Monthly Archives: July 2017

L’“Etat Islamique” d’abord, les Etats-Unis ensuite violent les accords Sykes-Picot avec un objectif : la partition de la Syrie et de l’Irak

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Baghdad de Elijah J. Magnier : @ejmalrai

Il y a trois ans, en 2014, le groupe ”Etat Islamique” (ISIS) a violé la frontière désertique entre l’Irak et la Syrie : ses bulldozers ont traversé la frontière, allant des confins de l’Irak à Sinjar à la province d’al-Hasaka, à l’aide de Humvees fabriqués aux Etats-Unis (EU) et capturés lors de la prise de Mossoul. Il y a une semaine à peine, des centaines de Forces Opérationnelles américaines ont traversé la frontière d’Irak en Syrie avec leurs Humvees en convoi militaire, en suivant le même chemin qu’ISIS, violant ainsi le partage de l’Empire Ottoman décidé par les Français et les Anglais lors des accords secrets entre deux diplomates, Sir Mark Sykes et François Georges-Picot, au cours de la Première Guerre Mondiale. Le Président américain Donald John Trump n’a pas simplement demandé à ses troupes de traverser la frontière (sans demander l’accord des gouvernements centraux de Bagdad et Damas) : il a réalisé ce que le dirigeant d’ISIS Ibrahim Aw’wad Ibrahim Ali al-Badri al Samarrae’e, aka Abu Du’aa, aka Abu Bakr al-Baghdadi avait prophétisé en disant : “Cette avance bénie (des militants du Califat de l’Irak vers la Syrie) ne s’arrêtera pas avant que nous ayons planté le dernier clou dans le cercueil de la conspiration de Sykes-Picot ”.

En Octobre 2014, la Turquie a permis aux Peshmerga Kurdes d’Irak de traverser Suruc, une région turque, pour se joindre aux Kurdes de Syrie à Kobané (Ain al-Arab) et chasser ISIS qui occupait la plus grande partie de la ville. Cette fois, les forces américaines n’avaient pas besoin de demander la permission, après la défaite d’ISIS à Mossoul et Sinjar. Le convoi américain est passé d’Irak à al-Hasaka, en Syrie, où les EU ont gardé plusieurs aéroports et une base militaire dans le nord-est de Bilad al-Sham sous prétexte de “combattre le terrorisme”.

Comment le plan américain a-t-il réussi jusqu’à présent en Irak et partiellement en Syrie ?

Avant la bataille de Mossoul mi-2016, les militaires irakiens et la direction des Unités d’Hashd al-Sha’bi (Unités de Mobilisation Populaire qui font officiellement partie des forces de sécurité) ont suggéré au chef des forces armées, le Premier Ministre Haidar al-Abadi, de libérer dans un premier temps Babil, Wasit, Karbalaa, et Diyala, puis le cercle de Bagdad et Salahoddine dans un deuxième temps. La troisième étape serait alors de libérer al-Anbar totalement avant Kirkuk et Nineveh. Ces deux provinces septentrionales devaient être les dernière à être libérées d’ISIS.

Selon certains décideurs de Bagdad, le commandement militaire américain a rejeté l’idée de libérer totalement al-Anbar et refusé tout soutien aérien et de renseignement si Nineveh (Mossoul et al) n’était pas libérée avant Anbar. Un compromis a été obtenu, visant à libérer d’abord Fallujah et Ramadi dans al-Anbar mais de laisser le triangle al-Rutba, Ramadi, al-Qaem pour la fin, du moment que Hashd al-Sha’bi et les forces de sécurité irakiennes n’avaient pas le droit de s’aventurer le long de la frontière Syrie-Irak. Le commandement militaire a compris que l’objectif américain était de se préserver une grande mobilité sur le frontière, de pousser ISIS vers la Syrie en attaquant d’abord Mossoul depuis l’est (la rive gauche) et de réduire la pression sur les Kurdes irakiens en empêchant ISIS de fuir vers le nord et en les poussant vers l’ouest de l’Irak et l’est de la Syrie. Les Américains sont persuadés que la bataille de Nineveh durera des années pour défaire définitivement ISIS.

Si Bagdad avait décidé d’attaquer al-Anbar d’abord, ISIS aurait été délogé de la frontière syrienne et aurait connu une course facile vers le Kurdistan. Ceci aurait aidé l’armée du Président Bashar al-Assad en empêchant plus de militants d’ISIS d’entrer en Syrie et aurait pourri le plan américain visant à prendre al-Tanaf, Sinjar aurait été sous contrôle de l’armée irakienne, et non des Kurdes, et la frontière syrienne sous le contrôle d’Hashd al-Sha’bi, empêchant tout mouvement des troupes américaines entre les deux pays. Ceci aurait permis à l’armée irakienne d’avancer vers Kirkuk, et les troupes de Bagdad auraient eu accès à Erbil et auraient pu aider les Kurdes irakiens à combattre ISIS aux abords de la ville.

Les Américains ont rejeté ce plan de façon catégorique et le Premier Ministre Abadi a dû s’incliner devant la fermeté des Américains en créant une sorte de compromis. Il a choisi de bénéficier de l’aide militaire américaine limitée mais utile à l’Irak dans sa lutte contre le terrorisme. En fait, Abadi ne fait pas confiance aux intentions de Téhéran en ce qui le concerne, car pense que certains groupes au sein d’Hashd al-Sha’bi sont totalement fidèles à l’Iran au lieu de lui être loyaux. Certains pensent qu’Abadi est pro-Américain tandis que beaucoup de groupes dans Hashd ont combattu les forces américaines durant leur occupation de l’Irak et jusqu’à aujourd’hui. Après avoir accumulé une expérience considérable en combattant ISIS pendant trois ans, ils sont prêts à combattre les forces américaines en Irak et leurs plans pour diviser le pays. Hashd est prêt aussi à combattre les Kurdes s’ils décident d’implémenter le résultat attendu du référendum qui va clairement promouvoir l’indépendance du Kurdistan irakien.

Le Premier Ministre Abadi a vu plus loin : l’Irak a la priorité, même si cela conduit à la séparation du Kurdistan. Le gouvernement de Bagdad, comme je l’ai appris de beaucoup de décideurs dans la capitale irakienne, n’utilisera pas la force militaire contre Erbil, quelle que soit sa décision concernant l’indépendance. Après tout, le Kurdistan jouit d’une autonomie depuis des décennies et sa possible indépendance (car le Dirigeant Kurde Masoud Barzani affirme qu’il va faire un référendum le 25 Septembre à ce sujet) libérera à l’avenir le gouvernement de Bagdad de ses obligations financières envers les Kurdes.

Mais la traversée par les forces américaines à al-Hasaka est un acte illégal. Elle peut cependant devenir légale le jour où le Kurdistan irakien déclare son indépendance suivie par une indépendance des Kurdes syriens à al-Hasaka. Quand les officiels américains reconnaitront ces deux “Etats” (comme cela s’est déjà produit pour le Slovénie, la Croatie et la Bosnie dans les années 90), la présence militaire américaine en Syrie deviendra “officielle”. A vrai dire, la localisation géographique du Kurdistan irakien a du sens dès lors qu’il est uni, dans une même nation, au Kurdistan syrien, même s’il n’y a finalement pas d’union sous une même direction, en raison de différences d’idéologie et d’objectifs entre les deux pays.

