Le même jour, à un an d’écart, la Russie obtient sa revanche et arrête la Turquie aux portes d’al-Bab.

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La partition de la Syrie n’est désormais plus possible sans une confrontation avec la Russie

Publié ici : ‪alrai.li/dxlrnhd @AlraiMediaGroup

Par Elijah J. Magnier: @EjmAlrai

Le 24 novembre 2015, la Turquie a abattu un Sokhoi Su-24 russe au-dessus de la frontière turco-syrienne causant la mort de l’un des deux pilotes qui avaient sauté en parachute, au moment où il atteignait le sol. Le même jour, un an plus tard, un chasseur de l’armée de l’air syrienne frappe un convoi militaire turc à deux kilomètres de la ville septentrionale syrienne d’al-Bab, tuant trois soldats turcs. Cette action turque agressive envers la Russie s’est produite après la destruction de centaines de camions citernes utilisés par l’ “Etat islamique” (ISIS) pour transporter le pétrole depuis la Syrie vers l’Irak et la Turquie.

L’action de l’armée de l’air syrienne (SyAF) est directement liée, coordonnée et décidée par une structure militaire commune, présidée par un général russe, afin d’éviter des tirs ou des incidents entre alliés. Pour les mêmes raisons, la Russie coordonne avec la coalition dirigée par les EU la plus grande partie du trafic aérien au-dessus de la Syrie. Le commandement russe doit assurer la sécurité de ses forces navales et au sol avec une protection d’artillerie et aérienne puisqu’elle agit dans divers endroits et sur différentes villes réparties dans toute la Syrie. Par conséquent, toutes les frappes aériennes et les actions de reconnaissance ou sorties de drones doit faire l’objet d’un accord avant tout décollage. Faisal al-Miqdad, le ministre des affaires étrangères a annoncé clairement : “Ceci s’est produit en Syrie. La Turquie n’a qu’à s’en prendre à elle-même”.

Mais pourquoi la ville syrienne d’al-Bab?

Quand la Turquie a abattu l’avion russe, le but était d’humilier la Russie et de la pousser hors de sa zone de sécurité, sachant que Moscou réfléchirait à deux fois avant d’entreprendre une escalade militaire complète contre Ankara. Le jour même, le Président turc Recep Tayyib Erdogan courut réclamer protection et refuge auprès de l’OTAN. Le Président russe Vladimir Poutine se contenta de frapper fort les substituts turcs en Syrie, puis d’établir des sanctions économiques, tout en soutenant le Président syrien Bachar al-Assad de façon beaucoup plus agressive. Il a donné son accord pour aider l’armée syrienne à reprendre Alep et a décidé de faire face aux Etats-Unis d’Amérique quel qu’en soit le prix à Bilad al-Sham. Poutine considérait l’action turque non pas comme un mauvais calcul d’Erdogan mais plutôt comme un acte de guerre coordonné par les EU. Cette perception résultait de deux éléments majeurs:

  1. La Russie coordonne le trafic aérien avec les EU, informant le commandement militaire de son programme et de sa présence dans les différentes zones.
  2. Il a fallu 17 secondes à l’aviation turque pour voir le Su-24 russe à sa frontière, demander des ordres à la chaine de décision militaire et, en passant par les plus hautes instances politiques, recevoir l’ordre de faire feu. Ceci n’est pas un record militaire, mais une mission impossible sans que des ordres aient été donnés bien en amont.

Néanmoins, la nuit du coup d’état contre Erdogan a permis à la Russie de rendre son coup aux EU en informant Erdogan – par l’intermédiaire de l’Iran – du plan destiné à le tuer. Il était prévu de frapper l’endroit où il prenait des vacances. Mais il a suffi de le prévenir une demi-heure avant pour qu’Erdogan ait la vie sauve, et qu’en conséquences, échoue le coup d’état qui devait débuter à la base aérienne d’Incirlic, où sont situés les officiers américains. Le Président turc a accusé indirectement l’administration américaine, qui en échange a fortement contesté l’emprisonnement de la plupart des officiers turcs « amis de l’Amérique ».

Cet épisode a réchauffé les relations turco-russes qui s’étaient dramatiquement refroidies. Aux yeux de Poutine, c’est l’Amérique, qui a payé le prix (même si ce n’est pas totalement) de son implication dans l’incident du Su-24.

La Turquie a répondu à la faveur russe en rappelant à la frontière des milliers de combattants impliqués dans la bataille d’Alep, début du démantèlement du plan militaire américain visant à partager la Syrie pour créer un Kurdistan allant d’Al-Hasaka au nord-est de la Syrie, à Afrin au nord-ouest.

Démanteler le plan américain convenait à :

  1. La Turquie en évitant la création d’un Kurdistan le long de sa frontière. Cet état, outre le combat continu avec les Kurdes, aurait enterré le rêve turc d’annexer une partie de la Syrie ou d’imposer à Damas son agenda à la fin de la guerre.
  2. La Russie voulait frapper en retour l’Amérique pour le Su-24. Le plan russe est de s’installer durablement en Syrie sans avoir à partager le territoire avec son vieil ennemi, les EU. L’unité de la Syrie est donc devenue importante pour Poutine.
  3. Damas était contente de donner une leçon aux Kurdes à la suite des événements d’al-Hasaka. Le gouvernement de Syrie a toujours été en bons termes avec les Kurdes, aidant les villes syriennes assiégées, à Alep, Fua et Kefraya. Néanmoins, la pression américaine sur les Kurdes a eu raison de l’ancienne relation qu’ils avaient avec Damas. D’autant plus que les Kurdes en tant que minorité rêvent « depuis toujours », d’avoir une fédération pour eux-mêmes.

Tous ces éléments ont créé un environnement bienvenu pour beaucoup de joueurs en faveur d’une avancée turque vers Jarablus, ce qui perturbait le plan américain dans le nord de la Syrie. Mais le Président turc ne se satisfaisait pas de contrer le plan kurde, mais il voulait aussi s’étendre plus loin, même si la Russie ne fermait pas les yeux devant ce qu’il était en train de faire.

La Turquie a permis aux puissances régionales de financer et d’alimenter en armes généreusement Qaidat al-Jihad et les rebelles syriens pour initier des attaques majeures contre l’armée syrienne et la maintenir occupée dans un secteur géographique réduit, surtout autour d’Alep. Dès que la Russie et ses alliés ont poussé leurs forces vers les territoires occupés par ISIS à al-Tabqa, les djihadistes et les rebelles ont attaqué la ville rurale de Homs et le sud d’Alep, forçant Damas à rappeler toutes les forces engagées sur ce front pour défendre les positions attaquées.

Récemment, les djihadistes et les rebelles ont fait deux attaques majeures à Alep dans le but de “briser le siège” de la partie est encerclée de la ville. La “bataille épique d’Alep” et la seconde bataille d’“Abu Omar Saraqeb” ont demandé des mois d’engagement total de plus de 25.000 membres de l’armée syrienne, de la Russie et près de 8.500 de leurs alliés au sol (milice irakienne, conseillers iraniens et milices afghane et pakistanaise). En outre, le Hezbollah libanais a décidé d’impliquer dans la bataille d’Alep 2.500 soldats de sa force d’élite Ridwan et de les maintenir dans la ville. Les deux attaques ont échoué dans cette partie de la Syrie mais ont permis de donner assez de temps à la Turquie pour qu’elle avance jusqu’à la ville d’al-Bab, de sorte que l’armée syrienne ne pouvait pas prétende disperser ses forces sur plusieurs fronts.

Damas a refusé son accord officiel à l’entente russo-turque concernant Jarablus parce que la Syrie n’avait pas confiance en le leader turc et voulait garder de bonnes relations avec les Kurdes. Moscou n’a jamais donné son accord pour qu’Ankara étende sa présence militaire et contrôle le triangle Jarablus-Manbij-al-Bab ou même aille jusqu’à Raqqah.

La présence de forces turques à la porte d’al-Bab représentait pour l’armée syrienne basée à Alep une menace stratégique venant de la porte est. La présence de forces turques et de leurs substituts à 2 km d’al-Bab fit comprendre qu’ISIS pourrait retirer des forces de la ville sans le moindre combat, comme cela a été le cas à Jarablus. Ankara prétend que l’objectif de ses forces en entrant à al-Bab est d’empêcher les Kurdes de former une fédération.

Mais ni Damas ni la Russie ne toléreront que la Turquie prenne le contrôle d’al-Bab. Les Russes ont livré une escadrille de Su-24M2, déployé des missiles sol-air S-300 et S-400 et encouragé le Président syrien à imposer à la Turquie, pour la première fois depuis la création des deux états, de nouvelles règles d’engagement (ROE) et des lignes rouges.

Une escadrille de l’aviation syrienne, suivie d’une escorte de protection, a ciblé un convoi militaire turc à la porte d’al-Bab le matin du 24 novembre, tuant trois soldats turques. La Russie était en alerte, prête à lancer ses missiles en cas de réaction turque. C’était la seconde confrontation turco-syrienne depuis le mois dernier. La première a eu lieu au-dessus de la frontière turco-syrienne quand deux F-16 ont violé l’espace aérien syrien. Ils se sont trouvés face à quatre MIG qui ont pointé leurs missiles sur les avions turques. Les radars des F-16 ont informé les pilotes des F-16 qui ont reçu l’ordre de rentrer à leur base. C’était la première fois que la Syrie imposait sa souveraineté dans son espace aérien. La Russie ne tolérera plus aucune violation et les F-16 d’Ankara n’ont plus le droit de survoler la Syrie.

C’est exactement ce que voulait dire le Président américain nouvellement élu Donald Trump quand il a déclaré qu’il n’avait aucune intention de combattre Assad, parce que cela voudrait dire se confronter à Poutine qui est décidé à garder la Syrie unie et à défendre le régime syrien.

En frappant des soldats turques sur le territoire syrien, Damas n’est pas en train de provoquer Ankara parce qu’il ne lui a jamais donné la permission d’envoyer son armée en territoire syrien. Par conséquent, l’idée que la Turquie pourrait envoyer des forces même vers Raqqah n’est plus de mise, car Damas et Moscou n’ont pas dit leur dernier mot à la Turquie et aux EU.

Comme Trump a dit n’avoir aucune intention de déclencher une guerre nucléaire ou une troisième guerre mondiale, la partition du nord de la Syrie ne sera plus aussi facile à imposer qu’à l’ère de l’administration Obama. Par conséquent, l’avenir de la Syrie dépend de la façon dont l’entente Trump-Poutine s’imposera à toutes les parties. Soit on en restera là, soit la guerre se poursuivra avec encore plus de violence.

Erdogan est plus faible que jamais dans sa relation avec l’Irak et la Syrie : il n’a pas pu imposer sa volonté en ce qui concerne une participation à l’attaque contre la capitale du califat, Mossoul, ou même d’une plus petite ville, Talafar. Et aujourd’hui il ne peut pas matérialiser son rêve d’annexer Alep, et ses forces sont arrêtées aux portes d’al-Bab. S’il continue vers Raqqah il y a un risque considérable : il se trouvera face à une superpuissance, la Russie.

Traduit par professeur Olivier duLac.

On the same day, one year apart, Russia gets its revenge and stops Turkey at the gates of al-Bab.

 

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The partition of Syria is no longer possible without confronting Russia

Published here: ‪alrai.li/dxlrnhd @AlraiMediaGroup

Key words: Syria, Turkey, Russia, USA, U.S., Kurds, al-Bab.

By Elijah J. Magnier: @EjmAlrai

On the 24th of November 2015, Turkey shot down a Russian Sokhoi Su-24 over the Turkish-Syrian border causing the death of one of the two parachuted pilots while trying to hit the ground. On the same day, a year later, a Syrian Air Force jet hits a Turkish military convoy two kilometres from the northern Syrian city of al-Bab, killing three Turkish soldiers. The Turkish aggressive move toward Russia had come after the destruction of hundreds of oil tankers used by the “Islamic State” (ISIS) to transport oil from Syria and Iraq to Turkey.

The Syrian Air Force (SyAF) activity is directly linked, coordinated and ordered by a common military operations room, headed by a Russian General, so as to avoid friendly fire or incidents. Russia coordinates most of the air traffic with the US-led coalition activities over Syria for the same purposes. The Russian command needs to assure the safeguard of its military naval and ground force with artillery and air protection since it is operating in various locations and cities over the Syrian geography. Therefore, every air strike, reconnaissance or drone sorties must be agreed and approved before anything takes off. Faisal al-Miqdad, the Syrian deputy Foreign Minister clearly said: “This event took place on Syrian land. Turkey should only blame itself”.

But why the Syrian city of al-Bab?

When Turkey shot down the Russian jet, the aim was to humiliate Russia and push it out of its comfort zone, knowing that Moscow would think carefully before stepping up a full military escalation against Ankara. On the same day, Turkish President Recep Tayyib Erdogan ran to NATO for protection and refuge. The Russian President Vladimir Putin limited his reaction to hitting Turkey proxies in Syria hard, followed by economic sanctions and much more aggressive support to the Syrian President Bashar al-Assad. He agreed to help the Syrian Army retake Aleppo and decided to stand and face the United States of America at all costs in Bilad al-Sham. Putin considered the Turkish action not an Erdogan miscalculated adventure but rather a coordinated act of war with the US. Two main strong elements stand out:

  1. Russia coordinates air traffic control with the US, informing the military command of its schedule and presence over specific areas.
  2. It took 17 seconds for the Turkish Air Force to see the Russian Su-24 on its border, ask for orders from the military chain of command and from then via the highest political leadership for the anti-air missile to be launched. This is not a record by military means but impossible to achieve unless previous orders were in place given way ahead.

