Author Archives: Elijah J Magnier

About Elijah J Magnier

Senior Political Risk Analyst with over 32 years' experience covering the Middle East and acquiring in-depth experience, robust contacts and political knowledge in Iran, Iraq, Lebanon, Libya, Sudan and Syria. Specialised in terrorism and counter-terrorism, intelligence, political assessments, strategic planning and thorough insight in political networks in the region. Covered on the ground the Israeli invasion to Lebanon (1st war 1982), the Iraq-Iran war, the Lebanese civil war, the Gulf war (1991), the war in the former Yugoslavia (1992-1996), the US invasion to Iraq (2003 to date), the second war in Lebanon (2006), the war in Libya and Syria (2011 to date). Lived for many years in Lebanon, Bosnia, Iraq, Iran, Libya and Syria.

L’“Etat Islamique” d’abord, les Etats-Unis ensuite violent les accords Sykes-Picot avec un objectif : la partition de la Syrie et de l’Irak

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Baghdad de Elijah J. Magnier : @ejmalrai

Il y a trois ans, en 2014, le groupe ”Etat Islamique” (ISIS) a violé la frontière désertique entre l’Irak et la Syrie : ses bulldozers ont traversé la frontière, allant des confins de l’Irak à Sinjar à la province d’al-Hasaka, à l’aide de Humvees fabriqués aux Etats-Unis (EU) et capturés lors de la prise de Mossoul. Il y a une semaine à peine, des centaines de Forces Opérationnelles américaines ont traversé la frontière d’Irak en Syrie avec leurs Humvees en convoi militaire, en suivant le même chemin qu’ISIS, violant ainsi le partage de l’Empire Ottoman décidé par les Français et les Anglais lors des accords secrets entre deux diplomates, Sir Mark Sykes et François Georges-Picot, au cours de la Première Guerre Mondiale. Le Président américain Donald John Trump n’a pas simplement demandé à ses troupes de traverser la frontière (sans demander l’accord des gouvernements centraux de Bagdad et Damas) : il a réalisé ce que le dirigeant d’ISIS Ibrahim Aw’wad Ibrahim Ali al-Badri al Samarrae’e, aka Abu Du’aa, aka Abu Bakr al-Baghdadi avait prophétisé en disant : “Cette avance bénie (des militants du Califat de l’Irak vers la Syrie) ne s’arrêtera pas avant que nous ayons planté le dernier clou dans le cercueil de la conspiration de Sykes-Picot ”.

En Octobre 2014, la Turquie a permis aux Peshmerga Kurdes d’Irak de traverser Suruc, une région turque, pour se joindre aux Kurdes de Syrie à Kobané (Ain al-Arab) et chasser ISIS qui occupait la plus grande partie de la ville. Cette fois, les forces américaines n’avaient pas besoin de demander la permission, après la défaite d’ISIS à Mossoul et Sinjar. Le convoi américain est passé d’Irak à al-Hasaka, en Syrie, où les EU ont gardé plusieurs aéroports et une base militaire dans le nord-est de Bilad al-Sham sous prétexte de “combattre le terrorisme”.

Comment le plan américain a-t-il réussi jusqu’à présent en Irak et partiellement en Syrie ?

Avant la bataille de Mossoul mi-2016, les militaires irakiens et la direction des Unités d’Hashd al-Sha’bi (Unités de Mobilisation Populaire qui font officiellement partie des forces de sécurité) ont suggéré au chef des forces armées, le Premier Ministre Haidar al-Abadi, de libérer dans un premier temps Babil, Wasit, Karbalaa, et Diyala, puis le cercle de Bagdad et Salahoddine dans un deuxième temps. La troisième étape serait alors de libérer al-Anbar totalement avant Kirkuk et Nineveh. Ces deux provinces septentrionales devaient être les dernière à être libérées d’ISIS.

Selon certains décideurs de Bagdad, le commandement militaire américain a rejeté l’idée de libérer totalement al-Anbar et refusé tout soutien aérien et de renseignement si Nineveh (Mossoul et al) n’était pas libérée avant Anbar. Un compromis a été obtenu, visant à libérer d’abord Fallujah et Ramadi dans al-Anbar mais de laisser le triangle al-Rutba, Ramadi, al-Qaem pour la fin, du moment que Hashd al-Sha’bi et les forces de sécurité irakiennes n’avaient pas le droit de s’aventurer le long de la frontière Syrie-Irak. Le commandement militaire a compris que l’objectif américain était de se préserver une grande mobilité sur le frontière, de pousser ISIS vers la Syrie en attaquant d’abord Mossoul depuis l’est (la rive gauche) et de réduire la pression sur les Kurdes irakiens en empêchant ISIS de fuir vers le nord et en les poussant vers l’ouest de l’Irak et l’est de la Syrie. Les Américains sont persuadés que la bataille de Nineveh durera des années pour défaire définitivement ISIS.

Si Bagdad avait décidé d’attaquer al-Anbar d’abord, ISIS aurait été délogé de la frontière syrienne et aurait connu une course facile vers le Kurdistan. Ceci aurait aidé l’armée du Président Bashar al-Assad en empêchant plus de militants d’ISIS d’entrer en Syrie et aurait pourri le plan américain visant à prendre al-Tanaf, Sinjar aurait été sous contrôle de l’armée irakienne, et non des Kurdes, et la frontière syrienne sous le contrôle d’Hashd al-Sha’bi, empêchant tout mouvement des troupes américaines entre les deux pays. Ceci aurait permis à l’armée irakienne d’avancer vers Kirkuk, et les troupes de Bagdad auraient eu accès à Erbil et auraient pu aider les Kurdes irakiens à combattre ISIS aux abords de la ville.

Les Américains ont rejeté ce plan de façon catégorique et le Premier Ministre Abadi a dû s’incliner devant la fermeté des Américains en créant une sorte de compromis. Il a choisi de bénéficier de l’aide militaire américaine limitée mais utile à l’Irak dans sa lutte contre le terrorisme. En fait, Abadi ne fait pas confiance aux intentions de Téhéran en ce qui le concerne, car pense que certains groupes au sein d’Hashd al-Sha’bi sont totalement fidèles à l’Iran au lieu de lui être loyaux. Certains pensent qu’Abadi est pro-Américain tandis que beaucoup de groupes dans Hashd ont combattu les forces américaines durant leur occupation de l’Irak et jusqu’à aujourd’hui. Après avoir accumulé une expérience considérable en combattant ISIS pendant trois ans, ils sont prêts à combattre les forces américaines en Irak et leurs plans pour diviser le pays. Hashd est prêt aussi à combattre les Kurdes s’ils décident d’implémenter le résultat attendu du référendum qui va clairement promouvoir l’indépendance du Kurdistan irakien.

Le Premier Ministre Abadi a vu plus loin : l’Irak a la priorité, même si cela conduit à la séparation du Kurdistan. Le gouvernement de Bagdad, comme je l’ai appris de beaucoup de décideurs dans la capitale irakienne, n’utilisera pas la force militaire contre Erbil, quelle que soit sa décision concernant l’indépendance. Après tout, le Kurdistan jouit d’une autonomie depuis des décennies et sa possible indépendance (car le Dirigeant Kurde Masoud Barzani affirme qu’il va faire un référendum le 25 Septembre à ce sujet) libérera à l’avenir le gouvernement de Bagdad de ses obligations financières envers les Kurdes.

Mais la traversée par les forces américaines à al-Hasaka est un acte illégal. Elle peut cependant devenir légale le jour où le Kurdistan irakien déclare son indépendance suivie par une indépendance des Kurdes syriens à al-Hasaka. Quand les officiels américains reconnaitront ces deux “Etats” (comme cela s’est déjà produit pour le Slovénie, la Croatie et la Bosnie dans les années 90), la présence militaire américaine en Syrie deviendra “officielle”. A vrai dire, la localisation géographique du Kurdistan irakien a du sens dès lors qu’il est uni, dans une même nation, au Kurdistan syrien, même s’il n’y a finalement pas d’union sous une même direction, en raison de différences d’idéologie et d’objectifs entre les deux pays.

Quand Thomas Friedman a écrit que les EU ne devraient pas combattre ISIS puisque leur but est de défaire le régime de Bachar al-Assad en Syrie – et ses alliés russe, Iranien et du Hezbollah – et de battre le régime pro-Iranien chiite en Irak, remplaçant tous deux par un « califat », il partageait une heure de vérité : ISIS sert les intérêts des EU d’Amérique. Friedman est en harmonie avec ce que le vice-Président américain Joe Biden a écrit “l’idée est de maintenir un Irak uni en le décentralisant, donnant à chaque groupe ethno-religieux – Kurdes, Arabes sunnites et Arabes chiites – la place nécessaire pour mener ses propres affaires, un plan établi par les militaires américains pour se retirer et se redéployer, un pacte régional de non-agression ”.

En fait, la Premier Ministre Abadi (selon des sources dignes de confiance à Bagdad) croit qu’il aura l’opportunité d’établir un équilibre dans cette situation déjà chaotique entre Bagdad et Téhéran en chassant les forces américaines si Washington décide de partager l’Irak. Une alternative possible est qu’Abadi justifie et soutienne les bases militaires américaines en Mésopotamie à condition que Trump rejette l’idée de partager l’Irak.

Mais l’Iran ne va peut-être pas réagir tout de suite contre les plans américains pour diviser l’Irak et la Syrie : la priorité est de défaire ISIS et les alliés des EU à al-Badiya (la steppe syrienne semi-désertique) et d’empêcher les Kurdes d’atteindre Deir al-Zour, al Mayadeen et le sud de Tabqa. Les EU essaient d’établir avec la Russie un plus grand nombre de zones sans conflit dans le nord-est, comme au sud, mais ceux-ci peuvent n’être que temporaires. L’“axe de la résistance” n’acceptera jamais la présence de troupes américaines à la fois en Syrie et en Irak, et il encouragera les tribus syriennes du nord à s’engager contre les alliés des EU au nord et au sud-est de la Syrie.

En Iraq, beaucoup de voix s’élèvent contre la présence américaine dans le pays, surtout après la défaite d’ISIS à Mossoul. Beaucoup de dirigeants irakiens demandent au Premier Ministre de tendre vers un retrait total et immédiat des forces américaines de Mésopotamie, d’autant plus qu’ISIS est parvenu à proliférer dans un environnement sectaire (encouragé par les EU), lequel n’existait pas avant 2003. La bataille de Mossoul est finie mais la guerre pour éliminer ISIS doit se prolonger encore pendant une année dans la province d’al-Anbar, en particulier autour d’al-Qaem où ISIS est bien installé depuis 2003. Pour gagner cette bataille, l’Irak a besoin des PMU (Hashd) et que le véto américain sur ces forces soit levé.

Le recrutement d’ISIS est en chute libre : la “capitale du Califat” (Mossoul) et son principal fief en Syrie (Raqqa) ne sont plus en mesure d’accueillir de nouveaux Moudjahidin et leur “pays de rêve”. L’âge d’or islamique n’est plus une réalité pour ce groupe et ses sympathisants dans le monde. Par conséquent, il est quasiment inévitable qu’ISIS finira comme groupe (comme al-Qaïda) sans lieu où aller (mais avec bien des grottes pour se cacher).

Les plans américains en Syrie et en Irak ont un autre ennemi : la Turquie. Washington a empêché Ankara de participer à la bataille de Raqqa et est sur le point d’établir deux “Etats” kurdes à sa porte, invitant les Kurdes de Turquie à suivre la même voie.

Il reste une question : comment un nouvel “Etat Kurde” pourrait-il survivre entre quatre pays qui l’entourent (Irak, Syrie, Turquie et Iran), et qui sont décidés à faire tout leur possible pour neutraliser un futur Etat Kurde en Mésopotamie et/ou Bilad al-Sham ? Les Kurdes croient-ils vraiment pouvoir faire confiance aux deux bases militaires américaines et à la base anglaise au Kurdistan Irakien avec les subsides saoudiens, ainsi qu’aux six bases américaines du nord de la Syrie pour imposer leur(s) “Etat(s)” ?

Il n’est peut-être pas impossible de changer la carte du Moyen-Orient, mais en pérenniser le changement est une autre affaire. Les EU sont en train de se faire de plus en plus d’ennemis en Irak et en Syrie, et ses nouveaux amis en Irak et en Syrie sont moins que ses ennemis en mesure de réaliser ces plans ambitieux avec une administration américaine dont le Président tient avant tout à garder la direction en raison des attaques internes qu’il subit en permanence. Une chose est certaine, l’instabilité ne cessera pas avec la défaite d’ISIS : ce sera le début d’un autre type d’instabilité, provoquée à la fois par des Etats (EU, Russie, Syrie, Irak, Iran et Turquie) et par des groupes non-gouvernementaux (ISIS et al-Qaïda).

 

Lire aussi:

Les Kurdes d’Irak et de Syrie : cheval de Troie pour diviser le Moyen-Orient: https://elijahjm.wordpress.com/2017/07/09/les-kurdes-dirak-et-de-syrie-cheval-de-troie-pour-diviser-le-moyen-orient/

 

 

 

First “Islamic State” and then the US breaches Sykes-Picot with one objective: the Partition of Syria and Iraq

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Key words: Kurds, Iraq, Syria, Turkey, Iran, US, Russia, Baghdad, Erbil, Hasaka, Ankara, Tehran, Damascus, ISIS, YPG, Peshmerga.

