the battle. Rarely do militants die in mainstream media.

To know the outcome of a battle in Syria, it suffices to monitor a US State Department or National Security statement demanding an immediate halt to the violence, a cease-fire and a meeting in Geneva. If the situation is severe for Jihadists and rebels, expect a visit of the UN envoy Staffan de Mistura to talk about tragedies of war and the need to create a state within a state or self-management of the jihadists and militants within a specific area. This would help Jihadists and rebels to recover their breath, reorganise themselves and be ready to return for another round of battle. Obviously diplomacy is not being used for stopping the war but to keep it going as long as possible.

There is no doubt that President Barack Obama’s administration considers “Al Qaeda” in Syria as an extension of Al-Qaeda in Khorasan, responsible for the destruction of the twin towers known as the 9/11 events and every other terrorist attack against civilians. But Obama doesn’t want any party to triumph over the other in Syria. If one group is weak, even if it is al-Qaida, it is supported at the UN, through the media, supplied with military training, equipment, finance and intelligence information by countries of the region to prepare for another attack: as long as Russia, Iran and their allies are continuously engaged on the ground.

Yes, this is exactly why Russia and its allies are not targeting ISIS in the first place but only when it is absolutely necessary. ISIS, unlike the Jihadists, does not have public support in international forums or CIA military armament and training in Jordan. Jack Murphy, a Ranger and formerly with US Special Forces, explained how his colleagues are training terrorists at the request and with the knowledge of the CIA.

The rule is clear: the mainstream media don’t want to put light on the financing of terrorism, the provenance of weapons reaching these, nor on the CIA training. It is sad how easily apparently respectable media left their credibility and unbiased reporting at the door when entering Bilad al-Sham.

 

Iraq:

In Iraq, it is difficult to understand what mainstream media wants. Media and the “new analysts” produce endless articles about how it is impossible to avoid the partition of Iraq and that the Kurds are the only force able to fight ISIS. They focus more on ISIS propaganda to prove, according to ISIS, how incapable is the Iraqi Army and deliberately omit the heroic advance of the Iraqi security forces on the ground.

These “new analysts” write like they are war veterans knowledgeable about the ground in Iraq. Why did the Iraqis delay the liberation of this or that city? Rarely are the heroic battles and sacrifices of the Iraqi security forces fighting ISIS on behalf of the world mentioned. Fighting ISIS in big cities, like Mosul, is not an easy task with over one and a half million civilians who stayed at home rather than leaving to a more secure place. Prime Minister Haidar al-Abadi gave specific orders to secure civilians in the first place before securing the lives of the security forces that come next on the level of priorities.

“Neo-analysts” and journalists focus also on the role of the “Popular Mobilisation Units” (PMU) by giving them different titles, like the “Shiite crowd”, “sectarian crowd” and “Militia crowd” as if its members came from another world. There are more than 60% of Shiites in Iraq and the rest are Sunnis, secular Kurds, Assyrians, Shabak, Sabea and other minorities. From these same Iraqis are formed the Iraqi army units, counter-terrorism, intelligence, special forces, federal police forces, tribes, and Peshmergan as well as the PMU, which has become an integral part of the security apparatus under the leadership of the Commander in Chief of the Iraqi Armed Forces, the Prime Minister.

Those writing about Iraq disregard the fact that the US Army, before and during its invasion to Iraq, committed the most abominable atrocities in that country, starting with the embargo on Iraq to massacres, torture, rape and human rights abuses during the occupation of the country.

But the focus on the reputation of the PMU has other dimensions. The PMU is taking part in the Mosul operation by attacking Talafar suburb and cutting the road to Syria. Those PMU around Talafar were carefully selected: 3000 of these are from the same city of Talafar, as there are other Christians from Nineveh plains who came to recover their land from ISIS. Iraq is not made up of Sunni and Shia only.

The PMU disturbed the US Vice President Joe Biden’s plan to divide Iraq: they managed in August 2014 to defend and prevent the fall of the northern city of Amerli (Tuzkhormato) to ISIS when the terrorist group occupied almost all of Salahoddine province; stopped the fall of Samarra to ISIS when the terrorist group took control of more than half of the city, preventing another civil war similar to the one in 2006 when Abu Musab al-Zarqawi destroyed the Shia holy shrine of Askariyeyn; they prevented ISIS from entering Baghdad when the militants reached the doors of the capital; liberated the most difficult southern area of Jurf al-sakher, the heart of ISIS in Tikrit and Fallujah and contributed to the liberation of Ramadi.

The PMU leadership also convinced the Iraqi leaders to reject the US military plan to attack the northern city of Mosul a year ago before the Anbar province. If the US military plan had gone ahead, the capital would have been left without defence, with ISIS strong in Fallujah. Baghdad would have been in great danger if attacked by ISIS and the partition of Iraq would have been a foregone conclusion.

And lastly, Iraq won’t be able to defeat ISIS in Iraq unless it is defeated in Syria. Therefore, after Mosul, the battle will head toward ‘Ana, Rawa and al-Qaem on the Syrian-Iraqi borders. There is little doubt that the PMU will move forward towards the ISIS stronghold to make sure there is no return to Iraq. Discrediting the PMU in Iraq involves a preventive campaign to accuse the PMU of sectarianism and make this accusation stick before its forces engage in the Sunni majority area of Syria.

The notion of a “free unbiased press” is finished and has been replaced by the will of politicians: investigate journalism was replaced by information or disinformation from social media.

It was obvious during the US presidential campaign that the “free press” was sharing “statistics” confirming the absence of any prospect of success of Donald Trump with Hillary Clinton as a winner by 98 to 99%. This indicates that the press was following wishful thinking rather than confirming data and facts, just as they have been doing most of the time with the war in Syria and Iraq.