Nevertheless, the night of the coup-d’Etat against Erdogan allowed Russia to return the hit to the US by informing Erdogan – via Iran – of the plan to kill him. The premises he was spending some holidays in were supposed to be bombed. But the thirty minutes warning were enough to save Erdogan’s life, and, in consequences, caused the failure of the coup that should have been ignited from the Incirlic military Air base, where US officers are established. The Turkish President accused the US administration indirectly, who in turn strongly contested the Turkish reaction in jailing most officers “friendly of the US”.

This event warmed up the Turkish-Russian relationship which had dramatically cooled. In Putin’s eyes, the US, not Erdogan, paid the price (even if not fully) of its involvement in the Su-24 incident.

Turkey responded to the Russian favour by recalling thousands of fighters from Aleppo to the borders to start a military campaign aiming to dismantle the US plan to divide Syria and create a Kurdish state from the Syrian north east, Al-Hasaka, to the Syrian north west, Afrin.

Dismantling the US plan was convenient for:

  1. Turkey by preventing a Kurdish state along its borders. This state, apart form the long-lasting Turkish struggle with the Kurds, would also foil the Turkish dream to annexe part of Syria or impose its agenda on Damascus at the end of the war.
  2. Russia wanted to hit back at the US for the Su-24. The Russian plan is to establish a long-lasting presence in Syria without having to share the territory with its old US enemy. Therefore, the unity of Syria has become valuable for Putin.
  3. Damascus was happy to teach the Kurds a lesson following al-Hasaka events. The government of Syria and the Kurds were always on good terms, supporting Syrian cities under siege, i.e. Aleppo, Nubl and Zahra’. Nevertheless, the US pressure on the Kurds was greater than the long-standing relationship with Damascus. Nevertheless, the Kurds, as a minority, have dream “since forever” about having a Federation for themselves.

All of the above created a convenient environment for many players in favour of the Turkish advance toward Jarablus and disturbing the US plans in the north of Syria. Nevertheless, the Turkish President was not content with contering the Kurdish plan but wanted to expand further, even without Russia closing its eyes to what he was doing.

Turkey allowed regional countries to generously finance and supply Qaidat al-Jihad and Syrian rebels with weapons to initiate major attacks against the Syrian Army and keep it busy within a limited geographical sector, mainly around Aleppo. As soon as Russia and its allies pushed forces toward ISIS occupied territories at al-Tabqa, the jihadists and rebels attacked rural Homs and south Aleppo, forcing Damascus to recall all forces engaged on that front to defend positions under attack.

Recently, jihadists and rebels carried out two major attacks on Aleppo under the banner of “breaking the siege” of the eastern surrounded part of the city. The “Aleppo Epic Battle” and the “Abu Omar Saraqeb” second battle caused months of full engagement for over 25.000 members of the Syrian Army, and around 8500 of all of their allies ground forces (Iraqi militia, Iranian advisors and their Afghan and Pakistani militia). Additionally, the Lebanese Hezbollah decided to inject 2500 of its elite Ridwan force in Aleppo and leave these in the city. The two attacks failed to achieve their objective in that part of Syria but succeeded in giving enough time for Turkey to advance toward al-Bab city and make the Syrian Army less keen to distribute forces around multiple fronts.

Damascus didn’t officially agree with the Russian-Turkish understanding over Jarablus because Syria mistrusted the Turkish leader and wanted to maintain a good relationship with the Kurds. Moscow never agreed with Ankara to expand its military presence for controlling the triangle Jarablus-Manbij-al-Bab or even to go to Raqqah.

The presence of Turkish forces at the door of al-Bab represented a strategic menace to the Syrian Army based in Aleppo from its eastern gate. The presence of Turkish forces and their proxies at 2 km from al-Bab triggered an understanding where ISIS would pull forces from the city without a fight, as was the case in Jarablus. Ankara is trying to insinuate that the intention of its forces to enter al-Bab aim is to stop the Kurdish federation.

But neither Damascus not Russia will tolerate the Turkish control of al-Bab. The Russians delivered a squad of Su-24M2, deployed the anti-air missiles S-300 and S-400 and encouraged the Syrian President to impose new rules of engagement (ROE) and red lines on Turkey for the first time since the creation of the two states.

A squadron of the Syrian Air Force, followed by a protection escort, raided a Turkish military convoy at the door of al-Bab on the morning of the 24th of November, killing 3 Turkish soldiers. Russia was on alert, ready to launch its missiles in case of any Turkish reaction. That was the second Syrian-Turkish confrontation since the last month. The first took place over the Syrian-Turkish borders when two F-16s violated Syrian air space. These were confronted by four MIGs who locked their missiles on the Turkish jets. The F-16 scan radar informed the F-16 pilots who received instructions to return to base. Syria imposed it sovereignty over its air space for the first time. Russia won’t tolerate any further violation and Ankara’s F-16 are no longer permitted in the sky over Syria.

This is exactly what the newly elected US President Donald Trump meant when he declared he has no intention to fight Assad, because this means confronting Putin who is determine to keep Syria united and defend the Syrian regime.

When hitting Turkish soldiers on Syrian territory, Damascus is not provoking Ankara because it had never given the permission to send that army onto Syrian soil. In consequences, the idea of Turkey pushing forces even toward Raqqah is no longer a pushover, because Damascus and Moscow have not said their last word to Turkey and the US.

Since Trump said he has no intention of triggering a nuclear war or a third World War, the partition of the north of Syria is no longer as easily imposed compared with during Obama administration. Therefore, the future of Syria depends on how Trump-Putin understanding is imposed on all parties. Either that, or the war will proceed even more violently.

Erdogan is weaker than ever in relation to Iraq and Syria: he failed to impose his will regarding participation in the attack against the capital of the caliphate, Mosul, or even the smaller city of Talafar. And today he can’t materialise his dream to annex Aleppo, and his forces are stopped at the gates of al-Bab. If he continues toward Raqqah there is a huge risk: he will have to face a superpower: Russia.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Syrie et l’Irak pris entre “néo-analystes” et médias politisés

Si vous n’avez aucune honte, écrivez ce que vous voulez : La Syrie et l’Irak pris entre “néo-analystes” et médias politisés

 

Par Elijah J. Magnier:

Traduction offerte par Prof. Olivier dulac

 

Les guerres en Syrie et en Irak ont célébré la triste fin de la “presse libre et indépendante” et de la montée des “néo-analystes”. Ils sont dans des contrées lointaines, sans aucune connaissance du terrain en guerre, réunissant l’information et analysant les poubelles colorées des sites des réseaux sociaux.

 

Ils ont même la témérité de croire qu’ils peuvent dicter à l’administration américaine quelles mesures devraient être prises, qui doit être soutenu et, comme s‘ils maitrisaient l’“art de la guerre”, ils poussent même vers une guerre nucléaire avec la Russie.

Il est particulièrement surprenant de voir des média respectables se précipiter pour embrasser l’opinion de ces “néo-analystes”, tout simplement parce que ce que ces amateurs disent correspond à ce que le courant principal a envie d’entendre. Alors, on entend parler par exemple d’un “expert du Hezbollah libanais” ou d’un “groupe d’experts chiites” en Irak tout simplement parce qu’il peut compter (il comptabilise et analyse les drapeaux et groupes chiites qu’il voit sur Facebook et Twitter) mais n’a jamais rencontré les chefs ou leaders des groupes qui font partie de sa soi-disant expertise dans les deux pays. En outre, beaucoup des soi-disant “experts sur la Syrie” n’ont pas même vu les rues de Damas, Homs, Hama, Alep ou toute autre ville syrienne en paix avant 2011. Bien sûr, Twitter et Facebook sont leurs uniques et suffisantes sources d’information parce qu’ils n’en ont pas d’autres. Il est très intéressant, effarent en réalité, de voir ces gens écrire des articles et avoir un accès facile à des journaux réputés.

 

Pourtant, les vues de l’administration américaine et celle des “néo-analystes” – sont opposées en termes d’éthique professionnelle, de valeurs et de principes, bien que basées toutes deux sur la lutte contre le terrorisme. Journalistes et analystes soutiennent étonnamment “Qaidat al-Jihad” en Syrie, trouvant assez de place pour décrire le matériel de l’“Etat islamique” (ISIS/ISIL) qui combat d’armée irakienne et les soi-disant sectaires ” Unités de mobilisation populaire ” (al-hashd al-Sha’bi – PMU) en Irak.

 

Syrie :

Les Syriens, Tchétchènes, Marocains, Tunisiens, Chinois, Turques, Saoudiens, Qatari, Egyptiens, Libanais et Palestiniens (pour ne nommer qu’un petit nombre) sont appelés “ opposition armée syrienne modérée”. Mais ceci n’est pas propre aux seuls média : on voit des diplomates américains, anglais et français prenant part à cette mauvaise comédie, appelant tout combattant étranger “ opposant syrien ”, du moment qu’ils combattent la Russie. L’occident promeut de bonnes valeurs mais il ne les promeut pas dans cette sale guerre, où tout est permis.

 

Une autre bizarrerie est Alep-est et ses hôpitaux: le nombre d’hôpitaux qui y ont été détruits dépasse tous les records. A en croire le ministère des affaires étrangères américain et la presse occidentale, plus de 90 hôpitaux ont été totalement détruits à Alep ces derniers mois, au rythme de près d’un par jour. Et tous les jours nous entendons “le dernier hôpital a été totalement détruit ”. Le seul problème avec ces chiffres est la statistique du ministère de la santé syrien qui précise que “sur l’ensemble du territoire syrien, il n’y a que 88 hôpitaux”.

 

Quiconque oserait contredire cette théorie et propagande du “dernier-hôpital-détruit”, se verrait aussitôt opposer une accusation personnelle : tu dois être “assadiste” (en référence au Président Bashar al-Assad). “Néo-analystes” et parfois journalistes, partagent une absence d’arguments. Nous avons vu le professeur Joshua Landis (qui a passé plus de 12 ans au Moyen Orient) et le professeur Max Abrahms (pour n’en nommer que quelques-uns) accusés d’être “Assadistes” parce qu’ils sont en désaccord avec ceux qui font partie d’un think tank et qui prétendent représenter le Syrie ou des journalistes cherchant à attirer l’attention. En réalité cette accusation est devenue un moyen facile d’arrêter la conversation : quand ces personnages superficiels sont à court d’arguments, ils vous accusent d’encourager les terroristes à gouverner la Syrie.

 

Qui plus est, Assad n’est plus l’ennemi mais il est remplacé par la Russie aux yeux des média américains. La raison n’en est pas difficile à imaginer: la Russie prétend partager le Moyen Orient et qu’elle ne soit plus une chasse gardée des Américains. Selon les media américains, tous les obus russes détruisent des hôpitaux et tuent des civils, alors que les obus américains ne tuent que “Al-Qaeda” et ISIS. Bien entendu, la Russie n’a pas les bombes sophistiquées américaines qui sont équipées de détecteurs intelligents capables de distinguer les civiles et de ne cibler que les militants.

 

Et quand les djihadistes et rebelles commencent une attaque à grande échelle contre les forces armées syriennes et leurs alliés, les média attendent les résultats. Si le régime entreprend une opération militaire, des hôpitaux sont détruits et des civils tués dès les premières heures de la bataille. Il est rare que des militants soient tués aux yeux des principaux média.

Pour connaitre l’issue d’une bataille en Syrie, il suffit de regarder les appels du ministère américain des affaires étrangères ou de la sécurité nationale réclamant un arrêt immédiat de la violence, un cessez-le-feu et une réunion à Genève. Si la situation est grave pour les djihadistes et les rebelles, il faut s’attendre à la visite de Staffan de Mistura, envoyé de l’ONU, parlant de tragédie de guerre et de la nécessité de créer un état dans l’état ou du droit à se gouverner des djihadistes et des militants dans une région précise. Ceci permettrait aux djihadistes et aux rebelles de reprendre leur souffle, de se réorganiser et d’être prêts à remonter au front. Il est clair que la diplomatie ne sert pas à arrêter la guerre mais à la prolonger autant que possible.

Il n’y a pas de doutes que l’administration du Président Barack Obama considère “Al Qaeda” en Syrie comme un prolongement d’Al-Qaeda en Khorasan, responsable de la destruction des tours jumelles connue sous le nom d’évènements du 9 septembre et de toutes les autres attaques contre des civils. Mais Obama ne veut pas qu’un parti triomphe sur un autre en Syrie. Si un groupe est faible, même si c’est al-Qaeda, il est soutenu aux Nations Unies, à travers les média, soutenu au plan militaire, équipé, financé et informé par les pays de la région dans la perspective d’une nouvelle attaque, tant que la Russie, l’Iran et leurs alliés resteront engagés au sol.