Quand Thomas Friedman a écrit que les EU ne devraient pas combattre ISIS puisque leur but est de défaire le régime de Bachar al-Assad en Syrie – et ses alliés russe, Iranien et du Hezbollah – et de battre le régime pro-Iranien chiite en Irak, remplaçant tous deux par un « califat », il partageait une heure de vérité : ISIS sert les intérêts des EU d’Amérique. Friedman est en harmonie avec ce que le vice-Président américain Joe Biden a écrit “l’idée est de maintenir un Irak uni en le décentralisant, donnant à chaque groupe ethno-religieux – Kurdes, Arabes sunnites et Arabes chiites – la place nécessaire pour mener ses propres affaires, un plan établi par les militaires américains pour se retirer et se redéployer, un pacte régional de non-agression ”.

En fait, la Premier Ministre Abadi (selon des sources dignes de confiance à Bagdad) croit qu’il aura l’opportunité d’établir un équilibre dans cette situation déjà chaotique entre Bagdad et Téhéran en chassant les forces américaines si Washington décide de partager l’Irak. Une alternative possible est qu’Abadi justifie et soutienne les bases militaires américaines en Mésopotamie à condition que Trump rejette l’idée de partager l’Irak.

Mais l’Iran ne va peut-être pas réagir tout de suite contre les plans américains pour diviser l’Irak et la Syrie : la priorité est de défaire ISIS et les alliés des EU à al-Badiya (la steppe syrienne semi-désertique) et d’empêcher les Kurdes d’atteindre Deir al-Zour, al Mayadeen et le sud de Tabqa. Les EU essaient d’établir avec la Russie un plus grand nombre de zones sans conflit dans le nord-est, comme au sud, mais ceux-ci peuvent n’être que temporaires. L’“axe de la résistance” n’acceptera jamais la présence de troupes américaines à la fois en Syrie et en Irak, et il encouragera les tribus syriennes du nord à s’engager contre les alliés des EU au nord et au sud-est de la Syrie.

En Iraq, beaucoup de voix s’élèvent contre la présence américaine dans le pays, surtout après la défaite d’ISIS à Mossoul. Beaucoup de dirigeants irakiens demandent au Premier Ministre de tendre vers un retrait total et immédiat des forces américaines de Mésopotamie, d’autant plus qu’ISIS est parvenu à proliférer dans un environnement sectaire (encouragé par les EU), lequel n’existait pas avant 2003. La bataille de Mossoul est finie mais la guerre pour éliminer ISIS doit se prolonger encore pendant une année dans la province d’al-Anbar, en particulier autour d’al-Qaem où ISIS est bien installé depuis 2003. Pour gagner cette bataille, l’Irak a besoin des PMU (Hashd) et que le véto américain sur ces forces soit levé.

Le recrutement d’ISIS est en chute libre : la “capitale du Califat” (Mossoul) et son principal fief en Syrie (Raqqa) ne sont plus en mesure d’accueillir de nouveaux Moudjahidin et leur “pays de rêve”. L’âge d’or islamique n’est plus une réalité pour ce groupe et ses sympathisants dans le monde. Par conséquent, il est quasiment inévitable qu’ISIS finira comme groupe (comme al-Qaïda) sans lieu où aller (mais avec bien des grottes pour se cacher).

Les plans américains en Syrie et en Irak ont un autre ennemi : la Turquie. Washington a empêché Ankara de participer à la bataille de Raqqa et est sur le point d’établir deux “Etats” kurdes à sa porte, invitant les Kurdes de Turquie à suivre la même voie.

Il reste une question : comment un nouvel “Etat Kurde” pourrait-il survivre entre quatre pays qui l’entourent (Irak, Syrie, Turquie et Iran), et qui sont décidés à faire tout leur possible pour neutraliser un futur Etat Kurde en Mésopotamie et/ou Bilad al-Sham ? Les Kurdes croient-ils vraiment pouvoir faire confiance aux deux bases militaires américaines et à la base anglaise au Kurdistan Irakien avec les subsides saoudiens, ainsi qu’aux six bases américaines du nord de la Syrie pour imposer leur(s) “Etat(s)” ?

Il n’est peut-être pas impossible de changer la carte du Moyen-Orient, mais en pérenniser le changement est une autre affaire. Les EU sont en train de se faire de plus en plus d’ennemis en Irak et en Syrie, et ses nouveaux amis en Irak et en Syrie sont moins que ses ennemis en mesure de réaliser ces plans ambitieux avec une administration américaine dont le Président tient avant tout à garder la direction en raison des attaques internes qu’il subit en permanence. Une chose est certaine, l’instabilité ne cessera pas avec la défaite d’ISIS : ce sera le début d’un autre type d’instabilité, provoquée à la fois par des Etats (EU, Russie, Syrie, Irak, Iran et Turquie) et par des groupes non-gouvernementaux (ISIS et al-Qaïda).

 

Lire aussi:

Les Kurdes d’Irak et de Syrie : cheval de Troie pour diviser le Moyen-Orient: https://elijahjm.wordpress.com/2017/07/09/les-kurdes-dirak-et-de-syrie-cheval-de-troie-pour-diviser-le-moyen-orient/

 

 

 

First “Islamic State” and then the US breaches Sykes-Picot with one objective: the Partition of Syria and Iraq

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Key words: Kurds, Iraq, Syria, Turkey, Iran, US, Russia, Baghdad, Erbil, Hasaka, Ankara, Tehran, Damascus, ISIS, YPG, Peshmerga.

Baghdad, Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Three years ago, in 2014, the “Islamic State” terrorist group (ISIS) breached the deserted frontier between Iraq and Syria: its bulldozers crossed from the Iraqi borders on Sinjar into al-Hasaka province with US-made Humvees captured during the occupation of Mosul. Just a week ago, hundreds of US Special Operation Forces crossed Iraq into Syria with their Humvees in military convoy, following the same ISIS path breaching the British and French division of the Ottoman Empire secret agreement during the First World War by the two diplomats Sir Mark Sykes and François Georges-Picot. The US President Donald Trump didn’t just ask his troops to cross the borders (without asking the permission of the central governments in Baghdad and Damascus): he fulfilled what the same ISIS leader Ibrahim Aw’wad Ibrahim Ali al-Badri al Samarrae’e, aka Abu Du’aa, aka Abu Bakr al-Baghdadi prophesied when he said: “ This blessed advance (of the Caliphate militants from Iraq into Syria) will not stop until we knock the last nail into the coffin of the Sykes-Picot conspiracy”.

In October 2014, Turkey allowed the Iraqi Peshmerga Kurds to cross Suruc, a Turkish area to join the Syrian Kurds in Kobane (Ain al-Arab) and help drive out ISIS who occupied most of the city. This time, the US forces didn’t need to ask permission following the defeat of ISIS in Mosul and Sinjar. The US convoy crossed Iraq into al-Hasaka, Syria, where the US maintains several airports and a military base in the north-east of Bilad al-Sham under the cover of “fighting terrorism”.

How did the US plan succeed in Iraq and partially in Syria to date?

Before the battle of Mosul mid 2016, the Iraqi military and the Hashd al-Sha’bi Units leadership (Popular Mobilisation Units that are officially part of the security forces) suggested to the chief of the armed forces, the Prime Minister Haidar al-Abadi, to liberate Babil, Wasit, Karbalaa, and Diyala as a first plan, followed by the ring of Baghdad and Salahoddine as a second plan. The third step would be to liberate al-Anbar completely before Kirkuk and Nineveh. The two northern provinces were supposed to be the last areas to be liberated from ISIS.