Baghdad, Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Three years ago, in 2014, the “Islamic State” terrorist group (ISIS) breached the deserted frontier between Iraq and Syria: its bulldozers crossed from the Iraqi borders on Sinjar into al-Hasaka province with US-made Humvees captured during the occupation of Mosul. Just a week ago, hundreds of US Special Operation Forces crossed Iraq into Syria with their Humvees in military convoy, following the same ISIS path breaching the British and French division of the Ottoman Empire secret agreement during the First World War by the two diplomats Sir Mark Sykes and François Georges-Picot. The US President Donald Trump didn’t just ask his troops to cross the borders (without asking the permission of the central governments in Baghdad and Damascus): he fulfilled what the same ISIS leader Ibrahim Aw’wad Ibrahim Ali al-Badri al Samarrae’e, aka Abu Du’aa, aka Abu Bakr al-Baghdadi prophesied when he said: “ This blessed advance (of the Caliphate militants from Iraq into Syria) will not stop until we knock the last nail into the coffin of the Sykes-Picot conspiracy”.

In October 2014, Turkey allowed the Iraqi Peshmerga Kurds to cross Suruc, a Turkish area to join the Syrian Kurds in Kobane (Ain al-Arab) and help drive out ISIS who occupied most of the city. This time, the US forces didn’t need to ask permission following the defeat of ISIS in Mosul and Sinjar. The US convoy crossed Iraq into al-Hasaka, Syria, where the US maintains several airports and a military base in the north-east of Bilad al-Sham under the cover of “fighting terrorism”.

How did the US plan succeed in Iraq and partially in Syria to date?

Before the battle of Mosul mid 2016, the Iraqi military and the Hashd al-Sha’bi Units leadership (Popular Mobilisation Units that are officially part of the security forces) suggested to the chief of the armed forces, the Prime Minister Haidar al-Abadi, to liberate Babil, Wasit, Karbalaa, and Diyala as a first plan, followed by the ring of Baghdad and Salahoddine as a second plan. The third step would be to liberate al-Anbar completely before Kirkuk and Nineveh. The two northern provinces were supposed to be the last areas to be liberated from ISIS.

According to decision makers in Baghdad, the US military command rejected the idea of fully liberating al-Anbar province and refused to offer any air and intelligence support if Nineveh (Mosul et al) was not liberated before Anbar. A compromise was reached to free Fallujah and Ramadi in al-Anbar and to leave the triangle al-Rutba, Ramadi, al-Qaem to the last, as long as the Hashd al-Sha’bi and the Iraqi security forces are not permitted to venture along the Syrian-Iraqi borders. The military leadership was aware of the US plan to have easy movement on the borders, push ISIS towards Syria by attacking Mosul first from the east (left Bank) and lift the pressure on the Iraqi Kurds by preventing ISIS from fleeing north and pushing these towards the west of Iraq, east of Syria. In the US mind, the battle of Nineveh may last years to defeat ISIS.

Had Baghdad decided to attack al-Anbar first, ISIS would have been dislodged from the Syrian borders and pushed all ISIS in free run towards Kurdistan. This act would have supported the President Bashar al-Assad’s Army by preventing further flock of ISIS militants into Syria and would have spoiled the US plan in taking al-Tanaf. Sinjar would have been under the Iraqi Army not the Kurds, and the borders with Syria would be under Hashd al-Sha’bi control preventing any US troop movement between the two countries. This would have allowed the Iraqi Army to advance towards Kirkuk, and Baghdad troops would have had access to Erbil to support the Iraqi Kurds and fight ISIS at the edge of the city.

The US rejected the plan categorically and Prime Minister Abadi had to bow to the American strongarm by creating a kind of compromise, choosing to continue enjoying the limited but useful US military Air and Intelligence support for Iraq in its war on terrorism. Actually Abadi doesn’t trust Tehran’s intention towards him in person, and believes some groups within al Hashd al-Sha’bi are totally dedicated to Iran rather than loyal to his command. Abadi is believed by some to be pro-American, whereas many groups within Hashd fought the US forces during their occupation in Iraq and today. Following the considerable military experience these have gathered during three years of fighting against ISIS, they are very much ready to fight the US forces in Iraq and spoil their pans to divide the country. Hashd is also willing to fight the Kurds if these decide to implement the expected results of the referendum that will definitely promote the independence of Kurdistan Iraq.

Prime Minister Abadi saw the bigger picture: Iraq has priority even if this would lead to the partition of Kurdistan. The government in Baghdad, as I learned from many decision makers in the Iraqi capital, will not use the military force against Erbil regardless their decision of independence. After all, Kurdistan has been enjoying autonomy for decades and its possible independence (as the Kurdish Leader Masoud Barzani is claiming setting a referendum on the 25th of September for this purpose) will liberate the central government in Baghdad from future financial obligation towards the Kurds.

But the crossing by US forces into al-Hasaka is an illegal act. However, it may become legal the day Kurdistan Iraq declares its independence followed by the Syrian Kurds independence in al-Hasaka. When the US officially recognises these two “states” (it has happened before in Slovenia, Croatia and Bosnia in the 90s), the US military presence in Syria becomes “official”. Actually the geographical location of Kurdistan Iraq makes sense when linked, under one nation, with Kurdistan Syria, even if both countries may not end up with a unified leadership due to their different ideology and objectives.

When Thomas Friedman wrote that the US should not fight ISIS because “its goal is to defeat Bashar al-Assad’s regime in Syria – plus its Russian, Iranian and Hezbollah allies – and to defeat the pro-Iranian Shiite regime in Iraq, replacing both with a caliphate”, he was sharing a truthful moment: ISIS serves the interest of the United States of America. Friedman is in harmony with what the then US vice President Joe Biden wrote that “the idea is to maintain a united Iraq by decentralising it, giving each ethno-religious group – Kurd, Sunni Arab and Shiite Arab – room to run its own affairs (..) a plan designed by the military for withdrawing and redeploying American Forces, and a regional nonaggression pact”.

In fact Premier Abadi (according to high-level sources in Baghdad) believes he will have the opportunity to create a balance within this already chaotic situation between Baghdad and Tehran by kicking out the US forces if Washington decides to divide Iraq. The alternative possibility is that Abadi will both justify and support the US military bases in Mesopotamia provided that Trump rejects the idea of splitting Iraq.

But Iran may not react immediately against the US plans to divide Iraq and Syria: the priority goes to defeating ISIS and the US proxies in al-Badiya (the Syrian semi-desert steppe) and to preventing the Kurds from reaching Deir al-Zour, al Mayadeen and south of Tabqah. The US is trying to establish with Russia more de-conflict zones in the north east, similar to the south, but these may only observe a temporary agreement. The “axis of the resistance” will never accept the presence of US troops in both Syria and Iraq, and it will support the Syrian tribes in the north to engage against the US proxies in the north and the south- east of Syria.

In Iraq, many voices are being raised against the US presence in the country, particularly following the defeat of ISIS in Mosul. Many Iraqi leaders are asking the Prime Minister to seek a total and immediate withdrawal of the US forces from Mesopotamia, especially as ISIS managed to proliferate in a sectarian setup, (encouraged by the US) which was absent before 2003. The battle of Mosul is over but the war to eliminate ISIS is still to be fought for another year in al-Anbar province and mainly around al-Qaem where ISIS is well established since 2003. To win this battle, Iraq needs to use the PMU (Hashd) and remove the US veto on these forces.

ISIS recruitment is in free fall: the “capital of the Caliphate” (Mosul) and the main base in Syria (Raqqah) are no longer available to receive new Mujahedeen in their “dream land”. The Islamic Golden age is no longer a reality for this group and its sympathisers around the globe. Therefore, it is almost inevitable that ISIS will become a group (like al-Qaeda) with no particular home to go to (but several caves to hide in).

The US plans in Syria and Iraq have another enemy: Turkey. Washington has prevented Ankara from taking part of the battle of Raqqah and is about to establish two Kurdish “states” on its borders, inviting the Kurds in Turkey to follow the same path.

The question remains: how can new Kurdistan states” survive with four countries surrounding it (Iraq, Syria, Turkey and Iran), all determined to do everything to neutralise a future Kurdish state in Mesopotamia and/or Bilad al-Sham? The Kurds really believe they can rely on two US and one British military bases in Kurdistan Iraq and on Saudi Arabia monies, and on six US military bases in the north of Syria to impose their “state”?

Changing the map of the Middle East may not be impossible, but sustaining it is another issue. The US is gathering more enemies in Iraq and Syria and its new friends in Iraq and Syria are less capable than its enemies to fulfil this ambitious plan with a US administration whose President is very concerned about keeping his own political head on his shoulders due to the internal attacks he is continuously facing. One thing is certain, this instability is not expected to end with the defeat of ISIS: it will be the beginning of another kind of instability, triggered by both states (US, Russia, Syria, Iraq, Iran, Turkey) and by non-state groups (ISIS and al-Qaeda).

 

Read also:

The Kurds in Iraq and Syria are being used by the US as a Trojan horse for the purpose of dividing th… https://elijahjm.wordpress.com/2017/07/09/the-kurds-in-iraq-and-syria-are-being-used-by-the-us-as-a-trojan-horse-for-the-purpose-of-dividing-the-middle-east/ via @EjmAlrai

 

Les Kurdes d’Irak et de Syrie : cheval de Troie pour diviser le Moyen-Orient

 

 

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Mots clé: Kurdes, Rojava, Kurdistan, Masoud Barzani, Irak, Syrie, Iran, Turkey, US, Russie, Arabie Saudite.

Titres:

Les Kurdes d’Irak et de Syrie servent de cheval de Troie dans le but de diviser le Moyen-Orient.

L’Iran, la Syrie et l’Irak croient que les USA et Israël s’organisent pour tirer parti des Kurdes en Syrie et en Irak.

Les pays de la région croient qu’il est prématuré de déclarer l’indépendance du Kurdistan, qui ne fera qu’accroître leurs graves difficultés.

Téhéran, Bagdad et Damas croient à tort que la stratégie des USA en Syrie et en Irak n’est pas claire.

Pour bien des raisons, les USA ont intérêt à déstabiliser Ankara, même si la Turquie est membre de l’OTAN.

Erdogan est considéré comme « hors de l’orbite des USA » depuis le coup d’État avorté et l’appui des USA à un Rojava indépendant.

La Turquie ne combattra pas les YPG qui sont sous la protection des USA, mais luttera contre les Kurdes à Afrin (de l’autre côté du Rojava).

Les USA appuient les Kurdes en Syrie et en Irak simultanément, pour voir qui créera un État en premier.

Le plan des USA de créer un État kurde en Irak et en Syrie ouvre la voie à la création d’un État sunnite en Irak, pays perçu comme un gouvernorat iranien.

Massoud exclut une proclamation immédiate d’indépendance et voit les choses comme le début d’un long dialogue pacifique avec Bagdad.

Les Kurdes ne survivront pas dans un État pouvant être encerclé par voie terrestre ou aérienne, qui n’a pas non plus d’accès direct à la mer.

Barzani a soutenu Bachar al-Assad pendant de nombreuses années, en envoyant hommes et armes en renfort à l’armée syrienne.

Les problèmes entre Damas et les Kurdes ont commencé quand les Américains ont débarqué au nord-est de la Syrie.

L’intervention des USA a amené les alliés de Moscou à s’éloigner de leur rôle de protecteurs des Kurdes, en laissant la Turquie attaquer Afrin.

Des responsables irakiens voient le référendum de Massoud comme une invitation aux sunnites et aux chiites radicaux à exiger leur propre État.

Massoud Barzani doit bien préparer le terrain avant de se lancer dans l’aventure d’un Kurdistan indépendant.

Elijah J. Magnier – @ejmalrai

Le dirigeant du Kurdistan irakien, le président Massoud Barzani, a annoncé la tenue d’un (second) référendum général sur l’indépendance, le 25 septembre de l’année en cours. Il est déterminé à concrétiser le rêve d’établir un État kurde au Moyen-Orient.

Cette annonce coïncide avec le soutien accordé par l’administration des USA aux Kurdes syriens dans les provinces de Hassaké, Raqqa et Deir ez‑Zor, au nord de la Syrie. L’objectif est de créer une autre fédération formée de Kurdes, qui pourront suivre la voie tracée par leurs « frères » irakiens et même les devancer.

Ce qui se passe en Irak et en Syrie en ce qui a trait aux Kurdes est lié, sans considération des frontières. N’empêche que les gouvernements des pays de la région directement concernés (Ankara, Téhéran, Bagdad et Damas) croient que les USA comptent remodeler la région et former un « nouveau Moyen-Orient » s’inspirant du modèle que Condoleeza Rice, l’ex-secrétaire d’État des USA sous le président George Bush, cherchait à promouvoir.

Les pays voisins des Kurdes vont-ils laisser les USA diviser le Moyen-Orient en tirant parti des 22 à 25 millions de Kurdes enthousiastes et dévoués qui rêvent d’avoir leur propre État?