 

C’est précisément la raison pour laquelle la Russie et ses alliés ne ciblent pas ISIS en premier mais seulement en cas de stricte nécessité. ISIS, au contraire des djihadistes, n’a aucun soutien public sur les forums internationaux ni armement militaire ou entrainement par la CIA en Jordanie. Jack Murphy, un Ranger et jadis dans les forces armées aériennes américaines, a expliqué comment ses collègues entrainent les terroristes à la demande de la CIA.

 

La règle est simple : les principaux média ne veulent pas mettre en lumière le financement du terrorisme, la provenance des armes qui lui arrivent, ni l’entrainement par la CIA. Il est triste de voir comment des média apparemment respectables ont perdu leur crédibilité et leur observation impartiale en passant par la porte de Bilad al-Sham.

 

Irak:

En Irak, il est difficile de comprendre ce que veulent les principaux média. Les média et les “néo-analystes” publient des articles sans fin au sujet de l’impossibilité d’éviter la partition de l’Irak et que les Kurdes sont la seule force capable de combattre ISIS. Ils font le jeu de la propagande d’ISIS pour prouver à quel point l’armée irakienne est incapable, et passent délibérément sous silence l’avancée héroïque des forces de sécurité irakiennes au sol.

 

Ces “néo-analystes” écrivent comme s’ils étaient des vétérans de la guerre au sol en Irak. Pourquoi les irakiens ont-ils retardé la libération de telle ou telle ville ? Il est rarement question des batailles héroïques et des sacrifices des forces de sécurité irakiennes combattant ISIS au nom du monde entier. Combattre ISIS dans les grandes villes, comme Mossoul, n’est pas facile avec plus d’un million et demi de civils restés chez eux plutôt que de partir dans des lieux protégés. Le premier ministre Haidar al-Abadi a donné des ordres précis pour protéger d’abord les civils avant les forces de sécurité qui viennent ensuite dans l’ordre des priorités.

 

Les “néo-analystes” et les journalistes mettent l’accent sur le rôle des “Unités de mobilisation populaire” (PMU) en leur donnant différents titres, comme la “foule chiite”, “foule sectaire” et “foule milice” comme si ses membres venaient d’un autre monde. Il y a plus de 60% de Chiites en Irak et les autres sont Sunnites, Kurdes séculaires, Assyriens, Shabak, Sabéa et autres minorités. C’est parmi ces mêmes Irakiens que sont formées les unités de l’armée irakienne, du contre-terrorisme, du renseignement, les forces spéciales, les forces de la police fédérale, les tribus et les Peshmergas comme les PMU, qui sont devenus partie intégrale de l’appareil de sécurité sous le commandement en chef du chef des forces armées irakiennes, le premier ministre.

 

Ceux qui écrivent sur l’Irak passent sous silence le fait que l’armée américaine, avant et pendant l’invasion de l’Irak, a commis les pires atrocités dans ce pays, en commençant par l’embargo et en continuant avec les massacres, la torture, sans compter tous les autres manquements aux droits de l’homme pendant l’occupation du pays.

 

Mais l’atteinte à la réputation des PMU a une autre dimension. Les PMU prennent part à l’opération sur Mossoul en attaquant la banlieue Talafar et en coupant la route de la Syrie. Ces PMU autour de Talafar ont été soigneusement choisis : 3000 d’entre eux viennent de Talafar même, et il y a d’autres Chrétiens des plaines de Ninive venus reconquérir leurs terres. Il n’y a pas que des Chiites et des Sunnites en Irak.

 

Les PMU ont perturbé le plan du Vice-Président américain Joe Biden pour partager l’Irak : en août 2014 ils ont empêché la ville septentrionale d’Amerli (Tuzkhormato) de tomber entre les mains d’ISIS quand le groupe terroriste a occupé la quasi-totalité de la province de Salahoddine ; ils ont empêché Samarra de tomber entre les mains d’ISIS quand le groupe terroriste tenait plus de la moitié de la ville ; ils ont évité une nouvelle guerre civile semblable à celle de 2006 quand Abu Musab al-Zarqawi a détruit le temple sacré chiite d’Askariyeyn ; ils ont empêché ISIS d’entrer dans Bagdad quand ses soldats sont arrivés aux portes de la capitale ; ils ont joué un rôle particulièrement difficile en libérant la partie sud du pays, Jurf al-sakher, le cœur d’ISIS à Tikrit et Fallujah et ont contribué à la libération de Ramadi.

 

Les chefs PMU ont également convaincu les chefs irakiens de rejeter le plan militaire américain qui visait à attaquer la ville septentrionale de Mossoul il y a un an, avant la province d’Anbar. Si le plan militaire américain avait vu le jour, la capitale aurait été laissée sans défense, avec ISIS plus fort à Fallujah. Bagdad aurait été en grand danger en cas d’attaque par ISIS et la partition de l’Irak aurait été inévitable.

 

Enfin, l’Irak ne pourra pas battre ISIS en Irak sans qu’il soit battu en Syrie. Par conséquent, après Mossoul, la bataille devra se diriger vers ‘Ana, Rawa and al-Qaem à la frontière Syrie-Irak. Il n’y a guère de doutes que les PMU partiront à l’assaut des bastions d’ISIS afin de s’assurer qu’ils ne reviennent pas en Irak. Discréditer les PMU en Irak veut dire les accuser de sectarisme et faire en sorte que cette accusation leur colle à la peau avant qu’ils pénètrent une région à majorité sunnite en Syrie.

 

La notion de “presse libre et non biaisée” est finie et a été remplacée par la volonté des politiciens : le journalisme d’investigation a été remplacé par l’information ou la désinformation des média sociaux.

 

Il a été clair pendant la campagne présidentielle américaine que la “presse libre” se partageait des “statistiques” confirmant que Donald Trump n’avait aucune chance et que Hillary Clinton avait 98 à 99% de chances de gagner. Ceci indique que la presse prononçait des vœux pieux plutôt que de valider des données et confirmer des faits, précisément comme ils ont fait la plupart du temps en ce qui concerne la guerre en Syrie et en Irak.

 

 

Syria and Iraq caught between the “new analysts’ and the politicised media

 

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Published here:  via 

By Elijah J. Magnier: 

 

The wars in Syria and Iraq celebrated the unfortunate end of the “free and independent press” and the rise of the “neo-analysts”. They sit in far-off lands, with no ground knowledge of the war, collecting information and analysing the colourful bin of social networking sites.

They have even the temerity to believe they can dictate to the US administration what measures should be taken, who to support and, as if they had mastered the “art of war”, they even push for a nuclear war with Russia.

It is most surprising to see respectful media rushing to embrace the opinion of these “neo-Analysts”, in fact only because what these amateurs say happens to match what mainstream media desire to hear. So we see for example a “Hezbollah Lebanon expert” or “Shia group expert” in Iraq only because he can count (he collects and analyses the Shia flags and groups he sees on Facebook and Twitter) but has never met commanders or leaders of the groups that should fall within his field of expertise in both countries. Also, many so-called “Syria experts” have never even seen the streets of Damascus, Homs, Hama, Aleppo or any other Syrian city even in peace time before 2011. Of course, Twitter and Facebook are the sufficient and unique sources of information because they have no other alternative sources. It is quite interesting, amazing in fact, to see these people producing articles and having easy access to reputable publications.

However, the views of the US administration and the one of the “neo-analysts” – are in conflict in terms of professional ethics, values and principles, even though they are both based on fighting terrorism. Journalists, and analysts, are astonishingly supporting “Qaidat al-Jihad” in Syria, fiding enough space even to report the “Islamic State” (ISIS/ISIL) material when fighting against the Iraqi Army and the so-called (sectarian) “Popular Mobilisation Units ” (al-hashd al-Sha’bi – PMU) in Iraq.

 

Syria:

In Syria, Chechens, Moroccans, Tunisians, Chinese, Turkish, Saudi, Qatari, Egyptians, Lebanese and Palestinians (to name but a few) are called “Syrian moderate armed opposition”. But that is not limited to media only: we see US, UK, and French diplomats taking part in this bad taste comedy, calling every foreign fighter “Syrian opposition”, as long as these are fighting against Russia. The west promotes right values but doesn’t implement these values in this dirty war, where everything is permitted.

Another puzzle is eastern Aleppo and its hospitals: the number of destroyed hospitals in eastern Aleppo is about to set a Guinness record. According to the US State Department and to the western press, over 90 hospitals were totally destroyed in eastern Aleppo in the last months at the rate of almost one destroyed hospital per day. And every day we hear “the last hospital has been totally destroyed”. The only problem with this figure is the statistic released by the Syrian Ministry of Health stating that “on the entire Syrian territory, there are only 88 hospitals”.

If anyone dares to contradict this “last-hospital-destroyed” theory and propaganda, a personal accusation is ready: you must be an “Assadists” (referring to President Bashar al-Assad). “Neo-analysts” and on some occasions journalists, join in for lack of argument. We have seen professor Joshua Landis (who spent over 12 years in the Middle East and is one the most knowledgeable Syrian analyst) and Terrorism theorist professor Max Abrahms (to name a few), are accused of being “Assadists” as soon as they disagree with those sitting in a think tank and pretending to reflect on Syria or journalists looking to attract some attention to themselves. Actually this accusation becomes an easy way to break the conversation: when no argument is available from these shallow low-minded thinkers who have no hesitation promoting terrorists to rule Syria.

Moreover, Assad is no longer THE enemy but is replaced by Russia in the eyes of the US media. The reason is not difficult to imagine: Russia wants its share of a Middle East that is no longer exclusive to the Americans. According to U.S. media, all Russian shells and bombing destroy hospitals and kill civilians, while American shells kill only “Al-Qaeda” and ISIS. Of course, Russia doesn’t have the sophisticated US bombs equipped with smell-detection and able to recognise civilians and target only militants.

And when jihadists and rebels start a large scale attack against Syrian Army forces and their allies, the media stand by, waiting for results. If the regime begins a military operation hospitals are destroyed and civilians are killed in the first hour of the battle. Rarely do militants die in mainstream media.

To know the outcome of a battle in Syria, it suffices to monitor a US State Department or National Security statement demanding an immediate halt to the violence, a cease-fire and a meeting in Geneva. If the situation is severe for Jihadists and rebels, expect a visit of the UN envoy Staffan de Mistura to talk about tragedies of war and the need to create a state within a state or self-management of the jihadists and militants within a specific area. This would help Jihadists and rebels to recover their breath, reorganise themselves and be ready to return for another round of battle. Obviously diplomacy is not being used for stopping the war but to keep it going as long as possible.

There is no doubt that President Barack Obama’s administration considers “Al Qaeda” in Syria as an extension of Al-Qaeda in Khorasan, responsible for the destruction of the twin towers known as the 9/11 events and every other terrorist attack against civilians. But Obama doesn’t want any party to triumph over the other in Syria. If one group is weak, even if it is al-Qaida, it is supported at the UN, through the media, supplied with military training, equipment, finance and intelligence information by countries of the region to prepare for another attack: as long as Russia, Iran and their allies are continuously engaged on the ground.

Yes, this is exactly why Russia and its allies are not targeting ISIS in the first place but only when it is absolutely necessary. ISIS, unlike the Jihadists, does not have public support in international forums or CIA military armament and training in Jordan. Jack Murphy, a Ranger and formerly with US Special Forces, explained how his colleagues are training terrorists at the request and with the knowledge of the CIA.

The rule is clear: the mainstream media don’t want to put light on the financing of terrorism, the provenance of weapons reaching these, nor on the CIA training. It is sad how easily apparently respectable media left their credibility and unbiased reporting at the door when entering Bilad al-Sham.

 

Iraq:

In Iraq, it is difficult to understand what mainstream media wants. Media and the “new analysts” produce endless articles about how it is impossible to avoid the partition of Iraq and that the Kurds are the only force able to fight ISIS. They focus more on ISIS propaganda to prove, according to ISIS, how incapable is the Iraqi Army and deliberately omit the heroic advance of the Iraqi security forces on the ground.

These “new analysts” write like they are war veterans knowledgeable about the ground in Iraq. Why did the Iraqis delay the liberation of this or that city? Rarely are the heroic battles and sacrifices of the Iraqi security forces fighting ISIS on behalf of the world mentioned. Fighting ISIS in big cities, like Mosul, is not an easy task with over one and a half million civilians who stayed at home rather than leaving to a more secure place. Prime Minister Haidar al-Abadi gave specific orders to secure civilians in the first place before securing the lives of the security forces that come next on the level of priorities.

“Neo-analysts” and journalists focus also on the role of the “Popular Mobilisation Units” (PMU) by giving them different titles, like the “Shiite crowd”, “sectarian crowd” and “Militia crowd” as if its members came from another world. There are more than 60% of Shiites in Iraq and the rest are Sunnis, secular Kurds, Assyrians, Shabak, Sabea and other minorities. From these same Iraqis are formed the Iraqi army units, counter-terrorism, intelligence, special forces, federal police forces, tribes, and Peshmergan as well as the PMU, which has become an integral part of the security apparatus under the leadership of the Commander in Chief of the Iraqi Armed Forces, the Prime Minister.

Those writing about Iraq disregard the fact that the US Army, before and during its invasion to Iraq, committed the most abominable atrocities in that country, starting with the embargo on Iraq to massacres, torture, rape and human rights abuses during the occupation of the country.

