Les USA restent-ils en Syrie pour défaire Daech ou pour contrer l’Iran? Ont-ils tiré des leçons de l’histoire?

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Par Elijah J. Magnier – @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

En 2014, les USA ont pris la tête d’une coalition comptant 59 pays pour contenir l’expansion du groupe armé « État islamique » (Daech), mais sans l’éliminer. Pendant près d’un an et à l’inverse de la Russie, cette coalition n’a effectué que des attaques aériennes limitées contre le groupe terroriste sans mettre à mal sa principale source de subsistance : le financement. La politique d’Obama était bien définie : nous ne sommes pas pressés de défaire Daech, car le groupe sert l’intérêt national des USA et est devenu un fardeau pour l’Iran. Aujourd’hui, Donald Trump suit le chemin tracé par Obama à ce chapitre après avoir révélé que ses forces armées resteront en Syrie à cause de l’Iran, en ayant apparemment oublié que loin d’être une zone de confort et une terre hospitalière pour les USA, la Syrie constitue aussi l’arrière-cour de l’Iran. La tentative de Trump de modifier ou de suspendre l’accord sur le nucléaire avec la République islamique, 12 jours seulement après son entrée en fonction, n’est que le déplacement d’un pion sur l’échiquier dans le but de brouiller la perception des choses par la communauté internationale et le peuple américain. L’intention avouée des USA d’occuper un nouveau territoire au Moyen-Orient (presque 15 ans après l’occupation désastreuse de l’Irak) n’est apparemment pas une idée lancée à la cantonade.

Mais comment les USA en viennent-ils à imaginer que leur objectif est réaliste?

 

Quand Barack Obama a déclaré la guerre à Daech, ses forces armées ont jugé que mettre un frein à la principale source de capitaux du groupe terroriste n’était pas une priorité. Daech a bénéficié de plus de 1,5M$ par jour en revenus pétroliers tirés de l’extraction illégale d’or noir provenant de nombreux gisements en Syrie et en Irak, et ce, sans être importuné. L’administration Obama a voulu faire croire au monde qu’elle se préoccupait des dommages environnementaux, une raison peu probable pour expliquer pourquoi la coalition de 59 pays dirigée par les USA s’est gardée de réduire à néant les principales sources de financement de l’organisation terroriste. Plus d’importance a été accordée à cette raison que la destruction, le danger et la souffrance rattachés à Daech au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique et même en Europe, à proximité. Israël a été beaucoup plus direct que les USA, en énonçant la véritable raison expliquant pourquoi les USA évitaient d’affaiblir le groupe terroriste : « Nous préférons Daech à l’Iran », a dit son ministre de la défense, Moshe Yaalon.

L’Iran était pleinement engagé envers la Syrie et lui a fourni du pétrole (pendant les cinq premières années de guerre, la plupart des sources d’énergie syriennes étaient aux mains de Daech, d’al-Qaeda et de leurs alliés), une aide financière (en payant les salaires des fonctionnaires et militaires syriens), une assistance médicale (en créant une industrie pharmaceutique en remplacement de celle détruite par la guerre) et des armes (fabriquées en Iran et achetées de la Russie au nom de Damas).

L’Iran a aussi envoyé 12 000 hommes tirés de ses propres forces spéciales liées au Corps des gardiens de la révolution islamique, des alliés irakiens (Asaeb Ahl al-Haq, Harakat al-Nujaba’ et autres) ainsi que des Pakistanais et des Afghans vivant en Iran faisant partie des forces alliées aux Gardiens de la révolution. En outre, le Hezbollah libanais a injecté des milliers de combattants sur le champ de bataille pour soutenir les forces de Damas. Le nombre de ces combattants a fluctué selon les besoins et l’évolution de cette guerre qui s’est jouée sur de nombreux fronts.

L’Iran a offert à l’armée de l’air russe le soutien de forces terrestres aux côtés de l’armée syrienne, dans l’espoir que cette intégration et que la coordination militaire changeraient le cours de la guerre au Levant en faveur du gouvernement de Damas. L’intervention irano-russe a réussi à empêcher le « changement de régime » préconisé depuis longtemps par certains pays de la région, l’UE et les USA, au prix de l’écroulement du système laïque multiethnique en place en Syrie, en faveur de radicaux islamiques intolérants et de combattants radicalisés dominant naturellement tous les autres groupes. C’est ce dont le monde a été témoin et a pris connaissance pendant six ans de guerre en Syrie. Ce qui n’a pas empêché le secrétaire d’État des USA John Kerry de qualifier ces extrémistes (de Daech et d’al-Qaeda) comme « les meilleurs au combat ».

Kerry est même allé plus loin, en révélant qu’avant 2015, de nombreux pays du Moyen-Orient (il a nommé l’Arabie saoudite, l’Égypte et Israël) lui avaient demandé de bombarder l’Iran, l’ennemi juré de l’Arabie saoudite et des USA. L’Iran est devenu l’ennemi NUMÉRO UN en Syrie, alors que les Israéliens ont appris à vivre aux côtés de Daech, son nouveau voisin, qu’il considère comme beaucoup plus avenant que le Hezbollah et l’Iran. De plus, l’Arabie saoudite était et est toujours disposée à financer et à soutenir tout pays ou groupe prêt à s’opposer à l’expansion chiite facilitée par l’Iran et sa République islamique depuis sa création en 1979. Donald Trump lui, a flairé la bonne affaire : en échange de milliards de dollars, il était prêt à fouler aux pieds les valeurs les plus précieuses en se rangeant du côté des wahhabo-takfiris et de leurs promoteurs. Le président des USA voulait donner un élan à l’économie de son pays tout en forçant l’Iran à courber l’échine, un rêve que les USA caressent depuis bien longtemps.

Histoire des relations entre les USA et l’Iran

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La volonté des USA d’imposer leur contrôle et leur domination en Iran remonte à 1953. Le Conseil national de sécurité des USA a publié un document qui confirme le recours aux vastes ressources de la CIA et son rôle dans le « coup d’État » réussi de 1953, dont le nom de code était TPAJAX. Les USA ont alors fait tomber le premier ministre démocratiquement élu Mohammad Mossadegh, changeant ainsi le cours de l’histoire iranienne.

C’est le président Dwight Eisenhower qui a autorisé le coup d’État et l’installation d’une « marionnette américaine qui devait son trône à sa capacité de plaire à ses bailleurs de fonds étrangers », comme l’a décrit John Limbert (Negotiating With Iran, 2009). Cette marionnette, c’était le jeune chah Reza Pahlavi. Les USA ont alors remplacé le R.-U. comme nouveau maître colonial et humilié les Iraniens en dirigeant le pays par l’entremise du chah. Mossadegh parti, le problème restait entier. Le R.-U., qui considérait les Iraniens comme « des êtres humains inférieurs inefficaces et incompétents », a soutenu le coup d’État par crainte du nationalisme de Mossadegh, de l’abolition de la monarchie et de sa décision de mettre fin à la manipulation britannique de la politique et de la richesse iraniennes, notamment en nationalisant le pétrole iranien.

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Eisenhower a lancé un programme appelé « Des atomes pour la paix » pour aider l’Iran à mettre en place un programme nucléaire, puis a vendu à l’Iran un réacteur nucléaire de cinq mégawatts en 1967, sur les conseils des membres de son administration. Parmi ceux-ci il y avait Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz et Dick Cheney, qui ont joué des rôles efficaces pour convaincre le chah d’opter pour le nucléaire et d’acheter huit réacteurs nucléaires. À son arrivée au pouvoir, le premier ministre Mehdi Bazargan (le chef du premier gouvernement révolutionnaire) a aussitôt mis fin au contrat avec les USA. Nous voyons bien ici que ce sont les USA qui ont amené l’Iran à s’engager dans le nucléaire. Bon nombre des problèmes causés par les USA dans le monde s’expliquent par leurs revirements reconnus.

Les USA ont donné au chah d’Iran le titre de « dictateur royal », avec la complicité des gouvernements occidentaux (les États-Unis et Israël en particulier ont joué un rôle majeur, selon le professeur Richard Cottam). Il a été responsable des « violations terribles des droits de la personne les plus élémentaires » (le vendredi noir de septembre 1978 et le rôle de la SAVAK n’en sont que quelques exemples). En vérité, « la morale et les valeurs » de l’Occident n’ont jamais été confirmées comme source de motivation ayant amené les USA à s’opposer à un État. Elles servent toujours de prétexte à un changement de régime lorsque cela les arrange. En ce qui concerne la question iranienne, les USA ont affiché leur absence de morale à répétition tout au long de l’histoire de l’Iran de 1953 à aujourd’hui.

La révolution iranienne de 1979 a fait tomber le chah autoritaire, a mis fin à tous les traités militaires avec les USA, a déclaré ouvertement son antipathie et son hostilité à l’endroit des USA et a emprisonné des diplomates américains. Le président Jimmy Carter a alors ordonné le gel des avoirs iraniens dans les banques américaines et l’imposition de sanctions contre la République islamique.