Les Kurdes du Moyen-Orient constituent le plus grand groupe ethnique n’ayant pas eu d’État jusqu’à maintenant dans le monde. Ils sont répartis principalement en Irak, en Iran, en Turquie, en Syrie, en Azerbaïdjan, en Arménie et au Liban. Leur présence est moins forte ailleurs dans le monde. La création d’un État kurde en Irak et en Syrie ne repose certainement pas sur la bénédiction ou la stratégie des USA, mais bien sur le bon vouloir de la Turquie, de l’Irak, de l’Iran et de la Syrie.

Malheureusement pour les Kurdes, ces pays peuvent et vont surmonter leurs divergences et leurs objectifs contradictoires à propos de la Syrie, en s’unissant pour empêcher avant tout la création de cet État kurde. En fait, peu après que Massoud Barzani eut annoncé son intention de tenir un référendum général sur l’indépendance, des sources bien informées m’ont dit que des agents des services du renseignement et de la sécurité iraniens, turcs et syriens ont tenu une réunion au plus haut niveau pour discuter des « conséquences désastreuses » possibles d’un État kurde indépendant dans leurs pays respectifs et de ses effets au Moyen-Orient. Ces agents croient que les USA profitent du rêve kurde d’avoir un État pour mieux diviser le Moyen-Orient et voir comment les autres pays réagiront.

Du point de vue kurde, ce rêve est légitime. Les Kurdes ont le droit d’avoir leur propre État. Mais les pays de la région sont d’avis qu’il est prématuré de franchir ce pas, qui ne fera qu’augmenter les problèmes des Kurdes. Il devient donc essentiel d’enterrer ce « projet américain » le plus vite possible et de le repousser dans le temps, soit après la fin des guerres en Syrie et en Irak.

Des pays comme l’Iran, la Syrie et l’Irak croient que les USA et Israël sont derrière ce plan, qu’ils tirent parti de l’aspect émotif rattaché à l’idée de posséder un État pour les Kurdes, en ayant comme objectif la partition du Moyen-Orient. La domination de « l’axe de la résistance » s’exercerait ainsi sur des États faibles et divisés. Gardons toutefois à l’esprit que les plans visant à renverser le président syrien Bachar al-Assad (après six ans de guerre), à établir un califat gouverné par Daech et à faire en sorte que les conséquences naturelles de la guerre en Irak mènent à la création d’un autre Sunnistan ont tous échoué jusqu’à maintenant.

La Turquie est convaincue aussi que les USA ne voient pas d’un mauvais œil l’affaiblissement de la position du président Erdogan, pour le punir du rôle croissant qu’il exerce au Moyen-Orient, de sa participation directe en Syrie et de son opposition à la création d’un État kurde en Syrie (où les USA cherchent à construire une base militaire qui remplacerait Incirlik en temps et lieu). La Turquie considère que les USA encouragent la création d’un État kurde à la frontière turque dirigé par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), son ennemi juré. Il ne fait aucun doute que les Kurdes syriens vont probablement suivre la voie tracée par les Kurdes irakiens : les USA sont déjà en train de construire plusieurs bases et aéroports militaires au nord-est de la Syrie, avec l’intention d’occuper des parties du pays et de maintenir une présence américaine à long terme.

Des hauts responsables à qui j’ai parlé à Téhéran, Bagdad et Damas trouvent que la stratégie des USA en Syrie et en Irak n’est pas claire. Indépendamment de cette évaluation inexacte et en observant les événements qui se succèdent, l’administration américaine semble en fait avoir pas mal confiance en sa stratégie en Irak et en Syrie. Les forces d’occupation illégale des USA ont soutenu une attaque majeure dans le Badia (une zone semi-désertique de la Syrie riche en pétrole et en gaz naturel) par des groupes « modérés » syriens, de façon à étendre leur domination sur la steppe syrienne liée à la province d’Anbar (sunnite) en Irak et au désert jordano-saoudien. Elles ont occupé al-Tanaf et tenté d’exercer une pression énorme sur Bagdad (en vain) pour empêcher les Forces de mobilisation populaire (FMP) d’atteindre la frontière avec la Syrie. Elles ont attaqué Raqqa avec l’aide de leurs mandataires kurdes et sont sur le point de libérer cette ville de Daech. Enfin, elles ont préservé l’accès aux champs pétrolifères et aux barrages de la région rurale de Raqqa, afin de s’assurer qu’un futur « État » kurde syrien (ou fédération) puisse survivre indépendamment de Damas. Puis, comme si cela ne suffisait pas, elles fourbissent leurs mandataires kurdes en armes mortelles et en artillerie lourde. Tout amène à conclure que les USA cherchent à voir simultanément qui d’entre les Kurdes de Syrie et d’Irak parviendront en premier à se doter d’un État et à l’imposer aux gouvernements centraux comme un fait accompli, en sachant fort bien que cette politique encouragera les Kurdes d’ailleurs (Iran et Turquie) à suivre la même voie menant à l’indépendance.

Les USA ne se soucient pas de la réaction d’Erdogan et du gouvernement turc à leur plan en faveur d’un État kurde en Syrie et en Irak, car c’est dans leur intérêt de déstabiliser Ankara (pour un certain nombre de raisons), même si la Turquie est membre de l’OTAN. Aux yeux des Américains, Erdogan est considéré comme « hors du contrôle et de l’orbite des USA » depuis l’échec du coup d’État contre lui. La promotion des Kurdes syriens par les USA et leur soutien à un État indépendant éventuel le long de la frontière turco-syrienne le confirment. Le premier ministre turc et son ministre des Affaires étrangères ont déjà qualifié un éventuel Kurdistan d’« erreur irresponsable et grave ». La Turquie ne livrera pas bataille contre les Unités de protection du peuple kurde (YPG) pour le moment, parce que leurs combattants sont sous la protection des USA, mais elle va sûrement s’en prendre aux Kurdes à Afrin, à l’autre bout du Rojava.

L’Iran aussi, par l’entremise de son guide suprême Sayed Ali Khamenei, a précisé clairement qu’il ne tolérerait pas la présence d’un État kurde le long de sa frontière avec l’Irak. Cette position claire, manifeste et ferme envers les Kurdes n’est pas tant l’expression d’une animosité contre le peuple kurde. Elle est davantage due au fait que ce sont les USA qui ont choisi le moment et la stratégie pour mettre de l’avant le « projet d’indépendance », alors que la partition du Moyen-Orient demeure une possibilité très envisageable et à la suite de l’échec de Daech de parvenir à diviser le Levant et la Mésopotamie.

C’est ce qui explique pourquoi Erdogan a avancé ses forces combattantes de Jarablus à al-Bab, en faisant fi de la présence américaine, et a divisé le Rojava en deux parties. C’est aussi la raison pour laquelle l’Iran a avancé ses forces combattantes dans la Badia au nord-est d’al-Tanaf, bloquant ainsi la route aux USA dans cette direction, tout en progressant vers le sud-est, récupérant ainsi plus de 30 000 km2 dans la Badia, afin d’empêcher les USA et leurs mandataires d’étendre leur contrôle dans ce secteur. Pour Téhéran, Damas et Ankara, le plan des USA est de créer un État kurde en Irak et en Syrie et d’ouvrir la voie à la création d’un État sunnite en Irak, pays qu’ils considèrent comme un gouvernorat iranien. Si le « soulèvement sunnite » a échoué en Syrie, c’est parce que le pays compte plus de 70 % de sunnites qui contrôlent l’économie, tandis que les alawites en détiennent le commandement militaire.

Aux dires de certains décideurs dans la région, les Kurdes risquent de commettre une erreur monumentale en se mettant à dos les pays limitrophes, car un État pouvant être attaqué ou encerclé par voie terrestre ou aérienne, qui n’a pas non plus d’accès direct à la mer, ne peut survivre sans coopération.

Massoud Barzani croit bien sûr que le moment est parfait pour tenir son « référendum contraignant » (qui devrait sans doute donner plus de 90 % de votes en faveur d’un État indépendant) le 25 septembre. Il croit aussi que la population kurde accepte les risques liés à une telle décision. Massoud exclut une proclamation immédiate d’un État kurde indépendant, mais voit les choses comme le début d’un long dialogue et processus de négociation pacifique avec Bagdad pour répondre au souhait de la population kurde. Selon des sources haut placées au Kurdistan, Massoud ne veut pas encourager les Kurdes d’autres pays de lui emboîter le pas, car le programme et l’idéologie des Kurdes en Irak diffèrent de ceux des Kurdes de Syrie, de Turquie et d’Iran. Mais peu importe ce que le dirigeant kurde croit et dit, il n’existe pas de garantie ou de processus prévoyant accorder l’indépendance à une nation kurde dans un pays donné, mais pas aux autres. En réalité, Barzani ne peut garantir quelle sera la réaction des mêmes Kurdes irakiens à plus long terme, même si pour le moment ils se déclarent ouvertement en faveur de ses décisions. Mais derrière des portes closes, bien des Kurdes anti-Barzani expriment leur désaccord avec le référendum en ce moment critique au Moyen-Orient.

Bien des gens ignorent le fait que les Kurdes d’Irak et de Syrie n’ont pas adopté une position neutre dans les guerres en cours dans ces pays. Massoud Barzani a apporté un soutien militaire substantiel à Bachar al-Assad pendant de nombreuses années, en envoyant hommes et armes en renfort à l’armée syrienne. De plus, les Kurdes syriens ont accordé le même soutien aux villes syriennes bordant Afrin lorsqu’elles ont été assiégées par Al-Qaïda et ses alliés. Damas croit que les Kurdes doivent leur sécurité et leur bien-être à leurs voisins arabes et musulmans. Ce n’est certes pas en favorisant la partition du pays dans lequel ils vivent et en suivant la politique américaine qu’ils aideront leur cause. En fait, les problèmes entre Damas et Hassaké ont commencé quand les Américains ont débarqué au nord-est de la Syrie. C’est ainsi qu’à la suite de l’intervention illégale des USA en Syrie, Salih Muslim, président du Parti de l’union démocratique kurde (PYD), s’en est pris à l’Iran et a louangé le rôle de l’Arabie saoudite dans la région. Les USA prétendent combattre Daech, mais ont frappé aussi l’armée syrienne et ses alliés à maintes reprises. La relation entre les Kurdes syriens et Damas n’est toutefois pas parvenue à une impasse encore.

L’intervention américaine et l’attitude hostile des Kurdes à l’endroit des alliés syriens ont amené Damas, Moscou et l’Iran à s’éloigner de leur rôle de protecteurs des Kurdes (Moscou et l’armée syrienne avaient créé à l’origine une ligne de démarcation autour de Manbij pour soutenir à leur tour les Kurdes, les protéger et empêcher les Turcs de prendre la ville que les Kurdes avaient libérée de Daech). L’attitude des Kurdes a amené la Turquie à attaquer Afrin et ils ont perdu la « protection » dont ils jouissaient, ce qui a nui au plan américain d’occuper des parties de la Syrie et de diviser le pays.

On a observé de sérieuses contradictions ces dernières années dans la dynamique entourant la Turquie et les Kurdes, tant en Syrie qu’en Irak :

-La Turquie a permis aux Peshmergas de prêter main-forte à ses ennemis, les Kurdes syriens du YPG, à Kobané (ou Ain al-Arab ), quand Daech était sur le point de prendre possession de la ville. C’est cette même Turquie qui devra maintenant travailler fort pour empêcher que le Kurdistan ne déclare son indépendance en Irak, et qui fera tout ce qu’elle peut pour éviter que les Kurdes en Syrie ne créent leur État, le Rojava. Elle n’hésitera sûrement pas à frapper ceux qui sont devenus les mandataires des USA dans le Bilad al-Cham (les Forces démocratiques syriennes).

-En 2014, Massoud Barzani a fait l’éloge de Daech, en disant qu’il menait une « révolution des tribus », car il croyait que le groupe terroriste constituerait un Sunnistan, qui ouvrirait la porte à la création d’un Kurdistan indépendant dans un Irak divisé en trois États. Massoud a tôt fait de réaliser que le groupe extrémiste lorgnait Kirkouk, riche en pétrole. Il a attaqué Erbil et comptait réduire les Kurdes en esclavage. C’est à ce moment qu’il a changé sa position envers Daech, en joignant Bagdad dans sa lutte contre le terrorisme et en combattant aux côtés de l’armée irakienne pendant trois ans pour protéger l’unité de l’Irak. Aujourd’hui, le dirigeant kurde veut déclarer l’indépendance du Kurdistan à la suite du référendum qu’il compte tenir. Mais il ne devrait pas s’attendre à ce que la Turquie et l’Iran appuient son projet d’indépendance, qui ne manquera pas d’occasionner des troubles internes dans ces pays où vivent des millions de Kurdes qui revendiquent tous leur indépendance.