According to decision makers in Baghdad, the US military command rejected the idea of fully liberating al-Anbar province and refused to offer any air and intelligence support if Nineveh (Mosul et al) was not liberated before Anbar. A compromise was reached to free Fallujah and Ramadi in al-Anbar and to leave the triangle al-Rutba, Ramadi, al-Qaem to the last, as long as the Hashd al-Sha’bi and the Iraqi security forces are not permitted to venture along the Syrian-Iraqi borders. The military leadership was aware of the US plan to have easy movement on the borders, push ISIS towards Syria by attacking Mosul first from the east (left Bank) and lift the pressure on the Iraqi Kurds by preventing ISIS from fleeing north and pushing these towards the west of Iraq, east of Syria. In the US mind, the battle of Nineveh may last years to defeat ISIS.

Had Baghdad decided to attack al-Anbar first, ISIS would have been dislodged from the Syrian borders and pushed all ISIS in free run towards Kurdistan. This act would have supported the President Bashar al-Assad’s Army by preventing further flock of ISIS militants into Syria and would have spoiled the US plan in taking al-Tanaf. Sinjar would have been under the Iraqi Army not the Kurds, and the borders with Syria would be under Hashd al-Sha’bi control preventing any US troop movement between the two countries. This would have allowed the Iraqi Army to advance towards Kirkuk, and Baghdad troops would have had access to Erbil to support the Iraqi Kurds and fight ISIS at the edge of the city.

The US rejected the plan categorically and Prime Minister Abadi had to bow to the American strongarm by creating a kind of compromise, choosing to continue enjoying the limited but useful US military Air and Intelligence support for Iraq in its war on terrorism. Actually Abadi doesn’t trust Tehran’s intention towards him in person, and believes some groups within al Hashd al-Sha’bi are totally dedicated to Iran rather than loyal to his command. Abadi is believed by some to be pro-American, whereas many groups within Hashd fought the US forces during their occupation in Iraq and today. Following the considerable military experience these have gathered during three years of fighting against ISIS, they are very much ready to fight the US forces in Iraq and spoil their pans to divide the country. Hashd is also willing to fight the Kurds if these decide to implement the expected results of the referendum that will definitely promote the independence of Kurdistan Iraq.

Prime Minister Abadi saw the bigger picture: Iraq has priority even if this would lead to the partition of Kurdistan. The government in Baghdad, as I learned from many decision makers in the Iraqi capital, will not use the military force against Erbil regardless their decision of independence. After all, Kurdistan has been enjoying autonomy for decades and its possible independence (as the Kurdish Leader Masoud Barzani is claiming setting a referendum on the 25th of September for this purpose) will liberate the central government in Baghdad from future financial obligation towards the Kurds.

But the crossing by US forces into al-Hasaka is an illegal act. However, it may become legal the day Kurdistan Iraq declares its independence followed by the Syrian Kurds independence in al-Hasaka. When the US officially recognises these two “states” (it has happened before in Slovenia, Croatia and Bosnia in the 90s), the US military presence in Syria becomes “official”. Actually the geographical location of Kurdistan Iraq makes sense when linked, under one nation, with Kurdistan Syria, even if both countries may not end up with a unified leadership due to their different ideology and objectives.

When Thomas Friedman wrote that the US should not fight ISIS because “its goal is to defeat Bashar al-Assad’s regime in Syria – plus its Russian, Iranian and Hezbollah allies – and to defeat the pro-Iranian Shiite regime in Iraq, replacing both with a caliphate”, he was sharing a truthful moment: ISIS serves the interest of the United States of America. Friedman is in harmony with what the then US vice President Joe Biden wrote that “the idea is to maintain a united Iraq by decentralising it, giving each ethno-religious group – Kurd, Sunni Arab and Shiite Arab – room to run its own affairs (..) a plan designed by the military for withdrawing and redeploying American Forces, and a regional nonaggression pact”.

In fact Premier Abadi (according to high-level sources in Baghdad) believes he will have the opportunity to create a balance within this already chaotic situation between Baghdad and Tehran by kicking out the US forces if Washington decides to divide Iraq. The alternative possibility is that Abadi will both justify and support the US military bases in Mesopotamia provided that Trump rejects the idea of splitting Iraq.

But Iran may not react immediately against the US plans to divide Iraq and Syria: the priority goes to defeating ISIS and the US proxies in al-Badiya (the Syrian semi-desert steppe) and to preventing the Kurds from reaching Deir al-Zour, al Mayadeen and south of Tabqah. The US is trying to establish with Russia more de-conflict zones in the north east, similar to the south, but these may only observe a temporary agreement. The “axis of the resistance” will never accept the presence of US troops in both Syria and Iraq, and it will support the Syrian tribes in the north to engage against the US proxies in the north and the south- east of Syria.

In Iraq, many voices are being raised against the US presence in the country, particularly following the defeat of ISIS in Mosul. Many Iraqi leaders are asking the Prime Minister to seek a total and immediate withdrawal of the US forces from Mesopotamia, especially as ISIS managed to proliferate in a sectarian setup, (encouraged by the US) which was absent before 2003. The battle of Mosul is over but the war to eliminate ISIS is still to be fought for another year in al-Anbar province and mainly around al-Qaem where ISIS is well established since 2003. To win this battle, Iraq needs to use the PMU (Hashd) and remove the US veto on these forces.

ISIS recruitment is in free fall: the “capital of the Caliphate” (Mosul) and the main base in Syria (Raqqah) are no longer available to receive new Mujahedeen in their “dream land”. The Islamic Golden age is no longer a reality for this group and its sympathisers around the globe. Therefore, it is almost inevitable that ISIS will become a group (like al-Qaeda) with no particular home to go to (but several caves to hide in).

The US plans in Syria and Iraq have another enemy: Turkey. Washington has prevented Ankara from taking part of the battle of Raqqah and is about to establish two Kurdish “states” on its borders, inviting the Kurds in Turkey to follow the same path.

The question remains: how can new Kurdistan states” survive with four countries surrounding it (Iraq, Syria, Turkey and Iran), all determined to do everything to neutralise a future Kurdish state in Mesopotamia and/or Bilad al-Sham? The Kurds really believe they can rely on two US and one British military bases in Kurdistan Iraq and on Saudi Arabia monies, and on six US military bases in the north of Syria to impose their “state”?

Changing the map of the Middle East may not be impossible, but sustaining it is another issue. The US is gathering more enemies in Iraq and Syria and its new friends in Iraq and Syria are less capable than its enemies to fulfil this ambitious plan with a US administration whose President is very concerned about keeping his own political head on his shoulders due to the internal attacks he is continuously facing. One thing is certain, this instability is not expected to end with the defeat of ISIS: it will be the beginning of another kind of instability, triggered by both states (US, Russia, Syria, Iraq, Iran, Turkey) and by non-state groups (ISIS and al-Qaeda).

 

Read also:

The Kurds in Iraq and Syria are being used by the US as a Trojan horse for the purpose of dividing th… https://elijahjm.wordpress.com/2017/07/09/the-kurds-in-iraq-and-syria-are-being-used-by-the-us-as-a-trojan-horse-for-the-purpose-of-dividing-the-middle-east/ via @EjmAlrai

 

Les Kurdes d’Irak et de Syrie : cheval de Troie pour diviser le Moyen-Orient

 

 

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Mots clé: Kurdes, Rojava, Kurdistan, Masoud Barzani, Irak, Syrie, Iran, Turkey, US, Russie, Arabie Saudite.