But the focus on the reputation of the PMU has other dimensions. The PMU is taking part in the Mosul operation by attacking Talafar suburb and cutting the road to Syria. Those PMU around Talafar were carefully selected: 3000 of these are from the same city of Talafar, as there are other Christians from Nineveh plains who came to recover their land from ISIS. Iraq is not made up of Sunni and Shia only.

The PMU disturbed the US Vice President Joe Biden’s plan to divide Iraq: they managed in August 2014 to defend and prevent the fall of the northern city of Amerli (Tuzkhormato) to ISIS when the terrorist group occupied almost all of Salahoddine province; stopped the fall of Samarra to ISIS when the terrorist group took control of more than half of the city, preventing another civil war similar to the one in 2006 when Abu Musab al-Zarqawi destroyed the Shia holy shrine of Askariyeyn; they prevented ISIS from entering Baghdad when the militants reached the doors of the capital; liberated the most difficult southern area of Jurf al-sakher, the heart of ISIS in Tikrit and Fallujah and contributed to the liberation of Ramadi.

The PMU leadership also convinced the Iraqi leaders to reject the US military plan to attack the northern city of Mosul a year ago before the Anbar province. If the US military plan had gone ahead, the capital would have been left without defence, with ISIS strong in Fallujah. Baghdad would have been in great danger if attacked by ISIS and the partition of Iraq would have been a foregone conclusion.

And lastly, Iraq won’t be able to defeat ISIS in Iraq unless it is defeated in Syria. Therefore, after Mosul, the battle will head toward ‘Ana, Rawa and al-Qaem on the Syrian-Iraqi borders. There is little doubt that the PMU will move forward towards the ISIS stronghold to make sure there is no return to Iraq. Discrediting the PMU in Iraq involves a preventive campaign to accuse the PMU of sectarianism and make this accusation stick before its forces engage in the Sunni majority area of Syria.

The notion of a “free unbiased press” is finished and has been replaced by the will of politicians: investigate journalism was replaced by information or disinformation from social media.

It was obvious during the US presidential campaign that the “free press” was sharing “statistics” confirming the absence of any prospect of success of Donald Trump with Hillary Clinton as a winner by 98 to 99%. This indicates that the press was following wishful thinking rather than confirming data and facts, just as they have been doing most of the time with the war in Syria and Iraq.

 

ISIS crumbling inside Mosul: Baghdadi orders a decentralised command for the defence of Mosul and PMU will stay outside Talafar

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Hay al-Intisar inside Mosul eastern front under the IA 9th Armored Division, Iraq.

  • Hay al-Sada, on the northern gate of Mosul is liberated
  • Iraqi forces inside Mosul: 8 neighbourhoods  liberated in four hours
  • Hammam al-Alil under the control of the Iraqi  Federal Police
  • Iraqi forces heading toward Mosul airport southern gate: more forces will be transported by air to surround ISIS inside the left bank.
  • ISIS is confused in Mosul and Baghdadi ordered a decentralised command in the city
  • ISIS is executing its own fighters escaping from Nineveh to Mosul
  • The large number of Mosul inhabitants present a challenge to forces: civilians are supporting the security forces
  • Hash al-Shabi asked to stay outside Talafar and Mosul

Key words: Iraq, ISIS, ISIL, PMU, Mosul, Nineveh.

Article published by @AlraiMediaGroup : 

(French version below)

 

Mosul – from Elijah J. Magnier: @EjmAlrai

Iraq Counter Terrorism units and Iraqi Army broke into Mosul via the northern gate liberating hay al-Sada, and from the eastern front  pushed its forces 2.5 km inside the city for the first time in 28 months when the “Islamic State” group, ISIS, occupied Mosul and many other cities of Iraq in the east, the north and the west, reaching the gates of Baghdad and forcing the fragmented Iraqi security Army into a “chaotic withdrawal” (insihab Kayfi).

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PM Haidar al-Abadi at Mosul gate: see Welayat Baghdad and Welayat Kirkuk left by ISIS on the highway panel

Mosul is divided into two parts by the Tigris river: the eastern side is called the left bank with 65 neighbourhoods and the western side the right bank with 47 neighbourhoods.The right bank includes the strategic Mosul airport and most governmental buildings but is much less populated than the left bank. Five bridges relate the left to the right banks. Two of the bridges were totally destroyed by the coalition Air Force. The security forces consider there are still between one and one and a half million inhabitants living in Mosul. These, despite remaining in the city under ISIS, are not considered to be supporters of the group but rather civilians who stayed in their homes and next to their businesses rather than moving to camps or relatives in other Iraqi provinces despite whoever is ruling the country.

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IA 9th Armored Division engaging with ISIS at Hammam al-Alil

The security forces command said “many security members were ordered to stay in the city since 2014. These pretended to have cut all contacts with their command in Baghdad but in fact kept in contact on a regular basis. This source represents one of the most important bank of information for the intelligence service, collecting information on ISIS leadership and command and control centers. They are our eyes within ISIS”.

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Commander of Counter Terrorism Unit under sniper fire at Mosul gate, Iraq.

The security forces leadership ground command said “we are surprised at our achievement in relation to the military advance. In 21 days we have managed to create real confusion in ISIS defence procedures and measures inside the city of Mosul. We know that ISIS leader Abu Bakr al-Baghdadi gave his orders to Mosul Diwan al-Harb (War Ministry) to delegate full power to Emirs of every district to run the battle as they saw fit. That was certainly due to the destruction of the command and control centers we have managed to eliminate in the first contact with the enemy in various parts of Nineveh. This blinded the militants, who were cut off from their central command. This caused further confusion Baghdadi is trying to avoid this in Mosul city”.

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Brigadier General Raed Shaker head of Iraqi Fed Police inside the liberated city of Hammam al-Alil, Mosul.

ISIS concentrated its defense procedure outside the walls of Mosul. Due to the harmony between Peshmerga on the northern front and the advancing of forces on all other fronts, ISIS was forced to distribute the few thousands militants left behind in the city to all corners. The rapid fall of villages and cities in the Nineveh plain forced ISIS to alter its defensive plan, imagining that it would take months for the Iraqi security forces to reach the Mosul. Eight neighbourhoods inside Mosul city on the eastern front collapsed in less than four hours on the left bank, confirming ISIS’s weak defence line. When the left bank falls, the entire Mosul city will fall. Fierce fighting is expected. There is a difference between liberating a city and clearing it. A liberated city can still find suicide bombers and militants left behind. It needs clearing before civilians can return. This is what causes the return of fighting in a liberated city thanks to small number of militants hiding in houses or tunnels. Hiding, they renew the fight and can ambush forces. This tactical procedure creates delay without changing the military map.

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Iraqi Army pushing forces inside Hammam al-Alil, Iraq.

“The plan to liberate Mosul has been prepared for over a year now. Officers from the Defence Ministry, the Interior Ministry and the Counter Terrorism Command presented a plan to recover all Iraqi cities, starting from Mosul. The Iraqi Prime Minister Haidar al-Abadi – said a CT commander- decided to recover Fallujah first and leave Mosul to the last battle. So Baiji was recovered, then Tikrit, Ramadi, Fallujah, al-Shirqat, and al-Qay’yara until we have reached Nineveh”.

The ISIS style is well-known to the experienced and well trained Iraqi Counter Terrorism units, who have been fighting ISIS for the last two years, collecting information, arresting its militants and commanders, and relying on Human and signals Intelligence. They are the best force in the Middle East, dealing with ISIS on a day to day basis.

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Hay al-Intisar, inside Mosul city, Iraq.

“On the intelligence level, we know almost everything about ISIS, everything we need to know. The population living under ISIS is our best ally. In every city or village, we are told what we know and what we don’t know upon arrival and then as ISIS is defeated. When we face ISIS in the battlefield, its style is obvious: Vehicles with explosives first (VBIEDs) followed by suicide bombers (PBIEDs) and guided missiles brought from Syria. Once we are in the city, suicide bombers and snipers are activated. ISIS is weak in any real confrontation once all these elements are neutralised”, said the commanding officer at the gates of Mosul.

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9th Armored Division engaged with ISIS near Mosul.

Mosul, of course, presents yet another challenge which is its large number of civilians. The city of Tikrit was empty of civilians when attacked and liberated. Civilians in Fallujah were evacuated. In Nineveh Bartella, there were around 1000 civilians and in Bizwaya as well. They did not represent a real obstacle to be taken into account and the number of civilians casualties is to date a minimum. But in Cogjali, on the northern gate of Mosul, there were around 6000 civilians. The Counter Terrorism Units had to go around the city to allow ISIS to leave Cogjali for Mosul and so that civilians would leave or stay at home. It was a complicated operation but the security forces have managed to secure the civilians and liberate and clear the city from ISIS.

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Iraqi Forces inside Gogjali, Mosul.

Hammam al-Alil, south of Mosul, was a difficult area. There are over twenty thousands of civilians living in the city which is surrounded by the Tigris except from the western side. The Iraqi Army surrounded the city, and ventured into the outskirts. ISIS militants were given the possibility to leave to Mosul. Hammam al-Alil was completely surrounded, an the Iraqi Army 9th armored division isolated it (thus allowing more civilians to leave), imposing a siege on the city, and hitting specific targets by the Army Air force. Many ISIS militants left to Mosul, others were killed in the city centre where the Iraqi flag was raised above the government building. The biggest force bypass Hammam al-Alil proceed and occupied Qabr al-Eid and is heading toward Albu Youssef, 2 km from Mosul Airport, 3km from Al-Khizlan camp and the Infantry School, expected to enter  Mosul from the southern gate. That will be a real blow to ISIS. A small force was left behind to clean the occupied cities and villages from suicide bombers and IEDs to prepare the return of the civilians to their homes. In total, and since the beginning of the Mosul operation, over 28000 civilians fled their home and were allocated in camps. There represent a real challenge to the Iraqi government. Over one million displaced civilians are expected in Mosul operation. The Iraqi leadership is aware of the enormous humanitarian challenge ahead.

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Iraqi Counter Terrorism Unit driving cautiously on the main eastern road leading into Mosul city centre, Iraq

The Iraqi Army Air Force, the Iraqi Air Force and the U.S. Air Force are all taking part in the Mosul operation. The intensity of the air strikes varies from one section to another, and from city to city depending on intelligence information and on the obstacles faced by the ground force.  Huge support to the ground force is essential for conquering any city taken by ISIS. Therefore, there is a necessity of an excellent level of collaboration between the various arms of the Iraqi Army and the coalition forces tin order o defeat ISIS as soon as is possible.

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Iraqi Army bypassing Hammam al-Alil, liberating Qabr al Abed and heading toward Mosul airport on the southern gate of Mosul.

“There is no slowing down off the military operation” – said the commander of the Counter Terrorism Forces at the gate of Mosul. “On the contrary, we are surprised at the fragility of the ISIS defense line around Mosul. Whenever we face resistance, we surround the area and put it under siege with a small force to keep the enemy engaged and within the defined perimeter. This is what has been done by the Peshmerga in the encircled city of Hawija. If ISIS wants to escape toward Mosul, a passage is allowed. However, according to our intelligence information, ISIS is, in fact, executing its own fighters when these return to Mosul, having retreated from any village around the city”.

The Counter Terrorism unit and the Iraqi Army are already inside the city of Mosul now. The security forces know of many tunnels and caches dispersed inside the city and communicating between houses. They are in contact with the population on regular basis. These are offering excellent intelligence leading directly to ISIS HQ and plans. This population was of course the first to suffer from ISIS, and this suffering has been going on for the last 28 months.

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Head of Hashd al-Shabi (PMU) Mosul campaign Abu Mahdi al-Muhandes

ISIS is beginning to fall faster than expected in Nineveh plains. Hash al-Sha’bi, the Popular Mobilization Units (PMUs), have re-conquered over 65 villages on the western front. The crossing road at Adaya connecting Mosul to Raqqa has been cut by the PMUs. Prime Minister Abadi gave clear orders to the Hashd commanders: you do not enter both Mosul and Talafar cities.

Prime Minister Abadi wants the PMUs to surround Talafar, cut the road between Iraq and Syria to prevent any ISIS withdrawal and keep the forces ready to intervene if needed, not only against ISIS but also against Turkey if and when necessary. Abadi is not only blocking the road to ISIS: it is also barring the way to Turkish President Recep Tayyeb Erdogan, he who threatened to revive the Ottoman Empire dream and is doing everything to kidnap the Sunni voices in the Middle East. Erdogan is attempting to impose himself as the protector of the Sunni and wishes to occupy Mosul in Iraq, Aleppo and Raqqah in Syria. Iraq is clearly at war against ISIS, but with Turkey, it is holding an olive branch in one hand and a gun in another.

There is no doubt ISIS will put up a fight inside the city of Mosul. Nevertheless, ISIS resistance, suicide bombers, and IEDs will not provide the group any strategic gain but will only manage to keep the Iraqi forces busy while trying to clear the city. In less than a month, over 60% of Nineveh plains has been liberated to-date. ISIS Era is indeed fading and crumbling in Iraq.