-L’Iran a soutenu les Kurdes en leur procurant des armes pour protéger leur fédération autonome en 2014, lorsque les Peshmergas ne disposaient que de vieux AK-47 et de quelques mortiers pour se défendre contre Daech, après la chute de Mossoul. Comme les USA repoussaient leur soutien militaire et la guerre contre le terrorisme en Irak, un lien solide s’est tissé entre Massoud Barzani et Téhéran (principalement avec Qassem Soleimani, le commandant des Forces al-Qods, les forces spéciales des Gardiens de la révolution islamique). En échange, les Peshmergas ont établi un couloir d’approvisionnement entre le Kurdistan et l’armée syrienne, alliée de Téhéran. C’est ce même Iran qui devra maintenant faire de son mieux pour empêcher la naissance d’un État indépendant au Kurdistan. L’Iran se joindra à la Turquie pour que pareille partition ne se réalise pas.

Les Kurdes irakiens sont en désaccord avec le PKK à Sinjar, qu’ils ont même combattu à quelques reprises. Ils ne s’entendent pas bien avec les YPG et le PKK en général, car leurs idéologies et leurs objectifs diffèrent. Mais lorsqu’il s’agit de lutter contre un danger, tous les Kurdes s’unissent et forment une seule identité nationale et ethnicité. Voilà pourquoi les pays du Moyen-Orient où vivent des Kurdes sont convaincus qu’une déclaration d’indépendance des Kurdes dans un pays fera boule de neige dans tous les autres pays. C’est principalement pour cette raison que bien des pays du Moyen-Orient vont faire tout en leur pouvoir pour empêcher leur indépendance.

Bagdad considère le Kurdistan comme une fédération autonome protégée par la constitution. Les responsables à Bagdad reconnaissent ne pas avoir fait appliquer la constitution. Ils n’ont pas réglé le problème des zones contestées ni rempli leurs engagements envers Erbil. Les responsables irakiens ne voient aucun intérêt à donner suite à un référendum sur l’indépendance du Kurdistan, car cela amènera les sunnites à vouloir leur État indépendant aussi, tout comme les chiites radicaux. L’idée pourrait se propager aussi parmi les chiites dans d’autres parties du Moyen-Orient.

L’on s’attend aussi à ce que Bagdad cesse toute forme de collaboration avec le Kurdistan si Massoud proclame un État indépendant. Les Kurdes qui relèvent du gouvernement central sont confrontés à un avenir incertain, même si la plupart des politiciens chiites au pouvoir ont des origines kurdes. Aucun nouveau soutien financier ne sera accordé et le gouvernement central à Bagdad pourrait empêcher tout avion de parvenir au Kurdistan, un État entouré de terre sans accès à la mer. Une guerre silencieuse sera livrée contre le Kurdistan, pendant que se poursuivra la vraie guerre livrée contre Daech. Il se pourrait même que les FMP empêchent les Peshmergas de récupérer les zones contestées, ce qui laissera à Erbil un État où régnera une insécurité persistante.

Les pays du Golfe soutiendront assurément une partition de l’Irak et de la Syrie, car cela leur donnerait ce qu’ils ont perdu dans le Bilad al-Cham et en Mésopotamie après de nombreuses années de guerre. L’Arabie saoudite n’est pas parvenue à diviser l’Irak en créant un État sunnite et a échoué dans sa tentative de renverser Bachar al-Assad en permettant à des extrémistes sunnites de prendre les commandes du pays.

Si les Kurdes déclarent leur indépendance, le Kurdistan devrait subir les effets d’une récession grave, mais des pays de la région, en premier lieu l’Arabie saoudite, seront heureux d’aider les Kurdes en les attirant dans leur orbite. Salih Muslim s’est d’ailleurs déjà engagé dans cette voie. Nous devrions bientôt entendre Barzani faire l’éloge de l’Arabie saoudite.

Massoud Barzani doit bien préparer le terrain avant de se lancer dans l’aventure du Kurdistan indépendant. Il envoie des émissaires à Bagdad, Téhéran, Ankara et au Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour savoir ce qu’on pense de son projet d’indépendance. Il affirme aussi que la tenue du référendum ne signifie pas une déclaration d’indépendance immédiate : ce n’est qu’une question de temps. Sauf qu’une telle déclaration à un moment dangereusement prématuré pourrait empêcher la nouvelle génération de Kurdes de réaliser son rêve d’obtenir un État.

L’Arabie saoudite, Israël et les USA ne peuvent à eux seuls assurer la sécurité et la protection d’un État kurde prospère et pacifique, car le moment choisi – étonnamment perçu par Barzani comme idéal – ne pourrait être pire. La situation demeure tellement explosive que le moindre mouvement risque de tourner au drame et de remodeler tout le Moyen-Orient. Ce qu’il y a de commun entre le référendum du 25 septembre 2017 et le référendum de 2005, c’est que les deux devraient rester dans le fond d’un tiroir.

Traduction : Daniel G.

 

 

The Kurds in Iraq and Syria are being used by the US as a Trojan horse for the purpose of dividing the Middle East

 

 

Published here via 

Key words: Kurds, Rojava, Kurdistan, Masoud Barzani, Iraq, Syria, Iran, Turkey, US, Russia, studio Arabia.

Titles:

Iran, Syria and Iraq believe that the US and Israel are consciously taking advantage of the Kurds in Syria and Iraq

The countries of the region believe that declaring an independent Kurdistan is a premature step that can only increase the deep trouble the Kurds are in

Tehran, Baghdad and Damascus wrongly believe that the US does not have a clear strategy in Syria and Iraq

For many reasons it is in the US’s interest to destabilise Ankara despite Turkey being a NATO member

Erdogan is considered “out of the US’s orbit” since the coup-d’état failure and the US’s supporting of an independent Rojava

Even though Turkey won’t fight the YPG because they are under the US protection, it will fight the Kurds in Afrin (on the other side of Rojava)

The US is backing the Kurds in Syria and Iraq simultaneously, to see which will succeed first in giving shape to a state

The US plan to establish a Kurdish state in Iraq and Syria opens the path to a Sunni state in Iraq, a country considered to be an Iranian governorate

Masoud is excluding an immediate announcement of independence but considers it the beginning of a long peaceful dialogue with Baghdad

The Kurds won’t survive in a state that can be surrounded from both land and air and which has no access to the sea

Barzani supported Bashar al-Assad for many years by allowing men and weapons to reach the Syrian Army

Problems between Damascus and the Kurds started when the Americans landed in the north east of Syria

The US intervention pushed Moscow’s allies from being Kurdish protectors, into allowing Afrin to be attacked by Turkey

Iraqi officials see in the Masoud referendum an invitation to Sunnis and radical Shias to claim their own state.

Masoud Barzani needs to prepare solid ground before he ventures anywhere near an independent Kurdistan

 

Elijah J. Magnier – @ejmalrai

The leader of Kurdistan Iraq, President Masoud Barzani, has called for a (second) general referendum on Independence, setting the date as 25th of September this year. He is determined to materialise the dream of establishing a Kurdish state in the Middle East.

This coincides with support from the US administration for Kurdish Syrians in al-Hasaka, Raqqah and Deir al-Zour northern provinces. The aim is to see another Kurdish Federation that can follow the path or even precede their Iraqi “brothers”.

Both the steps in Iraq and Syria relating to the Kurds are linked, regardless of borders. Nevertheless, the regional countries directly concerned – i.e. Ankara, Tehran, Baghdad and Damascus – believe that it is the US’s intention to reshape the region and form a “new Middle East,” as promoted during President George Bush’s eraby ex-US Secretary of State Condoleezza Rice..

Will the countries, which are neighbours to the Kurds, allow the US to divide the Middle East by taking advantage of 22-25 million enthusiastic and committed Kurds, dreaming of having their own state?

The Kurds in the Middle East represent the largest ethnicity in the world, to-date, without a state. They are spread mainly through Iraq, Iran, Turkey, Syria, Azerbaijan, Armenia, Lebanon, with a less numerous presence in the rest of the world. It is certainly not the US’s blessing or its strategy which is vital to the creation of a Kurdish state in both Iraq and Syria, but the consensus of Turkey, Iraq, Iran and Syria,.

Unfortunately for the Kurds, these countries can and will overcome their differences and their conflicting objectives in Syria, above all to uniting to prevent the creation of this Kurdish state. In fact, just following the announcement of Masoud Barzani of his intention for a general referendum for independency, knowledgeable sources informed me that Iranian, Turkish and Syrian intelligence and security officers met at the highest level to discuss the possible “devastating consequences” on their respective countries following Barzani’s announcement of the referendum and the effect on the Middle East of an independent Kurdish state. The security officers believe the US is using the Kurdish dream of a State of their own, in order to divide the Middle East and test the other countries’ reaction to it.

It is a legitimate Kurdish dream, from the Kurds’ perspective: they have a right to their own state. But the countries of the region believe it is a premature step that will increase the Kurds’ problems. Therefore it is essential to bury this “US project” as quickly as possible and put it forward in time: until the wars in Syria and Iraq are over.

Countries like Iran, Syria and Iraq believe that the US and Israel are behind such a plan, taking advantage of the Kurds emotional approach towards the idea of having a State in order to partition the Middle East. This would leave the “axis of resistance” dominating over weak and divided states, particularly bearing in mind that the plans to overthrow the Syrian President Bashar al-Assad (after over 6 years of war), establish an ISIS caliphate, and allowing the natural consequences of the war in Iraq to create another Sunnistan state have all been foiled to date.

Turkey also believes the US is not against weakening the position of President Erdogan as punishment for his growing role in the Middle East, his direct involvement in Syria, his opposition to a Syrian Kurdish State in Syria (where the US is trying to build an alternative military base to Incirlik in due course), and it is encouraging a Kurdish State on the Turkish border under the control of the PKK, mainstream Turkey’s fiercest enemies. There is no doubt that the Syrian Kurds will probably follow the same path as Iraqi Kurdistan: already the US is building several military bases and airports in north-eastern Syria, to occupy part of the country and maintain a long-term US presence.

High-ranking officials I spoke to in Tehran, Baghdad and Damascus believe the US does not have a clear strategy in Syria and Iraq. Regardless of this inaccurate assessment, and watching the events unfold, the US administration actually seems pretty confident of its strategy in Iraq and Syria. The US’s illegal occupation forces supported a major attack on al-Badiya (the Syrian semi-desert, rich in oil and gas) with Syrian “moderate” groups, so as to expand its control over the Syrian steppe linked to the Iraqi Sunni Anbar and the Jordanian – Saudi desert. It occupied al-Tanaf and tried to exert tremendous pressure (in vain) on Baghdad to prevent the Popular Mobilisation Unities from reaching the border with Syria. It attacked Raqqah with the aid of its Kurdish proxies and is about to liberate it from ISIS. And it has preserved access to oil fields and dams in rural Raqqah to make sure that a future Kurdish Syrian “State” or Federation can survive independently of Damascus. And, as if this were not enough, it is supplying its Kurdish proxies with lethal weapons and heavy artillery. All indications lead to the conclusion that the US is trying – with the Kurds in Syria and Iraq simultaneously – to see which one may succeed first in giving a shape to a state, imposing it as a fact on central governments, all the time aware that this policy will encourage Kurds in other parts (Iran and Turkey) to follow the same path of independence.

The US is not concerned about the Erdogan and the Turkish government’s reaction to its plan in favour of a Kurdish state in both Syria and Iraq because it is in the US’s interest to destabilise Ankara (for a number reasons) even though Turkey is a NATO member. In American eyes, Erdogan is considered “out of the US’s control and orbit,” ever since the failure of the coup d’état : the US promotion of the Syrian Kurds and support for their possible independent state along the Turkish-Syrian borders confirms this. In fact, both the Turkish Prime Minister and Foreign Minister describe the Kurdistan move as an “irresponsible and grave mistake”. Turkey won’t fight the YPG, for now, because these fighters are under the US protection, but it will certainly fight the Kurds in Afrin, on the other side of Rojava.

Iran also, through its supreme leader Say’yed Ali Khamenei, has stated clearly that Iran wouldn’t allow a Kurdish state on its borders with Iraq. This clear, overt and harsh position towards the Kurds springs less from an animosity towards the Kurdish people, more because the US stands behind the timing and the strategy of the “independence project”, particularly at this moment when the partition of the Middle East is still a strong option, and following the failure of ISIS to divide the Levant and Mesopotamia.

This is exactly why Erdogan pushed his forces from Jarablus to al-Bab, disregarding the US presence, and divided Rojava in two parts. This is also the reason why Iran pushed its forces above al-Tanaf to close the road on the US from al-Badiya towards the north-east and in advancing south-east within al-Badiyah, recovering over 30.000 sq km, to prevent the US and its proxy forces from extending their control over that arena. The US plan, in Tehran-Damascus-Ankara’s eyes, is to establish a Kurdish state in Iraq and/or Syria and to open the path to a Sunni state in Iraq, a country considered in US eyes as an Iranian governorate. The “Sunni uprising” in Syria failed because the country is composed of over 70%Sunni who control the economy whereas the Alawites have the military command of the country in their hands.

Now, according to decision makers in the region, the Kurds may be committing a particularly serious mistake by earning the animosity of the surrounding countries because, in a State that can be attacked or surrounded by both land and air- and which has no access to the sea- they cannot survive without co-operation..