Titres:

Les Kurdes d’Irak et de Syrie servent de cheval de Troie dans le but de diviser le Moyen-Orient.

L’Iran, la Syrie et l’Irak croient que les USA et Israël s’organisent pour tirer parti des Kurdes en Syrie et en Irak.

Les pays de la région croient qu’il est prématuré de déclarer l’indépendance du Kurdistan, qui ne fera qu’accroître leurs graves difficultés.

Téhéran, Bagdad et Damas croient à tort que la stratégie des USA en Syrie et en Irak n’est pas claire.

Pour bien des raisons, les USA ont intérêt à déstabiliser Ankara, même si la Turquie est membre de l’OTAN.

Erdogan est considéré comme « hors de l’orbite des USA » depuis le coup d’État avorté et l’appui des USA à un Rojava indépendant.

La Turquie ne combattra pas les YPG qui sont sous la protection des USA, mais luttera contre les Kurdes à Afrin (de l’autre côté du Rojava).

Les USA appuient les Kurdes en Syrie et en Irak simultanément, pour voir qui créera un État en premier.

Le plan des USA de créer un État kurde en Irak et en Syrie ouvre la voie à la création d’un État sunnite en Irak, pays perçu comme un gouvernorat iranien.

Massoud exclut une proclamation immédiate d’indépendance et voit les choses comme le début d’un long dialogue pacifique avec Bagdad.

Les Kurdes ne survivront pas dans un État pouvant être encerclé par voie terrestre ou aérienne, qui n’a pas non plus d’accès direct à la mer.

Barzani a soutenu Bachar al-Assad pendant de nombreuses années, en envoyant hommes et armes en renfort à l’armée syrienne.

Les problèmes entre Damas et les Kurdes ont commencé quand les Américains ont débarqué au nord-est de la Syrie.

L’intervention des USA a amené les alliés de Moscou à s’éloigner de leur rôle de protecteurs des Kurdes, en laissant la Turquie attaquer Afrin.

Des responsables irakiens voient le référendum de Massoud comme une invitation aux sunnites et aux chiites radicaux à exiger leur propre État.

Massoud Barzani doit bien préparer le terrain avant de se lancer dans l’aventure d’un Kurdistan indépendant.

Elijah J. Magnier – @ejmalrai

Le dirigeant du Kurdistan irakien, le président Massoud Barzani, a annoncé la tenue d’un (second) référendum général sur l’indépendance, le 25 septembre de l’année en cours. Il est déterminé à concrétiser le rêve d’établir un État kurde au Moyen-Orient.

Cette annonce coïncide avec le soutien accordé par l’administration des USA aux Kurdes syriens dans les provinces de Hassaké, Raqqa et Deir ez‑Zor, au nord de la Syrie. L’objectif est de créer une autre fédération formée de Kurdes, qui pourront suivre la voie tracée par leurs « frères » irakiens et même les devancer.

Ce qui se passe en Irak et en Syrie en ce qui a trait aux Kurdes est lié, sans considération des frontières. N’empêche que les gouvernements des pays de la région directement concernés (Ankara, Téhéran, Bagdad et Damas) croient que les USA comptent remodeler la région et former un « nouveau Moyen-Orient » s’inspirant du modèle que Condoleeza Rice, l’ex-secrétaire d’État des USA sous le président George Bush, cherchait à promouvoir.

Les pays voisins des Kurdes vont-ils laisser les USA diviser le Moyen-Orient en tirant parti des 22 à 25 millions de Kurdes enthousiastes et dévoués qui rêvent d’avoir leur propre État?

Les Kurdes du Moyen-Orient constituent le plus grand groupe ethnique n’ayant pas eu d’État jusqu’à maintenant dans le monde. Ils sont répartis principalement en Irak, en Iran, en Turquie, en Syrie, en Azerbaïdjan, en Arménie et au Liban. Leur présence est moins forte ailleurs dans le monde. La création d’un État kurde en Irak et en Syrie ne repose certainement pas sur la bénédiction ou la stratégie des USA, mais bien sur le bon vouloir de la Turquie, de l’Irak, de l’Iran et de la Syrie.

Malheureusement pour les Kurdes, ces pays peuvent et vont surmonter leurs divergences et leurs objectifs contradictoires à propos de la Syrie, en s’unissant pour empêcher avant tout la création de cet État kurde. En fait, peu après que Massoud Barzani eut annoncé son intention de tenir un référendum général sur l’indépendance, des sources bien informées m’ont dit que des agents des services du renseignement et de la sécurité iraniens, turcs et syriens ont tenu une réunion au plus haut niveau pour discuter des « conséquences désastreuses » possibles d’un État kurde indépendant dans leurs pays respectifs et de ses effets au Moyen-Orient. Ces agents croient que les USA profitent du rêve kurde d’avoir un État pour mieux diviser le Moyen-Orient et voir comment les autres pays réagiront.

Du point de vue kurde, ce rêve est légitime. Les Kurdes ont le droit d’avoir leur propre État. Mais les pays de la région sont d’avis qu’il est prématuré de franchir ce pas, qui ne fera qu’augmenter les problèmes des Kurdes. Il devient donc essentiel d’enterrer ce « projet américain » le plus vite possible et de le repousser dans le temps, soit après la fin des guerres en Syrie et en Irak.

Des pays comme l’Iran, la Syrie et l’Irak croient que les USA et Israël sont derrière ce plan, qu’ils tirent parti de l’aspect émotif rattaché à l’idée de posséder un État pour les Kurdes, en ayant comme objectif la partition du Moyen-Orient. La domination de « l’axe de la résistance » s’exercerait ainsi sur des États faibles et divisés. Gardons toutefois à l’esprit que les plans visant à renverser le président syrien Bachar al-Assad (après six ans de guerre), à établir un califat gouverné par Daech et à faire en sorte que les conséquences naturelles de la guerre en Irak mènent à la création d’un autre Sunnistan ont tous échoué jusqu’à maintenant.

La Turquie est convaincue aussi que les USA ne voient pas d’un mauvais œil l’affaiblissement de la position du président Erdogan, pour le punir du rôle croissant qu’il exerce au Moyen-Orient, de sa participation directe en Syrie et de son opposition à la création d’un État kurde en Syrie (où les USA cherchent à construire une base militaire qui remplacerait Incirlik en temps et lieu). La Turquie considère que les USA encouragent la création d’un État kurde à la frontière turque dirigé par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), son ennemi juré. Il ne fait aucun doute que les Kurdes syriens vont probablement suivre la voie tracée par les Kurdes irakiens : les USA sont déjà en train de construire plusieurs bases et aéroports militaires au nord-est de la Syrie, avec l’intention d’occuper des parties du pays et de maintenir une présence américaine à long terme.