 

 

French article/ article en Français:

ISIS se décompose à Mossoul

Bagdadi opte pour un commandement décentralisé pour la défense de Mossoul

ISIS exécute ses propres combattants s’ils fuient de Nineveh à Mossoul

Hash al-Shabi a demandé à rester hors de Talafar et Mossoul

 

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Mossoul – par Elijah J. Magnier: Les unités anti-terroristes irakiennes sont entrées dans Mossoul par le front nord et est et ses forces ont avancé de 2,5 km dans la ville, pour la première fois depuis 28 mois que l’«Etat islamique» a occupé Mossoul et bien d’autres villes de l’est, du nord et de l’ouest irakiens, atteignant les portes de Bagdad, contraignant l’armée irakienne de sécurité à une “retraite chaotique” (insihab Kayfi).

Mossoul est divisée en deux parties par le Tigre: la partie est de la ville est la rive gauche et la partie oust est la rive droite. La rive droite comporte l’aéroport stratégique de Mossoul et quelques quartiers mais est beaucoup moins peuplé que la rive gauche. Les forces de sécurité considèrent qu’il y a encore entre un million et un million et demi d’habitants occupant les 65 quartiers de Mossoul. Bien que ceux-ci, soient restés dans la ville occupée par ISIS, ils ne sont pas considérés comme des supporters du groupe mais plutôt comme des civils qui ont préféré restés dans leurs maisons et près de leur emploi plutôt que de rejoindre des camps ou d’aller chez des parents dans les autres provinces de l’Irak, quels que soient ceux qui gouvernent le pays.

Le commandement des forces de sécurité a dit “depuis 2014, beaucoup de membres des forces de sécurité ont reçu l’ordre de rester dans la ville. Ils ont prétendu avoir coupé tous contacts avec leur commandement à Bagdad mais ont en fait gardé un contact régulier. Cette source est l’une des banques d’information les plus importantes pour les services de renseignement, collectant les informations sur le commandement d’ISIS et les centres de contrôle. Ils sont nos yeux à l’intérieur même d’ISIS”.

Le chef des forces de sécurité au sol a dit “nous sommes nous-mêmes surpris par la réussite de notre percée militaire. En 21 jours nous sommes parvenus à créer une véritable confusion au sein des moyens et de l’organisation de la défense d’ISIS à l’intérieur de Mossoul. Nous savons que le leader d’ISIS Abu Bakr al-Baghdadi a donné ordre à son Mosul Diwan al-Harb (ministre de la guerre) à Mossoul de déléguer tous pouvoirs aux émirs de chaque quartiers afin qu’ils conduisent la bataille comme bon leur semble. Ceci a certainement résulté de la destruction des centres de commandement et de contrôle que nous sommes parvenus à éliminer lors du premier contact avec l’ennemi dans différentes parties de Nineveh. Ceci a aveuglé les militants, en les coupant du commandement central, et Baghdadi tente d’éviter qu’il y ait une telle confusion à Mossoul”.

ISIS a concentré ses capacités de défense en-dehors des murs de Mossoul. En raison de l’harmonie entre les Peshmerga sur le front nord et les forces en train d’avancer sur les autres fronts, ISIS a été obligé de répartir aux quatre coins ses quelques milliers de militants demeurant dans la ville. La chute rapide de villages et de villes dans la plaine de Nineveh a forcé ISIS à changer son plan de défense, alors qu’il croyait qu’il faudrait des mois aux forces de sécurité Irakiennes pour atteindre Mossoul. Huit quartiers au sein de la ville de Mossoul sur le front est se sont effondrés en moins de quatre heures sur la rive gauche, confirmant que les lignes de défense d’ISIS sont fragiles. Quand la rive gauche se sera effondrée, c’est toute la ville de Mossoul qui tombera. On s’attend à des combats féroces. Il y a une différence entre libérer une ville et la nettoyer. Une ville libérée peut encore être truffée de combattants prêts à se suicider en faisant exploser une bombe. Il faut donc la nettoyer avant que les civils y retournent. C’est ce qui prolonge les combats dans une ville libérée, à cause d’une poignée de militants restés derrière. Cachés, ils reprennent le combat. Cette tactique retarde l’activité militaire sans en changer le déroulement.

“Le plan pour libérer Mossoul a été préparé il y a maintenant plus d’un an. Des officiers du ministère de la défense, du ministère l’intérieur et du commandement antiterroriste ont présenté un plan pour reprendre toutes les villes d’Irak, en commençant par Mossoul. Selon un commandant du contre-terrorisme, le premier ministre irakien Haidar al-Abadi – a décidé de reprendre Fallujah d’abord et de laisser Mossoul comme dernière bataille. Baiji a donc été reprise, puis Tikrit, Ramadi, Fallujah, al-Shirqat, et al-Qay’yara jusqu’à ce que nous atteignions Nineveh”.

Le style d’ISIS est bien connu des unités antiterroristes irakiennes bien entrainées et expérimentées, qui ont combattu ISIS durant les deux dernières années, accumulant les informations, arrêtant ses militants ses chefs, et se reposant sur le renseignement. Ce sont maintenant les forces le mieux entrainées du Moyen Orient, en ce qui concerne le combat au jour le jour contre ISIS.

“En ce qui concerne le renseignement, nous savons à peu près tout au sujet d’ISIS, tout ce que nous avons besoin de savoir. La population qui vit sous ISIS est notre meilleur allié. Dans chaque ville ou village, on nous dit ce que nous savons déjà et ce que nous ne savons pas encore en arrivant, et comment ISIS a été battu. Quand nous sommes face à ISIS sur le champ de bataille, la stratégie est monotone: d’abord des véhicules bourrés d’explosifs (VBIEDs) suivis par des bombes vivantes (PBIEDs) et des missiles guidés achetés en Syrie. Quand nous sommes parvenus dans la ville, les snipers se mettent en action, et voilà tout. ISIS est faible dans chaque vraie confrontation une fois que tous ces éléments sont neutralisés”, a dit l’officier en chef aux portes de Mossoul.

Bien sûr, Mossoul offre un nouveau défi du au grand nombre de civils. Il n’y avait pas de civils dans la ville de Tikrit quand elle a été attaquée et libérée. Les civils de Fallujah ont été évacués. A Nineveh Bartella, il y avait environ 1000 civils, comme à Bizwaya. Ils ne représentaient pas un véritable obstacle à prendre en compte, et le nombre de civils blessés reste minime. Mais à Cogjali, à la porte nord de Mossoul, il y avait environ 6000 civils. Les unités anti-terroristes ont dû contourner la ville pour permettre à ISIS de quitter Cogjali pour Mossoul, permettant aux civils de partir ou rester à la maison. Cela a été une opération compliquée mais les forces de sécurité sont parvenues à protéger les civils, libérer la ville et la nettoyer d’ISIS.

Hammam al-Alil, au sud de Mossoul, a été une zone difficile. Il y a plus de vingt mil  de civils dans la ville qui est entourée par le Tigre, sauf à l’ouest. L’armée irakienne a entouré la ville et a pénétré dans sa périphérie. Il a été offert aux militants d’ISIS de quitter la ville pour Mossoul. Hammam al-Alil a été totalement entouré, et la 9ème division blindée de l’armée irakienne l’a isolée (permettant ainsi à plus de civils de quitter la ville), puis assiégée, certaines cibles spécifiques étant détruites par l’aviation. De nombreux militants d’ISIS ont quitté la ville pour Mossoul, d’autres ont été tués au centre-ville où le drapeau irakien a été hissé devant le bâtiment du gouvernement. Le gros des forces a alors contourné Hammam al-Alil et avancé vers l’aéroport de Mossoul, le camp d’Al-Khizlan et l’école d’infanterie, comptant entrer dans Mossoul par la porte sud. Cela soufflera littéralement ISIS. Un petit contingent a été laissé derrière pour nettoyer la ville de ses bombes vivantes, et l’IED afin qu’il prépare le retour des civils à leurs maisons. Au total, et depuis le début de l’opération Mossoul, plus de 25000 civils ont fui leur maison et ont été répartis dans des camps. Ils représentent un vrai défi pour le gouvernement irakien. On s’attend à ce qu’un million de civils soient déplacés dans l’opération de Mossoul. Les dirigeants irakiens sont conscients de l’énorme défi humanitaire qui se profile.

Les aviations irakienne et américaine prennent part à l’opération de Mossoul. L’intensité des frappes aériennes d’une partie de la ville à l’autre et d’une ville à l’autre dépend des services secrets et des obstacles rencontrés par les forces terrestres. Une aide considérable est nécessaire aux forces terrestres pour conquérir n’importe quelle ville prise par ISIS. Par conséquent, une excellente collaboration entre les différentes armes de l’armée irakienne est nécessaire et les forces de la coalition pour battre ISIS le plus tôt possible.

“Il n’y a aucun ralentissement des opérations militaires” – dit le chef des forces antiterroristes à la porte de Mossoul. “Au contraire, nous sommes surpris par la fragilité de la ligne de défense d’ISIS. Quand on se trouve face à une résistance, on contourne ce point et on fait un siège avec une petite force pour que l’ennemi y reste engagé et soit cantonné dans un périmètre défini. C’est ce qui a été fait par les Peshmerga dans la ville encerclée de Hawija. Si ISIS veut fuir vers Mossoul, un passage lui est permis. Toutefois, selon nos informations, ISIS, exécute en fait ses propres combattants quand ils retournent à Mossoul, retraités de n’importe quel village ou ville”.

Les unités antiterroristes sont déjà à l’intérieur de Mossoul. Les forces de sécurité savent qu’il y a de nombreux tunnels et caches dispersés dans la ville et qui font communiquer les maisons entre elles. Ils sont en contact régulier avec la population. Celle-ci fournit d’excellentes informations qui conduisent directement à l’état-major et aux plans d’ISIS. La population est en effet celle qui a le plus souffert d’ISIS, et cette souffrance dure depuis 28 mois.

ISIS commence à tomber plus vite qu’attendu. Hash al-Sha’bi, les unités de mobilisation populaire (PMU), ont reconquis plus de 65 villages sur le front ouest. Le croisement d’Adaya qui joint Mossoul à Raqqa a été coupé par les PMU. Le premier ministre Abadi a donné des ordres clairs aux commandants de Hashd: n’entrez pas dans les villes de Mossoul et de Talafar.

Il veut que les PMU entourent Talafar, coupent la route allant de l’Irak à la Syrie pour empêcher qu’ISIS se retire, et il veut garder ses forces prêtes à intervenir si besoin, non seulement contre ISIS mais aussi contre la Turquie si nécessaire. Abadi ne bloque pas seulement la route à ISIS: il barre aussi la route au Président Turque Recep Tayyeb Erdogan, qui menace de réveiller le rêve d’empire ottoman et fait tout ce qu’il peut pour attirer les voix sunnites au Moyen Orient. Erdogan tente de s’imposer comme protecteur des Sunnites et voudrait occuper Mossoul en Irak, et Alep et Raqqah en Syrie. L’Irak est évidemment en guerre contre ISIS, mais avec la Turquie, il tient une branche d’olivier d’une main et un fusil de l’autre.

The “Islamic State”: From “Remaining and expanding” to “Vulnerable and Shrinking” but will stay with us next year

 

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Original article published here: http://www.alraimedia.com/ar/article/special-reports/2016/10/26/717971/nr/iraq via @AlraiMediaGroup

Posted in English/Arabic/ French

 

Key words: Iraq, Mosul, ISIS, IS, ISIL, Daesh, Syria, , Raqqah, Iran, U.S.

Baghdad by Elijah J. Magnier – @EjmAlrai

On the 10th of June 2014, the Iraqi city of Mosul fell to the hands of the “Islamic State in Iraq and Sham” (ISIS) and its allies. The Islamic World around Iraq, that’s to say mainly Turkey, Qatar, the United Emirates and Saudi Arabia, called ISIS “a Sunni revolution defeating the injustice of the Prime Minister Nuri al-Maliki”. The leader of ISIS, the Iraqi Abu Bakr al-Baghdadi al-Samarraei announced his “State” from Mosul’s Grand Mosque in his sole public appearance. A few months later, his spokesman the Syrian Abu Muhamad al-Adnani launched the group slogan “Baqiya wa tatamaddad” (remaining and expanding).

Al-Adnani didn’t stop at his slogan but “called upon Allah to destroy ISIS and kill its leaders if on the wrong path”. The response was not long in coming: ISIS is losing most of Iraq and more than 14 of the top leadership have been killed, including al-Adnani himself. ISIS didn’t realise that “Remaining – Baqiya” is un-Islamic because nothing remains on Earth, neither a group nor any human being.

And so ISIS has lost its strongholds in Fallujah, Tikrit and Ramadi. Cities were liberated one after another: the provinces of Babyl, Waset, Diyala, Salahoddine, (a few important pockets are left in Nineveh including Mosul and al-Hader), as well as in Anbar (Rawa, Ana and most difficult city al-Qaim). Instead of “expanding”, ISIS is shrinking and its militants who used to ride in the desert and walk into open cities are now hunted down by land and by air. Wherever the group’s authority reached, destruction is now his companion. ISIS who claimed to defend the Sunni in Iraq is now responsible for dislodging tens of thousands of people, the destruction of the their cities, their wealth and the loss of many lives. ISIS’s slogan was changed from “remaining and expanding” to “vulnerable and shrinking”.