Masoud Barzani, of course, believes the timing is perfect to hold the “biding referendum” (it will almost certainly win over 90% in favour of the independent state) on the 25th of September, and he also believes that the Kurdish population accepts the risks that will come with such a decision. Masoud is excluding an immediate announcement of the independent state but considers it to be the beginning of a long peaceful dialogue and negotiation with Baghdad to meet the Kurdish population’s wishes. Masoud, according to high-level sources in Kurdistan, doesn’t want to encourage the Kurds in other countries to follow in his footsteps because the Kurds in Iraq have a different agenda and ideology from the Kurds in Syria, Turkey, and Iran. But despite what the Kurdish leader believes and says, there are no such guarantees or processes that give independence to one Kurdish nation in one country and which will exclude the others. In point of fact, Barzani cannot guarantee the reaction of the same Iraqi Kurds in the longer term even if these now declare overtly their support for his decisions. Behind closed doors, many anti-Barzani Kurds express their disagreement with the referendum at this critical moment in the Middle East.

What many ignore is the fact that Kurds in both Iraq and Syria did not take a neutral position during the on-going wars in Syria and Iraq: Masoud Barzani gave substantial military support to Bashar al-Assad for many years by allowing men and weapons to reach the Syrian Army. Moreover, the Syrian Kurds offered the same support to the besieged Syrian cities bordering Afrin that were surrounded by al-Qaeda and their allies. Damascus believes the security and well being of the Kurds is the result of its Arab and Muslim entourage: it will certainly not be created by the partition of the country they live in, nor by following US policy. In fact, the problems between Damascus and al-Hasaka started when the Americans landed in the north east of Syria. This is when Saleh Muslim, chairman of the Kurdish Democratic Union Party (PYD), attacked Iran and praised Saudi Arabia’s role in the region following the US’s unlawful intervention in Syria. The US claims to be fighting ISIS, but it also hits the Syrian Army and its allies in many circumstances. So the relationship between the Syrian Kurds and Damascus has not yet reached a dead end.

The US intervention and the Kurds’ hostile attitude towards Syrian allies pushed Damascus, Moscow and Iran away from being Kurdish protectors. (Moscow and the Syrian Army originally created a demarcation line around Manbij to pay back the Kurds, protect these and prevent Turkey from taking the city that the Kurds had liberated from ISIS.) This attitude then allowed Turkey to attack Afrin and lift the Kurds’ “protection,” disrupting the US plan to occupy part of Syria and divide the country.

There were serious contradictions in the latter years in the dynamic relating to Turkey and the Kurds, in both Syria and Iraq:

-Turkey allowed the Peshmerga to fight along with their enemies, the Syrian Kurds YPG, in Kobane (or Ain al-Arab) when ISIS was about to take control of the city. The same Turkey will work hard today to stop Kurdistan from declaring its independence in Iraq, and will do anything to prevent the Kurds in Syria from creating their State, Rojava, and certainly won’t hesitate to hit those (Syrian Democratic Forces) who became the US proxies in Bilad al-Sham.

-MasoudBarzani, in 2014, praised ISIS by calling it a “tribes’ revolution” because he believed the terrorist group would establish a Sunnistan and therefore allow an independent Kurdistan, with Iraq divided into three states. Masoud realised immediately later that the extremist group wanted the rich-oil Kirkuk: they attacked Erbil and aimed to enslave the Kurds. This is when he changed his stance towards ISIS, joined Baghdad in its fight against terrorism, and fought along with the Iraqi Army for three years to protect the unity of Iraq. Today, the Kurdish Leader wants to declare the independence of Kurdistan following the referendum he has called. But, also today, Masoud cannot simply ask for the support of Turkey and Iran in his plan of independence and then give a green light to internal troubles in these countries where there are millions of Kurds all with a claim to independence.

-Iran supported the Kurds by providing weapons to protect its autonomous federation in 2014 when Peshmerga had only old AK-47 and few mortars to defend themselves against ISIS, following the fall of Mosul. The US delayed their military support and war on terrorism in Iraq, allowing a strong bond to be established between Masoud Barzani and Tehran (mainly with the IRGC-Quds commander Qassem Soleimani) where the Peshmerga exchanged the Iranian courtesy by establishing a supply line between Kurdistan and the Syrian Army, Tehran’s ally. Today, the same Iran will do its best to prevent the birth of an independent state in Kurdistan and will join Turkey in preventing such a partition from taking place.

The Iraqi Kurds disagree with the PKK in Sinjar and even fought against them on some occasions. They don’t get on with the YPG and the PKK in general due to differences in ideology and objectives. But when there is a danger to fight against, all Kurds become united under one national identity and one ethnicity. This is why countries hosting Kurds in the Middle East are certain that the independence declaration of Kurds in one country will be contagious to all Kurds in all countries. This is mainly why many countries in the Middle East will do everything in their power to prevent their independence.

Baghdad considers Kurdistan as an autonomous federation protected by the constitution. The officials in Baghdad recognise they did not implement the constitution: they neither resolved the disputed area nor did they fulfil their financial commitments towards Erbil. Iraqi officials see no purpose in following a referendum in Kurdistan for independence because this will invite the Sunni also to ask for an independent state and indeed the radical Shia to claim their own state. This may also spread towards the Shia in other parts of the Middle East.

Baghdad is also expected to stop all kinds of collaboration with Kurdistan if Masoud calls for an independent state. Kurds living under the central government face an unknown future, even if most Shia politicians in power have Kurdish origins. No future financial support will be granted and the central government in Baghdad may prevent any aircraft from reaching Kurdistan, a State surrounded by land and without access to the sea. It will be a silent war against Kurdistan, the real war against ISIS will not be over. The PMU may prevent the Peshmerga from recovering disputed areas, leaving Erbil as a state with continuing insecurity.

The Gulf countries will definitely support a partition of Iraq and Syria because that would give them what they have lost in Bilad al-Sham and Mesopotamia through many years of war. Saudi Arabia failed to divide Iraq by creating a Sunni State and failed to overthrow Bashar al-Assad by allowing Sunni extremists to take control of the country.

If the Kurds declare independence Kurdistan is expected to suffer serious recession, but the countries of the region, mainly Saudi Arabia, will be happy to help by attracting the Kurds into their orbit. In fact, Saleh Muslim already took this path: soon we will have Barzani praising Saudi Arabia.

Masoud Barzani needs to prepare solid ground before any independent Kurdistan adventure. He is sending envoys to Baghdad, Tehran, Ankara and the GCC to get feedback from these capitals about his independence project. He is also saying the referendum doesn’t mean immediate independence: it is only a question of timing. But this perilously premature announcement may prevent the future Kurdish generation from ever fulfilling their dream of a State.

Saudi Arabia, Israel and the US are not in themselves enough to secure and protect a prosperous and peaceful Kurdish State because the timing – amazingly seen by Barzani to be the best opportunity – could not be worse. The situation remains so volatile that every single move could take off in a dramatic direction, and reshape the entire Middle East. What is common between the 25th of September 2017 referendum and the 2005 referendum is that both should remain stored in a drawer.

 

 

 

 

Les perdants et les gagnants en Syrie

 

Mots clés : EI, Daech, Al-Qaïda, Turquie, Russie, USA, Iran, Israël, Hezbollah

Publié ici :   via @AlraiMediaGroup

In English: En: https://elijahjm.wordpress.com/2017/06/27/who-is-losing-and-who-is-winning-in-syria/ … …

Traduction : Daniel G.

Par Elijah J. Magnier – @EjmAlrai

Qui sont les perdants en Syrie? Le groupe armé « État islamique » (Daech) est la première réponse qui vient à l’esprit. Mais dans les faits, c’est plus compliqué que cela.

Il est vrai que « l’État Islamique » (connue come ISIS, ISIL ou Daech ) perd du terrain, des champs pétroliers et gaziers et d’autres actifs que le groupe a acquis depuis 2014 en Irak et en Syrie. En deux ans, Daech était devenu l’acteur non étatique le plus riche du monde, en détenant des milliards de dollars provenant du pillage de banques, des recettes énergétiques, des taxes, de l’extorsion, de la vente d’antiquités et d’autres sources. Daech tirait profit de l’infrastructure existante (en y apportant des changements mineurs) et imposait ses propres lois et règles idéologiques. La guerre menée par Daech a détruit surtout des maisons et des fortunes appartenant à des sunnites, mais aussi des maisons d’autres minorités ethniques menacées de mort en vertu du précepte imposé par le groupe terroriste sur le « territoire du califat ».

Aujourd’hui, les deux superpuissances (la Russie et les USA) se font la course pour reprendre et occuper le territoire que contrôlait Daech. Le groupe est coincé dans une zone limitée allant de Der Ezzor, au nord-est de la Syrie, à la frontière syro‑irakienne de al‑Qeem et à la vallée de l’Euphrate. Daech est aussi présent dans le désert syrien et irakien, un secteur qu’il occupe depuis 2003 et qu’il connaît parfaitement. Le groupe a pu se déplacer dans ce désert et s’y cacher pendant des années, qui est devenu en quelque sorte un foyer pour ses militants. Le rude climat qui y règne et sa topographie en font un excellent refuge, et ouvre la possibilité que Daech y mène ses opérations pendant encore longtemps, en poursuivant son insurrection contre l’Irak et la Syrie et les autres forces armées (USA, Turquie, Russie) qui comptent rester dans ces deux pays.

Aujourd’hui, Daech livre son combat dans le al-Badiya syrien (steppe) et dans la région rurale de Homs, en essayant de ralentir l’avance de l’armée syrienne et de ses alliés vers la ville assiégée de Der Ezzor. L’armée syrienne est résolue à lever le siège que Daech impose autour de la ville depuis plus de 30 mois, ce qui pousserait Daech plus au sud‑est, du côté d’al‑Qaem.

Même s’il perd du terrain, Daech a appris beaucoup de ses propres erreurs sur la façon de diriger un « État ». Il a aussi maîtrisé l’art de la guerre, même s’il recourt presque exclusivement aux attaques suicides, aux véhicules piégés et aux commandos-suicide. Le groupe ne disparaîtra pas, mais il pourrait profiter de sa mise à l’écart en cours pour resurgir, tout dépendant du niveau de tension au Moyen‑Orient (notamment entre l’Arabie saoudite et l’Iran).

Al-Qaïda

L’une des principales raisons pour laquelle Daech est en train de perdre la guerre est incarnée par son « lieutenant » Abou Mohammed al-Joulani, qui a été envoyé en Syrie en 2011 pour établir une base dans le Bilad el-Cham avec d’autres hauts dirigeants. Aujourd’hui, Joulani est à la tête d’Al-Qaïda en Syrie (sous le nom de Hay’at Tahrir al-Cham), parce qu’il voulait diriger son propre groupe. Son ambition a en fait sauvé le Moyen‑Orient d’un contrôle démesuré par Daech. Al-Qaïda Central a tiré largement profit d’Al-Qaïda (AQ) en Syrie, qui a contribué à redorer le blason du groupe à un point qu’il n’avait jamais atteint, même lorsque Oussama ben Laden le dirigeait.

Aujourd’hui, malgré la forte présence d’Al-Qaïda à Idleb (AQ est aussi présent dans d’autres secteurs en plus petit nombre), le groupe subira le même sort que Daech une fois la guerre terminée. Il est vrai qu’AQ a pu s’infiltrer dans la société syrienne, en acquérant une expérience unique au combat et en devenant une référence et un point de ralliement pour la plupart des groupes affiliés à AQ partout au Moyen‑Orient. Il se pourrait aussi que bon nombre de membres de Daech rejoignent AQ. Mais peu importe, les djihadistes et les salafistes n’ont plus de place où rester en Syrie (et en Irak) et on ne leur permettra plus d’occuper quelque territoire que ce soit. Ces djihadistes passeront à la clandestinité pour poursuivre leur lutte et leur insurrection, où ils pourraient (Daech et AQ) unir leurs forces, maintenant qu’ils sont pourchassés. Malgré cela, ces groupes ne peuvent avoir d’objectif stratégique à long terme, car la population a déjà subi leur joug et n’acceptera pas de son plein gré leur retour au pouvoir.

La « révolution syrienne »

La révolution syrienne a tout perdu depuis 2011, lorsque les djihadistes-salafistes sont arrivés en Syrie pour noyauter les manifestations populaires, qui demandaient des réformes et la démocratie. Ils ont forcé d’autres parties de la Syrie à les joindre, comme Alep, même un an après le début du soulèvement armé manipulé visant à renverser le régime syrien. Aujourd’hui, les délégations révolutionnaires syriennes ont disparu, pour laisser place à des délégations de l’Arabie saoudite, du Qatar, de la Turquie, de l’Égypte et de leurs mandataires.

Sur le plan militaire, le même Abou Mohammed al‑Joulani leader d’AQ a confirmé qu’il restait tout au plus de 700 à 800 rebelles modérés en Syrie. De plus, les djihadistes qui contrôlent le nord de la Syrie obligent tous les radicaux et les modérés à se joindre soit à Ahrar al-Cham (djihadistes pro-Qatar et pro-Turquie), soit à Al-Qaïda. Ahrar al-Cham se prépare peut‑être à prendre les armes, avec le soutien d’Ankara, afin d’avoir le dessus sur Al-Qaïda, au moment où une réconciliation et la fin de la guerre en Syrie se dessinent.