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Depuis 1979, chaque président des USA a maintenu et même accru les sanctions imposées à l’Iran (1979, 1980, 1987, 1995, 2006, 2010, 2011, 2017, 2018), principalement parce que les dirigeants iraniens continuent de rejeter l’influence et la domination des USA sur leur pays et ses politiques. Les USA et leurs alliés ont d’ailleurs fait peu de cas de la liberté de la population ou même des « valeurs occidentales » lorsqu’ils ont soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran. Ils ont fourni des armes chimiques au dictateur qui ont été utilisées contre l’Iran et sa propre population au nord de l’Irak, pendant que le monde observait en silence.

Le but des USA était et semble toujours être de paralyser l’économie iranienne et de soumettre le pays à leur volonté. Ils semblent espérer que la population se soulèvera contre la République islamique et que la richesse du pays tombera, une fois de plus, dans les mains de l’Occident.

Au fil des ans, une fois la guerre Iran-Irak terminée, l’Iran a bravé à répétition les USA et leurs alliés, en remportant victoire après victoire. En Afghanistan, en Irak, au Liban, en Syrie et au Yémen, l’Iran ne perd pas et trouve d’autres alliés idéologiques prêts à lutter contre l’influence américaine au Moyen-Orient. L’Iran s’est donné comme objectif non pas d’avoir plusieurs mandataires, comme les chercheurs se plaisent à les qualifier, mais des partenaires qui croient qu’il faut soutenir les opprimés (Mustath’afeen) contre l’oppresseur. Bref, de limiter la domination des USA au Moyen-Orient.

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Les USA croient que l’Iran les a humiliés en incarcérant des marins américains (même si les dix marins ont été libérés quelques heures plus tard en même temps que la publication de photos embarrassantes faisant ressortir leur faiblesse et leur soumission), qu’il a remis en cause leur puissance en incarcérant un citoyen irano-américain qui n’a été libéré qu’à la suite d’un échange, et qu’il refuse de se soumettre à la primauté et à la domination américaines. Du côté iranien, la République islamique croit que les USA veulent humilier et dominer la population du pays, accaparer ses ressources et changer le régime en place en donnant le pouvoir à un gouvernement à leur solde. Téhéran estime que l’objectif de toute administration américaine est de dominer le Moyen-Orient, de drainer sa richesse, de soutenir les guerres sectaires, de pouvoir vendre des armes et de laisser les pays arabes dans un état de soumission. Bref, tout le contraire de l’unité et de la formation d’une région vraiment puissante assise sur des ressources énergétiques gigantesques.

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Donald Trump et l’Iran

Une croyance largement répandue veut que Donald Trump ne cherche pas vraiment à annuler ou à modifier l’accord sur le nucléaire iranien comme il le prétend. Trump reporte constamment sa décision, mois après mois (son dernier ultimatum à l’Iran va se prolonger encore quatre mois), pour des raisons qui semblent assez plausibles :

  1. pour détourner l’attention du monde de l’occupation de la Syrie par les forces américaines;
  2. pour cacher le fait que les forces américaines assurent la protection d’un vaste territoire toujours sous le contrôle de Daech, en n’ayant pas l’intention d’éliminer le groupe armé de sitôt, probablement dans l’espoir de s’en servir en temps et lieu pour défendre les intérêts des USA en matière de politique étrangère;
  3. pour poursuivre son chantage à l’endroit de l’Arabie saoudite en se montrant hostile à l’Iran, qui n’est en fait qu’une tempête dans un verre d’eau que l’on remue de temps en temps;
  4. pour défendre les intérêts d’Israël, le principal allié des USA, et bénéficier du soutien du lobby israélien aux USA, de façon à assurer la réélection de Trump, par exemple;
  5. pour éviter que l’Europe prenne ses distances par rapport aux USA et mette fin à son partenariat.

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Le grand ayatollah Khamenei estime que la menace continuelle de Trump à l’endroit de l’Iran encourage la République islamique à se montrer plus forte que jamais. Sayyed Ali Khamenei avait conseillé aux principaux dirigeants iraniens de prendre exemple sur la Chine comme modèle d’autosuffisance et de s’éloigner des USA. Le gouvernement pragmatique dirigé par le président Hassan Rohani a insisté plutôt sur la nécessité de s’ouvrir à l’Occident et a respecté ses obligations nucléaires.

Après la conclusion de l’accord sur le nucléaire avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne, Rohani a invité les Iraniens à s’ouvrir à l’Occident et à augmenter les échanges commerciaux avec le monde. Le président iranien n’était apparemment pas conscient que les USA, en plaidant en faveur de la rupture de l’accord, montrent qu’ils ne sont pas intéressés par un partenariat, faisant ainsi obstacle aux pragmatiques iraniens en cherchant de surcroît à faire tomber leur gouvernement, ce qui est à l’avantage des tenants de la ligne dure.

Le bras de fer entre l’administration américaine et le gouvernement iranien à propos de l’accord sur le nucléaire ne va pas diminuer l’influence iranienne et de ses partenaires au Moyen-Orient, notamment au Liban, en Syrie, en Irak, en Afghanistan et au Yémen. Cela ne permettra assurément pas aux USA d’exercer la moindre influence ou domination à l’endroit de l’Iran, peu importe la « couleur » politique du gouvernement à Téhéran.

L’Iran ne renégociera pas l’accord sur le nucléaire et compte sur l’Europe pour qu’elle reste ferme en confirmant sa signature et son engagement. L’Europe a besoin de l’Iran, car la République islamique joue un rôle dans la sécurité nationale du continent et constitue une avant-garde contre le terrorisme. L’Europe en a assez des guerres et se rend compte aujourd’hui, après six années de guerre, que la République islamique s’est montrée ferme pour protéger le régime en Irak, qu’elle s’est empressée de secourir Bagdad alors que les USA restaient les bras croisés à observer Daech étendre ses tentacules, et qu’elle a empêché un changement de régime en Syrie dont auraient profité les extrémistes radicaux. Ces Iraniens et leurs alliés sont les partenaires que l’Europe recherche, prêts à prendre du recul par rapport aux USA, qui se trouvent sur un continent moins vulnérable que l’Europe, si proche du terrorisme et des terroristes.

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L’Iran ne peut faire contrepoids aux médias institutionnels des USA qui dominent largement l’opinion mondiale. Les médias occidentaux présentent l’Iran comme un pays interventionniste et l’attaquent sur le front des « violations des droits de la personne », tout comme les autres pays du Moyen-Orient d’ailleurs. Il est vrai que les valeurs et les approches ayant trait aux droits de la personne au Moyen-Orient sont loin d’être idéales. Cependant, aucun pays du monde (ou même des dizaines de pays unis au sein d’une même coalition) n’est responsable d’autant de fouillis que les USA dans leur politique étrangère, qui se caractérise par des changements de régime, des violations des droits de la personne et le meurtre de personnes innocentes, un sujet nettement sous-estimé dans les médias. Les valeurs de l’administration américaine sont aujourd’hui à leur plus bas, car elles reposent sur les sommes d’argent qu’elle peut tirer de pays riches, sans égard à leurs nombreuses violations des droits de la personne ou à leur exportation du terrorisme et des discours haineux.

Le régime iranien est pointé du doigt comme un exportateur de révolution et est accusé de financer ses mandataires au Moyen-Orient. Mais l’Iran n’a jamais caché son objectif religieux de défendre les opprimés, qui l’amène à armer et à entraîner des groupes pour qu’ils expulsent les forces américaines du Moyen-Orient. Ce qui soulève une question : L’Iran est-il de taille à s’opposer aux milliards de dollars en armement vendus par les USA au Moyen-Orient ou à s’opposer à l’occupation illégale, par les USA, de territoires souverains (Afghanistan, Irak et Syrie, pour n’en nommer que quelques-uns), ainsi qu’à l’entraînement de militants qui comprennent les takfiris djihadistes syriens responsables de nombreuses attaques au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, en Europe et aux USA mêmes?

L’Iran est solidement implanté en Syrie. Il est trop tard pour changer les résultats de la guerre en Syrie ou contrer les nombreux groupes de résistants syriens qui, à la suite de la guerre et d’un changement de régime raté, sont déjà bien actifs au Levant, peu importe ce que les USA feront ou diront ou la durée de la présence de forces américaines à un endroit ou l’autre de la Syrie. L’occupation américaine, malgré ce qu’en dit le secrétariat d’État des USA Tillerson dans sa dernière déclaration, est déjà fortement perçue comme un autre échec des USA, qui ne montrent aucun signe de tirer des leçons de l’histoire. Quoi qu’il en soit, la route entre Téhéran, Bagdad, Damas et Beyrouth est dorénavant une réalité et ne traverse pas les provinces occupées par les USA au nord-est de la Syrie.

Les forces américaines basées à al-Tanaf et Hassaké vont probablement essayer de faire du chantage au gouvernement syrien pendant les pourparlers de paix qui s’annoncent, et vont peut-être aussi compter le nombre de camions qui empruntent la route Téhéran-Beyrouth en gardant un œil sur la circulation routière, mais à quelles fins? Donald Trump peut-il répondre à cette question : Comment diable les USA et leurs alliés vont-ils tirer parti de l’occupation, par les USA, d’un autre territoire au Moyen-Orient? Tout ce que cela apportera, c’est encore plus de grabuge et minera une fois de plus leur position prestigieuse en tant que superpuissance qui subit défaite après défaite aux mains de l’Iran et de ses partenaires non étatiques.