Des hauts responsables à qui j’ai parlé à Téhéran, Bagdad et Damas trouvent que la stratégie des USA en Syrie et en Irak n’est pas claire. Indépendamment de cette évaluation inexacte et en observant les événements qui se succèdent, l’administration américaine semble en fait avoir pas mal confiance en sa stratégie en Irak et en Syrie. Les forces d’occupation illégale des USA ont soutenu une attaque majeure dans le Badia (une zone semi-désertique de la Syrie riche en pétrole et en gaz naturel) par des groupes « modérés » syriens, de façon à étendre leur domination sur la steppe syrienne liée à la province d’Anbar (sunnite) en Irak et au désert jordano-saoudien. Elles ont occupé al-Tanaf et tenté d’exercer une pression énorme sur Bagdad (en vain) pour empêcher les Forces de mobilisation populaire (FMP) d’atteindre la frontière avec la Syrie. Elles ont attaqué Raqqa avec l’aide de leurs mandataires kurdes et sont sur le point de libérer cette ville de Daech. Enfin, elles ont préservé l’accès aux champs pétrolifères et aux barrages de la région rurale de Raqqa, afin de s’assurer qu’un futur « État » kurde syrien (ou fédération) puisse survivre indépendamment de Damas. Puis, comme si cela ne suffisait pas, elles fourbissent leurs mandataires kurdes en armes mortelles et en artillerie lourde. Tout amène à conclure que les USA cherchent à voir simultanément qui d’entre les Kurdes de Syrie et d’Irak parviendront en premier à se doter d’un État et à l’imposer aux gouvernements centraux comme un fait accompli, en sachant fort bien que cette politique encouragera les Kurdes d’ailleurs (Iran et Turquie) à suivre la même voie menant à l’indépendance.

Les USA ne se soucient pas de la réaction d’Erdogan et du gouvernement turc à leur plan en faveur d’un État kurde en Syrie et en Irak, car c’est dans leur intérêt de déstabiliser Ankara (pour un certain nombre de raisons), même si la Turquie est membre de l’OTAN. Aux yeux des Américains, Erdogan est considéré comme « hors du contrôle et de l’orbite des USA » depuis l’échec du coup d’État contre lui. La promotion des Kurdes syriens par les USA et leur soutien à un État indépendant éventuel le long de la frontière turco-syrienne le confirment. Le premier ministre turc et son ministre des Affaires étrangères ont déjà qualifié un éventuel Kurdistan d’« erreur irresponsable et grave ». La Turquie ne livrera pas bataille contre les Unités de protection du peuple kurde (YPG) pour le moment, parce que leurs combattants sont sous la protection des USA, mais elle va sûrement s’en prendre aux Kurdes à Afrin, à l’autre bout du Rojava.

L’Iran aussi, par l’entremise de son guide suprême Sayed Ali Khamenei, a précisé clairement qu’il ne tolérerait pas la présence d’un État kurde le long de sa frontière avec l’Irak. Cette position claire, manifeste et ferme envers les Kurdes n’est pas tant l’expression d’une animosité contre le peuple kurde. Elle est davantage due au fait que ce sont les USA qui ont choisi le moment et la stratégie pour mettre de l’avant le « projet d’indépendance », alors que la partition du Moyen-Orient demeure une possibilité très envisageable et à la suite de l’échec de Daech de parvenir à diviser le Levant et la Mésopotamie.

C’est ce qui explique pourquoi Erdogan a avancé ses forces combattantes de Jarablus à al-Bab, en faisant fi de la présence américaine, et a divisé le Rojava en deux parties. C’est aussi la raison pour laquelle l’Iran a avancé ses forces combattantes dans la Badia au nord-est d’al-Tanaf, bloquant ainsi la route aux USA dans cette direction, tout en progressant vers le sud-est, récupérant ainsi plus de 30 000 km2 dans la Badia, afin d’empêcher les USA et leurs mandataires d’étendre leur contrôle dans ce secteur. Pour Téhéran, Damas et Ankara, le plan des USA est de créer un État kurde en Irak et en Syrie et d’ouvrir la voie à la création d’un État sunnite en Irak, pays qu’ils considèrent comme un gouvernorat iranien. Si le « soulèvement sunnite » a échoué en Syrie, c’est parce que le pays compte plus de 70 % de sunnites qui contrôlent l’économie, tandis que les alawites en détiennent le commandement militaire.

Aux dires de certains décideurs dans la région, les Kurdes risquent de commettre une erreur monumentale en se mettant à dos les pays limitrophes, car un État pouvant être attaqué ou encerclé par voie terrestre ou aérienne, qui n’a pas non plus d’accès direct à la mer, ne peut survivre sans coopération.

Massoud Barzani croit bien sûr que le moment est parfait pour tenir son « référendum contraignant » (qui devrait sans doute donner plus de 90 % de votes en faveur d’un État indépendant) le 25 septembre. Il croit aussi que la population kurde accepte les risques liés à une telle décision. Massoud exclut une proclamation immédiate d’un État kurde indépendant, mais voit les choses comme le début d’un long dialogue et processus de négociation pacifique avec Bagdad pour répondre au souhait de la population kurde. Selon des sources haut placées au Kurdistan, Massoud ne veut pas encourager les Kurdes d’autres pays de lui emboîter le pas, car le programme et l’idéologie des Kurdes en Irak diffèrent de ceux des Kurdes de Syrie, de Turquie et d’Iran. Mais peu importe ce que le dirigeant kurde croit et dit, il n’existe pas de garantie ou de processus prévoyant accorder l’indépendance à une nation kurde dans un pays donné, mais pas aux autres. En réalité, Barzani ne peut garantir quelle sera la réaction des mêmes Kurdes irakiens à plus long terme, même si pour le moment ils se déclarent ouvertement en faveur de ses décisions. Mais derrière des portes closes, bien des Kurdes anti-Barzani expriment leur désaccord avec le référendum en ce moment critique au Moyen-Orient.

Bien des gens ignorent le fait que les Kurdes d’Irak et de Syrie n’ont pas adopté une position neutre dans les guerres en cours dans ces pays. Massoud Barzani a apporté un soutien militaire substantiel à Bachar al-Assad pendant de nombreuses années, en envoyant hommes et armes en renfort à l’armée syrienne. De plus, les Kurdes syriens ont accordé le même soutien aux villes syriennes bordant Afrin lorsqu’elles ont été assiégées par Al-Qaïda et ses alliés. Damas croit que les Kurdes doivent leur sécurité et leur bien-être à leurs voisins arabes et musulmans. Ce n’est certes pas en favorisant la partition du pays dans lequel ils vivent et en suivant la politique américaine qu’ils aideront leur cause. En fait, les problèmes entre Damas et Hassaké ont commencé quand les Américains ont débarqué au nord-est de la Syrie. C’est ainsi qu’à la suite de l’intervention illégale des USA en Syrie, Salih Muslim, président du Parti de l’union démocratique kurde (PYD), s’en est pris à l’Iran et a louangé le rôle de l’Arabie saoudite dans la région. Les USA prétendent combattre Daech, mais ont frappé aussi l’armée syrienne et ses alliés à maintes reprises. La relation entre les Kurdes syriens et Damas n’est toutefois pas parvenue à une impasse encore.

L’intervention américaine et l’attitude hostile des Kurdes à l’endroit des alliés syriens ont amené Damas, Moscou et l’Iran à s’éloigner de leur rôle de protecteurs des Kurdes (Moscou et l’armée syrienne avaient créé à l’origine une ligne de démarcation autour de Manbij pour soutenir à leur tour les Kurdes, les protéger et empêcher les Turcs de prendre la ville que les Kurdes avaient libérée de Daech). L’attitude des Kurdes a amené la Turquie à attaquer Afrin et ils ont perdu la « protection » dont ils jouissaient, ce qui a nui au plan américain d’occuper des parties de la Syrie et de diviser le pays.