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Today all eyes are directed toward Mosul, the city that ISIS occupied and it humiliated the Iraqi Army after killing over 1700 military cadets in what was known as the “Speicher massacre”. The group killed since thousands of Iraqis, carried out suicide attacks and caused a real catastrophe to the Iraqi economy. But that is not the only concern of Baghdad: the U.S. vice President Joe Biden years ago even when he was still the head of the Congress Foreign Affairs committee before Obama was elected in 2008, called for the partition of Iraq into three states. The “Sunnistan”, “Shiistan” and “Kurdistan” proposal was on the table. Biden renewed his offer in 2014 when Iraq was very vulnerable, licking its wounds caused by ISIS.

Behind Biden there were also the mainstream media, and pioneers in Terrorism studies like Bruce Hoffman, as well as Brookings Institution, Middle East studies centre and think thanks based in Washington and the Middle East. All campaigned for the partition of Iraq, describing the Iraqi Army as “incapable” and promoting the Kurds as “the only adequate force to combat ISIS”.

Al-Maliki was pushed away by the grand Ayatollah Ali Sistani despite Iran’s wishes and Haidar al-Abadi was elected as a Prime Minister.  Abadi, despite the weak reputation the media portrays him as carrying, refused the Iranian intervention in Iraqi affairs even if he has accepted the military offer from Tehran when the U.S., for months, was watching Iraq disintegrating without reacting. In fact, in the first few moths following the occupation of Mosul when the ISIS “tsunami” conquest overwhelmed the north, east and west of Iraq and even knocked on the doors of Baghdad, Iran offered men and weapons to both Baghdad and Erbil to stop the ISIS advance.

Nevertheless, Abadi fought against the Iranians’ political ambition in Iraq (mainly that of Brigadier General Qassem Soleimani, the head of the Iranian Revolutionary Guard Corps (IRGC) – Quds Brigade). Soleimani took advantage of Sistani’s call to form “Popular Mobilisation Units” (PMU) to stop ISIS and fight back, giving the Iraqi security forces the time to retrain and re-group by adopting the PMU and supplying it with Iranian weapons. Soleimani showed himself at every opportunity, every city attacked and recovered. This sent a message to the U.S. that Soleimani was “in control of the ground”. But it was also a message that Abadi didn’t appreciate.

The Prime Minister felt Soleimani was trying to take control of the country. The Iranian military commander went further and held various meetings in Baghdad, discussing the removal of Abadi (who was calling for the return of the U.S. in Iraq). Abadi understood that Iran was a strategic ally but Iraq is certainly not going to be an Iranian province. He needed the U.S.’ support and he needed the Americans to keep away the neighbouring countries, i.e. Saudi Arabia and Turkey, from supporting ISIS to keep Iraq together. Abadi took in hand the situatin for several reasons:

1. Recover the initiative from Soleimani and merge the PMU under the Prime Minister’s command

2. Put an end to voice and media promoting the rhetoric of “the PMU role is to exterminate the Iraqi Sunni ” rhetoric.

3. Abadi warned the PMU leaders he will consider an outlaw anyone who refuse to be part of the official security forces.

Although appointing him as a “military advisor”, Abadi pushed Soleimani away. However, a few groups remain loyal to Iran like Kataeb Hezbollah, Asaeb Ahl al-Haq, Harakat al-Nujaba’, Kataeb Imam Ali and other. Nevertheless, none will work against Abadi’s order or will and won’t be able to fulfil any Iranian agenda in Iraq that contradicts the Prime Minister ‘s policy. So Soleimani became less visible on the Iraqi arena. His relationship with Abadi is hectic even if the Iraqi Premier considers his relationship with Iran – and with the U.S. – strategic and that the integrity of Iraq can be preserved without an American or Iranian direct influence on the Iraqi leadership. After all, Iran, along with Russia, maintain an Intelligence operational room in Baghdad, offering valuable information about ISIS according to Abadi himself.

Abadi informed Iran that Tehran is not in a position to offer diplomatic regional support and reconciliation the U.S. can offer, mainly due to the very bad relationship between Iran and the Gulf countries at the moment.

Iraqi sources in Baghdad enjoying a good relationship with Iran told me  “Soleimani asked several Iraqi groups to think of a new plan and way to regroup and form a joint force. The answer was clear: Iraq is not going to be a base for the U.S. nor for Iran: Baghdad’s relationship with both countries will be excellent as long as the integrity of Iraq and the Iraqi will is respected, without regional bickering”.

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All that Abadi wants at the moment is to eliminate ISIS and make sure the group won’t return as happened in 2010. The Iraqi leadership is aware of the necessity to protect the minority and share the power with all Iraqi without exception to avoid a return of a society that protects Jihadists. The same al-Qaida Leader Ayman al-Zawaheri called upon his group to return to Iraq and find a way to reinstall itself again and build a strong base. But preventing a return of jihadists to Iraq is a task not only limited to the Iraqis: as long as ISIS exists in Raqqah, Syria, Bagdad will not enjoy long-term peace.

ISIS is doing its best to create confusion in Iraq at the moment. Its militants attacked the northern city of Kirkuk and the bordering city of Rutbah at the Iraqi-Jordanian borders. The Iraqi security forces were able to restore peace again in the two cities, killing ISIS militants. The group believes the hit-and-run tactic could eventually divert the military effort and attention from the major Mosul campaign. Baghdad confirmed that a large military force is retained as reserve forces, under the command of the leadership, to be injected into any weak front or any uprising similar to those at Kirkuk and Rutbah.

But that doesn’t mean ISIS is coming to an end in Iraq and certainly not in Syria. Even if ISIS is considerably shrinking in Iraq, its leadership was aware of what was coming. The Kirkuk attack showed the presence of dormant cells ready to raise when needed. There is no doubt other cells are still dormant and may be used when least expected. Therefore, what can prevent a fertile ground for ISIS or al-Qaida is internal political solidarity and reconciliation… and the end of ISIS in Syria.

The Obama administration is not ready, in its last remaining days in power, to start an unknown-result war against ISIS in Raqqah. There is no ground force, similar to the Iraqi Security Forces to move against ISIS in its Syrian stronghold. Moreover, the presence of Russia and Iran on the ground in Bilad al-Sham imposes the continuity of ISIS and al-Qaida so as to prevent any success to the Russian and Iranian forces in the heart of the Middle East. This means the war in Syria will be long and that ISIS will remain with us for at least the next year.

 

French version / version Française :

 

L’ “Etat Islamique”: De “Durable et extensif” à “Vulnerable et régressif”, mais restera parmi nous l’an prochain

Article original publié ici:

http://www.alraimedia.com/ar/article/special-reports/2016/10/26/717971/nr/iraq via @AlraiMediaGroup

Bagdad par Elijah J. Magnier – @EjmAlrai

Le 10 juin 2014, la ville irakienne de Mossoul tomba dans les mains de l’“Etat islamique en Irak et au Levant ” (ISIS) et de ses alliés. Le monde musulman autour de l’Irak, c’est-à-dire surtout la Turquie, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, appelèrent ISIS “une révolution sunnite défiant l’injustice du premier ministre Nuri al-Maliki”. Le leader d’ISIS, l’Irakien Abu Bakr al-Baghdadi al-Samarraei proclamait son “Etat” de la Grande Mosquée de Mossoul lors de son unique apparition en public. Quelques mois plus tard, son porte-parole, le Syrien Abu Muhamad al-Adnani promut le slogan du groupe “Baqiya wa tatamaddad” (durable et extensif).

Al-Adnani ne s’arrêta pas à son slogan mais “en faisant appel à Allah afin qu’il détruise ISIS et ses leaders s’ils étaient sur un mauvais chemin”. La réponse ne s’est pas longtemps faite attendre et ISIS est en train de perdre la plus grande partie de ses conquêtes en Irak et plus de 14 de ses principaux dirigeants, y compris al-Adnani lui-même ont été tués. ISIS n’a pas compris que “Rester – Baqiya” n’est pas musulman parce que rien ne reste sur terre, ni groupe ni être humain.

ISIS a donc perdu ses bastions à Fallujah, Tikrit et Ramadi. Ces ville furent libérées l’une après l’autre: les provinces de Babyl, Waset, Diyala, Salahoddine, (quelques poches importantes ont été laissées à Nineveh, dont Mossoul et al-Hader, et Anbar, Rawa, Ana et une ville particulièrement difficile, al-Qaim). Au lieu de “s’étendre”, ISIS se rétrécit et ses militants qui jadis parcouraient le désert et entraient en maitres dans les villes sont maintenant poursuivis et abattus au sol et de l’air. Quel que soit le lieu où les chefs vont, la destruction est maintenant leur compagnon. ISIS qui prétendait défendre les Sunnites en Irak est maintenant responsable du déplacement de dizaines de milliers de personnes, de la destruction de leurs villes et de leurs richesses, et de la perte de très nombreuses vies humaines. De “ Durable et extensif”, le slogan d’ISIS s’est transformé en “Vulnérable et régressif ”.

Aujourd’hui tous les yeux sont tournés vers Mossoul, la ville qu’ISIS a occupée et où elle a humilié l’armée iraquienne, tuant 1700 jeunes soldats dans ce qui est connu sous le nom de “massacre de Speicher”. Depuis, le groupe a tué des milliers d’Irakiens, fait des attaques suicides et causé une vraie catastrophe à l’économie irakienne. Mais ceci n’est pas la seule préoccupation de Bagdad: le vice-Président U.S. Joe Biden, alors qu’il était encore à la tête de la commission des affaires étrangères du Congrès avant l’élection d’Obama en 2008, a plaidé pour la partition de l’Irak en 3 états. Le “Sunnistan”, le “Chiistan” et le “Kurdistan” ont été proposés. Biden a renouvelé son offre en 2014 quand l’Irak était très vulnérable, pansant les plaies produites par ISIS.

Derrière Biden il y avait le principal courant médiatique, et des pionniers en matière d’études sur le Terrorisme comme Bruce Hoffman, au même titre que l’Institut Bookings et des études sur le Moyen Orient ainsi que les think thanks basées à Washington et au Moyen Orient. Tous ont fait campagne en faveur de la partition de l’Irak, qualifiant l’armée irakienne d’ “incapable” et promouvant les Kurdes comme “seules forces capable de combattre ISIS”.

Al-Maliki a été poussé vers la sortie par le grand Ayatollah Ali Sistani malgré les souhaits de l’Iran et Nuri al-Maliki fut élu Premier Ministre.  Abadi, malgré la réputation d’être faible que lui ont dressé les medias, a refusé l’intervention iranienne dans les affaires de l’Irak bien qu’il ait accepté l’offre militaire de Téhéran quand les EU regardaient pendant des mois l’Irak se désintégrer sans réagir. En fait, durant les premiers mois suivant l’occupation de Mossoul quand le“tsunami” d’ISIS a conquis le nord, l’est et l’ouest de l’Irak et a même frappé aux portes de Bagdad, l’Iran a offert des hommes et des armes à Bagdad et à Erbil pour stopper l’avance d’ISIS.

Néanmoins, Abadi a combattu l’ambition politique de l’Iran en Irak (surtout celle du Brigadier Général Qassem Soleimani, le chef du Corps de la garde Révolutionnaire d’Iran (IRGC) – la Brigade Quds). Soleimani a tiré avantage de l’appel de Sistani pour former des “ Unités de Mobilisation Populaire” (PMU) pour arrêter et repousser ISIS, donnant aux  forces de sécurité Irakiennes le temps de battre en retraite et se regrouper. En adoptant les PMU et en leur fournissant des armes Iraniennes, Soleimani a été présent à chaque occasion devant chaque ville attaquée et les a libérées. Ceci a été un message pour les EU que Soleimani « contrôlait le sol ». Mais c’était aussi un message qu’Abadi n’a pas apprécié.

Le Premier Ministre a eu le sentiment que Soleimani essayait de prendre le contrôle du pays. Le chef militaire Iranien est allé plus loin et a organisé plusieurs meetings à Bagdad, envisageant de relever Abadi de ses fonctions (car il appelait au retour des EU en Irak). Abadi avait compris que l’Iran était un allié stratégique mais il n’était pas question que l’Irak devienne une province iranienne. Il avait besoin du soutien des EU, mais il avait aussi besoin du soutien des Américains pour empêcher les pays voisins, c’est-à-dire l’Arabie Saoudite, de soutenir ISIS afin de préserver l’unité de l’Irak. Abadi prit en mains la situation de plusieurs façons:

1. En récupérant l’initiative de Soleimani et en unissant les PMU sous la direction du Premier Ministre.

2. En étouffant la rhétorique médiatique selon laquelle “le rôle des PMU est d’exterminer les sunnites irakiens”.

3. Abadi a prévenu les chefs des PMU qu’il considérerait illégaux tous ceux qui refuseraient d’intégrer les forces de sécurité officielles.

Abadi a en somme poussé Soleimani dehors. Toutefois, quelques groupes restent fidèles à l’Iran comme Kataeb Hezbollah, Asaeb Ahl al-Haq, Harakat al-Nujaba’, Kataeb Imam Ali et d’autres. Mais aucun ne travaillera contre les ordres d’Abadi et ils ne pourront pas servir l’Iran en Irak en contredisant la politique du Premier Ministre. Alors Soleimani est devenu moins visible sur l’arène irakienne. Sa relation avec Abadi est hectique bien que le Premier Ministre irakien considère comme stratégique sa relation à l’Iran – et aux EU – mais l’intégrité de l’Irak peut être préservée sans influence direct des Américains ou des Iraniens.