Gli USA restano in Siria per l’ISIS o contro l’Iran? Hanno imparato dalla storia?

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Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Traduzione di Alice Censi

Nel 2014 gli Stati Uniti hanno guidato una coalizione di 59 paesi per contenere l’espansione dello “Stato Islamico” (ISIS) ma non per eliminarlo. Per quasi un anno e in contrasto con la Russia, questa coalizione ha condotto degli attacchi aerei limitati contro il gruppo terroristico senza però bloccarne la principale fonte della sua esistenza: le risorse finanziarie.

La politica di Obama era chiara: non abbiamo fretta di sconfiggere l’ISIS perché il gruppo serve agli interessi della nazione ed è diventato un fardello per l’Iran. Oggi il Presidente Donald Trump segue le orme di Obama, annunciando che le sue truppe resteranno in Siria a causa dell’Iran, dimenticando, a quanto pare, che la Siria non è un ambiente sicuro e un terreno amico, ma è il cortile dell’Iran. Il tentativo di Trump, dopo solo 12 giorni in carica, di modificare o sospendere il trattato nucleare con la Repubblica Islamica dell’Iran è una pedina in un gioco di scacchi il cui scopo è confondere e nascondere il problema avvertito dalla comunità internazionale e dalla popolazione americana: l’intenzione degli USA di occupare nuovi territori in Medio Oriente (circa 15 anni dopo la disastrosa occupazione dell’Iraq) non è a quanto pare rivolta al pubblico.

Ma come hanno potuto gli Stati Uniti pensare a questo come un obiettivo realistico?

Quando Obama dichiarò guerra all’ISIS le sue forze militari considerarono che interrompere la principale fonte di finanziamento del gruppo terroristico, non fosse una priorità. L’ISIS usufruiva di oltre 1.5 milioni di dollari al giorno, un guadagno indisturbato di oro nero derivante dall’estrazione illegale in molti pozzi in Siria ed Iraq. La dirigenza di Obama volle far credere al mondo che la preoccupazione era solo evitare un disastro ambientale, una improbabile ragione per impedire che la coalizione delle 59 nazioni bloccasse la più importante risorsa finanziaria del gruppo terroristico. La precedenza venne data a questa preoccupazione, le venne data più importanza che la distruzione, il danno e la sofferenza che l’ISIS stava causando in Medio Oriente, Asia, Africa e la vicina Europa. Israele fu molto più schietto degli USA, affermando la vera ragione per cui gli USA evitavano di indebolire il gruppo terroristico: “Preferiamo l’ISIS all’Iran” così disse il ministro della difesa Moshe Yaalon.

L’Iran, completamente coinvolto in Siria, ha fornito petrolio (nei primi anni di guerra la maggior parte dell’energia era nelle mani dell’ISIS, di Al Qaeda e i loro alleati), denaro (pagando i salari degli impiegati del governo e dell’esercito) assistenza medica (creando un’industria farmaceutica per sopperire a quella distrutta dalla guerra) e armi ( armi di fattura iraniana e comprate dalla Russia per conto di Damasco).

L’Iran ha fornito anche 12.000 uomini delle sue forze speciali all’interno delle Guardie Rivoluzionarie (IRCG), alleati iracheni (Assaeb Ahl al Haq, Harakat al-Nujaba e altri) oltre a pachistani e afgani residenti in Iran e parte dei corpi alleati alle IRCG. Inoltre gli Hezbollah libanesi immisero migliaia di combattenti in battaglia a sostegno delle forze di Damasco: il loro numero dipendeva dai bisogni e dagli sviluppi di questa guerra combattuta in più fronti.

L’Iran ha offerto le sue truppe di terra, al fianco dell’esercito siriano, all’aviazione russa, sperando, attraverso questa combinazione e al coordinamento militare, di cambiare il corso della guerra nel Levante, a favore del governo di Damasco.

L’intervento irano-russo è riuscito a fermare il “cambio di regime” che alcuni paesi della regione, insieme all’Europa e agli USA hanno a lungo sostenuto ,anche a costo di far cadere il multi-etnico, laico sistema siriano per rimpiazzarlo con islamisti radicali e combattenti radicalizzati che predominavano ovviamente  su tutti gli altri gruppi: questo è ciò a cui il mondo ha assistito e ha riconosciuto che stava succedendo nei sei anni della guerra in Siria. Ciò nonostante il segretario di stato J. Kerry ha descritto questi estremisti  (ISIS e al-Qaeda ) come i “migliori combattenti”.

Kerry è andato anche oltre, rivelando che prima del 2015 molti paesi del Medio Oriente (ha nominato Arabia Saudita, Egitto e Israele) gli avevano chiesto di bombardare l’Iran, un nemico giurato dell’Arabia Saudita e degli USA. L’Iran diventava IL nemico in Siria, mentre gli israeliani imparavano a vivere con l’ISIS, il loro nuovo vicino in Siria, considerato un vicino molto più facile di Hezbollah e dell’Iran anche perché l’Arabia Saudita era e ancora è disponibile a investire e sostenere ogni paese o gruppo pronto ad opporsi all’espansione sciita promossa dall’Iran e la sua repubblica islamica da quando ha visto la luce nel 1979. D. Trump ha colto l’opportunità di allinearsi ai promotori del wahabismo in cambio di milioni di dollari, calpestando valori preziosi: il presidente degli USA sperava di rilanciare l’economia del suo paese  e allo stesso tempo mettere in ginocchio l’Iran, un sogno a lungo accarezzato dagli USA .

STORIA DEI RAPPORTI TRA USA E IRAN

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Il tentativo degli USA di imporre il proprio controllo e dominio sull’Iran, risale al 1953. Il National Security Council americano, ha rilasciato un documento che conferma l’uso di ingenti risorse da parte della CIA e del suo ruolo nel “riuscito colpo di stato” del 1953, codice dell’operazione TPAJAX. Gli USA spodestarono il primo ministro Mohammad Mosaddeq, democraticamente eletto, cambiando il corso della storia dell’Iran. Il presidente Dwight Eisenhower fu colui che autorizzò il “colpo” installando “un burattino americano che doveva il trono all’abilità di compiacere i suoi sponsor stranieri” come dice John Limbert (“Negotiating with Iran”,2009): il giovane Shah Reza Pahlavi. Gli USA divennero i nuovi colonizzatori (al posto del Regno Unito) e umiliarono gli Iraniani governando il paese tramite lo Shah. Mosaddeq uscì di scena ma il problema restava. Il Regno Unito, che considerava gli Iraniani “esseri inferiori incompetenti e inefficienti” sostenne il “colpo” temendo il nazionalismo di Mosaddeq, l’abolizione della monarchia e la decisione di chiudere con la manipolazione da parte britannica della politica e della ricchezza iraniana e  temendo la nazionalizzazione del petrolio iraniano.

Eisenhower introdusse un progetto chiamato “Atoms for Peace” per aiutare l’Iran ad installare un programma nucleare e gli vendette un reattore nucleare di 5 megawatt nel 1967, seguendo il consiglio del suo entourage: tra questi c’erano D: Rumsfeld, P. Wolfowitz e Dick Cheney , decisivi   nel convincere lo Shah ad adottare il nucleare e comprare 8 reattori. Il primo ministro Medhi Bazargan (capo del primo governo rivoluzionario) fermò subito il trattato con gli USA annullandolo. È chiaro quindi che furono proprio gli americani a mettere l’Iran sul percorso nucleare. Molti dei problemi causati dagli USA nel mondo sono dovuti ai suoi noti capovolgimenti.

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Gli Stati Uniti nominarono lo Shah “dittatore reale”, con la complicità dei governi occidentali (in particolare gli USA e Israele ebbero un ruolo speciale dice il prof. Richard Cottam) che fu responsabile di “terribili  violazioni dei più elementari diritti umani”(il Black Friday del 1978 e il ruolo del SAVAK ne sono alcuni esempi). In verità “la morale e i valori” occidentali non sono mai stati per gli USA una valida ragione per contrastare uno stato: hanno sempre giustificato un cambio di governo quando serviva a loro. Gli USA, se ci riferiamo alla sola questione iraniana, hanno replicato la loro mancanza di moralità dal 1953 ad oggi.

Nel 1979 la rivoluzione depose l’autoritario Shah, cancellando tutti i trattati con gli USA, dichiarando apertamente ostilità nei confronti dell’America e tenendo prigionieri i diplomatici americani. Il presidente Carter ordinò di bloccare i conti iraniani nelle banche americane annunciando sanzioni nei confronti della repubblica islamica.

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Dal 1979 ogni singolo presidente ha mantenuto e aumentato le sanzioni ( 1979, 1980, 1987, 1995, 2006, 2010, 2011, 2017, 2018) fondamentalmente perché i leaders iraniani hanno continuato a rifiutare l’influenza e il controllo americano nelle politiche del loro paese. Agli USA e ai suoi alleati, certamente non importava molto delle libertà della popolazione e dei “valori occidentali”  quando sostennero Saddam Hussein nella guerra contro l’Iran, essi offrirono armi chimiche al dittatore per usarle contro l’Iran ma anche contro il suo stesso popolo nel nord dell’Iraq. Il mondo guardava in silenzio.