Turquie

La Turquie n’est peut-être pas consciente d’avoir joué un rôle crucial en changeant le cours de la guerre en Syrie. Quand Ankara a décidé d’abattre un avion russe survolant la frontière syro‑turque en 2015, la réaction de la Russie a été de participer plus activement à la guerre en Syrie. La Russie cherchait jusque‑là à protéger ses bases navales à Tartous et Lattaquié en créant un périmètre de sécurité et refusait d’obtempérer aux demandes incessantes de l’Iran de s’engager pleinement dans la guerre en Syrie et de reprendre tout le territoire. Lorsque la Turquie s’en est prise à la Russie, celle‑ci n’avait d’autre choix que de conserver sa réputation de superpuissance, les yeux étant tous tournés vers elle, dans l’attente d’une guerre à plus grande échelle entre la Russie et la Turquie. Moscou a choisi plutôt d’aider l’armée syrienne et ses alliés à reprendre plus de territoire qu’il n’avait l’intention de le faire, puis a imposé le président Bachar al-Assad comme le seul représentant de l’entité syrienne.

Ankara occupe aujourd’hui une partie du territoire syrien au nord du pays (de Jarablus à al-Bab), qui empêche aussi les Kurdes syriens de réaliser leur rêve d’établir un État/fédération indépendant appelé Rojava. Les forces armées turques ont scindé ledit Rojava en deux, au nord-est d’al-Hasaka et au nord-ouest d’Afrin. La Turquie est prête à déployer ses forces armées vers Idlib pour imposer sa mainmise sur la ville et peut‑être aussi pour prévenir une confrontation possible entre Ahrar al-Cham et Al‑Qaïda. En prenant Idlib sous son aile, la Turquie empêchera la Russie de bombarder cette ville, qui compte maintenant plus de deux millions d’habitants. Le nombre de civils qui y vivent augmente, en raison de la stabilité dont jouit la ville après l’acceptation de l’accord sur la cessation des hostilités conclu entre la Russie, la Turquie et l’Iran à Astana, au Kazakhstan.

Le rôle de la Turquie n’est pas terminé encore. Damas n’acceptera pas nécessairement la présence d’une armée étrangère sur son sol bien longtemps, même si une impasse persiste en Syrie pour bien des années à venir. La Turquie n’acceptera pas non plus le plan étasunien d’établir une fédération kurde à sa frontière. Il faut donc s’attendre à ce que l’implication de la Turquie en Syrie continue de faire couler beaucoup d’encre.

Russie

Moscou gagne sur tous les fronts, avec quelques dommages limités. Après deux années de participation active (principalement par ses forces aériennes et un nombre limité de forces spéciales), la Russie a fait pencher la balance en faveur du président Assad. La Russie a perdu moins d’hommes en deux ans que les USA par mois en Irak (de 2003 à 2011).

De concert avec ses forces alliées sur le terrain, la Russie est parvenue à reprendre les principales villes et des régions rurales à l’avantage de Damas. Cependant, la Russie est aujourd’hui engagée dans les steppes syriennes et s’approche si près des forces étasuniennes, que le risque d’erreur est extrêmement élevé. La Russie est aussi engagée dans des pourparlers politiques avec les USA et les pays limitrophes, dans le but d’amener des troupes étrangères qui seraient chargées de faire appliquer un cessez-le-feu à long terme au sud de la Syrie, dont le centre serait Daraa et la région environnante.

Moscou s’attend à pouvoir établir un équilibre entre tous les pays impliqués dans la guerre en Syrie : Israël accepterait la présence de « forces de maintien de la paix » étasuniennes et jordaniennes à la frontière syro-israélienne; le gouvernement syrien n’a rien contre des forces de maintien de la paix iraniennes et russes à Damas; et la Turquie serait heureuse de rester dans le nord (de Jarablus à Al-Bab), avec la présence de militaires russes dans le périmètre. Les Étasuniens et leurs mandataires kurdes resteraient au nord-est, d’al-Hasaka à Raqqa. Idleb demeure un problème, où les groupes pro‑turcs et Al-Qaïda rejettent la présence de militaires russes avec les forces armées turques. Moscou, tout comme les pays ayant une présence armée sont sur le terrain, tente de trouver plus d’une solution au problème. Ce scénario d’ensemble mettrait fin à la guerre (après la récupération d’une bonne partie du territoire sous le contrôle de Daech) et devrait tenir quelques années du moins, à la satisfaction des principales parties. Le gouvernement syrien serait engagé dans la reconstruction pendant les 5 à 10 prochaines années, ce qui devrait lui donner le temps de reprendre de la force une nouvelle fois.

La Russie a obtenu une présence dans deux bases navales sur la côte méditerranéenne pour les 50 prochaines années. Elle est parvenue à faire étalage de son arsenal et de sa puissance de feu, à vendre des armes utilisées sur le champ de bataille syrien et à se faire reconnaître aussi comme négociateur politique, rivalisant avec succès avec les USA au Moyen-Orient.

La Russie a des partenaires (et non des alliés assermentés) et des intérêts politico-économiques sur lesquels elle veille. La Russie n’a pas de liens d’allégeance fermes; elle maintient des relations solides avec la Turquie, Israël et l’Iran. Ses relations sont bonnes avec l’Arabie saoudite et elle aimerait augmenter le niveau de ses échanges commerciaux et économiques. Ainsi, une fois la guerre terminée, elle compte recueillir tous les gains accumulés pendant les deux années de son implication dans une guerre « propre », en prenant ses distances par rapport au désastre qu’a été la perte de la guerre en Afghanistan.

Les États-Unis d’Amérique

Les USA ont réussi à revenir au Moyen-Orient sous le prétexte de venir combattre Daech et faire la « guerre au terrorisme ». Aujourd’hui, les forces étasuniennes se servent de mandataires (les Kurdes) comme têtes de pont pour construire des bases militaires et des aéroports dans le Bilad al-Cham et devenir ainsi une force d’occupation en Syrie.

Il est clair que les USA ne respectent plus leur objectif de lutter contre le terrorisme, quand leurs forces aériennes s’activent à abattre un avion syrien et à bombarder l’armée syrienne et même ses alliés à trois occasions rapprochées (près d’al-Tanaf). En 2016 aussi les forces aériennes des USA avaient bombardé, avec d’autres membres de leur coalition, les positions de l’armée syrienne sur le mont al-Tharda, qui donne sur la ville assiégée de Der Ezzor, accordant ainsi un avantage significatif à Daech.

Les forces armées des USA n’ont pas subi de perte en Syrie, car la politique et la stratégie qu’elles emploient pour occuper un pays du Moyen-Orient sont différentes de celles ayant mené au fiasco qu’a été l’occupation de l’Irak en 2003. Elles utilisent aussi des mandataires, les Kurdes, qui ne semblent pas se soucier des pertes qu’ils subissent pour remplir les objectifs des USA en Syrie et leur faire plaisir.

Par ailleurs, les USA semblent déterminés à provoquer les Russes en Syrie, sans toutefois atteindre ce point critique où la Russie sentira le besoin de réagir et de prendre des mesures qui marqueront un point de non-retour.

Les USA n’ont toutefois pas réussi à stopper l’expansion iranienne en Syrie, qui a atteint un niveau sans précédent. Des Iraniens sont même inconsidérément proches des forces étasuniennes sur plus d’un front.

Israël

Gagnant sur toute la ligne, Israël surveille la guerre en Syrie depuis plus de six ans, tout en tirant des avantages.

1.Le Hezbollah vit une expérience unique en Syrie, mais il en paie le prix (des milliers de morts et de blessés). L’Iran a investi aussi une grosse somme d’argent pour soutenir le gouvernement syrien. L’armée et des parties essentielles de l’infrastructure du pays ont été très occupées à défaire Daech et Al-Qaïda, deux groupes dont l’idéologie est diamétralement opposée à celle de l’Iran et des chiites, et qui comptent bien épuiser leur ennemi et l’entraîner dans un combat sans fin.

2.Israël s’est permis de bombarder à plusieurs reprises le principal aéroport syrien à Damas. Le bâtiment détruit à l’intérieur de l’aéroport est la meilleure preuve de la volonté israélienne de viser des entrepôts d’armes et de munitions iraniennes. Israël joue ses cartes avec prudence, en sachant que le Hezbollah ne ripostera pas tant que ses cargaisons sont visées en Syrie et non sur le territoire libanais, où les règles d’engagement diffèrent.

3.Israël jouit d’une excellente relation avec la Russie et sait que Moscou ne tolérera pas un affrontement plus large entre le Hezbollah et Israël à la frontière syrienne, au moment où des batailles plus importantes font rage à divers endroits stratégiques sur le territoire syrien, où la Russie ne veut absolument pas échouer. Israël en a donc profité pour harceler le Hezbollah, en tuant quelques-uns de ses commandants à plusieurs reprises, en détruisant des entrepôts à l’extérieur de l’aéroport de Damas aussi, et en soutenant les djihadistes d’Al-Qaïda, afin de les stimuler à poursuivre leur lutte contre l’armée syrienne et ses alliés.

4.Israël sort gagnant de l’élimination du stock d’armes chimiques de l’armée syrienne (un cauchemar pour Tel-Aviv) négociée entre Obama et Poutine.

5.Israël va tirer avantage de la relation entre les USA et les Kurdes au nord-est de la Syrie (provinces d’al-Hasaka et de Raqqa), où les USA mettent en place plusieurs bases militaires.

6.Israël a réussi à établir de bonnes relations avec les rebelles syriens. Bien des Syriens au sud et au nord du pays se sentent désormais libres de collaborer avec Tel-Aviv, alors qu’avant la guerre, tout contact ouvert entre Syriens et Israéliens était passible de mort.

7.Israël est en train de négocier une zone tampon éventuelle s’étendant au-delà des hauteurs du Golan. À l’époque du président Hafez Assad, les négociations portaient sur un retrait complet du Golan occupé.

De toute évidence, Israël, qui n’a subi aucune perte, ressort gagnant sur tous les fronts, exception faite de la présence d’armes perfectionnées en Syrie, qui sont utilisées par les Syriens et par le Hezbollah, l’ennemi redoutable d’Israël. Ces armes finissent par se retrouver au Liban. Mais si Israël ne songe pas à une troisième guerre contre le Hezbollah et le Liban, la présence de ces missiles perfectionnés (antichar, antinavire, antiaérien) pourrait ne pas avoir sa raison-d’être.

Iran

La République islamique d’Iran jouit dorénavant d’une position avancée au Moyen-Orient, car elle a étendu son influence en Mésopotamie et au Bilad al-Cham. L’Iran a fait entrer Moscou en Syrie en 2015 ainsi que des milliers de militants pour protéger son « axe de la résistance » (Iran, Syrie, Hezbollah), qui correspond à la voie de ravitaillement du Hezbollah libanais, qui passe par Damas jusqu’au Liban.

L’Iran a consacré plus de 25 milliards de dollars en Syrie pour soutenir le gouvernement syrien, l’approvisionner en pétrole et payer les salaires des employés des institutions civiles et militaires. Des cuisines iraniennes établies dans différentes parties de la Syrie nourrissent jour après jour des dizaines de milliers de soldats et militants et contribuent à maintenir Assad au pouvoir.

L’Iran n’a pas tenu compte des lignes à ne pas franchir fixées par les forces étasuniennes à la frontière à al-Tanaf et a déployé des forces au nord d’al-Tanaf pour bloquer la route aux USA vers le nord, tout en contrecarrant le plan étasunien de contrôler tout le nord‑est de la Syrie.

En outre, l’échec de la présence de Daech en Syrie (et en Irak) a permis d’accroître l’influence iranienne, car les revendications ayant mené à l’émergence de Daech au départ n’ont plus leur raison d’être aujourd’hui. L’Iran a amené des milliers de militants en Syrie, en plus de créer un « Hezbollah syrien » qui restera longtemps après la fin de la guerre.

L’Iran est devenu partie prenante de tout règlement politique en Syrie. Protéger Assad lui a permis d’entrer dans toutes les négociations pour mettre fin à la guerre et d’avoir le dessus sur d’autres pays régionaux (c.‑à‑d. l’Arabie saoudite, les Émirats, le Qatar et la Turquie). L’Iran est aujourd’hui l’ennemie jurée de l’Arabie saoudite, surtout depuis que cell‑ci dispose d’aucun moyen efficace pour déstabiliser l’Iran, même avec l’aide de son principal allié que sont les USA.

Hezbollah

Le Hezbollah libanais a acquis une solide expérience dans la conduite de la guerre en Syrie, qui ferait l’envie de bien des armées conventionnelles. Le Hezbollah lutte contre de nombreux ennemis dont les styles de combat, le degré de motivation et l’idéologie varient.

Lors de la première bataille de Qusseyr, le Hezbollah s’est déployé à grande échelle, une tactique que le groupe a cessé d’employer depuis. Le prix à payer pour reprendre Qusseyr a été très lourd (120 à 150 morts), parce que ses commandants militaires voulaient obtenir une victoire rapide sans tenir compte des pertes. Aujourd’hui, le Hezbollah, qui dénombre 900 tués[i] et 8 000 blessés jusqu’ici, fonctionne efficacement à partir d’un centre d’opérations militaires, en coordonnant ses attaques avec les forces aériennes, l’infanterie, les forces spéciales et l’artillerie sur une échelle géographique trois fois plus étendue qu’au Liban.