On a observé de sérieuses contradictions ces dernières années dans la dynamique entourant la Turquie et les Kurdes, tant en Syrie qu’en Irak :

-La Turquie a permis aux Peshmergas de prêter main-forte à ses ennemis, les Kurdes syriens du YPG, à Kobané (ou Ain al-Arab ), quand Daech était sur le point de prendre possession de la ville. C’est cette même Turquie qui devra maintenant travailler fort pour empêcher que le Kurdistan ne déclare son indépendance en Irak, et qui fera tout ce qu’elle peut pour éviter que les Kurdes en Syrie ne créent leur État, le Rojava. Elle n’hésitera sûrement pas à frapper ceux qui sont devenus les mandataires des USA dans le Bilad al-Cham (les Forces démocratiques syriennes).

-En 2014, Massoud Barzani a fait l’éloge de Daech, en disant qu’il menait une « révolution des tribus », car il croyait que le groupe terroriste constituerait un Sunnistan, qui ouvrirait la porte à la création d’un Kurdistan indépendant dans un Irak divisé en trois États. Massoud a tôt fait de réaliser que le groupe extrémiste lorgnait Kirkouk, riche en pétrole. Il a attaqué Erbil et comptait réduire les Kurdes en esclavage. C’est à ce moment qu’il a changé sa position envers Daech, en joignant Bagdad dans sa lutte contre le terrorisme et en combattant aux côtés de l’armée irakienne pendant trois ans pour protéger l’unité de l’Irak. Aujourd’hui, le dirigeant kurde veut déclarer l’indépendance du Kurdistan à la suite du référendum qu’il compte tenir. Mais il ne devrait pas s’attendre à ce que la Turquie et l’Iran appuient son projet d’indépendance, qui ne manquera pas d’occasionner des troubles internes dans ces pays où vivent des millions de Kurdes qui revendiquent tous leur indépendance.

-L’Iran a soutenu les Kurdes en leur procurant des armes pour protéger leur fédération autonome en 2014, lorsque les Peshmergas ne disposaient que de vieux AK-47 et de quelques mortiers pour se défendre contre Daech, après la chute de Mossoul. Comme les USA repoussaient leur soutien militaire et la guerre contre le terrorisme en Irak, un lien solide s’est tissé entre Massoud Barzani et Téhéran (principalement avec Qassem Soleimani, le commandant des Forces al-Qods, les forces spéciales des Gardiens de la révolution islamique). En échange, les Peshmergas ont établi un couloir d’approvisionnement entre le Kurdistan et l’armée syrienne, alliée de Téhéran. C’est ce même Iran qui devra maintenant faire de son mieux pour empêcher la naissance d’un État indépendant au Kurdistan. L’Iran se joindra à la Turquie pour que pareille partition ne se réalise pas.

Les Kurdes irakiens sont en désaccord avec le PKK à Sinjar, qu’ils ont même combattu à quelques reprises. Ils ne s’entendent pas bien avec les YPG et le PKK en général, car leurs idéologies et leurs objectifs diffèrent. Mais lorsqu’il s’agit de lutter contre un danger, tous les Kurdes s’unissent et forment une seule identité nationale et ethnicité. Voilà pourquoi les pays du Moyen-Orient où vivent des Kurdes sont convaincus qu’une déclaration d’indépendance des Kurdes dans un pays fera boule de neige dans tous les autres pays. C’est principalement pour cette raison que bien des pays du Moyen-Orient vont faire tout en leur pouvoir pour empêcher leur indépendance.

Bagdad considère le Kurdistan comme une fédération autonome protégée par la constitution. Les responsables à Bagdad reconnaissent ne pas avoir fait appliquer la constitution. Ils n’ont pas réglé le problème des zones contestées ni rempli leurs engagements envers Erbil. Les responsables irakiens ne voient aucun intérêt à donner suite à un référendum sur l’indépendance du Kurdistan, car cela amènera les sunnites à vouloir leur État indépendant aussi, tout comme les chiites radicaux. L’idée pourrait se propager aussi parmi les chiites dans d’autres parties du Moyen-Orient.

L’on s’attend aussi à ce que Bagdad cesse toute forme de collaboration avec le Kurdistan si Massoud proclame un État indépendant. Les Kurdes qui relèvent du gouvernement central sont confrontés à un avenir incertain, même si la plupart des politiciens chiites au pouvoir ont des origines kurdes. Aucun nouveau soutien financier ne sera accordé et le gouvernement central à Bagdad pourrait empêcher tout avion de parvenir au Kurdistan, un État entouré de terre sans accès à la mer. Une guerre silencieuse sera livrée contre le Kurdistan, pendant que se poursuivra la vraie guerre livrée contre Daech. Il se pourrait même que les FMP empêchent les Peshmergas de récupérer les zones contestées, ce qui laissera à Erbil un État où régnera une insécurité persistante.

Les pays du Golfe soutiendront assurément une partition de l’Irak et de la Syrie, car cela leur donnerait ce qu’ils ont perdu dans le Bilad al-Cham et en Mésopotamie après de nombreuses années de guerre. L’Arabie saoudite n’est pas parvenue à diviser l’Irak en créant un État sunnite et a échoué dans sa tentative de renverser Bachar al-Assad en permettant à des extrémistes sunnites de prendre les commandes du pays.

Si les Kurdes déclarent leur indépendance, le Kurdistan devrait subir les effets d’une récession grave, mais des pays de la région, en premier lieu l’Arabie saoudite, seront heureux d’aider les Kurdes en les attirant dans leur orbite. Salih Muslim s’est d’ailleurs déjà engagé dans cette voie. Nous devrions bientôt entendre Barzani faire l’éloge de l’Arabie saoudite.

Massoud Barzani doit bien préparer le terrain avant de se lancer dans l’aventure du Kurdistan indépendant. Il envoie des émissaires à Bagdad, Téhéran, Ankara et au Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour savoir ce qu’on pense de son projet d’indépendance. Il affirme aussi que la tenue du référendum ne signifie pas une déclaration d’indépendance immédiate : ce n’est qu’une question de temps. Sauf qu’une telle déclaration à un moment dangereusement prématuré pourrait empêcher la nouvelle génération de Kurdes de réaliser son rêve d’obtenir un État.

L’Arabie saoudite, Israël et les USA ne peuvent à eux seuls assurer la sécurité et la protection d’un État kurde prospère et pacifique, car le moment choisi – étonnamment perçu par Barzani comme idéal – ne pourrait être pire. La situation demeure tellement explosive que le moindre mouvement risque de tourner au drame et de remodeler tout le Moyen-Orient. Ce qu’il y a de commun entre le référendum du 25 septembre 2017 et le référendum de 2005, c’est que les deux devraient rester dans le fond d’un tiroir.

Traduction : Daniel G.

 

 

The Kurds in Iraq and Syria are being used by the US as a Trojan horse for the purpose of dividing the Middle East

 

 

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Key words: Kurds, Rojava, Kurdistan, Masoud Barzani, Iraq, Syria, Iran, Turkey, US, Russia, studio Arabia.