Lo scopo era e a quanto pare sarà sempre quello di indebolire l’economia iraniana e sottomettere il paese al volere americano; sembra che sperino nella rivolta della popolazione contro la repubblica islamica e che quindi la sua ricchezza torni di nuovo nelle mani dell’occidente.

Negli anni, dopo la fine della guerra Iran-Iraq, l’Iran ha ripetutamente sfidato gli USA e i suoi alleati registrando una vittoria dopo l’altra: in Afghanistan, Iraq, Libano, Siria e Yemen, l’Iran non sta perdendo, sta creando nuovi alleati pronti ad opporsi all’influenza americana in Medio Oriente. Lo scopo iraniano non è creare dei “proxies” come piace agli studiosi etichettarli, ma partners che credono nel sostegno agli oppressi (Mustath’afeen) contro gli oppressori: in poche parole per limitare il dominio americano nel Medio Oriente.

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Gli Stati Uniti credono che l’Iran li stia umiliando trattenendo i suoi marinai (anche se i 10 marinai sono stati rilasciati ore dopo fotografati in modo imbarazzante a dimostrazione della debolezza e sottomissione americana), stia sfidando il loro potere quando ha imprigionato un cittadino rilasciandolo solo dopo uno scambio, rifiutandosi di sottomettersi al primato e al dominio americano. Da parte sua la repubblica islamica crede che gli USA vogliano umiliare e dominare la popolazione del paese, prenderne le risorse e cambiarne il governo sostituendolo con un burattino americano. Teheran pensa che l’obbiettivo di ogni dirigenza americana sia dominare il Medio Oriente, appropriarsi delle sue ricchezze , sostenere guerre settarie, poter vendere armi e tenere gli stati arabi in una condizione di sottomessa debolezza, esattamente l’opposto di unire e formare un vero potente continente seduto su enormi risorse energetiche.

DONALD TRUMP e l’IRAN

È diffusa la convinzione che Trump non voglia in realtà   cancellare o alterare il trattato nucleare come dichiara. Trump pospone continuamente la sua decisione mese dopo mese (il suo ultimatum all’Iran è posticipato di altri 4 mesi) per ragioni abbastanza plausibili:

  • Distogliere l’attenzione mondiale dalle sue truppe d’occupazione in Siria.
  • Nascondere il fatto che le sue forze proteggono un esteso territorio ancora in mano all’ISIS senza la volontà di sconfiggerlo a breve sperando probabilmente che sia utile alla politica estera americana in futuro.
  • Continuare a ricattare l’Arabia Saudita mostrandosi aggressivo verso l’Iran ma in realtà agitando una tempesta in una tazza di tè di tanto in tanto.
  • Fare gli interessi di Israele, suo alleato principale, godendo così del sostegno della lobby israeliana negli USA per la sua rielezione.
  • Evitare che l’Europa si allontani dall’America terminandone la “partnership”.

 

Il Grande Ayatollah Khamenei considera le continue minacce all’Iran (di Trump) un incentivo a rendere sempre più forte la repubblica islamica. Sayyed Ali Khamenei aveva suggerito ai leaders iraniani di considerare la Cina come esempio di autosufficienza e di allontanarsi dagli USA. Tuttavia il governo pragmatico del presidente Rouhani insisteva nell’aprirsi all’occidente e aderire ai suoi obblighi nucleari.

Rouhani, in seguito al trattato nucleare con i 5 membri permanenti delle Nazioni Unite + la Germania invitava gli iraniani ad aprirsi all’occidente e aumentare gli scambi nel mondo.

Il Presidente apparentemente ignorava che gli USA, sostenendo la rottura del trattato non sono interessati ad una “partnership” e infatti tenendo a freno i pragmatisti cercano di rovesciarne il governo a beneficio di quelli della “linea dura”

Il braccio di ferro tra la dirigenza americana e il governo iraniano sul trattato nucleare non diminuirà l’influenza iraniana e quella dei suoi partners in medio oriente, in particolare in Libano, Siria, Iraq Afghanistan e Yemen certamente non permetterà agli USA di influenzare l’Iran, qualunque sia il “colore” del governo di Teheran.

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L’Iran non rinegozierà il trattato nucleare mentre si appoggia all’Europa per essere insieme inflessibili sulla firma e sugli impegni. L’Europa ha bisogno dell’Iran perché la repubblica islamica fa parte della sicurezza nazionale del continente ed è sentinella contro il terrorismo. L’Europa è stanca di guerre e oggi apprezza che dopo 6 anni di guerra la repubblica islamica sia stata coerente nel proteggere il governo iracheno ed è corsa in aiuto di Baghdad mentre gli USA guardavano l’ISIS espandersi, ha inoltre prevenuto il cambio di governo in Siria che avrebbe favorito gli islamisti radicali. Questi iraniani e i loro alleati sono coloro che l’Europa cerca per collaborare, pronta ad allontanarsi dagli USA, un continente lontano, meno vulnerabile di quello europeo al terrorismo e ai terroristi.

L’Iran non può competere con i mezzi di comunicazione americani che dominano l’opinione nel mondo, i “media” occidentali dipingono l’Iran come   un paese interventista e lo attaccano, come altri paesi mediorientali di “violazioni dei diritti umani”. E’ giusto dire che i valori e l’approccio ai diritti umani in Medio Oriente, sono lontani dagli ideali, comunque nessun singolo paese al mondo o anche più paesi messi raggruppati possono competere con la responsabilità che hanno gli USA nel creare caos con la loro politica estera : cambi di regime, violazioni dei diritti umani, uccisione di innocenti, temi molto minimizzati dai “media”. I valori della dirigenza americana oggi sono al livello minimo e ciò che conta è il denaro che può arrivare dai paesi ricchi, senza riguardo alla loro storia di violazioni dei diritti umani, esportazione di terrorismo e odio.

Il regime iraniano viene indicato come esportatore di rivoluzione e accusato di finanziare i “proxies” in medio oriente, ma l’Iran non ha mai negato il suo fine religioso di stare con gli oppressi e pertanto armare e istruire gruppi per espellere gli americani dal medio oriente; la domanda è: può l’Iran competere con la quantità di armi e i miliardi di dollari derivati dalla vendita di armi americane   in medio oriente? O con l’occupazione illegale americana di territori sovrani, Afghanistan, Iraq, Siria per nominarne alcuni, più l’addestramento di militanti, inclusi i jihadisti siriani Takfiri responsabili di attacchi in medio oriente, Africa, Asia, Europa e negli stessi USA?

L’Iran è ben installato in Siria: è troppo tardi per cambiare i risultati della guerra o frenare i molti gruppi resistenti che, in conseguenza del fallito cambio di regime, operano nel Levante, indifferenti a ciò che faranno o diranno gli USA e per quanto tempo o dove saranno di stanza. Contrariamente a ciò che ha detto Tillerson, ci si aspetta che l’occupazione americana sia un ulteriore fallimento, per l’incapacità americana di imparare dalla storia, in ogni caso, la strada tra Teheran, Baghdad, Damasco e Beirut è stabilita in sicurezza e non attraversa le province occupate dagli americani nel nord-est della Siria.

Certamente le forze americane di stanza ad al-Tanaf e al-Hasaka possono cercare di ricattare il governo siriano nei prossimi trattati di pace, forse possono contare i camion che viaggiano sulla linea Teheran-Beirut, tenere sott’occhio il traffico di terra, ma per che scopo? Può Trump rispondere a questa domanda: come diavolo possono gli americani e i loro alleati trarre beneficio dall’occupazione di un altro territorio in Medio Oriente? Può solo creare ulteriore scompiglio e danneggiare una volta di più la loro posizione di prestigio come superpotenza, sconfitta continuamente dall’Iran e i suoi partners attori non statali.

Is the US staying in Syria for ISIS or to stand against Iran? Has it learned from history?

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By Elijah J. Magnier – @ejmalrai

In 2014, the US led a coalition of 59 countries to contain the “Islamic State” (ISIS) group’s expansion but not to eliminate it. For almost a year, and in contrast to Russia, this coalition carried out limited air attacks against the terrorist group without crippling its main source of existence: finance. Obama’s policy was well-defined: we are not in a hurry to defeat ISIS because the group is serving the US national interest, and has become a burden on Iran. Today, Donald Trump is following Obama’s footsteps on this issue, revealing that his troops will stay in Syria because of Iran- apparently forgetting that Syria is not the US’s comfort zone or friendly terrain but is Iran’s backyard. Trump’s attempt, after only 12 days in office, to modify or suspend the nuclear deal with the Islamic Republic of Iran was one pawn to move in a chess game whose intention is to blur and fudge the issue as perceived by the international community and the American people. The US’s determined intention to occupy new territory in the Middle East (almost 15 years after the disastrous occupation of Iraq) is apparently not for public consumption.

But how could the US imagine that this is a realistic goal?