Le Hezbollah est maintenant intégré à chaque brigade de l’armée syrienne, où ses commandants et les membres de ses forces spéciales couvrent l’armée dans chaque attaque se produisant dans l’ensemble du théâtre de guerre syrien.

Israël surveille de près le Hezbollah gagner en nombre et en expérience. Le Hezbollah a créé en Syrie des villages similaires à celui se trouvant au nord d’Israël pour entraîner ses forces spéciales à les occuper en cas de guerre. Il a construit des grottes dans des montagnes et cache ses missiles à grande portée destructeurs sous terre, afin d’éloigner toute nouvelle guerre du territoire libanais et des habitations au sud du Liban.

Le Hezbollah déploie plus de 20 000 hommes en Syrie et coordonne la chaîne d’approvisionnement logistique, médicale et militaire sur le champ de bataille. Il acquiert ainsi une expérience pratique que le groupe n’aurait jamais cru réalisable.

Le Hezbollah s’est employé à défendre Assad avant même l’intervention russe et la société dont il est issu, au Liban. Celle-ci comprend aujourd’hui bien plus la nécessité de son engagement en Syrie et pourquoi la mort de ses militants était nécessaire (selon des familles du Hezbollah en banlieue de Beyrouth) pour empêcher Daech de déplacer la bataille au Liban même.

Les victoires du Hezbollah qui se succèdent en Syrie lancent un message clair à Israël, qui observe ses résultats et la croissance de ses capacités, notamment celles de ses forces spéciales (al-Ridwan).

 

La différence entre la victoire et la défaite en Syrie ne sera pas facile à établir. Mais une chose est sûre : la guerre tire à sa fin, ce n’est qu’une simple question de temps. Une fois Daech défait, toutes les parties seront tenues de se réunir à la table de négociations, où la diplomatie persuasive et souple prendra la relève.

L’idéologie qui motivait Daech à occuper des parties de la Syrie et de l’Irak est claire, mais les conditions qui rendaient son expansion réalisable ne sont plus présentes. Le Moyen-Orient est en train de changer, mais pas nécessairement pour le mieux, car la lutte entre les différents pays qui y évoluent est loin d’être terminée.

La guerre en Syrie s’achève. « La guerre ne détermine pas qui a raison, mais seulement qui il reste. »[i] Il reste un pays en ruine et une animosité dangereuse entre l’Iran et l’Arabie saoudite, qui persistera assurément pendant bien des années à venir.

 

Notes de fin

[i] Source confidentielle, fiable et reconnue. Les chiffres précédents établissant à 1 700 le nombre de membres du Hezbollah tués en Syrie sont erronés.

[i]Bertrand Russell

Who is losing and who is winning in Syria?

 

Key words: ISIS, al-Qaeda, Turkey, Russia, US, Iran, Israel, Hezbollah

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Elijah J. Magnier – @EjmAlrai

Who is losing in Syria? The immediate answer would be “Islamic State” (ISIS). But the reality is more complicated than that simple answer.

Yes, ISIS is losing its territory, oil and gas fields and the other assets the group acquired since 2014 in both Iraq and Syria. In two years ISIS had become the richest non-state actor in the world, holding billions of dollars from bank looting, energy revenues, taxes, extortion, selling antiquities and other sources. ISIS benefited from the existing infrastructure (injecting minor changes) and imposed its own ideological laws and rulings. The ISIS war caused the destruction of Sunni homes and wealth above all, but also the homes of other ethnic minorities who faced death under the rule of the terrorist group in “caliphate land”.

Today the two superpowers, Russia and the US, are racing each other to recover and occupy the land once under ISIS control. ISIS is boxed into a limited area from Deir al-Zour in the northeast Syria to the Syrian-Iraqi borders of al-Qaem and the Euphrates valley. ISIS is also present in the Syrian and Iraqi desert, an area the group lived in since 2003 and knows perfectly well. The group was able to travel in this desert for years, hide in it and it was like home for its militants for years. The rough weather and topography offer an excellent shelter and a continuing possibility for ISIS to operate for a long time, carrying on its insurgency against both Iraq and Syria and other forces (US, Turkey, Russia) willing to stay in their respective countries.

ISIS is fighting today in the Syrian al-Badiya (steppe) and in rural Homs, trying to slow down the advance of the Syrian army and its allies towards the besieged city of Deir al-Zour. The Syrian army is determined to break the siege imposed by ISIS around the city for over 30 months, and that will push ISIS further south-east towards al-Qaem.

Even though it is losing ground, today ISIS has learned a lot from its own mistakes on how to run a “state”, and has developed the art of war despite relying almost exclusively on suicide attacks and VBIEDs (Vehicle Born Improvised Explosive Devices) and suicide bombers (Person Borne IEDs). The group won’t disappear but may use the present side lining to rise again, depending on the level of tension in the Middle East (notably between Saudi Arabia and Iran).

 

Al-Qaeda:

One of the main reasons why ISIS is losing the war is due to the ISIS “lieutenant” Abu Mohamad al-Joulani, who was sent to Syria in 2011 to establish a base in Bilad al-Sham among other senior officers. Today Joulani is the head of al-Qaeda in Syria (under the name of Hay’atTahrir al-Sham) because he wanted to lead his own group. This kind of ambition in fact saved the Middle East from overwhelming control by ISIS. Al-Qaeda Central highly benefitted from al-Qaeda (AQ) in Syria, which helped to boost the group to a level never reached even when Ussama Bin Laden was leading it.

Today, despite the heavy presence of al-Qaeda in Idlib (AQ is also present in other areas in smaller numbers), the group will experience the same fate as ISIS once the war ends. It is true that AQ managed to infiltrate Syrian society, gathering unique experience in warfare and becaming a reference and a concentration for most of AQ around the Middle East. It is also possible that many ISIS members will migrate to AQ. Never the less, Jihadists and Salafists have no place to stay any more in Syria (and Iraq) and will no longer be allowed to occupy any territory. These Jihadists will go underground to continue their struggle and insurgency where they (ISIS and AQ) might actually unite their forces now they are both hunted down. Even so, these groups can have no long-term strategic objective, since the population has experienced their rule and definitely won’t voluntarily accept their return to power.

The “Syrian Revolution”:

The Syrian Revolution has lost everything since 2011, when the Jihadist Salafists landed in Syria to kidnap the population manifestation, with its requests for reforms and democracy. They forced other parts of Syria, like Aleppo, to join them even one year after the beginning of the manipulated armed uprising to overthrow the Syrian regime. Today there are no longer any Syrian revolutionary delegations, only Riyadh, Qatar, Turkey, Egypt delegations and proxies.

On the military level, the same al-Qaeda leader Abu Mohamad al-Joulani confirmed specifically that there are no more than 700-800 moderate rebels in Syria. Moreover, jihadists controlling the north of Syria are forcing all radicals and moderates to join either Ahrar al-Sham (Jihadists pro-Qatar and pro-Turkey) or al-Qaeda. Ahrar al-Sham may be preparing itself to take up arms, with Ankara’s support, to impose itself on the same al-Qaeda, when the reconciliation and the end of the war in Syria reaches the right moment.

Turkey:

Turkey may not be aware that it has played an essential role in changing the course of the Syrian war. When Ankara decided to shoot down a Russian jet over the Syrian-Turkish borders in 2015, Russia decided to increase its involvement in the Syrian war. Russia was trying to protect its naval bases in Tartous and Lattakia by creating a safety perimeter and rejected repetitive Iranian requests to fully engage in the Syrian war and recover all territory. When Turkey challenged Russia, Moscow had no choice but to protect its reputation as a superpower, all eyes drawn towards it, with the prospect of a possible broader scale war between Russia and Turkey. Instead, Russia helped the Syrian Army and its allies to recover more land than they had been planning to occupy, and imposed President Bashar al-Assad as the unique representative of the Syrian institution.

Ankara is today occupying Syrian territory in the north of the country (from Jarablus to al-Bab), preventing also the Syrian Kurds from fulfilling their dream to establish an independent State/Federation called Rojava. The Turkish forces divided the Kurdish area in the north-east of al-Hasaka to the north-west of Efrin. Turkey is ready to push forces into Idlib to impose its control over the city and perhaps prevent a possible clash between Ahrar al-Sham and al-Qaeda. By taking Idlib under its wings, Turkey is preventing Russia from bombing Idlib where over two million inhabitants live today. The number of civilians is increasing due to the stability the city is experiencing after joining the agreement for the cessation of hostilities established between Russia, Turkey and Iran in Astana, Kazakhstan.

The Turkish role has not ended yet: Damascus may not accept a foreign army on its soil for too long even if a stalemate is expected in Syria for many years to come. Also, Turkey will not accept the US plan to establish a Kurdish federation on its border. Therefore, more chapters are still waiting to be written about Turkish involvement in Syria.

Russia:

Moscow is coming out as a winner on all fronts, with limited damage. After two years of heavy involvement (mainly Air Force and a limited number of its special forces), Russia weighted the scales in favour of President Assad. Russia has lost fewer men in two years than the US lost every month in Iraq (2003-2011).

Russia, together with its ground force allies, managed to recover main cities and rural areas, for the benefit of Damascus. However, Russia today is engaged in the Syrian steppes and walking so close to the US forces that the risk of a mistake is extremely high. Russia in fact is engaged in political talks with the US and neighbouring countries to bring in foreign troops, who would be responsible for a long cease-fire in the south of Syria, centred on Daraa and surroundings.

Moscow is expected to succeed in creating a balance between all those countries involved in the Syrian war: Israel would be satisfied to have American and Jordanian “peace keeping forces” (PKF)  on the Syrian-Israeli borders; the Syrian government would walk along with Iranian and Russian PKF forces in Damascus; and Turkey is happy to stay in the north (Jarablus to Al-Bab) along with Russian forces on the perimeter. The Americans will stay in the north-east of al-Hasaka to Raqqah with their Kurdish proxies. The problem remains in Idlib where pro-Turkish groups and al-Qaeda reject the Russian presence along with Turkish forces. Moscow, along with the countries whose forces are involved on the ground, is trying to find more of a solution to the problem. This overall scenario will stop the war –after recovering many of the territories which were controlled by ISIS – and is expected to last for years to come, to the satisfaction of the main parties. The Syrian government will be involved in reconstruction for the next 5-10 years, which is certainly enough time to rebuild its strength once again.

Russia has won long-term naval bases on the Mediterranean for the next fifty years. It has managed to demonstrate its arsenal and firepower, selling weapons used in the Syrian battlefield and proving itself also as a political negotiator, successfully competing with the US in the Middle East.

Russia has partners (not sworn allies) and politico-economic interests to look after. Russia doesn’t have a solid bond of allegiance, it maintains robust relationships with Turkey, Israel, and Iran. It enjoys a good relationship with Saudi Arabia and would like to increase the level of business and economic exchange. Therefore, after ending the war it is looking to collect all the gain accumulated in the last two years by its involvement in a “clean” war, distancing itself from the disastrous result of that lost Afghanistan war.

The United States of America:

The US managed to return to the Middle East by using the excuse of fighting ISIS and the “war on terror”. Today, the US forces are using proxy forces (Kurds) as a bridge to construct military bases and airports in Bilad al-Sham and become an occupying force in the country.

The US is clearly no longer respecting its objective to fight terrorism, when its Air Force is actively engaged in shooting down a Syrian jet and bombing the Syrian Army- and even its allies on three consecutive occasions (close to al-Tanaf border). Even in 2016, the US Air Force bombed, along with other coalition allies, the Syrian Army in al-Tharda mountains overlooking the besieged city of Deir al-Zour, giving a significant advantage to ISIS.

The US forces in Syria didn’t suffer any losses because its policy and strategy today for occupying a Middle Eastern country is different from the 2003 occupation of Iraq fiasco. Moreover, it is using proxy forces, the Kurds, who seem not to complain about their very heavy casualties to please and fulfil the US objectives in Syria.

On the other hand, the US seems intent on provoking the Russians in Syria, though without reaching the critical point where Russia feels it has to react and take the matter to a point of no return.

But the US didn’t manage to stop Iranian expansion in Syria, which is reaching an unprecedented level: they even came inconsiderately close to the US forces on more than one front.

Israel:

Wining on all sides, Israel is watching the Syrian war for more than 6 years while collecting the benefits:

1.Hezbollah’s unique experience gathered in Syria didn’t come without high price (thousands of dead and wounded). Also, Iran has invested a large sum of money to sustain the Syrian government, Army and the essential parts of the country’s infrastructure and has been kept very busy defeating ISIS and al-Qaeda, the two groups holding the opposite ideology of Iran-Shia, ready to exhaust their enemy and drag it into an endless fight.

2.Israel was free to bomb the Syrian main airport in Damascus in several occasion: building destroyed inside the airport are the best testimony to Israeli activity over Iran ammunition and weapon warehouses. Israel played its card safely, knowing that Hezbollah won’t retaliate as long as its cargos are targeted on Syrian not on Lebanese territory where the Rules of Engagement are different.