Titles:

Iran, Syria and Iraq believe that the US and Israel are consciously taking advantage of the Kurds in Syria and Iraq

The countries of the region believe that declaring an independent Kurdistan is a premature step that can only increase the deep trouble the Kurds are in

Tehran, Baghdad and Damascus wrongly believe that the US does not have a clear strategy in Syria and Iraq

For many reasons it is in the US’s interest to destabilise Ankara despite Turkey being a NATO member

Erdogan is considered “out of the US’s orbit” since the coup-d’état failure and the US’s supporting of an independent Rojava

Even though Turkey won’t fight the YPG because they are under the US protection, it will fight the Kurds in Afrin (on the other side of Rojava)

The US is backing the Kurds in Syria and Iraq simultaneously, to see which will succeed first in giving shape to a state

The US plan to establish a Kurdish state in Iraq and Syria opens the path to a Sunni state in Iraq, a country considered to be an Iranian governorate

Masoud is excluding an immediate announcement of independence but considers it the beginning of a long peaceful dialogue with Baghdad

The Kurds won’t survive in a state that can be surrounded from both land and air and which has no access to the sea

Barzani supported Bashar al-Assad for many years by allowing men and weapons to reach the Syrian Army

Problems between Damascus and the Kurds started when the Americans landed in the north east of Syria

The US intervention pushed Moscow’s allies from being Kurdish protectors, into allowing Afrin to be attacked by Turkey

Iraqi officials see in the Masoud referendum an invitation to Sunnis and radical Shias to claim their own state.

Masoud Barzani needs to prepare solid ground before he ventures anywhere near an independent Kurdistan

 

Elijah J. Magnier – @ejmalrai

The leader of Kurdistan Iraq, President Masoud Barzani, has called for a (second) general referendum on Independence, setting the date as 25th of September this year. He is determined to materialise the dream of establishing a Kurdish state in the Middle East.

This coincides with support from the US administration for Kurdish Syrians in al-Hasaka, Raqqah and Deir al-Zour northern provinces. The aim is to see another Kurdish Federation that can follow the path or even precede their Iraqi “brothers”.

Both the steps in Iraq and Syria relating to the Kurds are linked, regardless of borders. Nevertheless, the regional countries directly concerned – i.e. Ankara, Tehran, Baghdad and Damascus – believe that it is the US’s intention to reshape the region and form a “new Middle East,” as promoted during President George Bush’s eraby ex-US Secretary of State Condoleezza Rice..

Will the countries, which are neighbours to the Kurds, allow the US to divide the Middle East by taking advantage of 22-25 million enthusiastic and committed Kurds, dreaming of having their own state?

The Kurds in the Middle East represent the largest ethnicity in the world, to-date, without a state. They are spread mainly through Iraq, Iran, Turkey, Syria, Azerbaijan, Armenia, Lebanon, with a less numerous presence in the rest of the world. It is certainly not the US’s blessing or its strategy which is vital to the creation of a Kurdish state in both Iraq and Syria, but the consensus of Turkey, Iraq, Iran and Syria,.

Unfortunately for the Kurds, these countries can and will overcome their differences and their conflicting objectives in Syria, above all to uniting to prevent the creation of this Kurdish state. In fact, just following the announcement of Masoud Barzani of his intention for a general referendum for independency, knowledgeable sources informed me that Iranian, Turkish and Syrian intelligence and security officers met at the highest level to discuss the possible “devastating consequences” on their respective countries following Barzani’s announcement of the referendum and the effect on the Middle East of an independent Kurdish state. The security officers believe the US is using the Kurdish dream of a State of their own, in order to divide the Middle East and test the other countries’ reaction to it.

It is a legitimate Kurdish dream, from the Kurds’ perspective: they have a right to their own state. But the countries of the region believe it is a premature step that will increase the Kurds’ problems. Therefore it is essential to bury this “US project” as quickly as possible and put it forward in time: until the wars in Syria and Iraq are over.

Countries like Iran, Syria and Iraq believe that the US and Israel are behind such a plan, taking advantage of the Kurds emotional approach towards the idea of having a State in order to partition the Middle East. This would leave the “axis of resistance” dominating over weak and divided states, particularly bearing in mind that the plans to overthrow the Syrian President Bashar al-Assad (after over 6 years of war), establish an ISIS caliphate, and allowing the natural consequences of the war in Iraq to create another Sunnistan state have all been foiled to date.

Turkey also believes the US is not against weakening the position of President Erdogan as punishment for his growing role in the Middle East, his direct involvement in Syria, his opposition to a Syrian Kurdish State in Syria (where the US is trying to build an alternative military base to Incirlik in due course), and it is encouraging a Kurdish State on the Turkish border under the control of the PKK, mainstream Turkey’s fiercest enemies. There is no doubt that the Syrian Kurds will probably follow the same path as Iraqi Kurdistan: already the US is building several military bases and airports in north-eastern Syria, to occupy part of the country and maintain a long-term US presence.

High-ranking officials I spoke to in Tehran, Baghdad and Damascus believe the US does not have a clear strategy in Syria and Iraq. Regardless of this inaccurate assessment, and watching the events unfold, the US administration actually seems pretty confident of its strategy in Iraq and Syria. The US’s illegal occupation forces supported a major attack on al-Badiya (the Syrian semi-desert, rich in oil and gas) with Syrian “moderate” groups, so as to expand its control over the Syrian steppe linked to the Iraqi Sunni Anbar and the Jordanian – Saudi desert. It occupied al-Tanaf and tried to exert tremendous pressure (in vain) on Baghdad to prevent the Popular Mobilisation Unities from reaching the border with Syria. It attacked Raqqah with the aid of its Kurdish proxies and is about to liberate it from ISIS. And it has preserved access to oil fields and dams in rural Raqqah to make sure that a future Kurdish Syrian “State” or Federation can survive independently of Damascus. And, as if this were not enough, it is supplying its Kurdish proxies with lethal weapons and heavy artillery. All indications lead to the conclusion that the US is trying – with the Kurds in Syria and Iraq simultaneously – to see which one may succeed first in giving a shape to a state, imposing it as a fact on central governments, all the time aware that this policy will encourage Kurds in other parts (Iran and Turkey) to follow the same path of independence.

The US is not concerned about the Erdogan and the Turkish government’s reaction to its plan in favour of a Kurdish state in both Syria and Iraq because it is in the US’s interest to destabilise Ankara (for a number reasons) even though Turkey is a NATO member. In American eyes, Erdogan is considered “out of the US’s control and orbit,” ever since the failure of the coup d’état : the US promotion of the Syrian Kurds and support for their possible independent state along the Turkish-Syrian borders confirms this. In fact, both the Turkish Prime Minister and Foreign Minister describe the Kurdistan move as an “irresponsible and grave mistake”. Turkey won’t fight the YPG, for now, because these fighters are under the US protection, but it will certainly fight the Kurds in Afrin, on the other side of Rojava.

Iran also, through its supreme leader Say’yed Ali Khamenei, has stated clearly that Iran wouldn’t allow a Kurdish state on its borders with Iraq. This clear, overt and harsh position towards the Kurds springs less from an animosity towards the Kurdish people, more because the US stands behind the timing and the strategy of the “independence project”, particularly at this moment when the partition of the Middle East is still a strong option, and following the failure of ISIS to divide the Levant and Mesopotamia.

This is exactly why Erdogan pushed his forces from Jarablus to al-Bab, disregarding the US presence, and divided Rojava in two parts. This is also the reason why Iran pushed its forces above al-Tanaf to close the road on the US from al-Badiya towards the north-east and in advancing south-east within al-Badiyah, recovering over 30.000 sq km, to prevent the US and its proxy forces from extending their control over that arena. The US plan, in Tehran-Damascus-Ankara’s eyes, is to establish a Kurdish state in Iraq and/or Syria and to open the path to a Sunni state in Iraq, a country considered in US eyes as an Iranian governorate. The “Sunni uprising” in Syria failed because the country is composed of over 70%Sunni who control the economy whereas the Alawites have the military command of the country in their hands.