When Barak Obama declared war on ISIS, his forces considered that interrupting the terrorist group’s main source of finance was not a priority. ISIS enjoyed over $1.5 m a day of undisturbed black gold income from the illegal extraction of oil from the many oil fields in Syria and Iraq. Obama’s establishment wanted the world to believe that the concern was all about avoiding environmental damage, an unlikely reason for the 59 nation US-led coalition to refrain from crippling the main financial sources for a terrorist organisation. The precedence given to this concern gave it more importance than stopping the destruction, danger and suffering ISIS was causing throughout the Middle East, Asia, Africa and, indeed, in nearby Europe. Israel was much more straightforward than the US, stating the real reason behind the US’s avoidance of weakening the terrorist group: “We prefer ISIS to Iran”, said its Defence Minister Moshe Yaalon.

Iran was fully engaged in Syria, providing oil (most Syrian energy was in the first five years of war in the hands of ISIS, al-Qaeda and their allies), finance (paying government employees and Army salaries), medical assistance (creating a pharmaceutical industry to replace the one destroyed by the war), and weapons (Iranian manufactured weapons and bought from Russia on behalf of Damascus).

Iran also provided 12,000 men from its own Special Forces within the Iranian Revolutionary Guard Corps (IRGC), Iraqi allies (Asaeb Ahl al-Haq, Harakat al-Nujaba’, and more), plus Pakistanis and Afghans living in Iran who were part of the IRGC allied corps. Moreover, Lebanese Hezbollah poured thousands of fighters onto the battlefield to support Damascus’s forces. The number of these fighters fluctuated according to the needs and the development of this war being fought on multiple fronts.

Iran offered ground troops, along with the Syrian Army, to the Russian Air Force, aiming through this combination and through military coordination to change the course of the war in the Levant in favour of Damascus’s government. The Iranian-Russian intervention managed to stop the ‘regime change’ –long advocated by some of the countries of the region, the EU and the US, even at the cost of the fall of the multi-ethnic secular Syrian system, and its replacement by the intolerant Islamic radicals and radicalised fighters naturally dominating all other groups. This is what the world witnessed and acknowledged happening throughout the six years of war in Syria. However, the US Secretary of State John Kerry described these extremists (ISIS and al-Qaeda) as “the best fighters”.

 

Kerry went even further, revealing that many countries in the Middle East (he named Saudi Arabia, Egypt and Israel) prior to 2015, had asked him to bomb Iran, a sworn enemy of Saudi Arabia and the US. Iran became THE enemy in Syria whilst the Israelis learned to live with ISIS, its new neighbour, and considered to be a much easier neighbour than Hezbollah and Iran. Also, Saudi Arabia was and still is willing to invest in and support any country or groups ready to oppose the Shia expansion facilitated by Iran and its Islamic Republic since it saw the light in 1979. Donald Trump saw the opportunity: in exchange for billions of dollars, he was ready to trample precious values underfoot and align himself with Wahhabi Takfiri and their promoters. The US president hoped to boost his country’s economy and at the same time bring Iran to its knees, a long-term heartfelt dream of the US.

 

US-Iran history:

The US’s attempt to impose its control and dominance over Iran goes back to 1953. The US National Security Council has released a document confirming the use of the CIA’s extensive resources and its role in the 1953 ‘successful coup’ operation code name TPAJAX. The US overthrew the democratically elected Prime Minister Mohammad Mosaddeq, changing the historical trajectory of Iran.

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The US president Dwight Eisenhower is the one who sanctioned the coup and installed “an American puppet who owed his throne to his ability to please his foreign sponsors” as described by John Limbert (“Negotiating With Iran”, 2009):the young Shah Reza Pahlavi. The US became the new colonial master (replacing the UK) and humiliated the Iranians by ruling the country through the Shah. Mosaddeq went, but the issue remained. The UK – who regarded the Iranians as “inefficient and incompetent inferior human beings” – supported the coup because they were afraid of Mosaddeq’s nationalism, the abolition of the monarchy, and the decision to end British manipulation of Iranian politics and wealth – and they feared the nationalisation of Iranian oil.

Eisenhower introduced a program called “Atoms for Peace” to help Iran set up a nuclear program, and sold Iran a five-megawatt nuclear reactor in 1967 following the advice of his establishment. Among these were Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz and Dick Cheney who played effective roles in convincing the Shah to go nuclear and buy eight nuclear reactors. Prime Minister Mehdi Bazargan (the head of the first revolutionary government) immediately halted and cancelled the US deal. Here we see that it was the US itself who launched Iran on the Nuclear path. Many of the problems the US causes in the world are due to its unacknowledged reversals.

 

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The US appointed the Shah of Iran “royal dictator” – with the complicity of western governments (the United States and Israel played a special role, according to Prof Richard Cottam). He was responsible for the “terrible violations of the most elementary human rights” (the September 1978 Black Friday and the SAVAK’s role are but a few examples). But in truth western “morals and values” have never been the confirmed motivation for the US to stand against a state. They have always been used to justify regime change when it suited them. The US, if we are dealing only with the Iranian question, repeated its lack of morality throughout the history of Iran from early 1953 to date.

The 1979 Iranian revolutionary removed the authoritarian Shah, cancelled all military treaties with the US, openly declared antipathy and hostility towards America, and held US diplomats prisoner. President Jimmy Carter ordered Iranian assets in US banks frozen and announced sanctions against the Islamic Republic.

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Since 1979 every single US president retained and even increased sanctions against Iran (1979, 1980, 1987, 1995, 2006, 2010, 2011, 2017, 2018): mainly because the Iranian leaders continued to reject American influence and its dominance over their country and its policies. The US and its allies certainly didn’t care much about the population’s freedom or even “western values” when they supported Saddam Hussein in his war against Iran. They offered chemical weapons to the dictator, to be used against Iran and against Saddam’s own people in the north of Iraq. The world watched in silence.

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Their aim has been, and apparently always will be, to cripple the Iranian economy and submit the country to the US’s will; they appear to hope that the population will react against the Islamic Republic and that its wealth will fall, once more, into western hands.

Over the years, after the Iran-Iraq war ended, Iran has repeatedly challenged the US and its allies, registering one victory after another. In Afghanistan, in Iraq, in Lebanon, in Syria and in Yemen, Iran is not losing; it is creating more ideological allies ready to stand against the US influence in the Middle East. The Iranian goal is not to create proxies – as researchers like to label them – but partners who believe in the support of the oppressed (Mustath’afeen) against the oppressor: put succinctly, to limit US dominance over the Middle East.

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The US believes Iran is humiliating it by detaining its sailors (even if the 10 sailors were released hours later with embarrassing photos portraying US weakness and submission), challenging its power when it imprisoned a US-Iranian citizen and only released him following an exchange, and refusing to submit to US primacy and dominance.  On the Iranian side, the Islamic Republic believes the US wants to humiliate and dominate the country’s population and take its resources, and change the current regime system by bringing to power a US puppet. Tehran considers that the objective of any US establishment is to dominate the Middle East, drain its wealth, support sectarian wars, be able to sell weapons, and keep the Arab states in a state of submissive weakness. Indeed, the opposite of uniting and forming a truly powerful continent sitting on gigantic energy resources.

Donald Trump and Iran:

There is a widespread belief that Donald Trump is not really aiming to cancel or alter the Iran nuclear deal as he claims. Trump is continuously postponing his decision, month after month (his last ultimatum to Iran runs for another four months), for reasons which actually seem quite plausible:

  1. To divert the world’s attention from the US forces’ occupation of Syria
  2. To blur the fact that the US forces are protecting an extensive territory still under ISIS, unwilling to defeat the group anytime soon, probably in the hope that this will serve the US foreign policy agenda in the future.
  3. To continue blackmailing Saudi Arabia by showing he is aggressive towards Iran: in reality he is only stirring up a storm in a teacup, every now and then.
  4. To serve the interests of Israel, the US’s main ally, and enjoy the support of the Israeli lobby in the US, for Trump’s re-election, for example.
  5. To avoid Europe distancing itself from the US and ending the partnership.

Grand Ayatollah Khamenei considers Trump’s continuous threat to Iran as an incentive to keep the Islamic Republic stronger than ever. Sayyed Ali Khamenei advised top Iranian leaders to consider China as an example of self-sufficiency and to move away from the US. Nevertheless, the pragmatic government led by President Hassan Rohani insisted in opening up to the west and adhered to its nuclear obligations.

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Rohani, following the nuclear deal agreement with the five UN permanent members and Germany, invited the Iranian people to open up to the west and increase trade exchange with the world. The Iranian president was apparently unaware that the US, by advocating to breach the deal, is uninterested in a partnership basis, and therefore is indeed curbing the Iranian pragmatists, seeking to topple their government – which will benefit the hardliners.

The bras-de-fer between the US establishment and the Iranian government over the nuclear deal will not diminish the Iranian influence and that of its partners in the Middle East, particularly Lebanon, Syria, Iraq, Afghanistan, and Yemen. Moreover, it certainly won’t allow the US to exert any influence or dominance over Iran, regardless of the political ‘colour’ of the government in Tehran.

Iran will not re-negotiate the nuclear deal and relies on Europe to stand firm, confirming its signature and commitment. Europe is in need of Iran because the Islamic Republic is part of the continent’s national security and an advanced guard against terrorism. Europe has had enough of wars and appreciates today, after six years of war, that the Islamic Republic stood firm to protect the regime in Iraq, rushed to help Baghdad when the US stood by, watching ISIS expanding, and prevented a regime change in Syria which would have benefitted radical extremists. These Iranians and their allies are the partners Europe is looking for, ready to stand back from the US, that faraway continent that is less vulnerable than nearby Europe to terrorism and terrorists.