Abadi a informé l’Iran que Téhéran n’était pas en mesure d’offrir le support diplomatique régional ni la réconciliation que les EU peuvent offrir, surtout en raison des très mauvaises relations actuelles entre l’Iran et les pays du golf.

Des sources irakiennes à Bagdad ayant de bonnes relations avec l’Iran m’ont dit “Soleimani a demandé à plusieurs groupes irakiens de réfléchir à un nouveau moyen pour se regrouper et former une force commune. La réponse a été claire: L’Irak ne sera une base ni pour les EU ni pour l’Iran: les relations de Bagdad avec les deux pays resteront très bonnes tant que l’intégrité de l’Irak et les Irakiens seront respectés, sans querelles régionales”.

La seule chose que veut Abadi actuellement est éliminer ISIS et s’assurer que le groupe ne reviendra pas comme cela a été le cas en 2010. Les dirigeants irakiens ont compris qu’il était nécessaire de protéger la minorité et partager le pouvoir avec tous les Irakiens sans exception pour éviter un retour à la société qui protège les djihadistes. Ayman al-Zawaheri, toujours leader d’al-Qaida, a encouragé son groupe à retourner en Irak et trouver moyen de se réinstaller et construire une base solide. Mais empêcher les djihadistes de revenir en Irak ne dépend pas que des Irakiens: tant qu’ISIS est présent à Raqqah, en Syria, Bagdad ne connaitra pas une paix durable.

ISIS fait tout ce qu’il peut pour semer la confusion en Irak actuellement. Ses militants ont attaqué la ville septentrionale de Kirkuk et la ville proche de Rutbah, à la frontière Irako-Jordanienne. Les forces de sécurité Irakiennes ont réussi à restaurer la paix dans ces deux villes, en tuant les militants ISIS. Ce groupe croit que la tactique “frappe et cours” pourrait éventuellement distraire l’effort militaire et l’attention de la principale campagne sur Mossoul. Bagdad a confirmé qu’une importante force militaire était tenue en réserve, sous le commandement du chef suprême, qui peut être jeté dans la bataille à la moindre faiblesse du front ou soulèvement comme ceux de Kirkuk ou Rutbah.

Mais ceci ne veut pas dire qu’ISIS soit à bout en Irak et encore moins en Syrie. Même si ISIS s’est réduit considérablement en Irak, ses chefs sont bien conscients de ce qui se prépare. L’attaque de Kirkuk a révélé la présence de cellules dormantes prêtes à se dresser en cas de nécessité. Il n’y a pas de doute que d’autres cellules sont encore dormantes et peuvent être utilisées au moment le plus inattendu. Par conséquent, le contexte le plus favorable pour se défaire d’ISIS et d’al-Qaida est une politique intérieure solidaire et une réconciliation… et la fin d’ISIS en Syrie.

L’administration Obama n’est pas prête, pour ses derniers jours au pouvoir, de débuter une guerre d’issue inconnue contre ISIS à Raqqah. Elle n’a aucune force au sol comparable aux Forces de Sécurité irakiennes prêtes à se lancer contre ISIS dans son bastion syrien. En outre, la présence de la Russie et de l’Iran au sol à Bilad al-Sham impose de maintenir l’unité entre ISIS et al-Qaida afin d’éviter tout succès des forces russes ou iraniennes au cœur du Moyen Orient. Ceci veut dire que la guerre en Syrie va durer longtemps et qu’ISIS sera présent parmi nous au moins pour toute l’année prochaine.

 

The mistrust between Washington and Moscow portends a long war

 

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The Partition of Syria is inevitable regardless of the policy of the new US President

Original article published here:  v

French version below

By Elijah J Magnier: @EjmAlrai

The words exchanged by Russian and the US foreign ministers at the Security Council clearly indicate that each superpower country lives in a separate world with completely dissimilar objectives in Syria.

In the US Obama is astutely drawing up its strategy in Syria to divide the Levant following the path and policy of the George W. Bush administration and its mantra of “a new Middle East order”, but from a different angle. What spoils the implementation of the US policy is the arrival of Russia with all its military apparatus forcing only a delay on the inevitable partition plan of Syria.

From talking to the many contacts I enjoy among the various decision makers in Syria of all parties involved and allies of Damascus, it is clear that Russia accepts – although Damascus won’t declare it – the control over the “useful Syria” (unless unforeseen elements intervene) pushing Russia and Iran to inject innumerable ground forces ready to face any other country, especially the US, only if the aim is stopping the ongoing partition process.  The alternative would have been to accept a fait accompli and control the reconquered territory, consolidate it, freezing the military situation for many years to come.

To the details and the field:

The US and Russia agreed on a seven days cease-fire during which humanitarian convoys would be allowed into besieged areas by both the belligerents. It was also agreed that the US vetted rebel groups would detached themselves from classified terrorist groups, i.e. al-Qaeda (Jabhat Fateh al-Sham), Jund al-Aqsa and “the Islamic state” (ISIS). Simultaneously, all parties around the Aleppo Castello road will pull out heavy artilleries and fighters by 1000 to 3500 meters, allowing humanitarian control under the supervision of the Russian forces. And finally, both Russia and the US agreed to form a joint operations room, exchanging intelligence on disavowed terrorist disagreed groups, carrying out coordinated attacks against these. In exchange, the Syrian Air Force will be grounded.

But what happened and why did the agreement failed?

1 – It is almost impossible to secure a seven consecutive day total cease-fire on all fronts without a breach. Al-Qaeda, excluded from the ceasefire deal, has no interest in seeing it working. Its forces, along with US vetted group of Ahrar al-Sham and Beit al-Maqdes attacked the Syrian forces south of Syria, at al Hader, supported by the Israeli Air Force. Twenty-one artillery positions were destroyed by the Israel Air Force hours before the attack along the Golan border.

2. More than 23 groups and organisations, including Jihadist groups, other so-called “moderate rebels” and US vetted and financed groups rejected the ceasefire and announced they would not separate from those designated as terrorists by their sponsors: the US, Saudi Arabia, Qatar and Turkey. Therefore, military collaboration between the US and Russia is highly unlikely in Syria any time in the near future.

3 – Washington and its allies attacked for the first time the Syrian Army forces stationed at the strategic al-Sanouf – Mount of Tharda, (facing ISIS) for the first time. The position attacked (7-8 km from the military airport) is the first line of defense protecting the Deir-ezzour airport, an umbilical cord for the military and civilians besieged in the city for a long time. This bombing resulted in: the death of 83 officers and soldiers and dozens of wounded, but above all, the loss of the Tharda II strategic position to ISIS whose forces attacked on the same day and managed to gain control. In fact, ISIS brought down a jet the day after, in a effort to support the Syrian Army ground forces in recovering this same position from ISIS. Now, the Syrian forces can only supply the force defending the city and the civilians only by helicopter and during the night.

Yes, its is true, the US recognised and officially apologised for the so-called “mistake”, said sorry and declared itself ready to “compensate the Syrian government for the losses”. This is an important step of recognition by Washington to the government of Damascus. But the question remains: why on earth did the US and coalition allies decided to offer air support, for the first time in five and a half years of war, to the besieged Syrian Army and the city of Deir-ezzour, and committing such a catastrophic strategic mistake? This question remains unanswered by the US and those members of coalition who supported the US bombing.

Nevertheless, decision-makers have a different view of the event. No-one believes the US “mistake” or story of the event. The loss of Jabal Tharda II was not followed by a correction of the mistake. The US and coalition jets did not return the next day to bomb ISIS. The real message behind the attack – as explained by my sources – is the advance of the Iraqi forces toward Jazirat al-Anbar, Baghdadi and Jazirat Hit, coming closer to their next target in ‘Ana, Rawa, in order to reach al-Qaim on the Iraqi-Syrian borders. If the Iraqi forces reached the border, ISIS would be caught between the two fires of Iraq and the Syrian forces, allowing a possible breach from al-Qaem and Albu Kamal toward Deir-ezzour. That would close any ISIS supply line from Iraq toward Raqqah, via Deir-ezzour and al-Badiyah.

Damascus forces and its allies have no intention of heading toward Raqqah, the ISIS stronghold. Those in power and on high ranking officers on the ground have the same response: “whoever wants to go to Raqqah and attack ISIS is most welcome. It is not our intention to take back Raqqah anytime soon”.

Russian, Syria and its allies strongly believe that the US is not in alliance with ISIS. Nevertheless, the Americans behave with ISIS like a shepherds with their sheep, rolling a stone towards a group off animals so as to push these towards the left or the right and force the entire group to head in the desired direction. Take the example of the first ceasefire established between Russia and the US: when the Syrian Army headed, after Palmyra, toward al-Tabaqa, three divisions of the Army were invested in the attack, closing up on ISIS and at Tabaqa airport, all this during an agreed ceasefire. Suddenly, a new front was initiated by rebels and jihadists (financed and armed by US allies in the Middle East) around Aleppo and in rural Homs, breaking this ceasefire and forcing the Army to suspend its attack. It pull out its forces and headed towards more vital fronts. ISIS was delighted and relived on that front.

Decision makers believe, rightly or wrongly, that ISIS should overpower the Syrian Army and its allies in Deir-ezzour, and take control of the city to prevent the Iraqis from supporting the Syrian regular forces and their allies. Moreover, if ISIS took control of Deir-ezzour, the US and allies would attack ISIS, with the consent of the world, and would recover Deir-ezzour and Raqqah afterwards, all this under the heading of “combatting Terrorism”. That would permit the partition of northern of Syria.

4. Russia realised that the US was trying to gain time during the second ceasefire, so as to take the glory of being the provider of “humanitarian aids” gaining political kudos for supporting the besieged civilians of Syria. Whereas Russia is looking, in the western eyes, as if it is incapable of managing the balance between the military and the political-humanitarian aspects of an ongoing war.Russia is today aware that the US wants to score points without giving anything in exchange, either on the political arena or on the ground, and is exerting no influence over its allies to split from those the US consider terrorists.

Thus, in the final stage of what was indeed perceived as a comedy and not a ceasefire, the humanitarian convoy was hit in rebel-controlled area close to Aleppo. The US managed to salve public opinion by saying sorry for the killing of 83 soldiers and officers and wounding 100 more and for offering on a golden plate a strategic position to ISIS! Russia showed exasperation and refused to play the game. Secretary John Kerry looked victorious during his speech at the UN council and everybody forgot about the allegedly mistaken, the gift to ISIS, the sudden presence of the US and coalition forces close to Deir-ezzour airport, the non-withdrawal of jihadist and rebels from the Castello Road as had been agreed. The communiqué of the 23 groups committed to distance themselves from Al-Qaeda and the jihadists and the attention was directed towards the “atrocity and inhuman bombing of a humanitarian convoy”.

Damascus allies ask the following question: “What makes Russia give the US concessions without anything in return, gaining time for rebels and jihadists to regroup? and bearing in mind that Al-Qaeda is a sporadic enemy of the US, outside of Syria.

5. According to high-ranking sources, the objective today is to control “useful Syria”. This is Latakia, Tartus, Homs, Hama, Aleppo and Damascus. Decision makers would accept the loss of oil and important agriculture in the north to the US and to the Kurds. There is oil at the coast and in the water opposite Latakia. Turkey is looking after its interests in the north, but most unlikely will face insurgency on the longer term. As long as Turkey respects the deal and does not approach the Syrian Army front, the situation will remain under control. Otherwise, Russia will be forced to respond to any Turkish push outside Syrian Army territory.

According to sources, Russia will not prevent the Syrian Air Force from striking its enemies and won’t be grounded (as Secretary Kerry has suggested would happen) as long as the Syrian opposition and the jihadists are in a row and a common position. It seems that Russia will not accept anymore a free of charge ceasefire and will resume the military operation around Aleppo. The Russian Kuznetsov aircraft carrier will be soon opposite the Syrian coasts. The Kremlin ordered one of its best and most advanced aircraft to spy over Syria and is ready to use its strategic Kalibr missiles in the coming round of violence expected to resume soon. Russia will use Kalibr to surprise the US and avoid informing it (which they should do according to the regulated airspace agreement) of its objective and targets. To conclude, the level of mistrust between the two superpowers has reached its highest level so far.

US Secretary of State Kerry says at the UN Security Council “Al Qaeda is our enemy”. Russia is asking: “What did you do against your enemy except supply it indirectly with weapons, allowing men and finances to reach it, and accepting that your vetted groups to join it in the same trenches?”. Damascus believes that any new US administration, whoever the next president will be, will avoid starting a direct war against Russia in Syria. The war will remain a war between proxies on both sides. Hillary Clinton, if she becomes president, understands that the Kremlin is determined to protect its interests in the Levant; and that the war in Syria concerns Russia directly because it demonstrates success or failure in the Middle East. The US will do its best to see Russia and Iran drown in Syria and will not accept that the US administration has failed to reach its goal. The only possibility is to divide Syria (like Berlin in the second World War) because nobody is allowed to win. The partition would create a northern-eastern part for the US proxies, and an western-Middle-southern part where Damascus and its allies will have to continue dealing with the jihadists and the insurgency and where a lack of stability will prevail.

Russia – who believes this is what the US is planning – is fully aware of the complexity of this war. But is it by the same token acknowledging and accepting the US’s statecraft and policy towards the jihadists in Syria? Only time will tell.