Now, according to decision makers in the region, the Kurds may be committing a particularly serious mistake by earning the animosity of the surrounding countries because, in a State that can be attacked or surrounded by both land and air- and which has no access to the sea- they cannot survive without co-operation..

Masoud Barzani, of course, believes the timing is perfect to hold the “biding referendum” (it will almost certainly win over 90% in favour of the independent state) on the 25th of September, and he also believes that the Kurdish population accepts the risks that will come with such a decision. Masoud is excluding an immediate announcement of the independent state but considers it to be the beginning of a long peaceful dialogue and negotiation with Baghdad to meet the Kurdish population’s wishes. Masoud, according to high-level sources in Kurdistan, doesn’t want to encourage the Kurds in other countries to follow in his footsteps because the Kurds in Iraq have a different agenda and ideology from the Kurds in Syria, Turkey, and Iran. But despite what the Kurdish leader believes and says, there are no such guarantees or processes that give independence to one Kurdish nation in one country and which will exclude the others. In point of fact, Barzani cannot guarantee the reaction of the same Iraqi Kurds in the longer term even if these now declare overtly their support for his decisions. Behind closed doors, many anti-Barzani Kurds express their disagreement with the referendum at this critical moment in the Middle East.

What many ignore is the fact that Kurds in both Iraq and Syria did not take a neutral position during the on-going wars in Syria and Iraq: Masoud Barzani gave substantial military support to Bashar al-Assad for many years by allowing men and weapons to reach the Syrian Army. Moreover, the Syrian Kurds offered the same support to the besieged Syrian cities bordering Afrin that were surrounded by al-Qaeda and their allies. Damascus believes the security and well being of the Kurds is the result of its Arab and Muslim entourage: it will certainly not be created by the partition of the country they live in, nor by following US policy. In fact, the problems between Damascus and al-Hasaka started when the Americans landed in the north east of Syria. This is when Saleh Muslim, chairman of the Kurdish Democratic Union Party (PYD), attacked Iran and praised Saudi Arabia’s role in the region following the US’s unlawful intervention in Syria. The US claims to be fighting ISIS, but it also hits the Syrian Army and its allies in many circumstances. So the relationship between the Syrian Kurds and Damascus has not yet reached a dead end.

The US intervention and the Kurds’ hostile attitude towards Syrian allies pushed Damascus, Moscow and Iran away from being Kurdish protectors. (Moscow and the Syrian Army originally created a demarcation line around Manbij to pay back the Kurds, protect these and prevent Turkey from taking the city that the Kurds had liberated from ISIS.) This attitude then allowed Turkey to attack Afrin and lift the Kurds’ “protection,” disrupting the US plan to occupy part of Syria and divide the country.

There were serious contradictions in the latter years in the dynamic relating to Turkey and the Kurds, in both Syria and Iraq:

-Turkey allowed the Peshmerga to fight along with their enemies, the Syrian Kurds YPG, in Kobane (or Ain al-Arab) when ISIS was about to take control of the city. The same Turkey will work hard today to stop Kurdistan from declaring its independence in Iraq, and will do anything to prevent the Kurds in Syria from creating their State, Rojava, and certainly won’t hesitate to hit those (Syrian Democratic Forces) who became the US proxies in Bilad al-Sham.

-MasoudBarzani, in 2014, praised ISIS by calling it a “tribes’ revolution” because he believed the terrorist group would establish a Sunnistan and therefore allow an independent Kurdistan, with Iraq divided into three states. Masoud realised immediately later that the extremist group wanted the rich-oil Kirkuk: they attacked Erbil and aimed to enslave the Kurds. This is when he changed his stance towards ISIS, joined Baghdad in its fight against terrorism, and fought along with the Iraqi Army for three years to protect the unity of Iraq. Today, the Kurdish Leader wants to declare the independence of Kurdistan following the referendum he has called. But, also today, Masoud cannot simply ask for the support of Turkey and Iran in his plan of independence and then give a green light to internal troubles in these countries where there are millions of Kurds all with a claim to independence.

-Iran supported the Kurds by providing weapons to protect its autonomous federation in 2014 when Peshmerga had only old AK-47 and few mortars to defend themselves against ISIS, following the fall of Mosul. The US delayed their military support and war on terrorism in Iraq, allowing a strong bond to be established between Masoud Barzani and Tehran (mainly with the IRGC-Quds commander Qassem Soleimani) where the Peshmerga exchanged the Iranian courtesy by establishing a supply line between Kurdistan and the Syrian Army, Tehran’s ally. Today, the same Iran will do its best to prevent the birth of an independent state in Kurdistan and will join Turkey in preventing such a partition from taking place.

The Iraqi Kurds disagree with the PKK in Sinjar and even fought against them on some occasions. They don’t get on with the YPG and the PKK in general due to differences in ideology and objectives. But when there is a danger to fight against, all Kurds become united under one national identity and one ethnicity. This is why countries hosting Kurds in the Middle East are certain that the independence declaration of Kurds in one country will be contagious to all Kurds in all countries. This is mainly why many countries in the Middle East will do everything in their power to prevent their independence.

Baghdad considers Kurdistan as an autonomous federation protected by the constitution. The officials in Baghdad recognise they did not implement the constitution: they neither resolved the disputed area nor did they fulfil their financial commitments towards Erbil. Iraqi officials see no purpose in following a referendum in Kurdistan for independence because this will invite the Sunni also to ask for an independent state and indeed the radical Shia to claim their own state. This may also spread towards the Shia in other parts of the Middle East.

Baghdad is also expected to stop all kinds of collaboration with Kurdistan if Masoud calls for an independent state. Kurds living under the central government face an unknown future, even if most Shia politicians in power have Kurdish origins. No future financial support will be granted and the central government in Baghdad may prevent any aircraft from reaching Kurdistan, a State surrounded by land and without access to the sea. It will be a silent war against Kurdistan, the real war against ISIS will not be over. The PMU may prevent the Peshmerga from recovering disputed areas, leaving Erbil as a state with continuing insecurity.

The Gulf countries will definitely support a partition of Iraq and Syria because that would give them what they have lost in Bilad al-Sham and Mesopotamia through many years of war. Saudi Arabia failed to divide Iraq by creating a Sunni State and failed to overthrow Bashar al-Assad by allowing Sunni extremists to take control of the country.

If the Kurds declare independence Kurdistan is expected to suffer serious recession, but the countries of the region, mainly Saudi Arabia, will be happy to help by attracting the Kurds into their orbit. In fact, Saleh Muslim already took this path: soon we will have Barzani praising Saudi Arabia.

Masoud Barzani needs to prepare solid ground before any independent Kurdistan adventure. He is sending envoys to Baghdad, Tehran, Ankara and the GCC to get feedback from these capitals about his independence project. He is also saying the referendum doesn’t mean immediate independence: it is only a question of timing. But this perilously premature announcement may prevent the future Kurdish generation from ever fulfilling their dream of a State.

Saudi Arabia, Israel and the US are not in themselves enough to secure and protect a prosperous and peaceful Kurdish State because the timing – amazingly seen by Barzani to be the best opportunity – could not be worse. The situation remains so volatile that every single move could take off in a dramatic direction, and reshape the entire Middle East. What is common between the 25th of September 2017 referendum and the 2005 referendum is that both should remain stored in a drawer.