But Iran can’t compete with the US mainstream media, largely dominating the world’s opinion. The western media portray Iran as an interventionist country and attack Iran, and any other Middle Eastern countries, on ‘human rights violations”. It is correct to say that the Middle Eastern values and approaches to human rights are far from ideal. However, no single country in the world (or even dozens of countries united in coalition) can compete with the US responsibility for such a huge mess in its foreign policy affairs, regime change, violation of human rights, and the killing of innocents: a topic very much underplayed by the media. The American establishment values are today at a low level: what counts is the amount of money it can generate from wealthy countries, regardless of their history in violating human rights or in exporting terrorism and hate speech.

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The Iranian regime is designated as an exporter of the revolution and accused of financing proxies in the Middle East. But Iran never denied its religious goal to stand by the oppressed, and therefore to arm and train groups to expel the US forces from the Middle East. The question is: can Iran compete with the billions of dollars’ worth of US arms selling in the Middle East? Or with the US’s illegal occupation of sovereign territories (Afghanistan, Iraq and Syria to name but a few) – plus the training of militants, including Syrian jihadist Takfiris responsible for many attacks in the Middle East, Africa, Asia, Europe and the US itself?

Iran is well established in Syria: it is too late to alter the results of the war in Syria or to curb the many groups of Syrian resistants who – as a consequence of war and a failed regime change – already operate in the Levant no matter what the US will do or say and regardless of how long and wherever its forces will be based in Syria. The US occupation – contrary to US Secretary of State Tillerson’s statement–is strongly expected to be another US failure with no sign of having learnt from history. In any case, the road between Tehran – Baghdad – Damascus – Beirut is safely established and does not traverse the US occupied provinces in north-east Syria.

Of course, the US forces based in al-Tanaf and al-Hasaka can try to blackmail the Syrian government during the expected peace-talks, and perhaps count the trucks travelling on the Tehran-Beirut line and keep an eye on the ground traffic, but for what purpose? Can Donald Trump answer the question: how on earth can the US and its allies benefit from a US occupation of another territory in the Middle East? It can only create more havoc and damage once more its prestigious position as a superpower, constantly to be defeated by Iran and its non-state actor-partners.

La Russie offre aux USA un « rameau d’olivier » turc à Afrin

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Par Elijah J. Magnier – @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

La Turquie vient de lancer son opération militaire baptisée « Rameau d’olivier » dans la région kurde d’Afrin, au nord-ouest de la Syrie. Ce nom de code a été révélé par le chef de cabinet turc, qui a expliqué que l’opération visait à empêcher l’expansion des Unités de protection du peuple et du Parti de l’union démocratique le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie, qui représentaient une menace pour la sécurité nationale turque. L’attitude des USA envers les Kurdes à Afrin est des plus intéressantes, car le général américain Vottel a dit qu’il n’était personnellement « pas concerné par ce qui se passe dans l’enclave kurde au nord-ouest de la Syrie », où Washington s’est servi des Kurdes pour attaquer Daech. Mais nous ne sommes plus surpris de voir les USA veiller à leurs propres intérêts sans égard à ceux de leurs alliés, comme les Kurdes irakiens l’on constaté quand Erbil a déclaré son indépendance. Les USA les ont alors tout bonnement abandonnés.

Mais quels sont les détails qui ont été convenus avant le commencement de l’opération qui a permis à la Turquie de s’aventurer dans une zone sous contrôle russe?

Comment les choses en sont-elles arrivées à pousser la Turquie à s’aventurer dans une zone sous influence russe avec sa police militaire, malgré une menace sans équivoque de Damas d’abattre tout avion turc, alors que la Russie renforçait ses positions à l’intérieur de la ville la veille même du lancement de l’opération turque « Rameau d’olivier » contre Afrin?

Les Kurdes ont combattu Daech au nord de la Syrie sous la supervision et la gouverne des USA, au prix de centaines de vies de Manbij à Dabak, sans oublier Raqqa. Ces forces conjointes américano-kurdes ont également convenu avec Daech, après la destruction complète de Raqqa par les forces aériennes des USA, d’assurer le retrait de milliers de militants en échange de leur départ de ce qui était la capitale de Daech, qu’ils devaient livrer sans combat. Daech a également accepté de laisser les très riches gisements énergétiques et d’autres villages à l’est de l’Euphrate aux forces américano-kurdes. Comme l’armée syrienne tentait d’atteindre les champs pétrolifères au moment du retrait de Daech, celui-ci s’est alors vu offrir par les USA une « zone tampon » le long de la frontière, tant que ses militants limiteraient leurs attaques aux alliés de la Russie (l’armée syrienne et ses alliés), en laissant les forces kurdes tranquilles.

L’administration américaine a annoncé son intention de rester en Syrie malgré la défaite généralisée de Daech (même s’il subsiste une poche de résistance encore sous la coupe du groupe terroriste dans la zone contrôlée par les USA à l’est de l’Euphrate, le long de la frontière syro-irakienne). Le secrétaire à la Défense des USA, Rex Tillerson, a affirmé que l’objectif de ses forces était de limiter l’influence iranienne, en faisant des déclarations contradictoires au sujet de la défaite et de la non-défaite de Daech en Syrie. Pour la Russie, la position des USA était suffisamment claire : contrecarrer la présence russe et rester dans un pays qui est sous la protection de Moscou.

En outre, le prétexte allégué par les USA pour occuper une partie du nord-est de la Syrie (« empêcher l’Iran d’étendre son influence », selon Tillerson) est peu convaincant, car la présence iranienne en Syrie date de 1982 et l’augmentation de son influence est directement liée aux six années de guerre.

La forte présence kurde le long de sa frontière perturbait la Turquie, qui a demandé aux USA d’enlever toutes les armes létales des mains des Kurdes. Washington a promis de le faire, mais la Turquie a découvert plus tard que les USA n’avaient pas rempli leur promesse et que les Kurdes étaient en possession de missiles antichars et sol-air guidés laser, ce qui constituait une menace directe contre les forces turques, syriennes et russes.

La Turquie a demandé à la Russie et à l’Iran, qui maintiennent un contact direct avec Damas, d’autoriser ses troupes à contrecarrer les plans des USA en Syrie en affaiblissant davantage les Kurdes. Damas a demandé à la Russie et à l’Iran d’offrir aux Kurdes la possibilité de se distancer de Washington en acceptant la présence de l’armée syrienne dans les villes de Manbij et d’Afrin en lieu et place d’une invasion turque.

Malgré la concentration des forces turques le long de la frontière et l’annonce du lancement de son opération militaire, la Turquie a attendu le feu vert des Russes et des Iraniens avant de procéder. Des représentants russes ont rencontré d’autres Kurdes pour leur dire que l’intention de la Turquie était sérieuse et qu’ils pouvaient sortir de cette situation délicate en donnant suite à la proposition de Damas. Celle-ci a été rejetée par Afrin, dont l’officier responsable restait convaincu du soutien des USA, en refusant ou en étant incapable de tirer des leçons de ce qui est arrivé aux Kurdes irakiens à Erbil.

Une entente tacite a été conclue, en vertu de laquelle Ankara a cessé de soutenir al-Qaeda et ses alliés à Idlib et de considérer l’opération menée par l’armée syrienne à l’est d’Idlib comme une violation de l’accord de désescalade conclu à Sotchi l’an dernier. Pour sa part, la Russie va retirer son contingent de la ville et se gardera d’intervenir dans l’opération « Rameau d’olivier » de l’armée turque.

Les dirigeants syriens et leurs alliés ont demandé à la Russie de leur fournir un soutien aérien à l’ouverture d’un corridor menant aux villes de Foua et Kafraya, assiégées depuis toutes ces longues années de guerre. Cependant, les dirigeants russes ont rejeté leur demande en leur demandant, à la grande surprise de Damas et de ses alliés, d’être patients, car le but est non seulement de libérer Foua et Kafraya, mais aussi toute la ville d’Idlib. Le président russe Vladimir Poutine est résolu à combattre al-Qaeda en Syrie afin de renforcer la position de son pays dans le monde en ce qui a trait à la lutte contre le terrorisme.

Comme il a été rapporté l’an dernier et que les faits confirment aujourd’hui, en se fiant aux USA et à leurs belles promesses, les Kurdes de Syrie et d’Irak sont devenus les grands perdants au Moyen-Orient, gracieuseté de l’inexpérience des dirigeants des USA et de leur manque de compréhension stable (et de crédibilité) des affaires internationales. L’administration en place aux USA semble énormément compter sur la puissance militaire pour maintenir son influence. Elle ne possède apparemment pas cette capacité, primordiale au Moyen-Orient, de tisser des alliances et de consolider les amitiés.