Translated by 

Published by@O_Rich_  http://stalkerzone.org/no-escaping-syrias-partition-new-american-administration/ …

French version

La partition de la Syrie est inévitable quelle que soit la politique du nouveau président américain

La méfiance entre Washington et Moscow annonce une guerre longue

Par Elijah J Magnier :

Traduction par: Prof, Olivier dulac

Les mots échangés par les ministres des affaires étrangères russe et américain au Conseil de Sécurité montrent clairement que ces deux superpuissances vivent dans des mondes séparés avec des objectifs totalement différents concernant la Syrie.

Obama dessine astucieusement sa stratégie en Syrie pour diviser le Levant selon la ligne et la politique de l’administration de George W. Bush et son mantra d’un “nouvel ordre au Moyen Orient”, mais sous un angle différent. Ce qui gêne l’application de la politique américaine est l’arrivée de la Russie avec toute sa puissance militaire, imposant seulement un délai à l’inévitable plan de partition de la Syrie.

Les multiples contacts que j’ai chez les décideurs en Syrie, chez les parties impliquées et les alliés de Damas, me rapportent que la Russie accepte – bien que Damas ne le proclame pas – le contrôle de la “Syrie utile” (à moins que des éléments imprévus interviennent poussant la Russie et l’Iran à injecter une quantité innombrables de troupes au sol prêtes à faire face à n’importe quel autre pays, en particulier les EU, dans le but d’arrêter le processus de partition en cours). L’alternative serait d’accepter le fait accompli et de contrôler les territoires reconquis, de la consolider, gelant la situation militaire pour de nombreuses années.

Les détails et le terrain :

Les EU et la Russie sont tombés d’accord sur un cessez-le-feu de sept jours pendant lequel des convois humanitaires seront autorisés par les deux belligérants à aller dans les territoires assiégés. Il a été également convenu que les groupes rebelles soutenus par les EU soient distingués des groupes « terroristes », par exemple al-Qaeda (Jabhat Fateh al-Sham), Jund al-Aqsa et “l’Etat Islamique” (ISIS). En même temps, toutes les parties le long de la route d’Alep devaient reculer de 3500 mètres, permettant un cordon humanitaire sous la supervision des forces Russes. Et finalement, à la fois la Russie et les EU ont convenu de créer une chambre des opérations conjointes, échangeant des informations sur les terroristes et les groupes terroristes désavoués, projetant et réalisant les attaques contre eux. En échange de quoi l’aviation syrienne sera retenue au sol.

Mais que s’est-il passé et pourquoi l’accord a-t-il échoué ?

1 – Il est quasiment impossible d’assurer un cessez-le-feu total pendant sept jours consécutifs sur tous les fronts, sans une faille. Al-Qaeda, qui a été exclu de la délibération sur le cessez-le-feu, n’avait aucun intérêt à le voir réussir. Ses troupes, tout comme les groupes Ahrar al-Sham et Beit al-Maqdes soutenus par les EU ont attaqué les troupes syriennes au sud de la Syrie, à al Hader, avec le soutien de l’aviation israélienne. Vingt-et-une batteries d’artillerie ont été détruites par l’aviation israélienne plusieurs heures avant l’attaque le long de la frontière du Golan.

2. Plus de 23 groupes et organisations, dont des groupes djihadistes, les soi-disant “rebelles modérés” et des groupes soutenus et financés par les EU ont rejeté le cessez-le-feu et annoncé qu’ils ne se sépareraient pas de ceux désignés comme terroristes par leurs sponsors : les EU, l’Arabie Saoudite, Qatar et la Turquie. Dès lors, une collaboration militaire des EU et de la Russie devenait hautement improbable en Syrie dans un avenir proche.

3 – Washington et ses alliés ont attaqué pour la première fois l’armée syrienne stationnée sur le mont stratégique d’Athriya (faisant face à ISIS). La position attaquée était la première ligne de défense protégeant l’aéroport de Deir-ezzour, un cordon ombilical pour les civils et les militaires assiégés dans la ville depuis longtemps. Le bombardement a tué 83 officiers et soldats et fait des dizaines de blessés, mais surtout, a conduit à la perte d’une position stratégique face à ISIS, lequel a attaqué le jour même et a réussi à en prendre le contrôle. En fait, le lendemain ISIS a abattu un avion qui tentait de soutenir les forces syriennes terrestres qui tentaient de reprendre le contrôle de cette position. Maintenant, les forces syriennes ne peuvent approvisionner que par hélicoptère et la nuit les forces qui défendent la ville ainsi que les civils.

Certes, il est vrai que les EU ont amende honorable et présenté officiellement leurs excuses pour ce qu’ils ont appelé “une erreur”, demandant pardon et se disant prêts à “compenser le gouvernement syrien de ses pertes ». C’est un pas important vers une reconnaissance par Washington du gouvernement de Damas. Mais il reste une question: c’est la première fois en 5 ans et demi de guerre les EU et la coalition alliée ait décidé d’offrir un soutien aérien à l’armée syrienne assiégée de la ville de Deir-ezzour, commettant à cette occasion une erreur stratégique si catastrophique? Cette question reste sans réponse de la part des EU et des membres de la coalition qui ont participé au bombardement américain.

Quoi qu’il en soit, les décideurs ont une vision différente de cet épisode. Personne ne croit à cette histoire d’ “erreur”. La perte du Jabal Tharda n’a pas été suivie d’une correction de l’erreur. Les avions américains et de la coalition ne sont pas revenus le lendemain bombarder ISIS. Le vrai message derrière cette attaque – comme l’ont expliqué mes sources – est l’avance des forces Irakiens vers Jazirat al-Anbar, Baghdadi et Jazirat Hit, s’approchant de leur prochaine cible in ‘Ana, Rawa, pour arriver à al-Qaim sur la frontière Irak-Syrie. Si les forces irakiennes arrivent à la frontière, ISIS sera pris entre les 2 feux des forces irakiennes et syriennes, rendant possible une brèche entre al-Qaem et Albu Kamal en direction de Deir-ezzour. Ceci couperait les voies d’approvisionnement d’ISIS depuis l’Iraq vers Raqqah, via Deir-ezzour et al-Badiyah.

Les forces de Damas et ses alliés n’ont aucunement l’intention d’aller à Raqqah, la base d’ISIS. Les officiers supérieurs au sol et les hommes au pouvoir donnent la même réponse : quiconque prétend aller attaquer ISIS est bienvenu. Mais il n’est pas question que nous reprenions Raqqah dans un proche avenir”.

Les Russes, la Syrie et leurs alliés sont convaincus que les EU ne sont pas alliés à ISIS. Pourtant, les Américains se comportement à l’égard d’ISIS comme un berger avec ses moutons, faisant rouler une pierre vers les bêtes pour les pousser vers la gauche ou la droite, forçant tout le groupe à aller dans la direction souhaitée. Regardez par exemple le premier cessez-le-feu établi entre la Russie et les EU: quand, après Palmyre l’armée syrienne s’est dirigée vers al-Tabaqa, trois divisions ont été consacrées à l’attaque, enfermant ISIS à l’aéroport de Tabaqa, tout ceci durant le cessez-le-feu. Soudain, un nouveau front a été ouvert par les rebelles et les djihadistes autour d’Alep et la région de Homs, rompant le cessez-le-feu et forçant l’armée à interrompre son attaque. Elle se replia et partit vers des fronts plus vitaux.

Les décideurs croient, à tort ou à raison, qu’ISIS pourrait battre l’armée syrienne et ses alliés à Deir-ezzour et prendre la ville pour empêcher les Irakiens d’aider les forces syriennes régulières et leurs alliés. En outre, si ISIS prenait Deir-ezzour, les EU et leurs alliés attaqueraient ISIS, avec l’accord du monde entier, et reprendraient Deir-ezzour et Raqqah par la suite, tout cela sous l’étendard de “combattants contre le terrorisme”. Ceci permettrait la partition du nord de la Syrie.

4. La Russie s’est rendue compte que les EU cherchaient à gagner du temps. Durant le second cessez-le-feu, de façon à recueillir la gloire d’avoir fourni une “aide humanitaire” se glorifiant d’avoir soutenu de civils assiégés de Syrie. Tandis qu’aux yeux de l’occident la Russie apparait incapable de trouver un équilibre entre les aspects militaires et politico-humanitaires de cette guerre. La Russie est maintenant bien consciente que les EU veulent engranger des points sans rien céder en échange, ni au plan politique ni au sol, et n’exerce aucune pression sur ses alliés pour les séparer de ceux que les EU considèrent comme des terroristes.

Par conséquent, à la fin de ce qui apparait comme une comédie et non un cessez-le-feu, le convoi humanitaire a été frappé dans le territoire contrôlé par les rebelles près d’Alep. Les EU ont réussi à sauvegarder l’opinion publique en présentant ses excuses pour la mort de 83 soldats et officiers sans compter les 100 autres blessés, et mentionner qu’ils ont offert une position stratégique à ISIS sur un plateau d’argent! La Russie s’est montrée exaspérée et a refusé de jouer à ce jeu. Le ministre des affaires étrangères John Kerry est apparu comme gagnant lors de son discours au conseil des Nations Unies et tout le monde a oublié la soi-disant erreur qui n’était qu’un cadeau à ISIS, la soudaine présence des forces américaines et de la coalition près de l’aéroport de Deir-ezzour, le non-retrait des djihadistes et des rebelles de la route Castello Road comme il avait été convenu. Le communiqué des 23 groupes cherchait à montrer qu’ils se tenaient à distance d’Al-Qaeda et des djihadistes, et l’attention a été attirée sur les “atrocités et le bombardement inhumain d’un convoi humanitaire”.

Les alliés de Damas posent la question suivante: “Pourquoi la Russie fait-elle des concessions aux EU sans rien en retour, permettant aux rebelles et aux djihadistes de gagner du temps et se regrouper? ». Ils ont à l’esprit qu’Al-Qaeda n’est qu’occasionnellement un ennemi des EU, et en-dehors de la Syrie.

5. Selon des sources tout à fait fiables, l’objectif est de contrôler “la Syrie utile”. C’est à dire Lattaquié, Tartus, Homs, Hama, Alep et Damas. Les décideurs sont prêts à accepter d’abandonner aux EU et aux Kurdes du pétrole et d’importantes zones agricoles dans le nord. Il y a du pétrole en bord de mer et en mer au large de Lattaquié. La Turquie se charge de ses propres intérêts dans le nord, mais il est improbable qu’elle soit confrontée à une insurrection à plus long terme. Du moment que la Turquie respecte ses engagements et ne s’approche pas du front de l’armée syrienne, la situation restera sous contrôle. Sinon, la Russie devra faire face à toute avance turque en-dehors du territoire de l’armée syrienne.

Selon mes sources, la Russie n’empêchera pas l’aviation syrienne de frapper ses ennemis et ne sera pas détruite (comme le suggérait le Secrétaire d’Etat Kerry) tant que l’opposition syrienne et les djihadistes sont sur la même ligne et gardent une position commune. Il semble que la Russie n’acceptera plus un cessez-le-feu “gratis” et reprendra ses opérations militaires autour d’Alep. Le porte-avions russe Kuznetsov sera bientôt au large des côtes syriennes. Le Kremlin a donné l’ordre de confier le survol de la Syrie à son meilleur avion espion et est prêt à utiliser ses missiles stratégiques Kalibr dans le cadre du cycle de violence qui semble devoir débuter très prochainement. La Russie utilisera Kalibr pour surprendre les EU et se passera bien de les informer par avance des cibles choisies (ce qu’ils devraient pourtant faire dans le cadre des accords de régulation de l’espace aérien). Pour conclure, la méfiance entre les deux superpuissances est arrivée à des niveaux jamais atteints.

Le secrétaire d’état Kerry affirme devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies “Al Qaeda est notre ennemi”. La Russie demande: “qu’avez-vous fait à vos ennemis sinon leur fournir indirectement des armes, leur faciliter financement et recrutement, et accepter que les groupes que vous soutenez se retrouvent avec eux dans les mêmes tranchées?”. Damas pense que quelle que soit la future administration américaine, quel que soit le prochain Président, il évitera de commencer une guerre ouverte avec la Russie en Syrie. Des deux côtés la guerre restera une guerre par procuration. Hillary Clinton, si elle devient Présidente, comprend que le Kremlin est décidé à protéger ses intérêts au Proche Orient; et que la guerre en Syrie concerne directement la Russie parce qu’elle met au grand jour ses succès et ses échecs au Moyen Orient. Les EU feront tout leur possible pour que la Russie et l’Iran se noient en Syrie et n’accepteront pas que l’administration américaine n’ait pas réussi à atteindre son but. La seule possibilité est de partager la Syrie (comme Berlin après la seconde guerre mondiale) parce que personne ne peut gagner. La partition créerait une partie ouest pour les proxies américains, tandis que dans la partie est Damas et ses alliés devront continuer à combattre les djihadistes et l’insurrection et il persistera une instabilité.

La Russie – qui croit que ceci est ce que les EU ont prévu – est au fait de la complexité de cette guerre. Mais faut-il pour autant penser que leur politique à l’encontre des djihadistes en Syrie est habile? Seul le temps saura le dire.