3.Israel is enjoying an excellent relationship with Russia and was aware that Moscow won’t allow a wider clash between Hezbollah and Israel on the Syrian border at a time when there are more important battles taking place at various important spots on the Syrian landscape and where Russia wants to make sure it is not going to fail. Therefore, Israel took advantage by nagging Hezbollah, killing few of its commanders on several occasions, destroying warehouses also outside Damascus airport and supporting the jihadists of al-Qaeda to give these a little boost to continue their fight against the Syrian Army and its allies.

4.Israel won the loss by the Syrian Army of its chemical weapons stockpile – a nightmare for Tel Aviv – that was negotiated between Obama and Putin.

5.Israel will benefit from the US-Kurds relationship in the northeast of Syria (Al-Hasaka & Raqqah provinces) where the US is establishing several military bases.

6.Israel managed to establish good relationship with the Syrian rebels and many Syrians in the south and north of the country who felt free to collaborate with Tel Aviv whereas before the war, any open contact between Syrians and Israelis was punishable with a death sentence.

7.Israel is negotiating a possible buffer zone beyond the Golan Heights: at the time of President Hafez Assad, was negotiating a full pull-out of the occupied Golan.

By all accounts Israel, with zero casualties, is emerging as a winner on all fronts, with the exception of the advance weapons that are landing in Syria and are used by both the Syrians and Hezbollah, Israel’s fiercest enemy. These weapons are finding their way into Lebanon, nonetheless if Israel is not thinking of a third war against Hezbollah/Lebanon, the presence of these sophisticated (anti-tank, anti-ship, anti-air) missiles maybe irrelevant.

Iran:

The Islamic Republic of Iran is enjoining today an advanced position in the Middle East, expanding its influence in Mesopotamia and in Bilad al-sham. Iran brought Moscow to Syria in 2015 and thousands of militants to protect its “axis of resistance” (Iran, Syria, Hezbollah): the supply line to Hezbollah in Lebanon that crosses from Damascus to Lebanon.

Iran spent over $25 billion in Syria to sustain the Syrian government, supplying it with oil and paying salaries to its civilian and military institutions. Iranian cuisines established in different parts of Syria are feeding tens of thousands of soldiers and militants daily and succeeding in keeping Assad in power.

Iran disregarded the red lines with the US forces on al-Tanaf borders and pushed forces north of al-Tanaf to close the road on the US towards the north and prevented the US plan to control the entire north east of Syria.

Also, the failure of the ISIS experience in Syria (and Iraq) led to the increase of the Iranian influence because the grievances that led to the rise of ISIS in the first place are no longer standing today. Iran brought thousands of militants in Syria but also established a Syrian-like Hezbollah that will remain forlong after the end of the war.

Iran has become part of any political settlement in Syria: its protection of Assad led it into all future negotiations to end the war and managed to win over regional countries (i.e. Saudi Arabia, the Emirates, Qatar and Turkey). Iran is today Saudi Arabia’s sworn enemy, particularly since the Saudis clearly have no effective means to destabilise Iran, even with the help of its favourite ally, the US.

Hezbollah:

The Lebanese Hezbollah gathered huge experience in warfare in Syria that any army would dream of providing within its own institution. Hezbollah has pitted itself against many enemies who fight with different styles, motivation and ideology.

During the first battle of Qusseyr, Hezbollah started its involvement on a wider scale with a tactic that the group is now no longer adopting. The price of recovering Qusseyr was very high (120-150 killed) because its military commanders wanted a quick victory regardless of losses. Today, after having 900 killed[i] and 8,000 wounded, Hezbollah operates competently from a military ops room, coordinating attacks involving the air force, infantry, special forces and artillery on a geographical scale three times that of the Lebanon.

Hezbollah is today embedded in every single Syrian Army brigade, where its commanders and members of its special forces shadow the army in every attack over the entire Syrian war theatre.

Israel is watching Hezbollah growing in number and experience. Hezbollah has created in Syria villages similar to the one in northern Israel to train its special forces to occupy these in case of war. It has built caves in the mountains and hides its long range destructive missiles under the ground to move any future war away from the Lebanese territory and the homes in the south of Lebanon.

Hezbollah is investing over 20,000 men in Syria and is coordinating logistic, medical and military supplies, all present at once in the battle field, gathering practical experience the group never thought it was possible to acquire.

Hezbollah managed to defend Assad even before the Russian intervention and its society, back in Lebanon: it understands much more today the necessity of its involvement in Syria and how the loss of lives of its militants was necessary – according to Hezbollah families in the suburb of Beirut – to prevent ISIS from moving the battle into their homes in Lebanon.

The endless victories Hezbollah managed to register in Syria have been a clear message to Israel that is observing its performance and the growth of its capabilities, especially involving al-Ridwan Special Forces.

 

The balance between victory and defeat in Syria may not be easy to define. But what is clear is the fact that the war is coming to an end: it is only a question of time. Once ISIS is defeated, all parties will be forced around the negotiation table, where both rough and smooth diplomacies will be present.

The ideology that motivated ISIS to occupy parts of Iraq and Syria is clear, but the conditions that made ISIS expansion sustainable are no longer present. The Middle East is changing, though not necessarily for the better: the struggle between the various countries involved is still very much on-going.

The war in Syria is coming to an end. “War does not determine who is right – only who is left[i]”. It leaves a country in ruins, and critical animosity between Iran and Saudi Arabia which will certainly smoulder for many years to come.

 

Endnotes

[i] Confidential, reliable and establish source. Previous figures of 1700 Hezbollah killed in Syria result incorrect.

[i]Bertrand Russell

 

Syrian Kurds will be the biggest losers: America and Russia on the verge of the abyss in Syria

 

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Key words: Syria, US, Russia, Iran, Kurds, Raqqah

By Elijah J. Magnier: @EjmAlrai

 

The battle between the US’s allies and Russia’s allies is escalating in the North-East of Syria, posing a real danger that the superpowers may slide into a direct confrontation to protect their interests. But Washington will not prevail at the end of the day in Syria and its allies – led by Syria’s Kurds under the flag of the “SDF” (Syrian Democratic Forces) – will pay the heaviest price.

It is clear that Washington hawks believe that they can provoke or belittle Moscow in Syria: the US bombed the Syrian military airport of Shyay’rat where Russian forces were stationed with other Syrian units. Moreover Washington jets bombed on three consecutive occasions Russia’s allies close to the Syrian-Iraqi border crossing in Al-Tanf. And last but not least, in recent days, the US Air Force shot down an Iranian drone and Syrian Su-22 jet whose bombing objectives were the “Islamic State” (ISIS) terrorist group area, while US backed Kurdish forces were advancing on the city limit of of Rusafa in rural Raqqah.

All these hostile US military actions have been carried out unlawfully on Syrian territory and against the Syrian army not against terrorist groups. The US have no legal jurisdiction or international mandate or consensus to attack the Syrian Army on its own soil, particularly when the US aim, in fact, is to support the partition of an independent country rather than to fight terrorism. It is simply related to Washington’s influence and control over that part of Syrian territory needed in north-east Syria for occupation without any legitimate international support and to establish military airports and a base in Bilad al-Sham.

Obviously, Washington pays little attention to Moscow’s possible reaction to US military action against Russian allies in Syria as they advance to reclaim the Syrian territory. But Russia is responding by bombing Washington’s allies in Syria. It is not unlikely that US jets may accidently bomb Russian forces embedded with Syrian groups and Russian jets may bomb US Special Forces embedded with their Kurdish proxies operating in the north of Syria. This is when the situation may get out of control and the prestige of superpower countries may be dented creating an unwanted but almost inevitable reaction; this would drive the Middle East into another destructive dimension that may affect the World.

Russia’s main ally in Syria, Iran, is raising the level of tension in relation to US forces in Bilad al-Sham:

-It has injected thousands of fresh troops to recover the 55.000 sq km Syrian Badiya (Steppe) and managed to defeat the US proxies (Usud al-Sharqiyah) and ISIS in the semi-desert of south-eastern Syria: to date over 25,000 sq.km have been recovered from Suwaida province to the south of al-Tanaf borders.

-Iran pushed forces above the Tanaf (where US forces are established) to close the northeast path to Deir al-Zour, establishing a new demarcation line, and isolating the US in al-Tanaf.

-Iran coordinated with Iraq the advance of the Iraqi security forces on the al-Tanaf from the Iraqi side to block the US forces. Iraqi troops are moving north from al-Tanaf towards al-Qaem to meet the Syrian army and its allies along the borderline.

-Iran launched its “Zulfuqar” (Prophet Mohammed’s cousin, the fourth Caliph and first Shia Imam Ali Bin Abi Taleb’ sword) 700 km mid-range ballistic missiles against ISIS, but also to send multiple domestic (revenge for the double terrorist attack) and international messages to the US and its allies in the Middle East, just 24 hours after the US ban on the Iranian missile program. Tehran pays no attention to American decisions, telling Washington that its decision will not be taken into consideration; that Iran’s arm is long and can hit any target in the Middle East (Israel, Saudi Arabia, US military bases in the Middle East), and that Iran doesn’t feel concerned about all the conventional rules. It is capable of hitting any target whenever it wants and where it wants; Iran launched its missiles from Kurdistan-Iran, the same province from which the ISIS Iranian Kurds who launched their double terrorist attack this month against Iranian institutions.

Also Iran launched its missiles targeting ISIS in the city of Deir Al-Zour (besieged since 30 months with over 100,000 -150,000 civilians) and al-Mayadeen to emphasise the importance of Syria and the City of Deir Al-Zour (the US jets and its allies contributed in breaking the defence line of the Syrian army by striking last year their positions on the Tharda mountains overlooking Deir Al-Zour airport). That particular US bombing which lasted several hours, and killed over 100 soldiers and officer of the Syrian Army in Tharda gave ISIS the upper hand by allowing them to advance into the airport perimeter (the only air supply to the besieged city) and permitting the partition of the city in two parts by ISIS. Iran’s message is clear: it won’t allow the fall of Deir al-Zour and will do everything, with its allies, to break the siege in the coming months.

Following the escalation in Syria, Russia is sending more air defence missiles to Syria. Damascus will not hesitate to bomb US coalition jets, especially since Moscow maintain its forces on the ground and will be in charge of protecting them from any US reaction. Moscow has stopped cooperating with the US in Syria by temporarily suspending the deconfliction line (due to be re-established soon) and issued a clear warning that Russia will consider any target over flying west of the Euphrates river as hostile.

In the midst of all this, Iraqi forces are moving along the border with Syria, telling the US forces that it is cooperating with Damascus and is not concerned by any American project in the region. Baghdad will not accept the presence of any US forces on its territory after defeating ISIS. The US will maintain a training contract with the Iraqi government but will have no influence over the country’s decisions and relationship with its neighbours, including Syria and Iran.

All the forces on the ground – except the Kurds and some remnants of the Syrian opposition forces – will be working against the US forces in Syria, starting from ISIS (as insurgents after the war ends in Syria and Iraq), Al-Qaeda (vowed to hit the US anywhere in the World), Turkey (which refuses the US support for the Kurds autonomy in Syria), Damascus (will strike the Kurds after finishing off ISIS control of territory) and Syria’s allies (Iran, Hezbollah and Iraqi militia in Syria) are waiting for the right opportunity to strike US forces along the lines of what Hezbollah did in Beirut (blowing up the Marines’ headquarters and the US embassy in Beirut, Lebanon in the 80s). Therefore, the US has won many enemies and very few friends, who will find themselves on their own, because Washington will have no alternative but to abandon them sooner or later. It is well known that the US does not have friends; it has business partners and common interests. When the US interests will cease in Syria, the soldiers will have no alternative but to leave the country.

The secular Kurds of Syria have erred in adopting a new policy that was never adopted by the Kurds of Iraq. They declared hostility to Damascus and allied themselves with America and its allies in the region (Wahhabi Salafi Saudi Arabia). The Kurds took an anti-Iranian stance and accepted that their militants would become burning wood to recover the Arab-majority city of Raqqah, sustaining considerable casualties only to fulfil a US plan to establish military bases in north-eastern Syria. Kurds will be the future’s biggest losers: the forces of Damascus and their allies are recovering territories by the Kurds side and advancing in rural Raqqah to prevent the US proxies militants from expanding and occupying oil field west of the Euphrates River.

Kurds will become THE enemy following ISIS’s defeat. For the long years of the Syrian war, Kurds were silent allies and part of Syria. Damascus was ready to discuss a Kurdish Federation when the war ended, as long as it remains part of Syria. Today the Kurds have accepted to become the American proxy forces to fulfil a dream of a federation that was smashed first by Turkey (splitting Rojava in two when occupying the corridor from Jarablus to al-Bab), and today will be also attacked by Damascus.

Syria will never allow a Kurdish federation that offers protection to an occupying force, the US. In fact, the hostility towards Washington’s soldiers is unprecedented in the Levant and Mesopotamia, making of the Kurdish choice of alignment with the US (and Saudi Arabia) an incredibly suicidal naïve strategy. It It is clear, then, that the United States of America will only have enemies in the Levant and will end up losing its temporary Kurdish friends in the region. Russia only, and its allies, who work with determination, consistency and with considerable force in Syria, will prevail.