Ce qui se passe actuellement est un sérieux coup porté aux États-Unis par leur allié turc, qui est aussi membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN). La Turquie brandit un « rameau d’olivier » pour porter un coup bas à l’allié kurde des USA, soit un nouveau coup soutenu par la Russie contre une administration américaine peu expérimentée, qui a décidé imprudemment de jouer dans la cour syrienne de Moscou. Les USA n’ont aucun allié en Syrie à l’exception des Kurdes du nord-est de la Syrie dans les provinces d’Hassaké et de Deir Ezzor. Sauf que ces alliés sont sur le point de subir une nouvelle partition, ce qui rendra les forces d’occupation américaines très vulnérables dans un environnement extrêmement hostile.

Russland bietet den USA einen türkischen “Olivenzweig” in Afrin an.

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Von Elijah Magnier: @ejmalrai

übersetzt von : @Ozkok_

Die Türkei hat am 20. Januar die Militäroperation “Olivenzweig” gegen die kurdische Region Afrin, nordwestlich von Syrien, eingeleitet. Der Code-Name wurde vom türkischen Stabschef veröffentlicht, der erklärte, dass die Operation darauf abzielt, die Ausbreitung der YPG-Miliz entlang der syrischen Grenze zur Türkei zu verhindern, was eine Bedrohung für die nationale Sicherheit der Türkei darstellte. Die Haltung der USA gegenüber den Kurden in Afrin war dabei recht interessant, denn der US-General Vottel erklärte sich “nicht besorgt über das, was in der kurdischen Enklave im Nordwesten Syriens geschieht”, wo Washington die Kurden zum Angriff gegen den „Islamischen Staat“ benutzte. Es ist nicht mehr verwunderlich, dass die USA ihre Interessen wahrnehmen und nicht ihre Verbündeten, wie es in der nordirakischen Kurden-Region der Fall war, als Erbil seine Unabhängigkeit erklärte. Aber was sind die Einzelheiten, die vor Beginn der Operation vereinbart wurden, damit die Türkei sich in ein Gebiet unter russischer Kontrolle wagen kann? Und wie kam es so weit, dass die Türkei gezwungen wurde, sich ein Gebiet unter russischem Einfluss (Präsenz russischer Militärpolizei) hineinzuwagen. Hinzu kommt die deutliche Drohung aus Damaskus, türkische Flugzeuge abzuschießen, wobei Russland am Tag vor dem Beginn der türkischen Operation gegen Afrin seine Positionen innerhalb der Stadt noch stärkte? Die Kurden kämpften unter der Führung und Kontrolle der US-Streitkräfte gegen den „Islamischen Staat“ im Norden Syriens und erlitten hunderte von Toten von Manbidsch bis Dabak und sogar Rakka. Diese gemeinsamen US-kurdischen Streitkräfte haben sich auch mit dem „Islamischen Staat“ – nach der totalen Zerstörung der Stadt durch die US-Luftwaffe – darauf geeinigt, den Abzug Tausender Kämpfer aus Rakka zu sichern, im Gegenzug dafür, dass sie die IS-Hauptstadt Rakka kampflos verlassen. Der IS stimmte auch zu, das sehr reiche Energiefeld und andere Dörfer östlich des Euphrat-Flusses den US-Kurden zu überlassen. Die syrische Armee versuchte, die Ölfelder zu erreichen, als sich der IS zurückzog. Die USA reagierten und boten dem IS entlang der Grenzen eine “Pufferzone” an, solange die Militanten ihre Angriffe nur auf russische Verbündete (die syrische Armee und ihre Verbündeten) beschränkten und die kurdischen Streitkräfte nicht angriffen. Wenige Wochen später erklärte Washington seine Absicht, trotz der generellen Niederlage des IS in Syrien zu bleiben (auch wenn die Terrorgruppe im von den USA kontrollierten Gebiet östlich des Euphrats an der syrisch-irakischen Grenze noch immer ein Gebiet unter ihrer Kontrolle hat). Der US-Außenminister Rex Tillerson sagte, das Ziel seiner Streitkräfte wäre es, den iranischen Einfluss zu begrenzen, indem er widersprüchliche Aussagen über die Niederlage und die Nicht-Niederlage des IS in Syrien machte. Diese Position war für Russland klar genug, dass die USA bestrebt waren, die russische Präsenz in Frage zu stellen und in einem Land zu bleiben, das unter dem Schutz Moskaus stand. Darüber hinaus ist die Entschuldigung der USA, einen Teil des Nordostens Syriens zu besetzen, um – so Tillersons Aussage -“den Iran daran zu hindern, seinen Einfluss zu verbreiten”, nicht überzeugend, da die Präsenz des Iran in Syrien auf 1982 zurückgeht und sein Einfluss durch die sechs Jahre des Krieges deutlich zugenommen hat. Die Türkei war über die weit verbreitete kurdische Präsenz an ihren Grenzen verärgert und forderte die USA auf, den Kurden alle tödlichen Waffen zu entziehen. Washington versprach, dies zu tun, aber die Türkei entdeckte später, dass das Versprechen der USA nicht erfüllt wurde und dass die Kurden im Besitz von lasergesteuerten Panzerabwehrraketen und Flugabwehrraketen waren, was eine direkte Bedrohung für die türkischen, syrischen und russischen Streitkräfte darstellte. Die Türkei forderte, dass Russland und der Iran, in direktem Kontakt mit Damaskus, ihren Truppen erlauben, bei der Beendigung der US-Pläne in Syrien zu helfen und die Kurden weiter zu schwächen. Damaskus forderte Russland und den Iran auf, den Kurden die Möglichkeit zu geben, sich von Washington zu distanzieren, indem sie die Präsenz der syrischen Armee in den Städten Manbidsch und Afrin anstelle der türkischen Invasion akzeptierten. Die Türkei wartete trotz der Ansammlung türkischer Streitkräfte an den Grenzen und der Ankündigung des Beginns der Militäroperation auf das russisch-iranische grüne Licht. Russische Beamte trafen sich mit anderen Kurden, um die ernsthafte türkische Absicht und einen Ausweg aus der kritischen Situation zu finden, indem sie den Vorschlag von Damaskus weiterleiteten, der von Afrin abgelehnt wurde, dessen leitender Offizier seinen Glauben an die Unterstützung der USA aufrechterhielt, der offenbar nicht willens oder nicht in der Lage war, aus dem, was den irakischen Kurden in Erbil passierte, zu lernen. Eine nicht öffentliche Vereinbarung wurde getroffen, in der Ankara aufhört, die islamistische Organisation Hayat Tahrir al-Scham und seine Verbündeten in Idlib zu unterstützen, und die Operation der syrischen Armee östlich von Idlib und in Richtung der Stadt selbst nicht mehr als Verletzung der Deeskalationsvereinbarung betrachtet, die im vergangenen Jahr in Sotschi erzielt wurde. Andererseits zog Russland sein Kontingent aus Afrin ab und mischt sich nicht in die Operation „Olivenzweig“ der türkischen Armee ein. Die syrische Führung und ihre Verbündeten baten die russische Luftunterstützung, einen Korridor zu den beiden umliegenden Städten Al-Fua und Kafriya zu öffnen, die belagert sind. Die russische Führung lehnte die Forderung jedoch ab und bat sie – zur Überraschung von Damaskus und seinen Verbündeten – um Geduld, denn das Ziel ist nicht nur die Befreiung von Al-Fu’a und Kafriya, sondern auch der gesamten Stadt Idlib. Der russische Präsident Wladimir Putin ist entschlossen, die al-Kaida in Syrien zu bekämpfen, um die Position seines Landes in der Welt im Kampf gegen den Terrorismus zu stärken. Wie bereits im vergangenen Jahr berichtet und nun bestätigt, sind die Kurden Syriens und Iraks, die sich auf Amerika und seine unbeständigen Versprechungen verlassen, dank der unerfahrenen Führung Amerikas und dem Mangel an stabilem Verständnis (und damit Glaubwürdigkeit) in der Weltpolitik zu den größten Verlierern im Nahen Osten geworden. Die eigentliche US-Führung scheint sich stark auf die militärische Macht als Mittel zur Aufrechterhaltung ihres Einflusses zu verlassen: Sie besitzt offenbar nicht die im Nahen Osten besonders wichtige Fähigkeit, Bündnisse zu knüpfen und Freundschaften zu festigen. Was jetzt geschieht, ist ein sehr schwerer Schlag für die Vereinigten Staaten durch ihren türkischen Verbündeten, ein Mitglied der NATO. Die Türkei benutzt die Operation in Afrin, um Amerikas kurdischen Verbündeten unter die Gürtellinie zu schlagen, ein weiterer Schlag, den Russland gegen die unerfahrenen USA unterstützt, die sich unklugerweise entschieden haben, im syrischen Innenhof Moskaus zu spielen. Amerika hat in Syrien keine Verbündeten außer den Kurden des Nordostens in Hasaka und Deir al-Zour. Aber diese Verbündeten sind dabei, mehr Spaltung zu erleiden. Dadurch werden die Besatzungstruppen der USA in einem äußerst feindlichen Umfeld sehr verwundbar sein.

Russia is offering the US a Turkish “olive branch” in Afrin.

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By Elijah J. Magnier – @ejmalrai

Turkey today launched the “Olive Branch” military operation against the Kurdish region of Afrin, north-west of Syria. The code name was released by the Turkish Chief of Staff who explained that the operation aims to prevent the spread of the People’s Protection Units and the Democratic Union Party along the Syrian borders with Turkey, which represented a menace to the Turkish national security. The US attitude towards the Kurds in Afrin was quite interesting, because the US General Vottel declared himself “not concerned about what is happening in the Kurdish enclave in the north-west of Syria” where Washington used the Kurds to attack ISIS. It is no longer surprising that the US look after its interests rather than its allies, as indeed happened in Kurdistan Iraq when Erbil declared its independence; it was promptly abandoned by the US.

But what are the details agreed before the beginning of the operation, allowing Turkey to venture into an area under the Russian control? And how did things get so far, pushing Turkey to venture into an area under Russian influence with military police, and following a clear threat from Damascus to shoot down any Turkish aircraft, with Russia strengthening its positions inside the city the day before the beginning of the Turkish operation “Olive Branch” against Afrin?

 

The Kurds fought under the guidance and control of US forces against ISIS in the north of Syria and suffered hundreds of dead from Manbaj to Dabak and even Raqqah. These joint US-Kurdish forces have also agreed with ISIS– following the total destruction of the city by the US Air Force – to secure the withdrawal of thousands of militants in exchange for leaving the ISIS capital, Raqqah, and delivering it without a fight. ISIS also agreed to leave the very rich energy field and other villages east of the Euphrates River to the US-Kurds forces. The Syrian army was trying to reach the oilfields when ISIS pulled out, and was offered a “buffer zone”  by the US along the borders as long as the militants limited their attacks towards Russian allies only (the Syrian army and its allies) and did not attack the Kurdish forces.

The US establishment declared its intention to stay in Syria despite the general defeat of ISIS (even if a pocket is still under the terrorist group’s control in the US-controlled area east of the Euphrates on the Syrian-Iraqi borders). The US Secretary of State Rex Tillerson said the aim of its forces was to limit the Iranian influence, giving contradictory statements about the defeat and non-defeat of ISIS in Syria. This position was clear enough to Russia, that the US was aiming to challenge the Russian presence and to stay in a country which was under Moscow’s protection.

Moreover the US excuse to occupy part of the north-east of Syria to – according to Tillerson’s statement -“prevent Iran from spreading its influence” is not convincing because Iran’s presence in Syria goes back to 1982 and its influence has increased directly due to the six years of war.

Turkey was upset by the widespread Kurdish presence along its borders and asked the US to withdraw all lethal weapons from the Kurds. Washington promised to do so but Turkey discovered later that the US promise had not been fulfilled and that the Kurds were in possession of laser guided anti-tank missiles and anti-air missiles, representing a direct threat to the Turkish, Syrian and Russian forces.

Turkey demanded that Russia and Iran, in direct contact with Damascus, allow its troops to help to put an end to the US plans in Syria, further weakening the Kurds. Damascus asked Russia and Iran to give the Kurds the possibility to take distance from Washington by accepting the presence of the Syrian Army in the cities of Manbij and Afrin in the place of the Turkish invasion.

Turkey, despite the gathering of Turkish forces along the borders and its announcement of the beginning of the military operation, waited for the Russian/Iranian green light. Russian officials met with other Kurds to lay down the serious Turkish intention and a way out of the critical situation by forwarding Damascus’s proposition- that was rejected by Afrin, whose Officer in Charge maintained his belief in US support, apparently unwilling or unable to learn from what happened to the Iraqi Kurds at Erbil).

An undisclosed understanding was reached where Ankara stops providing support to al-Qaeda and its allies in Idlib, and no longer considers the Syrian Army operation east of Idlib and towards the city itself as a violation of the de-escalation agreement reached in Sochi last year. On the other hand, Russia will pull out its contingent from the city and will not interfere with the Turkish army “Olive Branch” operation.

The Syrian leadership and its allies asked Russian air support to open a corridor towards the two surrounded cities of Al-Fawa and Kafriya, besieged since the long years of war. However, the Russian leadership rejected the demand and asked them – to the surprise of Damascus and its allies – to be patient, because the goal is not only to liberate Al-Fu’a and Kafriya, but also the entire city of Idlib. The Russian President Vladimir Putin is determined to fight al-Qaeda in Syria to strengthen his country’s position in the world to fight terrorism.

As reported last year, and now confirmed, the Kurds of Syria and Iraq by relying on America and its volatile promises have now become the biggest losers in the Middle East, thanks to America’s inexperienced leadership and lack of stable understanding (and therefore credibility) in world affairs. The actual US leadership seems to rely heavily on military power as a way to maintain its influence: they apparently do not possess that ability, especially important in the Middle East, to weave alliances and strengthen friendships.

What is happening now is a very serious blow to the United States by its Turkish ally, a fellow member of the North Atlantic Treaty Organization (NATO). Turkey is using the “olive branch” to strike America’s Kurdish ally below the belt, a further blow supported by Russia against the inexperienced US, who have unwisely decided to play in Moscow’s Syrian courtyard. America has no allies in Syria except the Kurds of the north-east in Hasaka and Deir al-Zour. But these allies are about to suffer more partition. This will leave the US occupation forces very vulnerable in an extremely hostile environment.

 

US forces will remain in Syria until they are forced to pull out

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Elijah J. Magnier – @ejmalrai

“The US forces will remain in Syria until they are forced to pull out”. This is what a high ranking source in Syria (a decision maker) said, in response to US Secretary of State Rex Tillerson, who revealed the intention of the US operating in the north-east of Syria to remain in the country to “prevent the return of ISIS”.

 

“When the attack on Albu Kamal was planned, intelligence reports confirmed the presence of thousands of ISIS militants in the country. The city was a stronghold with huge weapons warehouses, military personnel and trenches not easy to deal with. A large number of attacking forces were involved to surround and storm the city. It was not considered an easy task to dislodge over 2,800 ISIS fighters barricaded in for years, and with a prepared defence plan and tunnels”, said the source.

 

The commander confirmed that “many weeks were needed to liberate Albu Kamal and eliminate all ISIS militants. We have also taken into account the considerable number of casualties in this difficult battle. However, to our biggest surprise, we were confronted with a much smaller number of militants left behind to slow down the advance and allowing the larger number of ISIS fighters to flee east of the Euphrates where the US forces are operating. Obviously, ISIS considers the US very merciful, offering a safe passage and a secure residence in the area under US control”.

 

“We hear from the US Secretary of State what we have always suspected: the US wants to stay in Syria to occupy the territory. This means Syria and Iraq should expect further terrorist attacks in the future for two reasons: firstly, because ISIS is re-organising itself under the US’s continuous watch. Secondly, ISIS attacks are expected to resume so that the US can find a continuing reason for its forces to stay in the country”, commented the high-ranking source.

 

When Donald Trump was a candidate to the presidency, he campaigned that Hillary Clinton, if re-elected, would trigger a third world war by staying in Syria and provoke the dislike of Russia. It is not surprising to see Trump eating his own promises, since it is not the first position he has revoked with conspicuous lack of diplomacy and, indeed, lack of knowledge in world affairs. Today, Trump – following the declaration of his Foreign Secretary – has decided to unlawfully occupy a Syrian territory which is very close to where Russia is operating.

 

Rex Tillerson’s language was quite confusing: in his latest speech he repeatedly said “ISIS was defeated”- but he also said that, because it “was not defeated”, it required the presence of US forces in Syria. He also gave another contradictory reason, saying that his forces are staying to “stop Iran’s influence” but changed again his focus to speak about the Lebanese Hezbollah issue and its “presence on the Israeli-Syrian borders”.

 

But ISIS is still in Syria, not only in the north-east under the US protection, but also on the Israeli borders- with Israeli officials’ approval. Both Israel and Tillerson are trying to ignore ISIS on the borders but also the dozens of Syrian groups ready to stand against the US and Israel. These have excelled in urban and guerrilla warfare for years against Takfiris and have learned from Hezbollah’s experience of fighting Israel for decades. They have learned the art of attack,  not just defence; they were formed under fire and in life and death battles. These groups will very likely create a nightmare situation for Tillerson and Israel.

 

The US forces’ presence in the north-east of Syria will not change anything in respect of the Iranian presence and influence that has continued to increase throughout the years of war, and is stronger than ever. It is indeed US foreign policy that pushed Syria into the arms of Iran. This same policy forced the Syrian President into in bed with Hezbollah and to ask for its involvement and intervention at a time when many countries were conspiring against Syria to change the regime. Again, it is the same policy that pushed Assad to call Russia for help, bringing it back to the international arena and earning it a renewed 49 year contract for its naval base on the Syrian coast.

 

Actually, most of the things that the US and Israel didn’t want ever to happen have been triggered by the US itself, and materialised in the Levant. The only result they have achieved is to destroy the Syrian infrastructure, with several hundred thousand dead and millions of displaced persons, both refugees and huge numbers who were displaced internally.

 

What is more, the world order has now shifted, and unilateral, unchallenged US domination is over- thanks to the very same US foreign policy. Washington is trying to revive what is already dead: it therefore cannot be resuscitated. “Those who do not understand their past are condemned to repeat it”. By deciding to occupy further territory in the Middle East, the US is indeed ignoring history: it is useless to preach to the deaf.